Terminer une saison de palmarès, c'est triste. Mais la terminer avec le so glamour Festival de Cannes, ça l'est tout de suite beaucoup moins. Surtout qu'il s'agit de parler de chose que je ne connais pas, vu que les films ne sont pas sortis en salle et que je n'étais pas sur la Croisette. Et ça, décidément, je ne m'en lasse pas. 

La Palme d'or : The Tree of Life, de Terrence Malick

Grosse polémique avec cette Palme, puisque ce film a eu droit à des critiques fortement diverses et variées. Certains ont crié au génie ("De la maîtrise et de l'organique, comme un oxymore magnifique qui dit la force du cinéma lorsqu'il ressemble à ce point à une offrande faite à la nature et à l'humanité", dixit L'Express ; "Le film est cosmique autant qu'il est cosmologique", dixit L'Humanité) (?????). D'autres ont hurlé à l'imposture ("Un film-monument qui s'égare dans un symbolisme fumeux" pour Télérama). Personne n'est d'accord, tout le monde en vient presque aux mains dans les émissions de radio, j'adore. Petite déception pour ma part, puisque ni Brad Pitt ni Sean Penn n'ont fait le déplacement pour cette dernière soirée.

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Grand prix du jury : Le Gamin au Vélo des frères Dardenne, et Once Upon a Time in Anatolia de Nuri Bilge Ceylan

Un Festival de Cannes sans les frères Dardenne, ça ne serait pas un vrai Festival de Cannes. Même si Nuri Bilge Ceylan est moins connu du public français, il est lui-aussi un habitué du palmarès. Mention spéciale à Thomas Doret, le jeune acteur du Gamin au Vélo, qui a limite déballé tous les résultats sur les Marches, 1/4 d'heure avant la cérémonie.

Prix du jury : Polisse, de Maïwenn Le Besco

Gros tonnerre d'applaudissements. J'aime beaucoup le travail de Maïwenn, c'est une réalisatrice originale. Son travail est sûrement pleins de défauts, mais ses films sont vraiment uniques. Le ton est neuf, grinçant, la façon de filmer originale. Elle parle de chose très tristes de façon très gaie, et vice-versa. J'avais eu un gros coup de coeur pour Le Bal des actrices. Mention spéciale pour sa robe rouge, j'ai cru qu'elle allait nous refaire le coup de Sophie Marceau. 

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Prix d'interprétation masculine : Jean Dujardin pour son rôle dans The Artist de Michel Hazanavicius

Gros tonnerre d'applaudissements bis. Jean Dujardin, c'est le type même de l'acteur anti-Cannes. Il a débuté avec des sketchs, s'est fait connaître dans une série TV pas vraiment intellectuelle, et a connu la gloire avec un rôle comique. A un point que le public oublie parfois que c'est aussi un grand acteur, et qu'il a également joué dans quelques petits films beaucoup plus difficiles. J'ai hâte de voir The Artist, non mais quelle idée de faire un film muet à l'heure de la 3D, j'adore le décalage. Jean Dujardin, était tout ému sur scène, mignon comme tout. Sa récompense n'était pourtant pas une grosse surprise, selon les pronostics, c'était soit lui soit Michel Piccoli pour Habemus Papam de Nanni Moretti (et Joeystarr en outsider pour Polisse). 

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Prix d'interprétation féminine : Kirsten Dunst pour son rôle dans Melancholia de Lars Von Trier

Là encore, ce n'est pas totalement le type de l'actrice récompensée à Cannes. Kirsten Dunst donc, enfant star, révélée avec le blockbuster Spider-man, actrice branchée depuis sa collaboration avec Sofia Coppola, et grosse réputation de it-girl toujours bourrée et borderline. Et puis voilà, Lars von Trier vient la chercher, révélation. Pour le coup, elle risque vraiment de changer de carrière avec cette récompense. La pauvre n'a même pas pu en faire des tonnes dans son discours pour remercier le réalisateur.

Prix de la mise en scène : Drive, de Nicolas Winding Refn

Ahh, voilà, ça c'est du vrai gagnant de Cannes : un nom imprononçable, des films que personne ne connaît, des lunettes de geek et un discours plutôt sympathique et qui se veut original. 

Prix du scénario : Footnote de Joseph Cedar

Si Jude Law le dit, c'est que ça doit être vrai.

Que dire de plus sur ce festival ? Petite déception personnelle que La source des femmes n'ait rien eu. Grosse déception des critiques que Pater n'ait rien eu, alors que c'était un chef-d'oeuuuuuuuuuuuvre. Mélanie Laurent a voulu être drôle, mais a surtout fait cruche. Les montées des Marches se sont révélées assez classiques, pleins de belles robes mais pas de seins à l'air. DSK s'est tapé l'incruste, avec les téléviseurs qui diffusaient son arrestation en direct plutôt que les conférences de presse. Et Pénélope a tenu sur le site Arte un blog absolument savoureux, que je vous conseille de lire même après coup.