Saison 2012-2013 du Ballet de l'Opéra de Paris : dernières rumeurs

EDIT 15 février : D'autres informations ont été mises en ligne sur le forum Dansomanie et sur le blog Les Chroniques d'un Petit Rat Parisien.

La saison 2012-2013 de l'Opéra de Paris devrait être dévoilée au public dans un mois, le lundi 12 mars, en tout cas au cours de cette semaine. Si la programmation lyrique est déjà connue, et circule sur les forums spécialisés, celle de la danse reste encore assez flou. Quelques indiscrétions ont toutefois circulé.

Ce qui est sûr

Trois programmes ont déjà été annoncés officiellement

 - Don Quichotte de Rudolf Noureev. Ce ballet devrait être donné a priori durant les Fêtes de fin d'année. Le Réveillon serait donc placé sous le signe de l'Espagne à l'Opéra de Paris, puisque l'oeuvre lyrique de Georges Bizet Carmen devrait être donnée au même moment à Bastille. Un grand classique de la compagnie, et toujours propice aux nominations d'étoiles. 

 - Une création de Marie-Agnès Gillot. Enfin une danseuse, et non un danseur, de la compagnie qui a le droit de monter l'une de ses chorégraphies sur la grande scène. Cette création de Marie-Agnès Gillot semble être l'un des grands événements de la saison prochaine. Lors d'une interview accordée à Danses avec la plume en septembre dernier, la danseuse avait livré quelques tous petits détails. "Ce sera une pièce qui mélangera danse classique et contemporaine, avec pas mal de gens sur scène. Elle sera abstrait, mais poétique, avec des histoires...". 

Marie-Agnès Gillot avait également annoncé dans ce même entretien que sa pièce sera présentée à l'automne, avec un ballet de Merce Cunningham. Pour ce dernier, le nom d'Un Jour ou deux circule le plus régulièrement, mais Suite for Five pourrait également être donné. 

- Une soirée Roland Petit. En hommage au chorégraphe, décédé en juillet dernier, la soirée présentée l'année dernière sera redonnée la saison prochaine. Elle était composée de trois ballets du chorégraphe : Le Rendez-vous, Le Loup et Le Jeune Homme et la Mort. Pour la saison prochaine, Carmen pourrait remplacer Le Jeune Homme et la Mort.

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 Ce qui semble sûr

 - Une soirée Balanchine devrait ouvrir la saison, du 24 septembre au 18 octobre. Avec, si l'on suit la tradition, un Défilé lors des deux premières soirées. Le programme serait composé de Serenade, Agon et du Fils prodigue.

 - Une reprise de Kaguyahime. Le ballet de Kylian avait eu droit à de nombreuses ovations il y a deux dans une salle de Bastille à moitié vide. L'été avait fait fuir le public, mais ceux et celles présent-e-s avait réservé un superbe accueil à cette pièce. Et avec mérite, cela reste pour moi l'un des plus beaux souvenirs de cette saison. La chorégraphie sera cette fois-ci donnée au Palais Garnier, en février.

- Une soirée comprenant L'oiseau de feu, dans la version de Fokine. Une oeuvre pas donnée depuis longtemps dans cette version, puisqu'elle n'est pas présente sur le site Memopera, qui remonte jusqu'à 1989. Hommage aux Ballet Russes, dont Le Sacre du Printemps fêtera ses 100 ans en 2013 ?


Les créations/entrées au répertoires possibles

Une création de Sidi Larbi Cherkaoui semble à peu près acquise. Si mes recherches sont bonnes, c'est la première fois que le chorégraphe oeuvrerait pour l'Opéra de Paris. Et pour cette première, il s'attaquerait à un Boléro. Un nouveau ballet de Benjamin Millepied pourrait aussi faire son apparition. Une création ? Une troisième cette saison, cela ferait peut-être un peu trop. Alors pourquoi pas plutôt une entrée au répertoire ? On peut ainsi imaginer une soirée mixte "Nouveaux chorégraphes", surtout qu'une reprise de Répliques de Nicolas Paul a aussi circulé. 

Et si l'on extrapole vraiment, pourquoi pas une soirée "Ballets Russes revival", avec ces mêmes deux premiers chorégraphes ? Un Boléro avait été chorégraphié par Nijinska, Millepied a revu Le Spectre de la Rose et Les Sylphides cette année pour le Ballet de Genève... Le tout complété par L'Oiseau de Feu de Fokine, évoqué plus haut. 


La Battle de la saison

De La Sylphide ou de Giselle, quel sera le grand ballet romantique français programmé ? La Sylphide avait déjà été annoncé pour cette année, sans succès. Pour la saison prochaine, le ballet semblait devancer Giselle. Mais la tendance se serait inversée ces dernière semaines. Et c'est finalement La Sylphide qui a été choisie, dans la version de Pierre Lacotte. Le ballet occupera la scène du Palais Garnier du 24 juin au 15 juillet.


Ça a aussi circulé

Une soirée Forsythe. Juste le nom du chorégraphe qui a circulé pour une soirée mixte. Inspiré par le succès du triptyque à Chaillot en décembre dernier ? La soirée a été a priori confirmée, elle devrait avoir lieu du 3 au 31 décembre au Palais Garnier, et pourrait être composé d'Approximate sonata, Pas/Parts et Artifact suite.

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Les reprises éventuelles

Le retour de la Troisième Symphonie de Mahler de John Neumeier aurait de fortes chances de se produire. Entrée au répertoire du Ballet de l'Opéra de Paris en 2009, la pièce avait un connu un très fort succès critique et public. Dances at a Gathering de Jerome Robbins pourrait aussi être de la partie. Redonnée cette année, la pièce pourrait déjà être de retour la saison prochaine, pour amortir les droits.

De façon beaucoup moins sûre, une reprise du Siddharta d'Angelin Preljocaj, créé il y a deux ans, pourrait être programmée. Etudes de Harald Lander, absent de la scène de Garnier depuis 2005, a également été évoqué. Des indices à prendre avec beaucoup de précautions

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Les Adieux de l'année

Ce qui serait sûr (a priori), c'est qu'Agnès Letestu ferait ses adieux à la scène lors de la saison prochaine. Mais sur quel ballet ? La danseuse étoile aurait peut-être voulu de La Dame aux Camélias. Mais la troupe ne possède plus les droits, et il y a peu de chances qu'elle les rachète dès à présent alors qu'elle a beaucoup donné ce ballet ces dernières années. Alors pourquoi pas Le Lac des Cygnes ? Une reprise rapide de ce ballet, donné il y a un an, circule également. Une oeuvre liée de très près à Agnès Letestu. 


L'Ecole de Danse

Scaramouche de José Martinez devrait a priori être présenté lors du spectacle 2013 de l'Ecole de Danse. Il serait accompagné d'un ballet de Claude Bessy, qui pourrait être une création. Ce dernier point me laisse septique, surtout que l'ancienne directrice a chorégraphié plusieurs beaux ballets pour l'Ecole, qui mériteraient d'être remontés. Si j'ai bien tout compté, il ne resterait qu'un élève l'année prochaine qui a connu Claude Bessy en tant que directrice, les générations se renouvellent vite. 


A l'étranger

Une compagnie invitée devrait être présente à Garnier du 5 au 10 janvier. Pour les tournées, le Ballet de l'Opéra de Paris ira présenter Giselle en Australie à la fin du mois de janvier, et Les Enfants du Paradis au Japon, du 25 mai au 1er juin. 

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LA grande question

Y aura-t-il ou non La Belle au Bois Dormant la saison prochaine ? La rumeur avait déjà couru la saison dernière, elle est de nouveau revenue cette année, sans plus de certitude. Remonter ce ballet, qui n'a pas été donné depuis 2004, serait difficile. Il faudrait en effet remettre à flot décors et costumes, très nombreux et très fastueux, ce qui coûterait donc très cher. Et en ces temps de crise, l'argent est compté. Les mauvaises langues glissent aussi que, pour tenir sur une longue série, la compagnie ne disposerait pas assez d'Aurore en puissance. Le retour de La Belle au Bois Dormant serait donc difficilement d'actualité. 

Mais. La saison prochaine marquera les 20 ans de la disparition de Rudolf Noureev. Or, pour l'instant, seul un ballet du célèbre danseur est au programme, Don Quichotte, peut-être deux si la rumeur Lac des Cygnes se confirme. Ce qui semble bien peu pour une saison normale, encore plus pour une saison anniversaire. Remonter La Belle au Bois Dormant serait un parfait hommage à Noureev. Reste à voir si, en période de crise, les moyens seront disponibles. Peu de grands ballets classiques sont en tout cas annoncés pour l'instant.

Les bruits de couloir et autres rumeurs sont les bienvenus en commentaires ! 


Le petit bilan d'actu, S05 EP17

Cette semaine, des nouvelles de Dorothée Gilbert, de La Meilleure danse ou d'Orphée et Eurydice, avec toujours l'agenda et la revue de presse. 

COTE ACTU

- Dorothée Gilbert nouvelle égérie de Repetto

La danseuse étoile Dorothée Gilbert est la nouvelle égérie de Repetto, pour la collection Printemps-été 2012. Une photo tout en rose, comme le veut la marque, dans un univers très romantique, avec un costume semblant donner des ailes de papillon à la danseuse. Les avis sont plutôt très positifs sur cette nouvelle pub, qu'en pensez-vous ? 

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Dorothée Gilbert prend ainsi la place de Marie-Agnès Gillot, qui incarnait la marque Repetto depuis un an. Au passage, petite indiscrétion concernant la photo de cette dernière. Au naturel, la jambe de Marie-Agnès Gillot se levait plus haut, et son coup de pied de la jambe de terre était plus fort. Mais la marque a préféré raboter le tout et rabaisser la jambe à coup de Photoshop, un comble pour les amateur-rice-s de danse classique.  

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- Des nouvelles de La Meilleure danse

Puisque l'on parle de Marie-Agnès Gillot, voici des nouvelles de l'émission La Meilleure Danse, dans laquelle la danseuse étoile est jurée. Comme annoncé ici il y a quelques semaines, le programme arrive désormais sur M6, et la deuxième saison devrait voir le jour au printemps. Les castings ont d'ailleurs déjà commencé. Vous avez envie de faire partie du public de l'émission ? Les tournages auront lieu les 22, 23, 24 et 29 février, ainsi que les 1er et 2 mars. Ils se dérouleront chaque jour en deux cessions, de 9h30 à 13h00 et de 14h00 à 20h00, à la La Plaine Saint Denis. Pour vous inscrire, direction le site de l'Agence Idille, en charge du public. 

Et en évoquant la danse à la télévision, on n'oublie pas l'émission You Can dance, qui arrive sur NT1 le jeudi 16 février à 20h45. 

- Une exposition sur Pina Bausch

Une exposition de photos sur l'oeuvre de la chorégraphe Pina Bausch se tient à l'Hôtel Galerie Le Marceau-Bastille, à Paris, jusqu'au 31 mai. Intitulée Pina Bausch : eau, terre, air, feu, danse, elle est réalisée par le photographe Laurent Paillier. Ce spécialiste de la danse s'est glissé au plus près des danseur-se-s, pour capter quelques instants des ballets de Pina Bausch. Toutes les infos sur le site Le Pictorium


COTE AGENDA

- Sur scène

Orphée et Eurydice se tient encore jusqu'au 16 février au Palais Garnier. Gros succès auprès du public, quelques places sont encore disponibles chaque soir au guichet, à condition d'arriver tôt. 

Carolyn Carlson affiche également complet au Théâtre de Chaillot du 15 au 18 février, avec sa chorégraphie Inanna, créée en 2005. "Dans un décor de briques (signé Euan Burnet-Smith) et avec des poésies comme source d’inspiration, la chorégraphe multiplie les profils, ose une danse épurée par instants, lyrique par d’autres, incroyablement généreuse toujours. Dans cette ode à l’incarnation de l’être féminin, sept interprètes jouent l’harmonie des corps et des passions". Là encore, des places de dernière minutes sont régulièrement mises en vente sur Internet et au guichet. 

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Dans le cadre de ce spectacle, Carolyn Carlson donnera une performance sur la thématique "Encre et calligraphie", le jeudi 16 février à 18h30 au Musée Guimet. Entrée libre sur réservation obligatoire au 01-53-65-30-00. 

La compagnie de cirque Cie 14:20 sera dans ce même Théâtre de Chaillot quasiment aux mêmes dates, du 14 au 17 février, pour leur spectacle Vibrations. Une bonne idée sortie pour un public familial.  

La Hofesh Shechter Compagny sera pour sa part au Théâtre des Abbesses dès le 14 février, avec deux pièces, The Art of not lokking back et Uprising. Une danse "violemment énergique" selon le programme. 

- Rencontres

Le Théâtre de Chaillot organise plusieurs activités cette semaine autour du Cirque Cie 14:20. A faire en famille tout d'abord, un atelier le mercredi 15 février à 15 heures, autour de la magie et du jonglage, avec des artistes de la compagnie. Il sera suivi pour les plus grands par une conférence sur la magie à 17 heures. Un atelier de magie, cette fois-ci pour les adultes, est aussi organisé le vendredi 17 février à 18 heures. Réservation obligatoire au 01-53-65-30-00. 

Cette année, l'Ecole de Louvre donne tous les vendredi une conférence sur l'histoire de la scène à Paris. Le thème du vendredi 17 février sera Du ballet romantique à Degas. Ces conférences ont lieu de 18h30 à 19h30, entrée libre. 

- Il est temps de réserver

La soirée Robbin/Mats Ek sera disponible à la vente aux guichets et par téléphone dès le mardi 14 février. Une fois n'est pas coutume, il y a peu de chance d'avoir les distributions d'ici là. Pour L'Histoire de Manon, une seule date est connue : Clairemarie Osta sera sur scène le 13 mai, puisque c'est lors de cette représentation qu'elle fera ses adieux à la scène. Quelques places sont régulièrement mises en vente sur le site web de l'Opéra de Paris, soyez vigilant-e-s. 

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La saison 2012-2013 de l'Opéra de Paris sera présentée au public le dimanche 18 mars. Le rendez-vous est fixé à 10h30, à Bastille (avec les croissants compris ?). Cette offre est pour l'instant réservée aux abonné-e-s. 


COTE MEDIA

- Orphée et Eurydice

Le ballet de Pina Bausch Orphée et Eurydice continue de truster les médias. Des critiques, toutes très élogieuses, ont ainsi fleuri cette semaine sur ResMusica, ConcertClassique, Toutelaculture, le Journal du Dimanche, le Huffington Post, le Financial Times et sur AltaMusica, qui en profite pour écorcher le nom de la plupart des artistes. 

Des petits sujets sont égalament à voir sur les JT de France 3 (8 février) et France 2 (9 février). Ce dernier se distingue particulièrement avec une courte mais intéressante interview de Marie-Agnès Gillot, qui explique les principes de la danse de Pina Bausch. Enfin, même s'il date un peu, un joli portrait d'Alice Renavand est à retrouver sur le blog Coulisses de la culture.

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- A lire, voir, écouter

Le Cedar Lake Contemporary Ballet était en courte tournée en France cette semaine. La troupe a eu droit à une critique plutôt élogieuse des Echos. Le Nouvel Obs dresse aussi un bon portrait de cette compagnie, en retraçant son histoire et en profitant pour faire un point sur la situation difficile de la culture aux Etat-Unis. 

Dans Le Monde, un très intéressant reportage est à lire sur les auditions du Cirque du Soleil. Comment déceler une âme d'artiste chez des sportifs de haut niveau ? C'est toute la tâche de cette journée de casting.  Stéphane Bullion et Anne Deniau ont eu droit à un court reportage sur France 3, à l'occasion du vernissage de l'exposition autour de leur livre 24 hours in a man's life. Les Echos revienennent sur la vision du couple dans la danse, avec le témoignage entre autres de Thierry Malandain, tandis qu'une dépêche résume l'affaire Mariafrancesca Garritano, cette danseuse renvoyée de la Scala car accusant le théâtre de son anorexie. Enfin Caroline Daniaud a raconté sur son blog les coulisses d'un shooting de Christian Lartillot, avec Vincent Chaillet devant l'objectif. 


COTE BLOG

Beaucoup de choses à lire la semaine prochaine sur Danses avec la plume. Tout d'abord, un point sera fait lundi sur les dernières rumeurs concernant la saison 2012-2013 du Ballet de l'Opéra de Paris. Cette prochaine saison sera dévoilée dans un mois, qu'est-ce qui pourrait nous attendre niveau programmation ? 

Puis place à un test de la bourse aux places du même établissement lancée la semaine dernière. Je publierai jeudi, début de l'émission You Can Dance, une interview de l'un des jurés Nico Archambault. Un entretien avec Carl Van Godtsenhoven, l'un des candidats du dernier Prix de Lausanne, sera aussi à découvrir. Et entre tout ça, les comptes-rendus du deuxième épisode d'Orphée et Eurydice et de la Hofesh Shechter Compagny au Théâtre de la Ville. Ouf ! 


EN BONUS

Un petit souvenir du gala au Japon Love from Paris : Tchaikovsky pas de deux, avec une Mathilde Froustey plus en forme que jamais et Yannick Bittencourt. Un petit régal.

Bonne semaine tout le monde ! 


Célestin Boutin : “Le plus important au Prix de Lausanne, ce n'est pas la finale"

Après Johanna Raynaud, place au récit du Prix de Lausanne 2012 de Célestin Boutin. Plus que la finale, le jeune candidat de 16 ans cherchait surtout l'expérience de la scène, et voir comment travaillaient d'autres danseurs.

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Quelques jours après la fin du Prix de Lausanne, dans quel état d’esprit es-tu ?

Super bien ! C’était un peu dur de quitter tout ce monde, tous les gens qu’on a rencontré là-bas, tout d‘un coup… Mais c’était vraiment une belle expérience, et j’ai été très bien accueilli par mon école quand je suis rentré !

Comment es-tu devenu élève à  l'Ecole de Danse de Cannes Rosella Hightower ?

Je viens du Nord-Pas-de-Calais. Petit, j’ai fait une petit école amateur où je prenais un cour par semaine. Puis je suis allé prendre des cours à Paris. Mais c’était compliqué. Tous les samedis, je devais faire deux heures de voiture aller puis retour pour y aller. J’ai donc décidé de partir pour l’école de Cannes.

Ce n’est pas trop dur de partir à l’autre bout de la France si jeune ?

Au début, je suis parti à l’âge de 13-14 ans, c’était un peu dur. J’étais vraiment très proche de mes parents, et je ne retourne chez moi que lors des vacances scolaires. Ça m’a fait un petit choc ! Je m’y suis habitué après, on se parle souvent au téléphone, et il y a quand même les vacances.

L'Ecole Rosella Hightower présent régulièrement des candidat-e-s à Cannes. Il s’agit de la volonté des élèves ou du choix des professeurs ?

Un peu des deux. Pour ma part, c’est ma directrice Paola Cantalupo qui est venue me voir. Elle m’a demandé si ça m’intéressait de tenter le Prix de Lausanne. Ça a été une grande surprise. Moi ? Lausanne ?

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Tu n’y avais jamais pensé ?

Je n’avais jamais vraiment pensé à me présenter, ça ne m’était pas venu à l’esprit. J’ai fait quelques concours quand j’étais très jeune, je ne me rappelais plus du tout de l’ambiance, de la scène...

La compétition, c’est quelque chose qui te booste ?

J’aime bien la compétition, mais la bonne compétition, pas celle où on va critiquer les gens. Quand je n’ai pas vu mon nom au tableau des finalistes, j’étais un peu déçu, mais j’étais surtout très content pour les autres. Je suis allé féliciter tout le monde, c’était vraiment super pour eux.

Tout le monde est dans le même état d'esprit à Lausanne ?  

Ça je ne sais pas, bonne question ! (il rit).

Quel était ton objectif en partant pour Lausanne ?

Le plus important, ce n’est pas vraiment la finale. Ce n’était pas spécialement mon but, un petit peu bien sûr, mais ce n’était pas la chose la plus importante. Ce qui m’importait le plus, c’était de danser devant du monde. Après, avoir un prix ou pas... C’était surtout pour voir ce qui se passait autre part, pour explorer.

Comment as-tu choisi ta variation classique, l’extrait de La Fille mal gardée ?

Mon professeur James Urbain m’a dit de choisir la variation que je préférais. Il ne voulait pas m’imposer une chorégraphie, il voulait que je me sente bien dedans. J’ai regardé les variations sur Youtube, j’en ai parlé, puis on s‘est mis d’accord sur La Fille mal gardée. Napoli aussi était pas mal, mais j’avais envie d’un truc avec un petit peu de tout. Il y a des chorégraphies où c’est un peu toujours la même chose.

Qu’est-ce qui t’a plu dans cette variation ? 

C’est très festif, la musique porte bien, c’est assez drôle comme ballet.

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Et pour la variation contemporaine, Outsight ?

C’était celle qui me correspondait le plus. Je ne voulais pas de quelque chose de trop facile, je n’aime pas la facilité. C’était un peu un défi. J’en ai vu des un petit peu plus faciles, mais j’avais vraiment envie de faire cette chorégraphie, c’est celle-là qui me plaisait. Ma professeure Stéphane Fléchet m’a beaucoup aidé.

Il y a avait beaucoup d’acrobaties au niveau des équilibres, il fallait bien connaître son centre. Ce genre de travail était assez intéressant. On travaillait beaucoup au niveau des cercles... La chorégraphe avait fait quelque chose en lien avec  la rotation des planètes, elle voulait ce genre de travail.

Comment t’es-tu préparé au Prix de Lausanne ?

J’avais une répétition tous les jours avec mes professeurs, ½ heure, 45 minutes, parfois une heure pour chaque variation.

Tu es parti avec beaucoup de pression ?

Je suis quelqu’un d’assez stressé. Alors je me suis dit : “Célestin, il faut que tu le prennes bien. De toute façon, que tu gagnes ou que tu perdes, cela sera la même chose”. C’est juste une phase. Ce concours est une opportunité que tout le monde n’a pas. J’y suis allé très décontracté, je ne voulais pas avoir de souci au niveau du stress.

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Quels ont été tes premières impressions le premier jour du Prix de Lausanne ?

Déjà, on arrivait en Suisse, il faisait super froid, ça change de Cannes ! (rires). On est rentré par l’entrée des artistes, on est passé par plein d’escaliers, des petits couloirs…Puis on nous a proposé d’aller dans la salle qui était en pente pour répéter. J’y  suis rentré… et là j’ai vu pleins de monde, qui dansaient, qui faisaient des pirouettes... J’avais le sourire !! Mais c’est super cet endroit !!

Le niveau ne t’a pas fait peur ?

Tout le monde a ses qualités et ses défauts. Même si je voyais des garçons faire 30 pirouettes, je savais ce que j’avais à faire. Pour moi, j’avais complètement ma place, et eux aussi.

Comment était l’ambiance entre les candidat-e-s ? Des amitiés ont le temps de se créer ?

Il y a eu des amitiés. C’était un peu compliqué, je ne parle pas très bien anglais, mais on est arrivé à se comprendre. On se reparle sur Facebook maintenant. On sait bien que plus tard, on se retrouvera quelque part. On ne sait pas quand mais on se reverra, c’est sûr.

Johanna Raynaud nous a raconté que votre école lui avait demandé de "prendre soin de toi", parce que tu étais le plus jeune…

(Il rit) Johanna était super avec moi. On a bien rigolé aussi ! Ce n’était pas forcément que du travail tout le temps. Je n’ai pas eu la chance de connaitre tout le monde, mais ceux que j’ai pu rencontrer étaient super sympa.

Comment se sont passés les cours devant le jury ?

Beaucoup de monde étaient stressés pendant le cours. Pour ma part, je me suis imaginé que c’était un cours normal, qu’il n’y avait pas le jury. Ils savaient nous mettre en confiance.

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Et le coaching avec Patrick Armand ?

Le coaching était très court. Tout allait à peu près, c’est surtout la pente qui était dure. Je n’avais jamais travaillé dessus. Plus précisément, Patrick Armand m’a donné quelques conseils au niveau des bras, que je mettais trop en arrière.

Tu as l’habitude de la scène ?

Pas vraiment. J’y vais une fois par an depuis trois ans, jamais tout seule. C’est la première fois que je danse en tant que soliste. Le studio et la scène, ce n’est pas du tout la même chose. La scène, devant nous, c’est noir. On ne peut pas prendre de point, c’est dur pour les pirouettes.

Comment se sont passées les demi-finales ?

Il y avait un peu de stress pour la variation classique. On joue notre place pour la finale ! Quand j’étais sur scène, je me suis senti bien, mais j’ai senti que je pouvais faire mieux. J’aurais pu donner encore plus.

La variation contemporaine s’est bien passée, même si j’ai raté quelques moments. J’étais assez fier de moi. Je n’avais aucune idée des résultats. Je m’étais dit qu’il ne fallait pas que je me mette dans la tête que j’allais gagner, que j’avais mes chances, mais il n’y avait que 20 places pour 69 personnes.

Il n’y a pas eu de déception au moment des résultats ?

La déception a été tout de suite oubliée. Moi même quand j’ai regardé le tableau, j’ai dit : “Bon, ça ne fait rien”. Ce serait mentir de dire que je n’étais pas déçu. Mais ce n’est qu’un concours, je ne joue pas complètement ma carrière de danseur.

Qu’est-ce qui t’a manqué pour parvenir à la finale ?

Je ne sais pas très bien... José Martinez m’a dit que je voulais trop bien faire. C’est un peu compliqué, je n’ai pas encore assimilé toutes ses remarques. Dans le jury, ils m’ont dit des choses très différentes. Que j’étais trop expressif, qu’il fallait que je reste comme je suis... Je ne savais plus trop quoi penser. C’est encore difficile de faire le tri dans tout ça.

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Le matin de la finale a eu lieu le Networking Forum, avec de nombreux directeurs et directrices d’écoles et de compagnies. Tu as eu des propositions ?

J’ai eu quelques propositions, de la Palucca Schule de Dresde et de la Swedish Ballet School. Je ne sais pas du tout si je vais y aller. Je crois que j’aimerais bien continuer encore une année dans mon école, que je peux encore y acquérir des choses. Et après, aller voir ailleurs. Partir d’une école comme Cannes, il faut y réfléchir à deux fois. Mais pour l‘instant, rien n’est sûr.

Que t’aura apporté le Prix de Lausanne ?

J’ai appris à gérer mon stress. J’ai aussi beaucoup regardé les autres, comment ils tournaient, sautaient, atterrissaient. On apprend beaucoup des autres en regardant. J’aurai même préféré que cela dure plus longtemps.

L’expérience du Prix de Lausanne t’a-t-il donné envie de faire d’autres concours ?

Ce concours m’a beaucoup plus, pourquoi ne pas tenter de le refaire l’année prochaine... Mais je n’ai pas vraiment envie d’en faire plein. J’aime bien passer sur scène, mais pour moi, un concours est plus pour montrer que pour faire ressentir.

Quels conseil donnerais-tu à ceux et celles qui voudraient tenter le Prix de Lausanne ?

D’y aller serein, de donner tout ce qu’on a tous les jours. Et de prendre un maximum.


Orphée et Eurydice : épisode 1

Vendredi 3 février 20121. Répétition générale d’Orphée et Eurydice de Pina Bausch, par le Ballet de l’Opéra de Paris, au Palais Garnier. Avec Stéphane Bullion (Orphée), Marie-Agnès Gillot (Eurydice) et Muriel Zusperreguy (Amour).

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Pour Orphée et Eurydice, Pina Bausch a choisi la dualité du chant et de la danse. Chaque personnage est dédoublé, une chanteuse et un-e danseur-se, idem pour le choeur. Un véritable magnifique duo.

La danse est après tout une sorte d’instrument de musique dont le corps en est l’objet. Tout comme le chant. (Il est intéressant d’ailleurs, quand on travaille les deux, de s’apercevoir que la position physique de base de ces deux arts est la même). ll n’est plus question ici du danseur sur de la musique, ou de la musique qui porte le danseur. Il est question de mélange, de duos. A voir, à écouter, à ressentir sans séparer les trois sensations.

Orphée et Eurydice est d’autant plus réussie que la musique et la danse sont intrinsèquement magnifiques. Maria Riccarda Wesseling (Orphée) et Yun Jung Choi (Eurydice) n’ont pas forcément beaucoup poussé sur leur voix pour cette répétition générale, mais déjà, quelle musicalité, quelle complicité et quelle présence sur scène. Les excellents chœurs et orchestres du Balthasar-Neumann Ensemble, qui jouaient sur des instruments anciens, ont également rendu toute la valeur de la musique parfois un peu austère de Gluck.  

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Et la danse alors ? Ce que j’aime chez Pina Bausch, c’est qu’elle ne s’embarrasse pas de superflu. Il n’y a pas de moment de danse juste pour le plaisir des yeux. Ici, tout a un sens, tout doit servir l’histoire. Celle d’Orphée, prêt à descendre aux Enfers pour aller chercher sa bien-aimée Eurydice.

Un peu comme dans son Sacre du Printemps, la danse est terrienne, quelque part assez sauvage, épurée. Le corps de ballet, qui danse pourtant du Pina Bausch depuis peu de temps, est formidablement à l’aise et investi dans cette chorégraphie. La première partie, le Deuil, est ainsi poignante, avec son armée de jeunes femmes en noir.

La Violence, la deuxième partie, est la descente aux Enfers. Le trio Aurélien Houette, Vincent Cordier et Vincent Chaillet jouent un Cerbère implacable, tandis que les artistes corps de ballet deviennent des âmes en peine barrant le chemin d’Orphée. 

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Mais au bout du chemin de croix vient le Paradis, troisième partie, Paix. Après tant de souffrances, voilà la plénitude, dans laquelle baigne Eurydice. Et peut-être n’a-t-elle pas vraiment envie de la quitter, malgré son amour Orphée… Marie-Agnès Gillot est dans ses grands soirs, magistrale. Elle a le rôle dans le bout du corps à force de l’avoir dansé, mais se renouvèle à chaque représentation.

Et Stéphane Bullion alors ? C’est une répétition générale, il est souvent de tradition d’être mesuré-e. Mais je suis une spectatrice. Avec tout le recul qu’il faut prendre, il s’agit d’une répétition, voici ce que j’y ai vu : un danseur à côté

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Il y a les gestes, l’intention, mais Stéphane Bullion n’est pas dans le ballet. Il est presque trop beau pour danser Pina Bausch. Cet apollon imberbe, qui certes croit en ce qu’il fait, semble sortir de nulle part. Pas assez tranchant, pas assez sauvage. Pas assez naturel peut-être aussi pour cette danse instinctive. Il est passé à côté de Pina Bausch.

Mais ses qualités d’interprète ont su toutefois trouvé leur place dans la quatrième partie, la Mort, le plus poignant passage. Orphée et Eurydice sont réunis, mais dans un cruel dilemme. Lui ne peut la voir, elle ne comprend pas pourquoi. Un duo de souffrance et d’incertitude qui forcément se finit mal. Le regard se tourne, Eurydice retombe dans la mort dans une dernière complainte chantée. 

Orphée et Eurydice de Pina Bausch, au Palais Garnier jusqu’au 16 février. 


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