Tiens, ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de Harry Potter ici
vendredi 26 novembre 2010 12:13
Danses les yeux ouverts
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J'ai l'impression que je n'écris que sur Harry Potter et les Reliques de la Mort depuis deux jours au boulot, ça m'a replongé dedans.
Il y a une chose qui m'énerve quand un film Harry Potter sort. On ne parle que de la cash-machine. D'un point de vue cinématographique, je suis d'accord. Couper le tome 7 en deux en est la preuve. D'un point de vue dramatique, c'est Harry Potter et la Coupe de Feu qu'il aurait fallu faire en deux parties.
Le problème, c'est que les livres sont chaque la fois ramenés dans le même sac. Et la fortune de J. K. Rowling, et l'engouement des enfants, et les "Franchement, je n'ai pas envie de le lire, c'est beaucoup trop commercial".
Et ça, la fan qui est en moi, ça l'énerve.
Est-ce un problème typiquement français de considérer qu'un livre qui marche est forcément "commercial" (c'est mal) ?
Ma mission aujourd'hui : vous donner envie de lire la saga (je suis très forte à ce jeu). Et de ne surtout pas aller voir les films, malheureux-se-s, vous voulez être spoliés ?

Harry Potter, c'est commercial
De ce point de vue, je suis neutre. J'ai commencé à le lire en 2000, lorsqu'il n'était connu que dans les cours d'école, qu'il n'y avait pas les films et tout le tralala. Je n'ai pas été poussée par l'engouement. J'ai juste vu ma petite sœur le dévorer, et la curiosité de lectrice m'a poussée à aller voir plus loin. Harry Potter a cartonné en librairie, c'est le moins que l'on puisse dire. Est-ce la preuve qu'il est mauvais. Il est si difficile d'imaginer qu'un livre se vende bien, tout simplement parce qu'il est excellent ? Oui, le film est commercial, mais l'auteur n'a rien à voir là-dedans. Sachons faire la part des choses.
Harry Potter, c'est pour les enfants
Un jour, une formidable libraire m'a dit : "Harry Potter, c'est comme Tintin. C'est universel, il n'y a pas d'âge pour le lire".
Le premier tome, c'est vrai, est assez enfantin. A part quatre ou cinq chapitre dans toute la saga, l'histoire nous est racontée par les yeux de Harry. Lors du premier tome, c'est un enfant de 11 ans. Mais petit à petit, vers les tomes 2/3, l'auteure prend une certaine distance avec son personnage. Cela devient la vision d'une adulte sur un adolescent. Le livre perd donc son caractère enfantin dans la vision des choses, et se teinte même par moment une ironie très appréciée.

Je ne lirais pas Harry Potter, je n'aime pas le fantastique
Et bien moi non plus. Harry Potter est le premier livre fantastique que j'ai lu. Depuis, J'ai juste lu Les Royaumes du Nord (vraiment pour les enfants pour le coup), (vraiment mal écrit pour le coup) et TwilightLe Seigneur des anneaux. Le reste du temps, c'est romans du XIXe, Hugo, Zola, ou Jane Austen.
J'ai tout de même accroché, car, disons le tout net,Harry Potterest un chef-d’œuvre de la littérature fantastique (je pèse mes mots). Le but du fantastique est d'inventer un monde parallèle, crédible pour qu'on puisse y croire. Et le monde inventé par J. K. Rowling est tout simplement incroyable. Parce qu'elle a pensé à tout, tous les détails, tout. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment un cerveau humain a pu inventer tout ça. Tout est imbriqué, tout a une raison, rien n'est là par hasard. C'est pour ça qu'en tant que lecteur-rice, on y croit. A partir du moment où on accepte l'idée qu'il y a des sorciers, on adhère à son monde, et on ne peut plus en partir.
Harry Potter, ce n'est pas de la grande littérature
Harry Potter, ce n'est pas du Shakespeare, personne ne dira le contraire. Mais entre ça et Twilight, il y a un monde. ça reste néanmoins un livre bien écrit, avec un savante dose de suspens, des personnages très travaillés et tout sauf manichéens, des descriptions vivantes.
On ne lit pas Harry Potter pour le plaisir des mots, on le lit, car ce livre est du plaisir de lire à l'état pur. C'est honnêtement ce livre qui m'a fait vivre parmi mes plus fortes émotions en tant que lectrice. C'est incroyable. On est transporté ailleurs, on est physiquement avec les personnages. On quitte son quotidien et l'heure qui tourne. On ne ressent plus que l'envie de lire la suite, on s'attache à tous ces gens. N'est-ce pas ce que nous attendons d'une lecture ? Nous transporter dans un autre monde ?
Les spécialistes méfiants m'énervent. Comme si, pour un enfant, lire Harry Potter était un acte dangereux. C'est vrai, j'en connais, il y a des gamins qui n'ont lu que ça pendant deux ans. Ils les lisaient, puis recommençaient, et recommençaient indéfiniment. Qu'y a-t-il de mal à ça ? J'en ai vu un autre, à la sortie du tome 5, sauter de joie parce que son nouveau livre faisait 736 pages. Comment peut-on être contre ça ? Un enfant qui découvre le plaisir de lire, je trouve ça génial.

Mais qu'est-ce vous trouvez à la fin à ce livre ? J'ai vu les films, c'est pas terrible
C'est justement ça le truc. Ceux et celles qui n'ont pas lu Harry Potter ne peuvent pas comprendre. C'est un peu bête à écrire comme ça, mais c'est vrai. C'est quelque chose d'à part. Quand au film, ce n'est qu'un ersatz des livres, conçus pour un public ados avant tout, quand le livre n'est écrit que pour les lecteur-rice-s.
Il y a des livres qui ont changé ma vie. Au Bonheur des dames, par exemple, mon entrée dans le romantisme. Harry Potter ne fait pas partie de ceux-là.
Mais ma petite sœur m'a un jour sorti ça : "Je n'aurais pas été la même sans Harry Potter". Pas qu'elle soit une meilleur personne grâce à ce livre. Elle l'a commencé à 10 ans, l'a finit à 17 ans, a vraiment grandit avec les héros, et l'a énormément lu à l'âge où on se construit. Cette lecture n'a pu qu'influencer son caractère, en bien ou en mal, là n'est pas la question.
Bref, sortons de l'idée qu'un bon livre doit forcément faire partie de la graaaaaande littérature. Le fantastique, c'est bien aussi.
Avec Harry Potter, on s'évade, on frémit, on est en colère, on pleure un peu, on veut en savoir toujours plus, on ne voit plus l'heure passer, on reste bloqué pendant 10 minutes après l'horrible chapitre 27 du tome 6, on rate sa station de métro, on se demande ce que cache Snape durant toute la saga, on se pose des questions, on rit beaucoup, on élabore des théories, on les détruit, on en élabore d'autres, on est surpris tout le temps, on sursaute, on reste bouche bée.
Vous voudriez vraiment vous priver de ça ?

Commentaires
Le vendredi 26 novembre 2010 13:18
je suis entièrement d'accord avec toi : vive harry potter !!
et puis ceux qui le trouvent trop enfantin ou critiquent le style n'ont qu'à le lire en anglais ça les fera réviser
Le vendredi 26 novembre 2010 15:38
si hp n est pas mamicheen et stereostipes donc la definition de ces mots est fausse ! donc dis moi pourquoi voldemort est mechant qu elle est la raison? et pourquoi les mange morts nont aucune opinion existence propre c est juste des pantins?
va donc regarder full metal alchemist et tu jetteras tes harry potter! merde c est un anime pourtant c est tellement fantastuique ingenue et reellement adulte et pas mamicheen! regardez en jap sous titre pas en vf horrible! 
Le vendredi 26 novembre 2010 16:47
Contente de découvrir qu’on a les mêmes lectures !
...)
Je crois que mépriser tout ce qui a du succès et parait trop « facile » d’accès est un mal bien français. On se sent tellement plus intelligent à lire, voir et parler de choses que personne ne comprend et que tout le monde déteste, soi-même compris parfois… Et c’est comme ca qu’on en vient à ce que la littérature fantastique ne soit pas considérée comme un genre à part entière, qu’on puisse prendre la peine d’étudier sur les bancs de l’école – pas plus que la littérature enfantine d’ailleurs (c'est encore plus scandaleux à mon sens). Il ne faudrait pourtant pas oublier que Harry Potter a été écrit pour des adultes à l’origine, ce qui devient flagrant dans le 3e volume, et que le récit est aussi riche en symboles (la forêt interdite, les sangs-purs, Snape
En y repensant, je crois que c’est bien la dernière fois que j’ai moi aussi sauté de joie parce qu’un bouquin pesait lourd !
Le samedi 27 novembre 2010 12:35
J'ai pris Harry Potter en route, alors que les trois premiers tomes étaient déjà sortis (mais pas les films - la police du titre n'était pas encore en éclairs sur la couverture !), avec un peu de réticence, vu que mon esprit de contradiction a du mal à lire un livre parce qu'il faut le lire (je me suis un peu guérie depuis, la prépa est passée par là et ses longues listes d'œuvres que je cochais méticuleusement et avec plaisir). Cela n'est pas vraiment du snobisme puisque même si j'ai eu du mal à m'y mettre, je n'ai en revanche eu aucun mal à reconnaître que c'était génial ensuite. Ces bouquins, je les ai relus pas mal de fois, surtout les premiers (après, les grands formats, c'est moins commode à trimballer et on ne peut pas les lire dans son bain), que j'ouvrais parfois à n'importe quel page, en route mauvaise troupe. Sans pour autant poireauter jusqu'à minuit devant le magasin, j'ai attendu la parution avec impatience (sauf un, une connaissance dans l'édition me l'a apporté avant - l'exemplaire allait partir au pilon, de toutes façons, la dorure du titre avait été mal faite et restait sur les doigts...). Et même si les films sont évidemment de l'opportunisme commercial, maintenant que je n'ai plus le détail exact de l'intrigue en tête, je les apprécie pour ce qu'ils sont : la possibilité de retrouver des personnages et un univers à part. D'où que, stratégie marketing mise à part, ce n'est pas une si mauvaise idée d'avoir coupé le tome 7, cela permet de ne pas courir derrière l'intrigue au détriment de l'humour et des relations entre personnages.
Enfin, à Hana (dont l'écriture me laisse quelques doutes sur sa lecture...), je dirais que les personnages sont peut-être l'incarnation de forces manichéennes telles que le bien et le mal, mais qu'ils ne sont pas schématiques au sens où les deux peuvent se succéder ou être ambiguë (Snape power). Quant aux death eaters, ils sont évidemment maléfiques puisqu'ils sont la personnification métaphorique de la dépression...
Il n'est pas faux de dire que Harry Potter est pour les enfants ( même si les thèmes abordés sont larges, la structure est celle du conte, l'épilogue est là pour nous le rappeler - un peu trop guimauve, comme revirement, à mon goût), mais il ne faut pas alors exclure les grands enfants. On peut aussi prendre les choses dans l'autre sens, Pink Lady a raison, et se rappeler que la (bonne) littérature enfantine est finalement assez peu puérile - même beaucoup moins niaise et pleine de bons sentiments que certains romans pour adultes (j'ai été frappée petite, lorsque je suis passée dans la salle adulte de la médiathèque de ce que la plupart des romans que j'empruntais se terminaient en eau de boudin et que les errances des personnages adultes ressemblaient fort à des caprices).
Le samedi 27 novembre 2010 13:09
Héhé, je vois que beaucoup de balletomanes sont aussi des pottermaniac de premier ordre !
@Flo : j'ai lu les 6 premiers en anglais (après les avoir lu en français), et c'est vrai qu'on redécouvre les romans.
@Hana ; as-tu lu les livres ? Parce que justement, l'enfance de Voldemort est y bien expliqué, et son parcours personnel qui l'a amené à être ce qu'il est.
@ Pink Lady : ma petite soeur l'avait étudiée en 6e, grâce à une prof de français qui avait tout compris. C'était assez marrant de voir les enfants sauter de joie et les parents rester très méfiants sur ce choix d'étude.
@ Mimy : OhMonDieu, tu as donc un exemplaire unique
Pour le film, je suis assez d'accord avec toi, selon la qualité du long-métrage. J'ai vu avec un certain plaisir le 2 et 3. Mais pour le 4, j'avais l'impression de voir l'histoire en super-accélérée, ça ne m'a pas vraiment plus. Et les critiques des fans sur le 5 et 6 m'ont un peu coupé l'envie d'y aller.
Le dimanche 28 novembre 2010 18:23
je n'avais pas besoin d'être convaincue ayant lu chaque livre 3 ou 4 fois mais je suis bien d'accord avec toi!
Je sors juste de la projection du 7e film. C'était très sympa même si ça ne retranscrira jamais toute la magie et les détails des livres!