Johanna Raynaud : "Je savais que le Prix de Lausanne allait être dur"

Johanna Raynaud est l’une des quatre Français-es à avoir participé au 40e Prix de Lausanne. Elève à l’Ecole Supérieure de Danse de Cannes Rosella Hightower, elle est revenue sur cette expérience enrichissante, même si elle ne repart avec aucun contrat à la clé.

Johanna_Raynaud_Prix-de-Lausanne_4.jpg
Commet a débuté l’aventure du Prix de Lausanne pour toi ?

J’avais déjà essayé l’année dernière, mais je n’avais pas été sélectionnée sur vidéo. J’ai réessayée cette année, et j’ai été prise.

Tu as l’habitude des concours ?

C’est le premier concours que je faisais depuis 10 ans ! Les concours et la compétition, c’est nécessaire, mais ce n’est pas ce côté-là qui m’attire le plus. Si j’ai tenté Lausanne, c’est plus pour rencontrer tous les gens qui y sont. Pendant une semaine, c’est là où se réunissent tous les gens importants de la danse. Et puis c’est intéressant de voir le niveau d’autres jeunes de son âge.

Dans la longue liste des variations, tu as choisi celle de la vision de La Belle au Bois Dormant. Pourquoi ce choix ?

J’ai regardé toutes les versions de chaque variation en vidéo. J’aimais bien celle-là, elle correspondait un peu à mes qualités.

C’est-à-dire ?

J’ai toujours eu des qualités de mouvements pour l’adage. Les lever les jambes, les équilibres, j’aimais bien ce côté-là. Aussi le travail des lignes et de propreté du bas de jambes.

Et pour la variation contemporaine ? Tu as choisi Tender Hooks

J’ai regardé les quatre variations, et j’ai tout de suite vu que je pourrais faire celle-là. Au niveau du mouvement, ça me plaisait beaucoup, et c’était proche de ce que je fais en cours cette année.

Comment as-tu travaillé ces deux variations ?

J’ai été sélectionnée en novembre, et j’ai commencé à travailler à partir de là. J’ai préparé ma variation classique avec Dominique Lainé, et celle contemporaine avec Joëlle Donati, deux de mes professeures à Cannes.

Dans le cadre du Cannes Jeune Ballet, où je suis cette année, j’avais d’autres choses à travailler, on avait des spectacles à côté. J’ai dû trouver du temps quand j’en avais. J’essayais de faire les deux variations tous les jours, mais ça n’a pas toujours été possible. A l’école, on a quatre studios, toutes les classes les utilisent, elles n’étaient pas toujours disponibles. 

Johanna_Raynaud_Prix-de-Lausanne.jpg
As-tu eu assez de temps pour te préparer au mieux à ce concours ?

Honnêtement, j’ai un peu manqué de temps de préparation. L’école nous soutient et nous aide le plus possible. On répète avec nos professeurs, c’est ma directrice qui a trouvé mon costume à Marseille. Mais on ne peut pas abandonner tout ce qu’on fait à côté, c’est ça qui est dur. Les professeurs ont aussi leur planning avec d’autres classes.

Avant de partir, pensais-tu pouvoir aller en finale ?

J’étais la candidate la plus âgée, je savais que ça allait être dur. Je connaissais déjà certain-e-s des participant-e-s, qui avaient passé d’autres grands concours. On a toujours un espoir, on n’y va pas perdant. Mais j’étais consciente que ça allait être difficile.

Quels ont été tes premières impressions en arrivant au Lausanne, le premier jour du Prix ?

Je m’attendais à ce que les gens soit plus renfermés, dans un état d’esprit plus compétitif. Finalement, c’était une assez bonne ambiance, on s’est vite assez bien entendu. On a eu qu’une semaine, on n’arrivait pas forcément à bien se connaitre, mais on restait assez solidaire.

Et entre les quatre candidat-e-s français-es ?

C’est sûr qu’on avait au début notre petit groupe de Français ! Célestin Boutin et moi sommes dans la même école, forcément on restait ensemble. Il est plus jeune de moi, on m’avait dit  de prendre soin de lui (rires).

Comment se sont passés les cours devant le jury ? 

C’est stressant ! J’ai été à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris et j’ai eu toute une formation académique. Mais à Cannes, tout en gardant cette propreté, on a des cours plus libres, au niveau des ports de bras ou des épaulements par exemple. A Lausanne, toutes les filles étaient très académiques, et j’ai dû faire attention à ça aussi, en plus de suivre le professeur et voir le jury qui regardait.

Les professeurs t-ont-ils fait des corrections particulières ?

Ils ne nous ont pas beaucoup corrigés personnellement, ils ont surtout fait des corrections générales. Ils n’avaient pas le temps et c’est dur en une semaine. Après, c’est intéressant de prendre des cours avec tous ces très bons professeurs, c’est intéressant de voir une autre manière de travailler.

Et pour le coaching ? Vous avez finalement eu assez peu de temps pour travailler…

C’est vrai que c’était très rapide. On a eu deux coaching de 4-5 minutes chacun, un sur scène et un en studio.

Cela sert tout de même ?

Sur scène, cela sert toujours à quelque chose, parce qu’il y a tout ce qui est placement qu’on ne peut pas travailler en studio. C’est une grande partie du travail qu’on a fait le premier jour. C’est différent de danser sur une scène ou dans un studio, surtout que je ne suis pas habituée à danser toute seule. En studio, avec la pente, il y avait toujours des conseils à recevoir par rapport à ça. On a toujours l’impression que ce n’est pas assez, on aimerait bien faire une heure de coaching !

Quels conseils t’a donné Monique Loudières ?

Techniquement, ma variation n’est pas forcément très dure, il n’y avait pas beaucoup de corrections à faire là-dessus. C’était surtout du placement sur scène et l’interprétation. Monique Loudières  m’a conseillé de trouver ma direction, c’est quelque chose d’assez personnel.

Johanna_Raynaud_Prix-de-Lausanne_1.jpg
Et quelle direction as-tu prise ?

C’est un ressenti par rapport à la musique, qui est magnifique. La chorégraphie est très libre dans les bras, cela m’a aidé à interpréter, à me mettre à la place du rôle à ce moment-là. C’est la vision, elle n’est pas forcément réelle.

Et pour la variation contemporaine ?

On a eu un coaching pendant une heure, mais tout le monde écoutait les corrections de tout le monde. Je passais la dernière, c’était plutôt bien pour ça. On a appris cette variation sur une vidéo, c’est toujours plus dur. On nous a expliqué ce que certains mouvements voulaient dire, ce que l’on devait transmettre. Ce n’est pas forcément très clair avec une vidéo.

On a l’impression que les candidat-e-s passent beaucoup de leurs journées à attendre. C’est dur à gérer ?

C’est vrai qu’on attend beaucoup. Comme j’étais la plus âgée, et qu’on passe par ordre d’âge, je suis toujours passée la dernière. Si on regarde tout le monde, on commence à se déconcentrer et à stresser. Et puis il faut rester chaud. On fait des petites barres, la musique sur les oreilles…

Qu’est-ce qui est le plus dur à gérer durant toute cette semaine ?

La pression. Même si l’ambiance est bonne, cela reste un concours, cela reste le Prix de Lausanne. Il y a toujours des caméras un peu partout… Cela reste assez stressant comme atmosphère.

Comment se sont passées les épreuves de sélections sur scène ? 

J’étais un peu déçue pour ma variation classique. Je n’étais pas complètement stressée à en perdre tous mes moyens, mais je n’étais pas à l’aise. C’est assez impressionnant une scène comme ça, le public, la pente… A  Cannes, on danse quelques fois sur scène, mais la plupart du temps dans des ballets contemporains. Passer toute seule, c’est différent.

J’étais par contre contente pour la variation contemporaine, ça s’est bien passé. J’ai réussi à me mettre dedans, et j’ai pris beaucoup de plaisir à la danser. Mais j’aurais dû réussir les deux. Les gens avec qui j’ai pu parler m’ont dit que c’était surtout la variation classique sur scène qui m’avait pénalisée.

Johanna_Raynaud_Prix-de-Lausanne_5.jpg
Comment as-tu réagi à l’annonce des résultats, en voyant que tu ne passais pas en finale ?

Je n’ai pas été surprise. On était beaucoup de candidat-e-s, je savais très bien qu’il n’y avait que 20 places en finale. Sur les 60 éliminé-e-s, il y en a qui sont bien aussi. J’ai parlé avec le jury et je comprends pourquoi je n’ai pas été prise. Je ne vais pas m’obstiner à dire que ce n’est pas juste. Pour moi, le jury a eu raison. En sachant que j’étais la plus âgée, je m’attendais bien à ce que l’on soit exigeant avec moi, et donc forcément que cela soit un peu plus dur que pour des filles plus jeunes.

Qu’est-ce qui t’a manqué ?

Après réflexion, je pense que j’aurais dû prendre une autre variation. Peut-être Raymonda ou le Grand pas Classique… On m’a dit que je n’avais peut être pas assez pris de risques par rapport à la variation et par rapport à mon âge. Comme la variation que j'avais choisie était un peu répétitive, le jury s’attendait à plus. Pour passer en finale, il aurait vraiment fallu la faire très très bien.

Les jeunes danseur-s-es francais-es ont du mal à se faire une place à Lausanne depuis quelques temps. Comment l’expliques-tu ?

On a moins l’habitude de faire des concours en France. Il y en a, mais ils sont beaucoup plus amateurs. Au Japon, les concours sont du même niveau que Lausanne, c’est vraiment très compétitif et de très haut niveau. En France, on est beaucoup moins préparé à ça.

C’est une bonne ou une mauvaise chose ?

C’est une autre manière d’aborder la danse, ni mieux ni pire. Il y a de très bons danseur-se-s français-es qui n’ont jamais fait de concours. C’est vrai que si on fait un concours tous les mois depuis ses 10 ans, quand on arrive à 18 ans dans une audition, on est mieux préparé. On a l’habitude d’être sur scène et de présenter une variation, d’être à l’aise. Mais après, lorsque l’on arrive dans une compagnie, on n’est plus en compétition, c’est totalement notre travail.

Regardais-tu les candidat-e-s pendant les épreuves ?

Oui…mais pas trop non plus ! Je ne voulais totalement oublier ce que je faisais moi. Dans les cours, généralement, je me concentrais sur ce que je faisais. Pour le coaching, j’en ai regardé quelques-uns.

Que penses-tu des finalistes et des gagnant-e-s ?

La plupart des finalistes avaient fait un gros concours pas an, quand ce n’est pas tous les mois. Forcément, comme ils travaillent plus de variations, qu’ils ont l’habitude d’être en compétition, ils sont forcément plus à l’aise sur scène. Je n’ai pas vu tout le monde. J’avais repéré Madoka Sugai, celle qui a remporté le premier prix, dès le premier jour. J’étais contente que ce soit elle qui gagne.

Comment s’est déroulé le Networking Forum, vaste audition pour les non-finalistes ?

On a fait un cours. Je n’ai pas eu de contrat à la clé, mais je pense que c’est beaucoup plus pour les jeunes. Il y avait énormément d’écoles, mais uniquement cinq compagnies : Honk Kong, c’est un peu particulier, le Royal Ballet, l’American Ballet… J’ai tout de suite compris qu’il n’y aurait pas beaucoup de chance Les gagnant-e-s en général choisissent d’aller dans ces compagnies, elles n’ont pas besoin d’aller repêcher ceux et celles qui ont perdu.

Vu mon âge, j’ai bientôt 19 ans, je me suis dit qu’aucune école allait me proposer quelque chose. Je suis en jeune ballet, j’ai déjà fini mon école, je ne veux pas en recommencer une autre. 

Johanna_Raynaud_Prix-de-Lausanne_3.jpg
Ce n’est pas difficile de rentrer sans rien après autant d’investissement ?

C’est forcément un peu frustrant. Je pense aussi à mes parents, qui ont beaucoup investi sur ça. Ils ont tellement fait d’efforts pour moi. C’est décevant de revenir au point de départ, même si je ne regrette pas du tout d’y être allée, ça a été une grosse expérience, j’ai rencontré beaucoup de gens.

Dont José Martinez, le directeur de la Compagnie Nationale de Danse, chez qui tu aimerais bien aller ?

Je faisais partie du ballet Scaramouche à l’Ecole de Danse de l’Opéra. José Martinez se souvenait de moi, il m’a tout de suite dit bonjour. J’ai pu parler avec lui, et il m’a encouragé à venir passer l’audition chez lui, même si aucune date n’est encore fixée.

Et les Ballets de Monte-Carlo, dirigés par Jean-Christophe Maillot, Président du jury du Prix de Lausanne cette année ?  

J’aime beaucoup cette compagnie. J’ai été faire un stage là-bas, et les danseur-se-s sont très matures. J’aimerais bien y rentrer, mais je ne sais pas si je ne suis pas encore un peu jeune. J’ai pu discuter avec Jean-Christophe Maillot, pas sur les auditions, mais sur ma prestation lors du concours. Il m’a conseiller de m’affirmer plus, de décider de ce que je veux, et d’y aller.


Rodin par Russell Maliphant

Mercredi 1er février. Le Projet Rodin de Russell Maliphant au Théâtre de Chaillot, avec Tommy Franzen, Thomasin Gülgeç, Dickson Mbi, Ella Mesma, Carys Staton et Jenny White.

Projet-Rodin_Russell-Maliphant_1.jpg
Dans l’exposition Danser sa vie, qui se tient au Centre Georges Pompidou, il y a quelques statuettes de Rodin. C’est étrange, il s’agit de statues inertes, et pourtant elles semblent encore en mouvements et riches d’expressivités.

Dans sa dernière création, justement appelé le Projet Rodin, Russell Maliphant s’est inspiré de l’œuvre dansante du sculpteur. C’est étrange, les six danseurs et danseuses qui interprètent cette pièce sont bien des êtres humains, et pourtant leurs gestes semblent figés et vides de toutes expressions.

C'est en tout cas l'impression donnée par la première partie du ballet, qui laisse ainsi perplexe. Le chorégraphe voulait rendre hommage au sculpteur, et il semble avoir dénaturé son œuvre. Trois femmes servent de porte-manteau, tenant de larges tissus blancs qui recréent un atelier d’artiste. Trois hommes prennent des pauses et montrent leurs muscles. Bien appétissants pour la gent féminine/gay, mais singulièrement vides de sens. La sculpture-beauté-esthétique sans émotion, voilà qui semble être le contraire de l’œuvre de Rodin.

Projet-Rodin_Russell-Maliphant_3.jpg
Alors que le public commence doucement mais sûrement à sombrer, Russell Maliphant met enfin ses danseurs en mouvement. Réaction réactionnaire ? J’attends d’un ballet, aussi contemporain soit-il, qu’il danse. Le Projet Rodin met bien 30 minutes avant de danser.

Et pourtant, quand Russell Maliphant arrête de jouer au scénographe pour redevenir chorégraphe, voilà que cela frise la magie. Soudainement, deux statues-danseurs prennent vie pour un magnifique combat. Les sauts sont aériens et puissants, les torsions à l’extrême, la tension haletante. 10 minutes tout juste de fulgurance avant l’entracte, le public à peine réveillé peut se rendormir.

La deuxième partie, libérée de ses draps blancs pour un décor plus simple, reste plus intéressante. Parce que ça danse plus aussi, CQFD.
La danse du début est belle, rendant hommage au hip hop dont sont issus la plupart des interprètes, mais un peu déconnectée du sujet principal. Cela se raccroche un peu par la suite, en retombant dans l’idée des statues qui prennent vie. Avec parfois de magnifiques réussites, comme le solo de Dickson Mbi, ou le duo d’hommes-araignées jouant sur un plan incliné, assez bluffant.

Projet-Rodin_Russell-Maliphant_2.jpg
On regrette pourtant la sous-utilisation des danseuses, qui ne paraissaient pourtant pas moins douées que leurs collègues masculins. Absentes dramaturgiquement de la première partie, un seul solo féminin est présent dans la deuxième. Une femme, vêtue d’un voile comme une statue antique, se dévêt lentement. En soi, le passage est très beau. Il fait référence à une certaine érotisation du corps de la femme dans la sculpture, et plutôt d’une belle manière. Mais pourquoi se limiter à ça ? Dans le Projet Rodin, les statues hommes ont le droit de prendre vie, de bouger et de penser. Les statues femmes doivent rester des objets.

Bien sûr, dans l’art, les modèles féminins ont souvent été cantonnées à ce rôle : des poses yeux baissés, dans l’attente, passives. Un chorégraphe du XXIe siècle aurait pu essayer de dépasser le cliché.

Le Projet Rodin de Russell Maliphant, au Théâtre de Chaillot jusqu'au 10 février. Places de 11 à 32 euros.


Le petit bilan d'actu, S05 EP16

Pas mal de choses à retenir cette semaine, entre le Prix de Lausanne, Orphée et Eurydice, et dans un futur plus ou moins lointain des nouvelles de La Fille mal Gardée et des Etés de la Danse 2013. 

COTE ACTU

- Les Résultats du 40e Prix de Lausanne

Après une semaine de compétition, la finale a eu lieu samedi après-midi. Et les lauréat-e-s sont : Madoka Sugai (Japon) qui gagne aussi le Prix Contemporain, Hannah Bettes (Etats-Unis) qui remporte aussi le Prix du public, Edson Barbosa (Brésil), Tudorin Nikolaus (Australie), Michael Grünecker (Allemagne) qui gagne aussi le Prix du Meilleur Suisse, Sonia Vinograd (Espagne), Le Wang (Chine) et Mingxuan Wang (Chine). La finale est à revoir sur le site du Prix de Lausanne

Prix-de-lausanne-2012.jpgJe n'ai pour ma part pas pu voir la finale, même si d'après ce que j'ai lu ces résultats ne font pas polémique. Que ceux et celles qui ont pu visionner cette finale (ou qui étaient sur place) n'hésitent pas à venir livrer leurs impressions en commentaire. Bravo en toute cas à tou-te-s les gagnant-e-s, ainsi qu'à tous ceux et celles qui ont participé à ce concours. J'espère que beaucoup repartiront avec, si ce n'est une bourse, une place dans une grande école. 

- Des nouvelles des Etés de la danse 2013

Il y a quelques semaines, j'évoquais ici la possibilité de la venue du Ballet de l'Opéra de Vienne aux Etés de la Danse 2013. C'est désormais confirmé, c'est bien la compagnie, dirigée par Manuel Legris, qui sera la tête d'affiche de ce festival. La troupe ne viendra pas pour Le Lac des Cygnes, comme cela avait circulé, mais a priori avec Don Quichotte, dans la version de Noureev. Le ballet devrait aussi présenter deux ou trois autres programmes, un autre grand ballet et une soirée composite. Les Etés de la Danse serait donc dans la configuration d'une troupe sur un petit mois, avec un programme différent chaque semaine. Un beau mois de juillet 2013 en perspective. 

- Des nouvelles de La Fille mal gardée

Ce ballet sera donné en fin de saison, et bien des choses peuvent bouger d'ici là. Mais voici tout de même quelques infos. Jolie surprise, Aurélie Dupont devrait faire sa prise de rôle pour le personnage de Lise. Et oui, on peut être à quelques années de la retraite et vouloir découvrir de nouveaux rôles de jeune fille en fleur. Ce que j'imagine très bien faire Aurélie Dupont. Mathias Heymann, Dorothée Gilbert, Josua Hoffalt ou Myriam Ould-Braham devraient aussi, sans surprise cette foic-i, être prévu-e-s sur ce ballet. Myriam Ould-Braham devrait assurer pas mal de représentations, n'étant pas pour l'instant de la tournée de la troupe aux Etats-Unis, qui aura lieu en même temps. 


COTE MEDIA

- Orphée et Eurydice

Le ballet de Pina Bausch, dansé par le Ballet de l'Opéra de Paris au Palais Garnier, a donné lieu à quelques reportages. France Info en a ainsi fait une petite chronique, avec une interview de Dominique Mercy, le danseur de la chorégraphe qui est venu à Paris faire répéter cette oeuvre. TF1 a également diffusé un court reportage réalisée lors de la répétition générale, avec les témoignages de Stéphane Bullion et Marie-Agnès Gillot. Le Figaro s'est pour sa part centré sur la deuxième distribution, en laissant la parole à Alice Renavand, qui se souvient avec émotion des conseils que lui avait donné Pina Bausch. 

Côté blog, A Petits Pas a déjà publié sa chronique de la première. Un compte-rendu enthousiaste... D'autres résumés devraient venir dans la semaine sur les divers blogs. 

Orphee-et-Eurydice_Alice-Renavand.jpg

- Le Projet Rodin

La dernière création de Russell Maliphant, Projet Rodin, est donné au Théâtre de Chaillot depuis le 31 janvier. Et cette choréghraphie ne fait pas vraiment l'unanimité. Les Echos juge ainsi qu'il ne s'agit que d'une "pâle copie de Rodin", tandis qu'A Petits Pas fait part de son ennui au travers une courte chronique. Le Monde et Le Figaro se montrent plus indulgents, sans toutefois faire preuve d'un enthousiasme débordant.  

Réussi ou pas, ce Projet Rodin a mis en place une communication web intéressante, avec la création d'un blog dédié aux multiples contenus : photos des répétitions, interviews, news, mais aussi vidéos montrant l'évolution du projet, et des réflexions autour de l'oeuvre. Une plateforme plutôt originale, qui trouve tout son sens avec une création. 

- Les danseurs et danseuses de l'Opéra de Paris hors les murs

Les artistes du ballet étaient soit en vacances, soit en gala un peu partout dans le monde, dont la presse s'est parfois fait échos. Profitant du spectacle Love from Paris au Japon, Dorothée Gilbert a ainsi assuré la promo de ses DVD de cours de danse, qu'elle vient de sortir la-bas. Deux petites vidéos sont à voir, avec des extraits d'exercices à la barre dans le Foyer de la Danse, et d'un milieu dans la coupole de Garnier. Dommage que ces DVDs ne soit vendus qu'au Japon.

Dorothee-Gilbert-DVD.JPG

Karl Paquette a emmené tout son petit groupe à La Réunion pour une série de galas. Il a donné une courte interview vidéo au journal local Zinfos974, où il revient sur le fonctionnement de l'Opéra. Sud-Ouest a également fait un compte-rendu d'une conférence dansée de Gilbert Mayer, avec Sébastien Bertaud ou Lénonore Baulac.

- A lire, voir, écouter

Le Huffington Post consacre, via sa nouvelle chroniqueuse danse Laura Cappelle, un article sur les petits mensonges de l'Opéra de Paris sur ses prix. Enfin un article impartial sur le sujet, cela fait plaisir à lire ! Jérémie Bélingard était pour sa part sur France Culture pour une sympathique interview, où il revient entre autres sur ses complexes de ne pas avoir le physique parfait du danseur classique. Qu'il se rassure, on l'aime bien quand même. Thierry  Malandain a donné ses bonnes adresses et ses coup de coeur culture à Sud-Ouest, tandis que le site Mativi-toulouse.fr a consacré un joli reportage vidéo à la dernière soirée New York Dances du Ballet du Capitole. 


COTE AGENDA

- Sur scène

Orphée et Eurydice de Pina Bausch est toujours sur la scène du Palais Garnier, avec cette semaine la deuxième distribution qui rentre en lice. Peu de places restent disponibles, il faut venir tôt aux caisses le jour-même pour espérer décrocher un ticket. Du côté du Théâtre de Chaillot, le Projet Rodin de Russell Maliphant continue jusqu'au 10 février. Dans un absolument tout autre genre (mais vraiment), la comédie musicale Shrek arrive dans son adaptation en français au Casino de Paris dès le 8 février. 

- Rencontres

Une répétition publique de La Bayadère est organisé le samedi 11 février, à 16 heures à l'amphithéâtre Bastille. Du côté de Garnier, une séance de dédicaces de Stéphane Bullion et de la photographe Anne Deniau, à propos de leur livre 24 hours in a man's life, aura lieu à la boutique le dimanche 12 février de 17 heures à 18h30. 

24_hours_in_a_man__s_life.jpgPour les danseurs et danseuses confirmé-e-s, un cours de danse contemporaine est organisé au Théâtre de Chaillot le mercredi 8 février à 17h30, par un assistant de Russell Maliphant. Réservation obligatoire au 01-53-65-30-00.  

- Il est temps de réserver

Attention, beaucoup de spectacles Opéra de Paris ouvrent à la réservation sur Internet le lundi 6 février, à partir de 9 heures. L'Histoire de Manon, Roméo et Juliette et le Tokyo Ballet seront disponibles à la vente, ainsi qu'un opéra et un concert. Le temps d'attente risque une fois encore d'être bien long, et les bugs nombeux... 


COTE BLOG

La semaine prochaine, Danses avec la plume reviendra sur le Prix de Lausanne, avec le témoignage de quelques candidat-e-s français-es qui ont participé à cette quarantième édition. A lire également : le compte-rendu du Projet Rodin (enfin) et celui d'Orphée et Eurydice (et pourquoi pas un deuxième épisode). Bonne semaine tout le monde ! 


Orphée et Eurydice : qui voir danser sur scène ?

Après quelques semaines de vacances, le Ballet de l’Opéra de Paris est de retour sur scène, pour Orphée et Eurydice de Pina Bausch, sur la musique de Christoph Willibald Gluck.

Véritable dialogue entre le chant et la danse, chaque rôle principal est dédoublé. Pour le chant, ils sont assurés par Maria Riccarda Wesseling (Orphée), Yun Jung Choi (Eurydice) et Zoe Nicolaidou (L’Amour). Pour la danse, deux distributions, toutes très intéressantes, se partagent les représentations.

Stéphane Bullion (Orphée), Marie-Agnès Gillot (Eurydice) et Muriel Zusperreguy (L'Amour) : les 4, 6, 11, 12, 15 et 16 février.

Marie Agnès Gillot connaît bien ce rôle, qu’elle danse depuis son entrée au répertoire en 2005. On imagine sans problème l’étoile, avec son allure et sa personnalité, se glisser dans le style de Pina Bausch. Personnellement, c’est la première que je la vois dans un ballet de cette chorégraphe, et je m’en réjouis d’avance.

Pour Stéphane Bullion, il s’agit d’une prise de rôle, certainement pas à contre-emploi. Je suis très curieuse aussi de le voir danser du Pina Bausch, tout ça me semble très prometteur. Quant à Muriel Zusperreguy, je l’ai assez peu vue dans du contemporain pour avoir une véritable opinion. Un beau trio en perspective en tout cas.

Orphee-et-Eurydice_Marie-Agnes-Gillot_Yann-Bridard.jpg
Nicolas Paul (Orphée), Alice Renavand (Eurydice) et Charlotte Ranson (L'Amour) : les 8, 9 et 14 février.

Honneur eux étoiles, ce trio n’aura que trois date pour se montrer. Alice Renavand est toujours fantastique en contemporain, et tient aussi ce rôle depuis 2005. Cette danseuse ne ressemble pas vraiment à Marie-Agnès Gillot, mais elle est pourtant régulièrement sa doubleuse. Et les deux offrent des interprétations souvent très différentes.

Charlotte Ranson aussi a toujours une formidable présence dans le répertoire contemporain. On la voit trop peu souvent en soliste, il faut en profiter lorsque cela se produit ! Je connais trop mal Nicolas Paul sur scène pour avoir une véritable opinion, mais je reste curieuse de sa prestation. 

Orphee-et-Eurydice_Alice-Renavand.jpg
Pour l’instant, je verrais la première distribution lors de la générale, mais compte bien trouver une petite place pour la seconde. Et vous, laquelle allez-vous voir ? Laquelle vous tente le plus ?  

Orphée et Eurydice, du 4 au 16 février au Palais Garnier.


- page 3 de 127 -