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vendredi 6 août 2010

Petit ménage d'été

J'avoue, cette coupure n'était pas complètement voulue.

Disons que je me disais depuis longtemps qu'il fallait que je télécharge la nouvelle version de Dotclear, outil avec lequel je gère ce blog. Il se trouve que, la semaine dernière, j'ai téléchargé une application pas du tout, mais alors pas du tout, compatible avec l'ancienne version.

Résultat : Patratra. Bien obligé d'y mettre Le Geek de m'y mettre. 

Résultat bis : toutes mes préférences ont disparu avec la nouvelle version.

Alors quitte à tout remettre en place, j'ai un peu farfouillé pour rajouter de nouveaux petits outils. 

Le compte Twitter Dansesplume. Ok, ce n'est pas vraiment nouveau, je m'y suis mise en janvier. Mais je n'en ai jamais parlé. Infos, rumeurs et pensées toutes personnelles sur la danse en général, le ballet de l'Opéra de Paris en particulier, tel est l'intitulé de ce Twitter. Vous y trouverez donc de très nombreuses infos sur la danse et le ballet de l'opéra, les spectacles à venir, l'actualité des danseurs, des articles de presse et émissions de TV ou radio, les dernières rumeurs qui courent et mes réactions à chaud des spectacles auxquels j'assiste. Un outil en toute modestie indispensable pour tou(te)s ceux et celles qui s'intéressent à la danse.

Les outils de partage. Vous êtes tellement ébloui(e)s par un article que vous voulez absolument le partager avec la terre entière ? Pas de problème, des liens Facebook et Twitter sont désormais présents en bas de chaque article (enfin, plutôt à droite dans le décor dans la page de l'article, petit soucis technique non encore résolu).

Des nouveautés sur les commentaires. J'ai rajouté des smileys (je suis faible). Vous pouvez aussi répondre à un commentaire particulier en cliquant sur la flèche bleu qui apparait à droite du pseudo. Vous pouvez enfin vous abonner aux commentaires d'un article en particulier, ce qui vous avertira, entre autres, quand je vous réponds. Pour l'avoir testé, il est très facile de se désabonner. Enfin, mes réponses à vos commentaires apparaitront en bleu. J'avoue que je suis assez fière de cette partie, l'ayant réalisée toute seule, et que ce n'était pas évident (les pros du style CSS, ne vous moquez pas).

Dans la colonne de gauche, j'ai aussi rajouté quelques petites choses. La rubrique "Dernière scène" indique le dernier spectacle auquel je suis allée. Les rubriques ont aussi un peu changé. Vous pouvez retrouver leur descriptions sur la page A propos, qui a un peu changé aussi, tout comme la page IRL (In Real Life pour les inculturé(e)s). Les archives sont également accessibles plus facilement.


lundi 26 juillet 2010

Et les Plumes d'or de la saison de danse 2009/2010 sont attribuées à...

La sai­son 2009/2010 s’est offi­ciel­le­ment ter­mi­née pour moi ven­dredi. Place donc au bilan, et à la remise des Plu­mes d’or, céré­mo­nie la plus cou­rue du web, je n’en doute pas une seconde.

Ne sont inclus que les spec­ta­cles de danse et les comé­dies musi­ca­les. Je laisse de côté les opé­ras, con­certs clas­si­ques et piè­ces de théâ­tre, n’ayant pu en voir assez dans l’année pour faire un clas­se­ment.

Remise de prix effec­tuée en toute sub­jec­ti­vité et avec une once de mau­vaise foi, bien entendu.

Spec­ta­cles en com­pé­ti­tion :

- West Side Story (Broad­way) (rien que pour ça, je devais inclure les comé­dies musi­ca­les dans ce clas­se­ment)

- Le gala des étoi­les du XXIe siè­cle (TCE)

- Giselle (ONP, Le Riche/Dupont)

- Joyaux (ONP, avec le Défilé)

- Soi­rée Mil­le­pied/Paul/McGre­gor (ONP)

- Démons­tra­tions de l’Ecole de danse (ONP)

- Soi­rée Bal­lets Rus­ses (ONP) (Je tri­che un peu, je ne l’ai vu qu’à la télé­vi­sion)

- La Dame aux Camé­lias (ONP, Moussi/Cia­ra­vola/Hey­mann/Pech)

- Sid­dharta (ONP, Dupont/Le Riche)

- Sid­dharta (ONP, Bélin­gard/Osta)

- Sid­dharta (ONP, Rena­vand/Bul­lion)

- Giselle (Bal­let Natio­nal de Cuba, Enghien)

- Trois soi­rées Hom­mage à Jerome Rob­bins (ONP, avec moult dis­tri­bu­tions)

- La Baya­dère (ONP, Letestu/Mar­ti­nez)

- Three Solos and a Duet (Mikhail Bary­sh­ni­kov et Ana Laguna, Théâ­tre de la Ville)

- Carte blan­che à Ouliana Lopat­kina (Ouliana Lopat­kina, Théâ­tre Mon­tan­sier de Ver­sailles)

- La Petite Dan­seuse de Degas (ONP, Osta/Ganio)

- Kaguya­hime (ONP, Gil­lot/Bul­lion)

- Kaguya­hime (ONP, Rena­vand/Pha­vo­rin)

- Kaguya­hime (ONP, Letestu/Chaillet)

- Cours public (Bal­let de Novos­si­birks, Théâ­tre du Châ­te­let)

- Soi­rée Balan­chine (Bal­let de Novos­si­birks, Théâ­tre du Châ­te­let)

- Le Lac des Cygnes (Bal­let de Novos­si­birks, avec Polina Semio­nova, Théâ­tre du Châ­te­let)

- La Baya­dère (Bal­let de Novos­si­birks, avec Diana Vish­neva, Théâ­tre du Châ­te­let)

- Fame (Casino de Paris)

Et main­te­nant, place aux résul­tat (rou­le­ments de tam­bour).

Plume d’Or du plus beau spec­ta­cle : La Dame aux Camé­lias. J’ai décou­vert ce bal­let en vrai cette année. J’ai non seu­le­ment été très tou­chée par l’inter­pré­ta­tion de Del­phine Mous­sin, sub­ju­guée par Isa­belle Cia­ra­vola, mais j’ai eu aussi un vrai coup de fou­dre pour ce bal­let en lui même. Une œuvre admi­ra­ble­ment bien cons­truite, une cho­ré­gra­phie inven­tive por­tée par la musi­que de Cho­pin. Un bal­let qui m’a mis un coup au cœur et les lar­mes aux yeux.
Ega­le­ment nomi­nés : Le Lac des Cygnes par le bal­let de Novos­si­birks, Carte blan­che à Ouliana Lopat­kina.


Plume d’Or de l’ins­tant de grâce : Ouliana Lopat­kina à Ver­sailles.
Ega­le­ment nomi­née : Auré­lie Dupont dans Giselle.

Plume d’Or du spec­ta­cle le plus hor­ri­pi­lant : La Petite Dan­seuse de Degas. Denis Levaillant devrait être inter­dit à vie de toute nou­velle com­po­si­tion de bal­let.

Plume d’Or du bal­let le plus sopo­ri­fi­que : Répli­ques, de Nico­las Paul.

Plume d’Or du plus bel acte blanc : Le 3e acte de La Baya­dère (ONP) ex aequo avec le 2e du Lac des Cygnes (bal­let de Novos­si­birks).

Plume d’Or du “Je tou­che un mythe du doigt” : Mikhail Bary­sh­ni­kov au Théâ­tre de la ville.
Ega­le­ment nominé(e)s : Ouliana Lopat­kina à Ver­sailles, West Side Story à Broad­way.


Plume d’Or du bal­let bonne humeur : The Con­cert avec Doro­thée Gil­bert.

Plume d’Or de la décou­verte : Kaguya­hime.

Plume d’Or du meilleur dan­seur : Nico­las Le Riche (qui, de toute façon, aura tou­jours la Plume d’Or du meilleur dan­seur jusqu’au jour de se retraite) (Je suis fai­ble).
Ega­le­ment nomi­nés : Mathias Hey­mann, Sté­phane Bul­lion.

Plume d’Or de la meilleure dan­seuse : Doro­thée Gil­bert pour l’ensem­ble de son œuvre et des pro­grès ful­gu­rants qu’elle fait à cha­cun de ses pas­sa­ges en scène.
Ega­le­ment nomi­nées : Auré­lie Dupont dans Giselle, Agnès Letestu dans La Baya­dère, Polina Semio­nova dans Le Lac des Cygnes.

Plume d’Or du jeune fou­gueux bon­dis­sant : Mathias Hey­mann (men­tion spé­cial pour son Idole Dorée, men­tion un peu moins spé­ciale pour sa Rose).
Ega­le­ment nominé : Daniil Sim­kin.

Plume d’Or du Hot Guy : Jéré­mie Bélin­gard dans Sid­dharta.
Ega­le­ment nominé : Ales­sio Car­bone dans Kaguya­hime.


Plume d’Or de la décep­tion mas­cu­line : José Mar­ti­nez dans La Baya­dère.

Plume d’Or de la décep­tion fémi­nine : Marie-Agnès Gil­lot pour l’ensem­ble de son œuvre (sauf Rubis).

Plume d’Or de la révé­la­tion fémi­nine : Elena Lyt­kina (Bal­let de Novos­si­birks).
Ega­le­ment nomi­née : Alice Rena­vand.

Plume d’Or de la révé­la­tion mas­cu­line : Audric Bezard.

Plume d’Or du meilleur par­te­na­riat : Auré­lie Dupont et Nico­las Le Riche dans Giselle.
Ega­le­ment nominé(e)s : Agnès Letestu et José Mar­ti­nez dans Dia­mants, Auré­lie Dupont et Manuel Legris dans In the night, Agnès Letestu et Sté­phane Bul­lion pour l’ensem­ble de leur œuvre. 


Plume d’Or du pire par­te­na­riat : Marie-Agnès Gil­lot et Karl Paquette dans En Sol.

Plume d’Or de la meilleur guest-star : Manuel Legris dans In the night.
Ega­le­ment nomi­née : Polina Semio­nova dans Le Lac des cygnes.

Plume d’Or de la meilleur pro­duc­tion : Giselle (ONP).

Plume d’Or des meilleurs cos­tu­mes : Joyaux (ONP).

Plume d’Or des pires cos­tu­mes : ceux du troi­sième acte du Lac des Cygnes (Bal­let de Novos­si­birks).

Plume d’Or du moment karaoké : le final de Fame.


Plume d’Or de la pro­duc­tion un peu pous­sié­reuse par man­que de moyen, mais on s’en fiche tel­le­ment les dan­seur(se)s s’inves­tis­sent : Giselle par le Bal­let Natio­nal de Cuba.
Ega­le­ment nominé : Le Lac des Cygnes par le Bal­let de Novos­si­birsk.

Plume d’Or de la dan­seuse qui devrait être nom­mée étoile, et qui con­ti­nue à per­sé­vé­rer mal­gré les bles­su­res et ses sous-dis­tri­bu­tions scan­da­leu­ses : Myriam Ould-Bra­ham.

Plume d’Or du “Bon, je n’aurais pas for­cé­ment pensé à lui pour un titre d’étoile, mais il a l’air tel­le­ment sympa et gen­til qu’on lui par­donne tout” : Sté­phane Bul­lion.
Ega­le­ment nominé : Karl Paquette.

Plume d’Or du “Vous vou­lez pas me nom­mer étoile ? Très bien ! Je vais faire ma car­rière de soliste à l’étran­ger” : Mathilde Frous­tey.
Ega­le­ment nomi­née :  Eleo­nora Abba­gnato.

Plume d’Or du “OhMon­Dieu, encore 13 ans” : Emi­lie Cozette (Je suis une hor­ri­ble per­sonne).

Plume d’Or du “OhMon­Dieu, plus que 4 ans” : Nico­las Le Riche.

Plume d’Or du “Non, ne pars pas à Vienne, reviens !” : Manuel Legris.

Plume d’Or du “Alors, la retraite, c’est pour quand ?” : Bri­gitte Lefè­vre.
Ega­le­ment nominé : Patrice Bart.

Et vous, quel­les Plume d’Or aime­riez-vous décer­ner cette sai­son ? Quels spec­ta­cle ou artis­tes vont ont mar­qués ?
Cré­dits Pho­tos : Sébas­tien Mathé/ Opéra natio­nal de Paris (1), Julieta Cer­­van­­tes (2) Anne Deniau / Opéra natio­nal de Paris (3).

jeudi 22 juillet 2010

La vidéo-danse du jeudi (29)

C’est l’été, il fait beau, il fait chaud. Une vague de bonne humeur vous enva­hit (du moins pour ma part) depuis le 21 juin.

Res­tons donc dans cet état d’esprit, ainsi que dans celui de Jerome Rob­bins de la semaine der­nière, avec ce bal­let.

Il s’agit d’un extrait de The Con­cert, de Jerome Rob­bins donc, le pas­sage des bal­le­ri­nes



Comme vous l’avez sûre­ment com­pris, il s’agit d’un petit bal­let avant tout basé sur l’humour. Ou com­ment se moquer des tics des bal­le­ri­nes, avec quel­ques clin d’oeil au Lac des Cygnes et à la con­cur­rence qui règne dans les com­pa­gnies. J’aime beau­coup cette oeu­vre, par­ti­cu­liè­re­ment rafrai­chis­sante, sans som­brer dans le ridi­cule. Juste ce qu’il faut d’iro­nie et de second degré. Un bal­let sim­ple, sans pré­ten­tion. Mais qui a l’admi­ra­ble qua­lité de me met­tre de bonne humeur. 

Com­pa­gnie : Bal­let de l’Opéra de Paris
Cho­­­­­­­ré­­­­­­­gra­­­­­­­phie : Jerome Rob­­bins
Musi­­­­­­­­que : Fré­­­dé­­­ric Cho­­­pin

dimanche 11 avril 2010

Siddharta, ou la vision de Bouddha d'Angelin Preljocaj, épisode 2

Ma deuxième représentation de Siddharta a réuni la distribution Stéphane Bullion/Alice Renavand, le couple choisi pour la répétition publique.

Cette fois ci, j'avais un peu révisé. Mon arrivée précipitée pour mon premier Siddharta avait fait que j'avais vu le ballet sans le découpage dans la tête. Et je dois avouer que j'avais été un peu perdue. Je n'aime pas cette idée de réviser un ballet, de l'étudier avant de le voir. S'il est réussi, il doit toucher n'importe qui, sans avoir besoin de lire une ligne du programme. Peut-être est-ce la preuve que ce ballet de Preljocaj tient plus de l'esthétisme que de l'émotion, mais le spectacle s'apprécie plus avec le découpage dans la tête.

Parcourons donc le ballet avec le livret.

Tableau I Depuis l'aube des temps, l'humanité est confrontée aux forces de Mâra, dieu de la mort, de l'illusion et de la tentation.

Des hommes en noirs, au casque de moto, s'agitent en tout sens. Un bordel savamment organisé. On ne comprend pas vraiment le sens de l'habillage, qui ressemble plus à un plaisir du chorégraphe contemporain de distiller des costumes bizarres que d'une vraie volonté artistique. La scénographie par contre est super : une boule géante, se balançant lentement au-dessus de la scène. Quand la lumière se fait, son ombre surplombe les danseurs en un gros nuage inquiétant. Le résultat est vraiment oppressant, et installe quelque chose d'indéniablement intéressant.  


Tableau II Siddharta retrouve sa femme Yasodhara.

Quelques accords de guitare électrique pour une entrée rock'n'roll de Siddharta. Stéphane Bullion fait son apparition en scène, plongé dans sa réflexion... Mais où est passé l'animalité féline de Jérémie Bélingard ? Yasodhara, tout de rouge vêtue. Là aussi, Christelle Granier me fait regretter la sensualité d'Alice Renavand. Mais le duo reste beau. Stéphane Bullion est déjà dans son monde, impression étrange qu'il a déjà fait son parcours intérieur alors que rien n'a commencé.


Tableau III Lors d'une fête à la cour, Siddharta se sent prisonnier. Il explique à son père, le roi, que son destin n'est pas de s'occuper de politique.

Des couples, en rouge, s’amusent sur des lingots d'or. Ambiance orgie dépravée. Siddharta semble très loin, au milieu ses réflexions, déjà parti. Le roi est impérial, règne sur les autres. Passage d'une vraie beauté esthétique.


Tableau IV Epidémie dans un village.

Cette scène m'avait beaucoup interpellée dès ma première représentation. L'épidémie est ici représentée par un viol collectif. Des femmes, sans aucune volonté physique ou psychologique, se font traîner par terre, porter, tordre dans tous les sens par les motards du début. C'est franchement glauque mais indéniablement réussi et assez fascinant.


Tableau V Précédée de ses messagères, la figure de l'Eveil apparaît. Elle est le rêve de Libération qui est né dans l'esprit de Siddharta.

Est-ce des sylphides, des Willis, des cygnes ? Si elle rappelle les grands actes blancs, l'arrivée des messagères est là aussi une réussite. Personnages immatérielles, fantomatiques, mais aussi joueuses et légèrement taquines, elles annoncent l'arrivée de l'Eveil. D'emblée, j'ai été séduite par l'interprétation d'Alice Renavand. Est-elle un être irréel, fantasmagorique, ou une femme envoûtante cherchant à attirer Siddharta ? En oscillant entre les deux, la danseuse sait donner le ton juste au personnage, qui est plus un concept qu'autre chose. Même si Stéphane Bullion semble un peu ailleurs, leur duo est très beau.


Tableau VI Siddharta annonce à Yasodhara qu'il quitte le royaume pour trouver la Voie de l'illimination.

Attention, âmes prudes s'abstenir. Quand Angelin Preljocaj parle de sexe, il n'y va pas par quatre chemin. Mais cela convient finalement bien à cette scène d'adieu, malgré les toussotements entendus chez mes voisins du parterre. Là encore, Stéphane Bullion et Christelle Granier, malgré leur implication évidente, me font regretter la sensualité de Jérémie Bélingard (soooooo hot) et Muriel Zusperreguy sur le lingot doré. Contrairement aux apparences, je tiens à préciser que non, Jérémie Bélingard n'est presque à peine pas du tout mon obsession du moment.


Tableau VII Il s'enfuit dans la forêt avec son cousin Ananda.

Place à une forêt de tube géant. Beau duo entre Siddharta et Ananda, avec un joli jeu d'échange de costume. Mais qui gagne en intensité avec d'autres danseurs. Aurélien Houlette est un parfait compagnon. Passé l'effet de surprise lors de ma première représentation, je m'y suis ici un peu ennuyée.


Tableau VIII La figure de l'Eveil ne se laisse pas approcher.

Sûrement le passage le plus réussi du ballet. Dans cette forêt de tubes, l'Eveil est accroché aux cintres. Elle cherche Siddharta, le provoque... Et s'enfuit toujours dans les airs au moment où il croit l'atteindre. Un jeu du chat et de la souris bien rendue par une très belle chorégraphie, et un costume de l'Eveil très vaporeux, qui la rend encore plus insaisissable. Vrai (et peut-être le seul) moment véritablement poétique de cette distribution. 


Tableau IX Siddharta et Ananda ont pris place dans une communauté d'ermites.

Des guerriers, munis de lances, prennent possession du plateau. Ennui.


Tableau X Une jeune villageoise, Sujata, joue un air de flûte douloureux qui conforte Siddharta de libérer l'humanité de la souffrance.

Même après avoir vu trois fois le spectacle et lu le programme de long en large, je ne vois toujours pas l'intérêt de ce personnage. Disons que dans le programme, c'est assez expliqué, mais sur scène, rien ne transparaît. Un personnage qui ne sert à rien, c'est triste. Beaucoup d'ennui à chaque fois.  


Tableau XI Quelques ermites suivent Siddharta dans sa quête.

Siddharta et Ananda, un peu oubliés, reprennent possession de la scène. Lumière verte tamisée en fond de scène.


Tableau XII Siddharta et Ananda cèdent à la tentation des plaisirs corporels avec deux villageoises.

Cette scène donne sûrement la plus grosse surprise du ballet. Un énorme châssis de camion, aussi long que la scène, descend doucement des cintres. Siddharta et Ananda y grimpent avec les deux tentatrices pour faire ce qu'ils y ont à faire. Enorme ennui à chaque fois. Car passé la surprise de cette énorme installation éblouissant qui descend du ciel, on a du mal à comprendre à quoi sert ce châssis. Et les deux duos sont étonnement froids. Où est passée la sensualité qui animait si bien le duo Siddharta-Yasodhara ? On est une fois de plus dans une pure esthétique, sans qu'aucun sentiment n'arrive à atteindre le spectateur. Quelqu'un sur un forum a dit que cela lui avait fait penser à une évocation du Kama Sutra. Visuellement, c'est assez juste. 


Tableau XIII Pleins de remords, les deux hommes s'infligent de douloureuses mortifications. La figure de l'Eveil apparaît mais Siddharta n'est pas encore prêt.

Très beau duo entre Siddharta et Ananda, sur une musique tout en percussions. Mais qui perd encore une fois de sa force avec ses interprètes. La deuxième partie offre une scénographie là encore étonnante. L'Eveil apparaît, avec au-dessus d'elle une énorme maison, pimpante et lumineuse. Signifie-elle la paix intérieure ? Même si visuellement elle interpelle, Je me demande encore quelle est sa signification. Et au vue des commentaires du net, je ne suis pas la seule. L'Eveil se livre à un solo, montre à Siddharta les possibilités qu'elle pourrait lui offrir. Alice Renavand y montre toute sa présence scénique et son sens artistique. Il manque pourtant un petit truc à ce passage pour être vraiment intéressant... L'émotion, encore et toujours ? Mais je ne pense pas que cela soit de la faute de l'interprète.


Tableau XIV Siddharta s'est ouvert au monde sensible et à la plénitude présent. Il joue avec une flûte une mélodie sublime et apaisée. Le moment de l'illumination est venu. Une fois les forces du ma repoussées par les messagères, Siddharta voir revenir la figure de l'Eveil et fusionne avec elle. 

La fin est définitivement une réussite. Les villageois reviennent, entourent Siddharta, l'interpellent. L'énergie qui s'en dégage est sublime, je suis emportée. Siddharta a enfin atteint le nirvana. Stéphane Bullion ne danse plus, il est assis en tailleur. Tout chez lui respire la plénitude intérieur, il irradie enfin la scène. Les messagères triomphent des méchants motards, vision un peu naïve mais visuellement réussie. Très beau duo Siddharta/L'Eveil. Si Stéphane Bullion manque de personnalité seul, son partenariat avec Alice Renavand est vraiment réussi, bravo !

Tableau XV Les villageois célèbrent Siddharta qui ne fait plus qu'un avec la figure de l'Eveil.

Tout le monde entoure le couple. Très belle scène de groupe, l'émotion est enfin là. C'est vraiment beau.


Tableau XVI Le roi reconnaît qu'il s'est trompé et demande à son fils de lui pardonner.
A quoi reconnait-on un grand danseur ? A sa capacité de transcender le moindre geste, même le plus simple des pas. Wilfried Romoli arrive sur scène, marche doucement. Il est dos au public et s'incline doucement et respectueusement vers son fils. Et tout est dit.


© Pho­tos 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10 : Anne Deniau /Opéra Natio­nal de Paris.Photos 1 et 5 : Rêves impromptus

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