On refait le palmarès : le Festival de Cannes 2011
lundi 23 mai 2011 12:16
Danses médiatiques
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Terminer une saison de palmarès, c'est triste. Mais la terminer avec le so glamour Festival de Cannes, ça l'est tout de suite beaucoup moins. Surtout qu'il s'agit de parler de chose que je ne connais pas, vu que les films ne sont pas sortis en salle et que je n'étais pas sur la Croisette. Et ça, décidément, je ne m'en lasse pas.
La Palme d'or : The Tree of Life, de Terrence Malick
Grosse polémique avec cette Palme, puisque ce film a eu droit à des critiques fortement diverses et variées. Certains ont crié au génie ("De la maîtrise et de l'organique, comme un oxymore magnifique qui dit la force du cinéma lorsqu'il ressemble à ce point à une offrande faite à la nature et à l'humanité", dixit L'Express ; "Le film est cosmique autant qu'il est cosmologique", dixit L'Humanité) (?????). D'autres ont hurlé à l'imposture ("Un film-monument qui s'égare dans un symbolisme fumeux" pour Télérama). Personne n'est d'accord, tout le monde en vient presque aux mains dans les émissions de radio, j'adore. Petite déception pour ma part, puisque ni Brad Pitt ni Sean Penn n'ont fait le déplacement pour cette dernière soirée.

Grand prix du jury : Le Gamin au Vélo des frères Dardenne, et Once Upon a Time in Anatolia de Nuri Bilge Ceylan
Un Festival de Cannes sans les frères Dardenne, ça ne serait pas un vrai Festival de Cannes. Même si Nuri Bilge Ceylan est moins connu du public français, il est lui-aussi un habitué du palmarès. Mention spéciale à Thomas Doret, le jeune acteur du Gamin au Vélo, qui a limite déballé tous les résultats sur les Marches, 1/4 d'heure avant la cérémonie.
Prix du jury : Polisse, de Maïwenn Le Besco
Gros tonnerre d'applaudissements. J'aime beaucoup le travail de Maïwenn, c'est une réalisatrice originale. Son travail est sûrement pleins de défauts, mais ses films sont vraiment uniques. Le ton est neuf, grinçant, la façon de filmer originale. Elle parle de chose très tristes de façon très gaie, et vice-versa. J'avais eu un gros coup de coeur pour Le Bal des actrices. Mention spéciale pour sa robe rouge, j'ai cru qu'elle allait nous refaire le coup de Sophie Marceau.

Prix d'interprétation masculine : Jean Dujardin pour son rôle dans The Artist de Michel Hazanavicius
Gros tonnerre d'applaudissements bis. Jean Dujardin, c'est le type même de l'acteur anti-Cannes. Il a débuté avec des sketchs, s'est fait connaître dans une série TV pas vraiment intellectuelle, et a connu la gloire avec un rôle comique. A un point que le public oublie parfois que c'est aussi un grand acteur, et qu'il a également joué dans quelques petits films beaucoup plus difficiles. J'ai hâte de voir The Artist, non mais quelle idée de faire un film muet à l'heure de la 3D, j'adore le décalage. Jean Dujardin, était tout ému sur scène, mignon comme tout. Sa récompense n'était pourtant pas une grosse surprise, selon les pronostics, c'était soit lui soit Michel Piccoli pour Habemus Papam de Nanni Moretti (et Joeystarr en outsider pour Polisse).

Prix d'interprétation féminine : Kirsten Dunst pour son rôle dans Melancholia de Lars Von Trier
Là encore, ce n'est pas totalement le type de l'actrice récompensée à Cannes. Kirsten Dunst donc, enfant star, révélée avec le blockbuster Spider-man, actrice branchée depuis sa collaboration avec Sofia Coppola, et grosse réputation de it-girl toujours bourrée et borderline. Et puis voilà, Lars von Trier vient la chercher, révélation. Pour le coup, elle risque vraiment de changer de carrière avec cette récompense. La pauvre n'a même pas pu en faire des tonnes dans son discours pour remercier le réalisateur.
Prix de la mise en scène : Drive, de Nicolas Winding Refn
Ahh, voilà, ça c'est du vrai gagnant de Cannes : un nom imprononçable, des films que personne ne connaît, des lunettes de geek et un discours plutôt sympathique et qui se veut original.
Prix du scénario : Footnote de Joseph Cedar
Si Jude Law le dit, c'est que ça doit être vrai.
Que dire de plus sur ce festival ? Petite déception personnelle que La source des femmes n'ait rien eu. Grosse déception des critiques que Pater n'ait rien eu, alors que c'était un chef-d'oeuuuuuuuuuuuvre. Mélanie Laurent a voulu être drôle, mais a surtout fait cruche. Les montées des Marches se sont révélées assez classiques, pleins de belles robes mais pas de seins à l'air. DSK s'est tapé l'incruste, avec les téléviseurs qui diffusaient son arrestation en direct plutôt que les conférences de presse. Et Pénélope a tenu sur le site Arte un blog absolument savoureux, que je vous conseille de lire même après coup.

Commentaires
Le lundi 23 mai 2011 16:32
Ha j'ai pensé la même chose pour la robe de Maïwenn!! J'ai hate de vois son film en tout cas. Son discours était sympa et spontané même si un peu long. J'ai bien aimé Jean Dujardin aussi. On sentait qu'il n'en revenait pas d'être là! C'est vrai que c'était un pari risqué et je suis sûre que sur le papier (film muet en noir et blanc avec l'acteur d'un gard une fille) peu auraient misé sur lui. Ca me fait bien plaisir en tout cas.
Beaucoup de gens avaient annoncé Tenrence Malik pour la palme donc ce n'est pas une grosse surprise. J'aime bien les films du réalisateur mais toutes les critiques que j'ai vu (y compris les bonnes et leur cosmique cosmologique) ne donnent pas vraiment envie...
Le lundi 23 mai 2011 21:59
Ce film de Terrence Malik.... J'en suis ressortie avec une impression étrange, jeudi dernier. Ni positive ni négative. Peut-être juste pensive....
Assurément du beau cinéma, même si l'entrée en matière aurait peut-être pu être raccourcie : plus de trois quarts d'heure avec des images de nature (dont certaines de synthèse, non mais je vous jure) sur fond de Requiem, ça commence à faire long. C'est LENT, ce film est LENT. C'est à la fois angoissant et apaisant, voilà, je ne sais pas, mon impression est vraiment ambivalente, ou plutôt indécise. Un tour d'horizon des sentiments, une introspection au plus profond de soi. En fait, voilà, il me semble que The Tree of Life est au-dessus de ce futile débat du "j'aime ou j'aime pas".
Ceci dit, le film n'est pas assez "grand public" pour cette Palme, à mon sens. C'est évident qu'une grande partie des spectateurs n'accrochera pas...
Le lundi 23 mai 2011 22:48
Jean Dujardin est un grand acteur , on va avoir de bonnes surprises avec lui , j'aime pas tout ce qu'il fait mais il est beau ! hein les filles ?
Effectivement , j'adore Mélanie Laurent mais là , elle n'était pas à sa place ...
Pour la montée des marches , ben il manquait Sophie Marceau
Le mardi 24 mai 2011 19:39
ça avait été la même chose l'an dernier pour Uncle Boonmee, des avis très divergents dans la presse et un ovni cinématographique. Et pour le coup ce n'était VRAIMENT pas un film grand public. Tout le monde a chaleureusement applaudi quand le prix a été remis, en criant au génie, mais il restait moins de 50% du public à la fin de la projection officielle l'an dernier (je le sais j'y étais et j'avais bravement tenu jusqu'au bout - c'était ma minute où je me la pête
)
Le jeudi 26 mai 2011 15:02