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jeudi 18 février 2010

La vidéo-danse du jeudi (27)

Aujourd’hui, res­tons un peu dans l’actua­lité avec un extrait du bal­let La Dame aux Camé­lias, donné en ce moment à Gar­nier. Inu­tile de pré­ci­ser que j’encou­rage vive­ment tout le monde à y aller, même si c’est com­plet. 

Au début, je vou­lais le duo Mar­gue­rite/Manon de l’acte II, qui m’avait le plus mar­qué. Fina­le­ment, j’ai opté pour le pas de deux du troi­sième acte.

Mar­gue­rite et Armand s’aiment. Elle est une cour­ti­sane du XIXème, lui un fils de bonne famille. Elle décide de le quit­ter par gran­deur d’âme. Malade, elle veut le revoir une der­nière fois. C’est un grand rac­courci dans l’his­toire de ce bal­let, mais c’est là où en est ce pas de deux. L’ultime duo, les der­niè­res retrou­vailles d’un cou­ple qui sait qu’ils sont con­dam­nés. On est en plein drame roman­ti­que.

Depuis plus d’une semaine que j’ai décou­vert ce bal­let “en vrai”, je n’arrive pas à en par­ler. J’aime quand la Danse me raconte de bel­les his­toi­res, même quand c’est triste que l’héroïne meurt à la fin. Ce bal­let m’a pro­fon­dé­ment tou­ché. Depuis plus d’une semaine, je me mets à mon cla­vier pour écrire un billet des­sus, mais les mots ne vien­nent pas. Mes phra­ses me sem­blent creu­ses, n’arri­vant pas bien retrans­crire ce que j’ai vu. On verra dans quel­ques jours.  

Mar­gue­rite : Agnès Letestu
Armand : Sté­phane Bul­lion
Cho­­­­­ré­­­­­gra­­­­­phie : John Neu­meier
Musi­­­­­­que : Fré­dé­ric Cho­pin

jeudi 14 janvier 2010

La vidéo-danse du jeudi (25)

Place ce soir à la varia­tion d’Esmé­ralda. De la pure tech­ni­que aca­dé­mi­que. Mais quelle classe !



D’après ce que je sais, le bal­let Esmé­ralda n’est plus vrai­ment donné. Seul sub­siste le pas de deux, dont est issue cette varia­tion fémi­nine. La tech­ni­que clas­si­que y est ici à son apo­gée, et en fait une danse par­faite pour les con­cours et autres galas de démons­tra­tion. Sur You­tube, vous pou­vez donc trou­ver une quan­tité de vidéos de cette varia­tions, de peti­tes pou­pées qui s’amu­sent à lever leur jambe le plus haut pos­si­ble, de sin­ges savants qui mon­trent bien qu’elles peu­vent enchaîné les proues­ses sur poin­tes, de vraies gym­nas­tes. 

Et puis vous pou­vez aussi trou­ver l’inter­pré­ta­tion d’Agnès Letestu, qui devient le temps d’une minute 30 l’incar­na­tion même de la pure élé­gance et du style. J’ai vite fait mon choix entre les deux.

Esmé­ralda : Agnès Letestu
Cho­­­ré­­­gra­­­phie : Jules Per­rot
Musi­­­­que : Cesar Pugni

jeudi 7 janvier 2010

Les Démonstrations 2009, volume 2

En 2010, ma bonne résolution sera de faire mes comptes-rendus au lendemain de pas moins d'une semaine après, allez, pas plus loin que 15 jours après la représentation. En attendant, voici la dernière partie des Démonstrations 2009, qui datent du je ne veux même plus savoir combien décembre dernier. Mais je n'aime pas les choses inachevées.

3ème division garçons (Bernard Boucher/Michèle Mérou). J'avoue, je reste honnête en 2010, mais je n'ai pas trop fait attention à cette classe. Ne restant plus de place Pass' Opéra pour l'après-midi, j'ai testé pour la première fois les 5ème loges. Et qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir, après cinq étages laborieusement montés, derrière une porte et un petit couloir, que je voyais bien 95% de la scène. J'étais au fin fond de Garnier, sous les toits, pouvant admirer quelques peintures dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Personne ne me voyait, et je voyais tout. Je suis restée bien 10 minutes à regarder ma petite loge, telle une petite souris cachotière. Pour le souvenir que j'ai quand même de cette classe, j'ai l'impression que le niveau était assez disparate, mais bel exercice de grands sauts.

3ème division filles (Fabienne Cerutti/Claire Djourado). Une classe coup de cœur de cette année. Une quinzaine de filles musicales et souriantes au niveau impressionnant. ça virevoltait, tournait, pointait et sautait dans tout les sens, tout en gardant un admirable sens des ensembles. La professeure a de plus fait de chaque exercice un véritable petit ballet, faisant passer ces 20 minutes de danse en un éclair. Bravo ! 


2ème division garçon (Eric Camillo/Michel Myron Mytrowytch). J'avoue encore que je n'ai plus de grands souvenirs de cette classe, si ce n'est qu'elle m'a beaucoup plu. Depuis trois ans que j'assiste à ces démos, je me rends compte que les classes que je préfère sont souvent celles du(de la) même professeur(e) au fil des ans. Et celle d'Eric Camillo, en général,  je l'aime bien.

1ère division garçons (Jacques Namont/Richard Davis). Lors du dernier concours de promotion, j'ai vu fleurir sur les forums pas mal de craintes sur le niveau des garçons à l'ODP. Personnellement, cette classe était, dans cette vision, plutôt rassurante. J'ai trouvé les élèves globalement très bons, avec beaucoup d'énergie, d'aisance sur scène et de plaisir de danser. Et surtout, j'y ai vu des prises de risques et un peu de panache. Voilà qui rattrape toutes les éventuelles petites fautes décidément. 

1ère division filles (Carole Arbo/Laurent Choukroun). Pour ce niveau, ce sont donc les filles qui, pour une fois, m'ont parue un peu en dessous. Entendons-nous bien, elles avaient toutes un travail irréprochable, avec beaucoup de classe et de tenue. Mais je les ai trouvé plutôt éteintes. Le groupe me semblait en fait très fatiguée, dû peut-être à un premier trimestre très chargé. Peu d'envol et de personnalité marquée.

3ème division filles et garçons, caractère (Roxana Barbacaru/Elina Akimova). Le champagne des fêtes m'a là aussi fait un peu oublier cette classe. J'ai globalement mieux aimé cette classe aux 4ème divisions, plus d'entrain et définitivement plus de style.

1ère division filles et garçons, adage (Bernard Boucher/Laurent Choukroun). Petite frustration : que cette classe ne dure pas plus longtemps. J'ai trouvé ce travail très intéressant. Un exercice consistait à nous montrer comment apprend-on ces portés, avec deux garçons pour sécuriser, etc. On était beaucoup plus dans une classe de travail que démonstrative, mais cela terminait tout de même bien la journée, sur une note très technique tout en expliquant un peu le fonctionnement de cet apprentissage.

Belle journée une fois de plus, rendez-vous l'année prochaine.

mercredi 30 décembre 2009

Qui dit Noël dit Démonstrations

Noël apporte toutes sortes de rituels : les vitrines décorées des Grands Magasins, des guirlandes lumineuses dans les rues, des pub outrageusement intensives pour les jouets... Et pour les addicts de la Danse, la période de Noël signifie aussi celle des Démonstrations de l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris.

J'ai donc passé ma journée du 13 décembre au Palais Garnier, à voir les différentes classes de l'Ecole de danse de l'Opéra dans leurs cours de classique, mime, caractère, folklore, contemporain, adage et expression musicale. La même formule depuis déjà pas mal de temps. J'avoue que, comme c'était la troisième année d'affilée où j'y assistais, j'avais un peu peur de la lassitude. Mais les profs ont su faire preuve d'imagination, et les élèves de motivation, parce que je n'ai pas vu passer la journée. 
Places d'abord aux petites classes le matin.

- 6ème division garçons (Bertrand Barena/Tristan Lofficial). Encore et toujours, je suis impressionnée chaque année par cette classe. 9 garçons hauts comme trois pommes, mais avec déjà un sérieux, une assurance sur scène et une propreté du travail impressionnante. Certains n'ont même pas une année entière à l'Ecole, et claquent déjà une double pirouette. Au delà du potentiel des jeunes danseurs, on sent aussi toute la pédagogie du professeur, qui sait faire travailler sa classe ensemble et mettre en confiance chaque élève.

- 6ème division filles (Véronique Doisneau/Yuko Tsuchiya). Après les ensembles millimétriques des garçons, difficile de passer après. Surtout qu'il est forcément plus dur d'être homogène à 14 qu'à 9. Les exercices faisaient la part belle aux ports de bras, ce qui laissaient les filles danser, mais accentuaient par moment l'effet fouillis du groupe. Belle classe au niveau assez différent entre les filles, l'écrémage à l'examen de fin d'année risque d'être cruel. 

- 5ème division garçons (Marc Du Bouaÿs/Tadeusz Gieysztor). Un peu sadique le professeur ! Les exercices étaient très difficiles, et montraient clairement la différence de niveau avec la 6ème division. On était ici plus dans le travail, l'apprentissage, que dans la démonstration de pas maîtrisés. Cela donnait un bon aperçu du travail physique intense que doivent fournir les élèves, mais ne les permettaient pas vraiment de s'exprimer artistiquement. C'était une classe intéressante pour le public, mais ça n'a pas dû être évident pour les apprentis danseurs, qui ne semblaient pas tout le temps très confiants.

- 5ème division filles (Marie-José Redont/isabelle Van Brabant). Très belle classe, très musicale. Encore une fois, on sent le poids du professeur qui sait guider tout ce petit monde dans le bon sens. Le niveau me semblait plus homogène que pour la classe du dessous, avec déjà des exercices montrant une certaine virtuosité de la part des jeunes élèves.

- 4ème division garçons (Wilfried Romoli/Masako Shimura). Première remarque, le professeur semble beaucoup moins stressé que l'année dernière qui marquait ses premières démos en tant qu'enseignant. Deuxième remarque, le niveau m'a semblé encore ici beaucoup plus homogène que l'an passé, où c'était très disparate. Place ici aux grands sauts, avec parfois une belle amplitude et quelques prises de risques, toujours appréciables.

- 4ème division filles (Fanny Gaïda/Anna Simon). Encore une classe très agréable à regarder. C'est à ce niveau que l'on commence vraiment à se rendre compte de ce que peut être un physique Opéra de Paris : coup de pied, allure longiligne et développés presque à l'oreille. Une nuée de filles très souriantes, avec une véritable envie de danser, ce qui change d'autres classes parfois un peu tristounettes. J'aime beaucoup d'année en année le travail de Fanny Gaïda, tout en musicalité et féminité.

- 6ème division filles et garçons, folklore (Marie Blaise). Voila le cours où je m'inquiétais le plus de m'y ennuyer, ayant un peu peur de la répétition au fil des années. Et au final, j'ai trouvé cela très intéressant. J'étais placée un peu en hauteur par rapport aux autres années, et j'ai bien apprécié les dessins de la chorégraphie sur scène. Un exercice de mémorisation plus difficile qu'il n'y paraît.

- 2èm division filles et garçons, contemporain (Claire Baulieu/Tristan Lofficial). J'ai eu un peu peur au début du cours avec le discours de la prof, plutôt caricatural dans l'idée qu'on a du contemporain. C'est finalement très bien passé, avec des chorégraphies très fluides et bien interprétées. Je me répète, mais j'aime beaucoup ce style de danse. Niveau pédagogique, rien de nouveau par rapport aux autres années, heureusement que tout ça ne dure pas plus d'une dizaine de minutes. Pourquoi ne pas montrer, pour changer un peu, le cours de jazz l'année prochaine ?

- 5ème division filles et garçons, mime (Yasmine Piletta). Comme toujours, cette classe remporte un vrai succès et fait beaucoup rire le public. On sent qu'il s'agit d'un vrai moment de détente pour les Petits Rats, après le stress du cours de danse classique. Rien de bien nouveau là encore par rapport aux autres années, mais une fraîcheur et une imagination de la part des élèves qui fait plaisir à voir. 

- 4ème division filles et garçons, caractère (Isabelle Hérouard/Michel Myron Mytrowytch). La prof a décidé cette année de s'attaquer aux danses espagnoles. Les élèves ont tous montré beaucoup d'enthousiasme, mais je me demande s'ils n'étaient pas un peu trop jeunes pour le style. Il faut beaucoup de féminité et de séduction, et les filles, qui avaient toutes moins de 14 ans, surjouaient le tout sans vraiment rendre l'état d'esprit de ces danses. Mais de beaux ensembles tout de même. Parfois même plus que dans le corps de ballet, me souffle une petite voix.

- 6ème et 5ème divisions filles et garçons, expression musicale (Scott Alan Prouty/Tristan Lofficial). Décidément, on ne se lasse pas de la classe de Scott ! Une arrivée très poétique cette année, où chacun arrivait sur scène tout doucement. Et puis ça se réveille, ça chante, ça s'amuse. Et quand tous les élèves reprennent en chœur C'est la fête de La Belle et la Bête, aux remix spécial Petits Rats, c'est totalement irrésistible.

Une  jolie matinée donc pour ces Démonstrations. Pour le résumé des grandes classes, il va falloir attendre l'année prochaine (c'est fous comme l'adore répéter cette phrase tout le temps à l'approche du 31).

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