Après avoir été donnée il y a à peine deux ans à Garnier, La Bayadère est de retour à l'Opéra de Paris, mais à Bastille. Ce grand ballet de de Rudolf Noureev, son dernier, y sera donné du 7 mars au 15 avril.

Et les distributions, pour un-e danse addict, sont plutôt alléchantes. Peu d'étoiles seront ainsi sur scène, mais beaucoup de Premiers et Premières danseuses ainsi que quelques Sujets prometteurs, que l'on attendait impatiemment dans un grand rôle. Enfin un peu de sang neuf, de nouveautés ! Et tant pis si le nombre d'étoiles n'atteint pas des sommets, je me réjouis d'avance de cette série, d'autant plus après la répétition publique.

A la veille de la première, faisons donc le point sur les distributions.

Les rôles principaux

Aurélie Dupont (Nikiya), Josua Hoffalt (Solor) et Dorothée Gilbert (Gamzatti) : les 7, 17, 20 et 22 mars.

Quelle belle distribution pour la première ! Aurélie Dupont, plus en forme que jamais cette saison, brille à chacune de ses apparition sur scène, et le rôle de Nikiya lui va particulièrement bien. Même constat pour Dorothée Gilbert, dont le piquant et les fabuleuses qualités techniques semblent être faites pour Gamzatti. Josua Hoffalt y fera sa prise de rôle, un début alléchant en vue de ses dernières prestations. Un beau trio, brillant, à la hauteur d’une compagnie d’excellence.

Les voix de l’Opéra de Paris sont impénétrables, mais pour beaucoup d’observateurs et observatrices, nul doute que cette distribution sera triplement étoilée lors de la diffusion en direct dans les cinémas, le 22 mars.

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Emilie Cozette (Nikiya), Karl Paquette (Solor) et Laura Hecquet (Gamzatti) : les 10, 19, 24 et  27 mars, le 9 avril.

Il suffit de peu d’arguments pour comprendre que cette distribution est celle qui m’enthousiasme le moins. Karl Paquette est un danseur honnête et sympathique, mais il lui manque à mon goût cette brillance pour faire rêver dans ce genre de rôle. Emilie Cozette ne m’a jamais inspirée, et au vu de la répétition publique, ce n’est pas avec Nikiya qu’elle me convaincra. Sans compter que leur partenariat, vu dans Le Lac des Cygnes la saison dernière, n’était pas particulièrement transcendantale.

Mais juger avant de voir, c’est mal. A force d’éviter Emilie Cozette, et aussi par sa blessure qui l’a longtemps éloignée de la scène, cela fait très longtemps que je ne l’ai pas vu danser. Je suis aussi très curieuse de découvrir le travail de Laura Hecquet dans Gamzatti, qui semble avoir une belle autorité pour donner toute la saveur à ce rôle. Une petite place pas chère shoppée sur Ze pass a achevé de m’emmener à Bastille pour ce trio.

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Myriam Ould-Braham (Nikiya), Florian Magnenet (Solor) et Mathilde Froustey (Gamzatti) : les 28 mars, 11 et 15 avril (matinée).

*Cris hystériques*. *Addict of Princesse Myriam forever*. C’est une règle : quand Myriam Ould-Braham a le droit à un grand rôle, ce qui est plutôt rare, on y va, et puis c’est tout. Quelle belle surprise aussi de laisser, enfin, Mathilde Froustey s’exprimer dans ce genre de personnage. Je ne suis pas la première fan de cette danseuse, que je trouve assez limitée artistiquement. Mais il faut bien reconnaître qu’elle a, indéniablement, ce qu’on appelle du charisme. Quand elle est là, on la voit. Sa technique de fer devrait aussi trouver toute sa place. C’est un beau challenge pour elle.

Alors bien sûr, au milieu de ce duo très prometteur, il y a Mignonet. Ahhh, Mignonet... Il va nous faire un Solor sans saveur et mou du genou (rappel : juger avant de voir, c’est mal, ce n’est que mon instinct qui parle). De toute façon, le meilleur danseur pour aller avec Myriam Ould-Braham, c’est Josua Hoffalt. Mais Aurélie Dupont lui a visiblement mis le grappin dessus (et elle n’a pas tort).  Et quand Impératrice Aurélie parle, le monde s’incline.


Svetlana Zakharova (Nikiya), Stéphane Bullion (Solor) et Marie-Agnès Gillot (Gamzatti) : les 2 et 4 avril.

Les balletomanes râlent un peu sur l’étoile invitée Svetlana Zakharova, déjà présente lors d’une précédente série. Égoïstement parlant, je suis ravie de la découvrir sur scène, même si ce n’est pas forcément la danseuse que j’admire le plus de par le monde. C’est une star en tout cas, qui ne laisse pas indifférent-e.

Stéphane Bullion a toutes les qualités pour apporter de la profondeur au rôle de Solor, il est vrai pas le plus élaboré du répertoire. Marie-Agnès Gillot devrait aussi en imposer en Gamzatti, cela promet une belle confrontation à la fin du premier acte. Globalement, il y a là un trio de fortes personnalités, ça peut faire des étincelles.

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Héloïse Bourdon (Nikiya), Stéphane Bullion (Solor) et Sarah Kora Dayanova (Gamzatti) : le 24 mars en matinée.

Quelle bonne idée de reprendre cette habitude : laisser une matinée rien que pour les petits d’jeunes. J’avoue que je connais très mal Héloïse Bourdon. Malgré les nombreux éloges que j’entends sut elle, je ne l’ai jamais vu en soliste, et j’ai donc beaucoup de mal à me faire une opinion sur sa danse. Sarah Kora Dayanova a fourni un travail très intéressant sur Gamzatti lors de la répétition publique. Ces deux jeunes solistes seront entourées de Stéphane Bullion, dommage pour Florimond Lorieux, le remplaçant du rôle.

Au final, voilà cinq trios qui ne manquent pas d’intérêt, même si chacun-e a toujours ses préférences subjectives. Par le jeu des retours, je pourrais les voir toutes, sauf celle des jeunes espoirs, faute de temps.


Les rôles secondaires

Dans La Bayadère, il n’y a pas seulement les trois rôles forts, mais aussi une multitude de seconds rôles, qui peuvent être très marquants lorsqu’ils sont bien dansés. La Bayadère, c’est ainsi vraiment un ballet de troupe : étoiles, solistes, demi-solistes, corps de ballets, élèves de l’Ecole… Chacun a sa place.

L’Idole Dorée : Emmanuel Thibault (les 7, 17, 20 et 22  mars, les 2 et 4 avril), Florimond Lorieux (les 10 et 27 mars), Allister Madin (le 19 mars, les 11 et 15 avril), François Alu (le 24 mars en matinée, le 9 avril) et Mallory Gaudion (les 24 et 28 mars).

Là encore, les jeunes ont la part belle. Sauf Emmanuel Thibault, mais formidable dans ce rôle si court mais si percutant. Florimond Lorieux et Allister Madin devraient y montrer toutes leurs qualités techniques. François Alu, le tout jeune espoir, sera aussi à observer de près, tout comme Mallory Gaudion, plus discret.

Manou : Mathilde Froustey (les 7, 17, 20 et 22 mars), Charline Giezendanner (les 10, 19, 24 et 27 mars, le 2 avril), Aubane Philbert (le 24 mars en matinée,  le 4 avril), Eléonore Guérineau (le 28 mars, le 9 avril) et Marine Ganio (les 11 et 15 avril).

Manou, c’est une seule variation au deuxième acte, mais qui ne manque certainement pas de piquant. Pour les danseuses, c’est aussi une occasion de briller. Mathilde Froustey a déjà dansé pas mal de fois ce passage, et devraient être très à l’aise. Charline Giezendanner était délicieuse lors de la répétition publique. Aubane Philbert, et à plus forte raison Eléonore Guérineau et Marine Ganio, ne sont pas souvent distribués seules en scène, voilà une belle occasion de les voir de plus près.

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Les petites filles accompagnants Manou. Deux élèves de cinquièmes division dansent (et sur pointes) autour de la danseuse soliste. Anouck Vallez et Louise Ducreux danseront ainsi en alternance avec Philippine Flahault et Charlotte Meier. Ces quatre apprenties danseuses avaient terminé en tête de leur examen de 6e division l’année dernière.

Toutes les distributions détaillés et tous les autres seconds rôles sont à retrouver sur le site de l’Opéra de Paris.