So You Think You Can Dance est ce qu’on appelle un pur carton. Cette émission de télévision en est déjà à sa huitième saison aux Etats-Unis, et a fait de nombreux petits un peu partout dans le monde. Le principe ? Une vaste compétition de danse, où chaque participant-e doit s’essayer à tous les styles de danse, du néo-classique à la salsa.

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En France, il a fallu attendre le succès de Danses avec les stars, et surtout de La Meilleure danse, pour que So You Think You Can Dance soit diffusé. C’est NT1 qui s’est chargé de l’adaptation, en la nommant You Can Dance. L’émission est diffusée tous les jeudis à 20h50 sur cette chaîne, depuis la mi-février.

Ayant raté le premier épisode, ce n’est que hier soir que j’ai pu tester You Can Dance, accompagnée via Twitter de Danse Opéra. Et disons-le tout de suite, j’ai été plutôt déçue.

Je suis aussi peut-être mal tombée, à savoir sur les castings. La chaîne n’a laissé que deux épisodes pour résumer quatre jours d’auditions, passant d’une bonne centaine à 16 candidats-es. Forcément, il faut faire vite.

Il était donc inutile d’essayer de voir plus d’une dizaine de secondes de danse d’affilé. Les prestations ne duraient pas plus de 30 secondes, et toujours entrecoupées de plans de coupe sur le jury. Certes, les passages complets sont à voir sur le web, mais tout de même, cela reste avant tout une émission de télévision. 

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Impossible ainsi de se faire le moindre avis sur les participants-es, et encore moins pour les néophytes de se familiariser avec les différents styles de danse proposés. Entre le hip hop et le jazz, quand il n’y a que quelques secondes à voir, tout se ressemble. 

Les plus de deux heures d’émission étaient donc ainsi composées d’annonces du jury, de gros plans sur les larmes et de musique-qui-fait-peur lorsqu’il y a un peu de suspens. Un télé-crochet dans toute sa caricature, sans un minimum d’effort d’originalité.

Pire, l’émission en elle-même se faisait au détriment de la danse. Exemple. Les candidat-e-s ont eu deux épreuves en une journée. A minuit, on leur annonce que la troisième épreuve aura lieu le lendemain matin, et qu’ils ont la nuit pour inventer une chorégraphie. Télévisuellement parlant, cela apporte un bon rebondissement. Au niveau de la danse, c’est tout simplement ridicule. Et dangereux. Après une journée d’audition, les danseur-se-s vont se reposer, pas faire une nuit blanche au risque de se blesser.

Le jury a pour sa part encore un peu de mal à trouver ses marques. Curieusement, Kamel Ouali, un habitué de ce genre d’émission, sonne faux dans son rôle de juge, manquant de naturel. Nicolas Archambault, qui a gagné la version québécoise, reste assez effacé. La vraie bonne surprise vient en fait de Julie Ferrier. Ex-danseuse chez Decouflé, elle avait toujours le mot juste, sachant remettre un-e candidat-e à sa place sans le casser inutilement.

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Je passe sur la prestation de l’animateur Benjamin Castaldi, visiblement peu concerné par ce qui se passait autour de lui.

Et les danseurs et danseuses alors ? Comme je l’ai dit plus haut, il est difficile de se faire une opinion, tant on les a peu vus-es. Certains-es toutefois avaient l’air d’être plutôt bons-nes, voir très intéressants-es. Le niveau semble toutefois plus faible que chez La Meilleure Danse, le jury s’extasiant sur quelques candidats-es qui paraissaient vraiment faible techniquement.

Cette découverte de You Can Dance a donc déçu sur plus d’un point. Cependant, je pense qu’il faut voir un prime en direct avant de se faire une réelle opinion. Impossible techniquement lors de ces soirées de couper les prestations, ni de faire trop de plans de coupe, puisque ce sera aux téléspectateur-rice-s de choisir.

La danse sera donc, enfin, véritablement mise en valeur, et l’on pourra vraiment voir ce que donne les danseurs et danseuses. Ces primes en direct commencent dès la semaine prochaine.

Et vous, vous avez vu l’émission ? Qu’en avez-vous pensé ?