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jeudi 15 juillet 2010

La vidéo-danse du jeudi (28)

Voila bien long­temps que je n’avais ali­menté cette rubri­que. La faute à la Nou­velle Star, qui s’est pro­grammé le mer­credi, et donc m’obli­geais à faire mon compte-rendu du prime le jeudi. Mau­vaise excuse, je sais, je ne l’ai jamais écrit dans les temps.

Bref, je crois qu’il est vrai­ment temps de m’y remet­tre.

Pour com­men­cer cette reprise, je vous pro­pose l’un de mes coups de coeur de la sai­son : le 2ème pas de deux de In the Night, bal­let de Jerome Rob­bins. Dansé ici par la si mer­veilleuse Agnès Letestu et le nou­veau nommé étoile Sté­phane Bul­lion

In the Night est com­posé de trois pas de deux, repré­sen­tant trois éta­pes dans la vie amou­reuse d’un cou­ple. Le 2ème est le mon­dain. Ils se sont sûre­ment aimés, mais les con­ven­tions, avec les années, sont deve­nus les plus for­tes. Peut-être s’ennuient-ils un peu sem­ble, même s’ils appré­cient ce jeu des con­ven­tions, en bon cou­ple bour­geois en repré­sen­ta­tion. Au détour d’un accent musi­cal, la pas­sion res­sur­git pour­tant, fuga­ce­ment. Et par des­sus tout ça, et c’est ce qui fait la richesse du bal­let, une infime pointe d’iro­nie. Comme si le cou­ple, pas dupe de son jeu, se moquait dou­ce­ment de lui-même.

Je ne suis pas for­cé­ment fan de Sté­phane Bul­lion, mais Cho­pin lui va bien, et il accom­pa­gne comme il se doit Agnès Letestu. La grande dame Agnès Letestu, avec sa si fabu­leuse élé­gance. Que j’aime cette dan­seuse.
Dan­seuse: Agnès Letestu
Dan­seur : Sté­phane Bul­lion
Armand : Sté­­phane Bul­­lion
Cho­­­­­­ré­­­­­­gra­­­­­­phie : Jerome Rob­bins
Musi­­­­­­­que : Fré­­dé­­ric Cho­­pin

lundi 14 juin 2010

"Mikhail Baryshnikov a le trouillomètre à zéro"

Demain, les addicts de la danse le savent, Mikhail Baryshnikov revient sur scène. Au Théâtre de la Ville. A 60 ans. Dans le cadre des Etés de la Danse. Pas pour danser Don Quichotte évidemment, mais pour un programme contemporain (Robbins, Millepied, Ratmansky et Mats Ek).

Pour mon taff, j’ai pu faire une interview de Valéry Colin, directeur des Etés de la Danse. Comme même sur le net tout est très calibré, je n’en ai utilisé qu’un petit bout. La voici dans son intégralité. Il évoque Mikhail Baryshnikov évidemment, mais aussi le gala, l’Opéra de Paris, le ballet de Novossibirsk et l’édition 2011 des Etés de la Danse, qui s’annonce prometteuse.

Pourquoi avoir voulu faire venir Mikhail Baryshnikov pour l’édition 2010 des Etés de la Danse ?

Nous sommes dans l’année France/Russie. Mikhail Baryshnikov est le seul grand danseur russe encore vivant, et dansant encore. Et pour un ex-danseur comme moi, c’était un rêve de le recevoir. Surtout que les Etés de la Danse reste un festival jeune, de six ans. Je ne pensais pas faire venir une star.


Son programme n’est pas complètement russe… (Robbins, Millepied, Mats Ek et Ratmansky)

C’est vrai que c’est un programme plus américain. Mais c’est intéressant, justement, de montrer un danseur russe sur ce continent.

A-t-il été facile à convaincre ?

On lui avait proposé le projet il y a un an. Il avait alors refusé. Puis il a dansé ce programme à Lyon, il a vu le public réagir face à son spectacle.  Ça a progressé dans sa tête.

Les Etés de la Danse ont lieu au Théâtre du Châtelet. Pourquoi le Théâtre de la Ville pour Mikhail Baryshnikov ?

Mikhail Baryshnikov a des idées bien précises de ce qu’il veut faire, le genre de spectacle, dans quel théâtre. Il disait : "Pas au Châtelet, c’est trop sous les ors". Après plusieurs mois de discussions, on a pu finalement l’organiser au Théâtre de la Ville. Cela a pris du temps pour des questions administratives. Ce n’est pas évident de bloquer une semaine dans un théâtre aussi rapidement. C’était compliqué. Mikhail Baryshnikov est une star, mais pour le théâtre, c’est une semaine de plus par rapport aux conventions collectives. Ça aurait pu ne pas se faire. Ça n’a pas été évident. Ça s’est décidé le 11 avril, ça a été chaud.

Dans quel état d’esprit est Mikhail Baryshnikov quelques jours avant de monter sur scène ?

C’est un risque pour lui. Je l’ai vu à l’aéroport lors de son arrivée à Paris vendredi matin. Il a le trouillomètre à zéro. Il n’a pas dansé à Paris depuis 25 ans. Et le public parisien est très exigeant. Il pense qu’à Paris, les gens sont connaisseurs. Le public le voit encore comme un grand danseur classique, avec tous ces grands rôles qu’il a marqués. Mais ce n’est plus la même chose.

Le fait que le spectacle soit déjà complet ne le rassure-t-il pas ?

Le public est déjà conquis, les places se sont vendues en 15 jours. Mais "Misha" reste un peu comme un débutant.  Ça le rend sympathique. Tout Mikhail Baryshnikov qu’il est, il reste fragile.

Vous pourriez faire venir un autre "guest" pour les éditions prochaines du festival ?

On pourrait faire venir d’autres personnes. Le rêve serait de recevoir Sylvie Guillem. On lui a proposé en 2006, mais elle n’est pas venue, ça n’a pas pu se faire. C’est un peu plus compliqué de l’avoir. 

Autre affiche des Etés de la Danse 2010, le ballet de Novossibirsk. Comment s’est fait le choix de cette compagnie ?

On a cherché une compagnie qu’on ne voit pas tous les jours. On est allé à Novossibirsk, on est tombé sous le charme. C’est une compagnie excellente. Le directeur Igor Zelensky a complètement renouvelé la compagnie depuis deux ans, a engagé 50 danseurs. C’est une compagnie jeune, qui en veut. Les artistes ont vraiment envie de danser. Et c’est de plus en plus rare. 

Pour cette compagnie, que représente une tournée à Paris ?

Pour Novossibirsk, danser à Paris des classiques est un challenge énorme. Ils ne sont pas venus depuis 1967. Paris reste une place à part, un endroit où il faut passer pour une compagnie.

Et pour le public parisien, cela ne reste pas un nom moins porteur que le San Francisco Ballet ou l'Alvin Ailey American Dance Theater venu en 2009 ?

En 2009, avec Alvin Ailey, on a eu 99,53 % de remplissage. Pour l’instant, nous sommes mieux placés au niveau des ventes avec le ballet de Novossibirsk… Peut-être aussi que les Etés de la Danse ont acquis une petite légitimité. Cette année encore, nous proposons quelques cours publics de la compagnie. Le spectateurs est vraiment sollicité. La compagnie vient s’installer à Paris pendant 3 semaines, c’est rare.

Nouveauté de cette année, le gala, qui réunit une pléiade d’étoile du monde entier. Pourquoi avoir pris cette initiative ?

On avait envie de faire un truc nouveau. Le mot "Gala" fait un peu pompeux, mais c’est vrai qu’il y aura un peu de monde sur scène ! On s’est fait plaisir en tout cas, et c’est quelque chose qu’on pourrait renouveler.

Comment avez-vous choisi les artistes présents ?

On voulait rendre hommage aux grands chorégraphes russes qui ont marqué le temps : Fokine, Balanchine, Petipa, Noureev … On a demandé au directeur de Novossibirsk de nous faire son programme et son casting idéal.

Agnès Letestu et José Martinez comptent parmi les étoiles invité(e)s. Les artistes de l’Opéra ne peuvent pas normalement danser sur une autre scène parisienne que celle de l’opéra. Comment avez-vous convaincu Brigitte Lefèvre ?

Ça a été très facile, Brigitte Lefèvre a été emballée. On la connaît bien, on se concerte très souvent. Car on ne veut pas faire la même chose que l’Opéra de Paris.

Le ballet de Novossibirsk dansepourtant La Bayadère, qui a été donné à Garnier au mois de mai.

La Bayadère devait être dansé par une compagnie russe, c’est un ballet qui fait tellement parti de leur histoire. Le ballet de l’Opéra de Paris est excellent. Mais ça danse aussi très bien ailleurs. C’est pour ça que j’ai créé ce festival. Chaque compagnie a ses qualités et ses défauts. 


Les Etés de la Danse 2011 prévoient un Hommage à Balanchine et Robbins par les plus grandes compagnies américaines. Qu’en est-il plus exactement ?

On voudrait rendre hommage à Balanchine et Robbins, en tant que chorégraphes. On cherche des compagnies américaines dirigées par des anciens du New York City Ballet. Pour l’instant, on réfléchit à faire venir le Miami City Ballet, ainsi qu’un groupe d’une vingtaine de solistes du New York City Ballet. Faire venir la compagnie dans son entier reste trop compliqué. Le programme serait composé d’œuvres de Balanchine et Robbins, mais aussi d’autres ballets de chorégraphes contemporains. Il y aura peut-être des créations.

On pense tout de suite à Benjamin Millepied…

Millepied, on y pense, son travail est marqué par Robbins, mais il n’y a rien d ‘arrêté. On compte aussi avoir des étoiles américaines, du San Francisco Ballet par exemple. Mais rien n’est encore fixé pour l’instant, si ce n’est le thème, hommage aux chorégraphes américains.

Crédits Photos : Julieta Cervantes/Ballet de Novossibirsk

jeudi 14 janvier 2010

La vidéo-danse du jeudi (25)

Place ce soir à la varia­tion d’Esmé­ralda. De la pure tech­ni­que aca­dé­mi­que. Mais quelle classe !



D’après ce que je sais, le bal­let Esmé­ralda n’est plus vrai­ment donné. Seul sub­siste le pas de deux, dont est issue cette varia­tion fémi­nine. La tech­ni­que clas­si­que y est ici à son apo­gée, et en fait une danse par­faite pour les con­cours et autres galas de démons­tra­tion. Sur You­tube, vous pou­vez donc trou­ver une quan­tité de vidéos de cette varia­tions, de peti­tes pou­pées qui s’amu­sent à lever leur jambe le plus haut pos­si­ble, de sin­ges savants qui mon­trent bien qu’elles peu­vent enchaîné les proues­ses sur poin­tes, de vraies gym­nas­tes. 

Et puis vous pou­vez aussi trou­ver l’inter­pré­ta­tion d’Agnès Letestu, qui devient le temps d’une minute 30 l’incar­na­tion même de la pure élé­gance et du style. J’ai vite fait mon choix entre les deux.

Esmé­ralda : Agnès Letestu
Cho­­­ré­­­gra­­­phie : Jules Per­rot
Musi­­­­que : Cesar Pugni

jeudi 17 septembre 2009

La vidéo-danse du jeudi (20)

Après ce long hom­mage rendu aux Boys Band, un peu de pure Danse clas­si­que s’impo­sait.

Pour aujourd’hui, ren­dez-vous avec un extrait de Suite en Blanc de Serge Lifar. La varia­tion de La Ciga­rette.



Voila ce que Serge Lifar disait à pro­pos de ce bal­let : “En com­po­sant Suite en blanc, je me suis préoc­cupé que de danse pure, indé­pen­dam­ment de toute autre con­si­dé­ra­tion J’ai voulu créer de bel­les visions, des visions qui n’aient rien d’arti­fi­ciel, de céré­bral. Il en est résulté une suc­ces­sion de véri­ta­bles peti­tes étu­des tech­ni­ques, de rac­cour­cis cho­ré­gra­phi­ques indé­pen­dants les uns des autres, appa­ren­tés entre eux par un même style néo-clas­si­que”.

Cette varia­tion de La Ciga­rette mon­tre bien que, pour être une vraie bal­le­rine, il faut pos­sé­der une qua­lité essen­tielle : le style. A delà de la sim­ple tech­ni­que ou même de la musi­ca­lité. Il faut ce petite truc en plus qui rend cette varia­tion pres­que irréelle de légè­reté, qui fait que l’on dépasse le stade du “C’est joli”. C’est après avoir vu en 2006 cette même Agnès Letestu dans Suite en Blanc que cette varia­tion est deve­nue l’une de mes pré­fé­rées.

Com­pa­gnie : Bal­let de l’Opéra de Paris
La Ciga­rette : Agnès Letestu
Cho­ré­gra­phie : Serge Lifar
Musi­­que : Edouard Lalo