Il y a une chose qui existe à l'Opéra de Paris et qui est assez sympathique : avant une série de représentations, il y a souvent une espèce de petite répétition en public d'une heure, à l'amphithéâtre bastille.

Je n'y étais jamais allée jusqu'à présent, parce que je n'étais jamais arrivée à choper une place sur le net, et je croyais tout naïvement que pas de place, pas d'entrée. En fait, les sans-billet peuvent venir, comme il reste toujours des places.

Samedi 19 septembre, je me rends donc à cet après-midi Convergences spécial Giselle.

Déjà, première impression qui n'a aucun rapport avec le ballet : que de souvenirs de revenir dans cet amphithéâtre Bastille. Il y a 10 ans (10 ans !), j'y avais passé pas mal de mes après-midis, la moitié de mes vacances et trois semaines de représentations. A la cantine, on avait mangé à côté de José van Dam, et un soir à la sortie, on avait croisé Marie-Claude Pietragalla. On avait même répété dans un des studios de danse. Bref, rien à voir, mais ça me fait plaisir d'évoquer ces souvenirs.

Mais revenons à Giselle. Pendant 1 heure, nous avons donc eu droit à une sorte de répétition public. Je dis "Sorte de répétition", parce qu'il semblait évident qu'ils ont déjà bien travaillé les deux extraits présentés, et qu'ils en sont aux fignolages. En maître de ballet, Laurent Hilaire. En jeunes danseur(se)s sur scène dans trois semaines dans les rôles principaux, Mathias Heymann et Dorothée Gilbert.


Tout commence d'abord avec un extrait du premier acte. Plus que de la technique, il s'agit surtout d'un passage de pantomime. J'ai trouvé ça vraiment très intéressant. Sur scène, ça n'a l'air de rien, mais on se rend vraiment compte du travail de précision que cela demande. Chaque geste et l'intention qu'il a ne sont pas fait au hasard. Un bras à telle hauteur, un placement, une diagonale, un dégagé fait de telle façon, tout a son importance, mais les plus infimes détails. Ainsi, Laurent Hilaire coupait par moment ses danseurs pour un tout petit truc qui, à nous spectateurs, nous semblait sans importante, mais qui l'était pour raconter l'histoire. C'était de la grande précision.
J'ai surtout été frappée par le travail musical de la pantomime. Chaque geste se pose véritablement sur une note musicale, un accent, un phrasé. S'exprimer sur de la musique prend ici tout son sens. On se rend compte aussi du soucis de perfection qui anime ces danseur(se)s.

La deuxième partie était réservée à une scène du deuxième acte. Si le passage était plus technique, la répétition était tout de même encore beaucoup axée sur la pantomime. Dorothée Gilbert semblait être déjà complètement dans son rôle, et les deux paraissaient déjà très accordés, alors qu'il leur restait encore trois semaines de répétition. Sur scène, il n'y avait ni décors, ni Willis, ni fumée. Myrtha n'était pas là, et l'orchestre se limitait au piano. Et pourtant, lors de leur pas de deux, quelque chose s'est passée. Nous étions déjà dans l'histoire, dans le dilemme de ces personnages, dans la forêt des Willis. Malgré leurs tenues de répétitions, c'était bien Giselle et Albrecht que nous avions en face de nous. Comme quoi un beau moment de danse peut naître à partir de pas grand chose.

Pour finir, une petite vidéo de cet après-midi. La qualité n'est pas vraiment là, mais ça donne une petite idée.