Au fil des lectures sur différents blogs, je me suis aperçue que beaucoup avaient eu du mal avec le second volume de Millénium, intitulé sobrement La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette.
Suis-je une exception ? Parce que moi, au contraire, ce deuxième volet est mon préféré de toute la saga.

Un an a passé depuis les événements du premier livre. Lisbeth Salander et Michael Blomkvist ne se sont pas revus depuis. Pourtant, une nouvelle enquête, cette fois-ci sur un réseau de traite des femmes, va de nouveau les réunir.



Les ingrédients sont les mêmes : une sombre histoire policière décortiquée par ces deux personnages si différents. Sauf que petit à petit, le passé de Lisbeth se révèle étroitement lié à l'intrigue, tant et si bien qu'elle est bientôt désignée par tous les médias comme coupable d'un double meurtre.
Super Blomkvist ne peut qu'essayer de la sauver. Et en voulant résoudre l'enquête pour prouver l'innocence de Lisbeth, il va découvrir petit à petit son mystérieux passé, qui devient très vite la trame central du livre, au détriment de l'enquête initial.

Alors bien sûr, ceux qui ne se sont pas particulièrement attachés aux personnages lors du premier tome n'y auront peut-être pas trouvé un grand intérêt. Pour moi, qui avait adoré Lisbeth, j'ai été captivée par la plongée dans son passé, et la découverte, petit à petit, de son histoire. C'est justement ça qui apporte une profondeur supplémentaire à ce deuxième tome, et qui fait qu'il est devenu mon préféré.

Ceux qui n'aiment pas la théorie du grand complot, passez votre chemin, parce que là, vous êtes servis. La fin est particulièrement surréaliste. Mais un certain humour dans les dialogues maintient tout de même le tout à la réalité, du moins pour moi.

Et puis il y a tout ce qui fait la réussite de Millénium : des indices savamment distillés pour maintenir le suspens, une enquête qui sort de l'ordinaire des polars, des personnages secondaires toujours aussi intéressants. Et un ton féministe encore plus présent que lors du premier tome. De part l'enquête bien sûr, qui parle de traite des femmes, mais aussi par la description de scènes du quotidien où le sexisme est insidieusement présent, comme dans l'équipe de policiers où la seule femme au milieux d'une dizaine d'hommes a plus de mal à être considérée comme compétente et à faire entendre ses idées.

Pour finir, je réitère mon avertissement personnel : un livre qui cartonne n'est pas forcement qu'un coup marketing, il peut aussi être véritablement bon, comme c'est le cas avec les Millénium.