Ça y est, France 2 a diffusé hier les ultimes épisodes de la série Urgences. Après 15 saisons, le Cook County ferme ses portes à la télévision. Adieux NFS-chimie-iono, les histoires de cœur dans la salle de repos, les problèmes déchirants des patients... Urgences tire sa révérence

Et vraiment, quelle dernière saison ! Souvent, les fins de séries sont bâclées, pourquoi faire compliqué lorsque plus personne ne regarde. Urgences peut dire merci à la grève des scénaristes de l'année dernière, qui lui a donné une année de sursis. Et les scénaristes nous on gâtés. Car sans prendre en compte tous les clins d'œil et autres retours, cette saison était vraiment très bonne. De bons épisodes haletants, mêlant humour et amour, un ton critique sur certains points, des nouveaux personnages terriblement attachants (Brenner et Banfield), des anciens que l'on a plaisir à suivre (Sam, Archie, Neela)... Et puis tous ces clin d'œil, ces private joke, ces personnages qui reviennent, d'une façon ou d'une autre, nous faire un petit coucou. Bref, 22 épisodes d'une très bonne tenue et une saison haute en rebondissements. C'était tout de même la moindre des choses pour une série qui a révolutionné le genre et était, dans un temps, la série la plus regardé aux USA et qui a offert à la planète George Clooney.


Le dernier épisode était un pur moment de bonheur, même si intense en émotion. Les larmes ont coulé de mon côté, et un certain nombre de fois. Comme je pense beaucoup de personnes l'ont remarqué, cet épisode final était construit comme le pilote. Une journée aux urgences. Des cas faciles, d'autres plus dur, des morts injustes, des guérisons inespérées. Le quotidien des médecins. Archie est réveillé par la même infirmière qui réveillait Green 15 ans plus tôt (exactement le même plan). L'ancien générique a repris ses droits.

La scène qui m'a le plus émue reste peut-être celle à la sortie du café. Carter, Corday, Weaver, Benton et Lewis se disent au revoir. Et on l'impression que c'est vraiment à nous que se font les adieux, que c'est nous qui les prenons dans nos bras pour leur souhaiter bon retour et à bientôt. Dernières scènes. Vous venez Dr Green ?, ou dernier clin d'œil au personnage peut-être le plus emblématique de la série, dont la mort a traumatisé un certain nombre de téléspectateur(rice)s.   

Il y a quinze ans, je m'en rappelle encore, Elle faisait un comparatif pour savoir qui était le plus sexy entre le Dr Ross et le Dr carter. Malgré cet article d'une haute valeur ajouté, je me suis mise à la série autour de la 8ème saison, même si j'ai depuis partiellement rattrapé mon retard.

Urgences a souffert dans ses dernières années de Grey's Anatomy, plus sexy, plus drôle, plus explicite. Urgences a d'ailleurs voulu s'adapter. Il y a 15 ans, on ne voyait certainement pas les opérations avec autant de détails, ni deux médecins s'envoyer en l'air sur fond de Duffy.

Néanmoins, Urgences a un énorme avantage par rapport à Grey's Anatomy : son ton. Dès les premiers épisodes, Urgences impose sa façon de parler, et appuie là où ça fait mal, sans tabou : les problèmes d'assurance maladie aux Etats-Unis, le poids de l'administration dans les hôpitaux, la violence dans les quartiers difficiles, le racisme quotidien, la circulation des armes, la guerre au Darfour lorsque personne n'y faisait attention, l'adoption pour les couples homosexuels, la peine de mort, la guerre en Irak... Urgences n'a jamais cessé de glisser dans ses scénarios sa façon de penser. C'était ce qui faisait d'elle une série si intéressante et réalise, car elle savait mélanger ça au suspens, à l'humour et aux histoires de cœur.

Je suis folle de Grey's Anatomy, mais je dois bien reconnaître qu'elle reste un cran en dessous d'Urgences. Le glamour, le sexy, l'humour, c'est bien, j'adore, mais il faut parfois passer à autre chose. La série s'est essayée à un ton plus vindicatif lors de la cinquième saison. Et s'y est monstrueusement cassée les dents. Urgences reste là-dessus le maître incontesté. Et peut-être pour longtemps.