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vendredi 4 mai 2012

Saison 2012-2013 : la Maison de la Danse de Lyon

Continuons notre petit tour des saisons 2012-2013, après celle de l'Opéra de Paris, du Théâtre des Champs-Elysées et du Ballet de l'Opéra de Lyon.

La Maison de la Danse de Lyon est l'un de ces établissements dont on aime la programmation. Un peu comme le Théâtre de Chaillot (après tout, la nouvelle directrice Dominique Hervieu vient du théâtre parisien), cet Maison accueille le must de la danse contemporaine, avec de nombreuses compagnies étrangères. La configuration de la salle fait que la danse classique y est bannie, chose qui devrait peut-être changer en 2018, avec la construction d'une nouvelle Maison de la Danse. 


CCN de Créteil et du Val-de-Marne / Cie Käfig

Yo Gee Ti de Mourad Merzouki, création 2012.

Du 13 au 27 septembre 2012, 14 représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.



Troupe des artistes de Sebatu - Bali

Danses et drames : le théâtre dansé des Dieux et des Hommes

Du 14 au 16 septembre 2012, trois représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

"Venus du village de Sebatu, perché sur les flancs d’un volcan de Bali, cinquante artistes débarquent à Lyon. Avec dans leurs bagages un fabuleux présent à partager avec le public : l’histoire de leurs arts, indissociable alchimie de musique, de danse, de théâtre et de costumes". Un bon moyen pour découvrir une danse d'un tout autre horizon. La troupe devrait aussi passer par Chaillot au cours de la saison.



Ballet Preljocaj, CCN d'Aix-en-Provence

Ce que j'appelle l'oubli d'Angelin Preljocaj, création 2012. 

Du 15 au 21 septembre 2012, six représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

Un pièce du chorégraphe inspirée d'un fait-divers sanglant survenu à Lyon en 2012. Angelin Preljocaj est encore discret sur cette création.



Compagnie L'A.

Sfumato de Rachid Ouramdane, création 2012.

Du 19 au 20 septembre 2012, deux représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

"Le chorégraphe propose une traduction chorégraphique du sort des 'éco-réfugiés' – impuissantes victimes des cataclysmes climatiques, confrontés à la disparition de leurs territoires".



CCN de Rillieux-la-Pape

Basics (titre provisoire) de Yuval Pick, création 2012.

Du 20 au 22 septembre 2012, trois représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

Yuval Pick a pris la direction du CCN de Rillieux-la-Papeil y a une petite année, la compagnie était avant dirigé par Maguy Marin. Cette création reste encore floue dans le programme.



Moving Into Dance Mophatong 

Beauty Remai,ed for just a Moment then returned gently to her Starting Position... de Robyn Orlin, création 2012.

Du 23 au 25 septembre 2012, trois représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

Robyn Orlin est une chorégraphe Sud-Américaine dont j'entends dire beaucoup de bien, sans jamais avoir eu l'occasion de voir une de ses pièces. Cette chorégraphie sera "un hymne à la beauté africaine. Non pas cette beauté exotique mais créative, qui s’appuie sur des us et coutumes des tribus Surma et Mursi : au quotidien, les femmes se parent de peintures corporelles et d’ornements boisés, végétaux et animaux d’une folle excentricité".



Swan Lakede Dada Masilo

Du 24 au 27 septembre 2012, quatre représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

"Plus rien n’arrête dans sa course la jeune chorégraphe : elle a déjà créé dix pièces, elle a endossé les rôles de Carmen et de Juliette, et elle s’impose comme la nouvelle figure incontournable de la danse sud-africaine. Cette fois, tous les codes et tabous du ballet romantique volent en éclats".



Une création (titre encore inconnu) de Dave St-Pierre

Du 30 septembre au 2 octobre 2012, trois représentations. Dans le cadre de la Biennale de la Danse.

"Dave St-Pierre met un point final à une trilogie consacrée aux relations amoureuses et aux utopies". 



Lalala Gershwin de José Montalvo et Dominique Hervieu

Du 10 au 17 octobre 2012, 12 représentations.

Le style du duo Montalvo/Hervieu ne me convient pas toujours. Dans Lalala Gershwin notamment, j'avais trouvé l'utilisation de la vidéo assez inutile. Mais l’œuvre est une bonne occasion de découvrir le travail des deux chorégraphes, portée par une très belle musiqueLalala Gershwin est par contre programmé en tant que spectacle jeune public, mais je ne suis pas sûre qu'un enfant soit vraiment captivé par cette pièce. Cela reste abstrait et pas forcément des plus facile d'accès, même s'il s'agit d'une version raccourcie.



Lauréat [Re]Connaissance 2011 

Trois ballets : Being Together Without any Voice de Nadiel Linehan, Crossroads d'Amala Dianor et Concursus de Davy Lebrun.

Le 10 octobre 2012, une représentation.

Les trois courtes pièces présentées dans ce programme ont été primées lors de la troisième édition du concours [Re]Connaissance en 2011.



Mirror and Music de Saburo Teshigawara

Du 24 au 26 octobre 2012, trois représentations.

Le spectacle, présenté au Théâtre de Chaillot cette saison, m’avait laissé de marbre. Si les danseurs et danseuses sont excellent-e-s, le langage chorégraphique utilisé m’avait passablement ennuyé. Mais le public a réservé une ovation à cette pièce, à vous de voir.

DP Saburo Teshigawara

Cuando Las Piedras Vuelen de Rocio Molina

Du 8 au 10 novembre 2012, trois représentations.

Le flamenco contemporain a le vent en poupe en ce moment, porté par des artistes à la forte personnalité. Je ne connais pas du tout le travail de Rocio Molina, mais à 28 ans, elle a l’air d’avoir un style très affirmé. Pour cette pièce, elle danse seule, entourée de deux chanteurs et quatre musiciens.



Compagnie Arcosm

Solonely de Thomas Guerry et Camille Rocailleux.

Du 8 au 10 novembre 2012, trois représentations.

"Thomas Guerry, danseur et chorégraphe, et Camille Rocailleux, percussionniste, pianiste et compositeur, ont inventé un langage singulier, à la croisée de la danse et de la musique, du corps en mouvement et sonore, du théâtre musical et des percussions corporelles".



Grupoderua

H3 de Bruno Beltrão.

Du 14 au 17 novembre 2012, quatre représentations.

Pièce hip hop de 2008 pour dix danseurs.



Les 7 doigts de la main

Trace.

Du 20 au 25 novembre 2012, six représentations.

Je parle régulièrement de cette troupe de crique venue du Québec, tant ce groupe m’enthousiasme. Percutant, drôle, inventif, leur spectacle réinvente le genre du cirque avec beaucoup de talent, où la danse a une grande place. Trace n’a pas forcément la force de La Vie que j’ai pu voir cette année, mais cela reste une excellente troupe.

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Concours [Re]Connaissance 2012

Du 23 au 24 novembre 2012, deux représentations.

12 compagnies nationales et internationales présentent chacune une pièce récente. Un jury de professionnels décerne les deux premiers prix, le troisième est décerné par le public. Les trois lauréats partiront en tournée pendant la saison 2013/14 dans les lieux partenaires.



Compagnie Yoann Bourgeois

Wu-Wei de Yoann Bourgeois.

Du 27 novembre au 1er décembre 2012, cinq représentations.

"Entre danse et cirque, les créations de l’acrobate et metteur en scène Yoann Bourgeois, jongleur de formation, défient les lois de la pesanteur".



Ain’T Misbegavin’ de Harlem Swing

Du 4 au 9 décembre 2012, huit représentations.

Une très sympathique comédie musicale sur des rythmes jazz et gospel irrésistibles. L’histoire ? Des petites scènes de la vie quotidienne dans le Harlem des années 1930. Attention toutefois, les chansons ne sont pas traduites, évitez-donc n’y emmener des enfants qui risquent de s’ennuyer.

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Act2 Compagnie Catherine Dreyfus

Et si j’étais moi ! de Catherine Dreyfus

Du 4 au 8 décembre 2012, cinq représentations.

"Une initiation joyeuse et poétique à la vie. Musicalité, fluidité, poésie, caractérisent l’univers de la chorégraphe et danseuse". Un spectacle jeune public, à partir de 5 ans.



Malandain Ballet Biarritz

Magifique de Thierry Malandain

Du 13 au 23 décembre 2012, 12 représentations.

Une très jolie œuvre vue la saison dernière. Thierry Malandain se base sur les trois suites de Tchaïkovski (Casse-Noisette, La Belle au bois dormant et Le Lac des cygnes) pour revisiter à sa manière ces trois grands ballets classiques. La variation de la Fée Dragée, dansée par un homme, est ainsi un petit régal. Si le spectacle est indiqué "Jeune public à partir de 5 ans", il s’adresse pour moi plus à des enfants plus grands, à partir de 10 ans. (photos : Olivier Houeix).

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Fabulous Beast

Rian de Michael Keegan-Dolan

Du 4 au 12 janvier 2013, huit représentations.

"Le rapport extrêmement fusionnel des danseurs et des musiciens de Rian fond, dans un même mouvement jubilatoire, la musique traditionnelle irlandaise et la danse contemporaine".



CCN Ballet de Lorraine

Welcome To Paradise de Joëlle Bouvier et Régis Obadia.

Du 10 au 12 janvier 2013, trois représentations.

"Romance-violence, Welcome to Paradise évoque le regard de la caméra et le bruit de la pellicule à travers un duo d’enfants du paradis version expressionniste". Ma seule expérience avec le Ballet de Lorraine n’a pas franchement été concluante, mais c’était un tout autre répertoire.



Anne Teresa de Keersmaeker

Fase, Four movements to the Music of Steve Reich le 15 janvier 2013.

Rosas Danst Rosas le 16 janvier 2013.

Elena’s Aria le 18 janvier 2013.

Bartok Mikrokosmos le 20 janvier 2013.

Excellente idée, non seulement de faire venir Anne Teresa de Keersmaeker, mais aussi de montrer plusieurs ballets. Ces quatre pièces sont des piliers de l’œuvre de la chorégraphe, et au centre d’un beau livre à venir en juin, dont j’ai parlé dans le dernier Petit bilan d’actu.



Groupe Grenade & Cie Grenade

Grenade, les 20 ans de Josette Baïz.

Du 24 au 26 janvier 2013, trois représentations.

"Josette Baïz crée en 1992 le Groupe Grenade qui rassemble alors plus de trente jeunes danseurs. Avec eux, Josette Baïz a construit un style au croisement des danses, depuis le hip hop, la danse orientale jusqu’au flamenco en passant par les danses cambodgiennes. Pour fêter les vingt ans de cette aventure artistique et humaine, sept chorégraphes majeurs ont chacun offert une pièce de leur répertoire à ces danseurs, dont les plus jeunes auront tout juste neuf ans".



CCN De Grenoble

Le Sacre du Printemps de Jean-Claude Gallotta, précédé de I-Tumulte et II-Pour Igor.

Les 29 et 30 janvier 2013, deux représentations.

La vision du Sacre du Printemps par Jean-Claude Gallotta était attendue avec impatience. La pièce, présentée à Paris en avril dernier, et qui avait un peu tourné avant, a reçu un accueil partagé.



CCN De Grenoble

Daphnis E Chloé de Jean-Claude Gallotta.

Du 31 janvier au 1er février 2013, deux représentations.

Créé en 1982, et pièce phare de l’œuvre de Jean-Claude Gallotta, le ballet Daphnis E Chloé a été revu par le chorégraphe en 2011.



CCN De Grenoble

Racheter la mort des gestes / Chroniques chorégraphiques de Jean-Claude Gallotta.

Le 3 février 2013, une représentation.

C’est donc une cure de Jean-Claude Gallotta qui attend le public lyonnais. Le chorégraphie imagine dans cette pièce "un spectacle fait du chapelet des grandes rencontres qui ont scandé son parcours. Il convoque alors ceux qui dansent bien sûr, mais aussi ceux qui passent, ceux qui pensent".



Compagnie Le Guetteur

Swan de Luc Petton.

Du 7 au 10 février 2013, quatre représentations.

Cette chorégraphie n’a pas encore été présentée à Paris (elle le sera en juin), mais j’ai pu voir une répétition en janvier dernier. Et cela m’a laissé un peu sceptique. Les liens entre l’animal et les danseuses, l’art, ne semble tenir que par la nourriture. Mais il ne s’agissait que d’une séance de travail, et il est vrai que les nombreuses photos qui circulent sur ce ballet intriguent.

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Nederlands Dans Theater 2

Studio 2 de Sol León et Paul Lightfoot, Cacti d’Alexander Ekman et I New Then de Johan Inger.

Du 12 au 16 février 2013, cinq représentations.

Le NDT2 est le jeune ballet du célèbre Nederlands Dans Theater, et regroupe de jeunes danseurs et danseuses de 17 à 23 ans.



Compagnie Michèle Noiret

Demain de Michèle Noiret.

Les 14 et 15 février 2013, deux représentations.

"Cette pièce tisse des liens entre différentes écritures scéniques. La scénographie, les lumières, les images prises sur le vif ainsi que de courts films produisent une 'danse-cinéma' que l’artiste explore au fil de ses créations".



A louer de Peeping Tom

Du 19 au 22 février 2013, quatre représentations.

Pièce pour sept danseurs, comédiens, chanteurs et dix intervenants amateurs.



Compagnie Malka

Un Casse-Noisette de Bouba Landrille Tchouda.

Du 12 au 16 mars 2013, sept représentations.

Un Casse-Noisette en plein mois de mars, voilà qui est original. Le chorégraphe Bouba Landrille Tchouda revisite ce célèbre ballet en "réinventant un univers fantasmagorique avec l’énergie de notre présent, en convoquant la danse hip hop".



Ballet Igor Moïsseïev

Du 14 au 17 mars 2013, quatre représentations.

Ce spectacle fut l’une des bonnes surprises de la fin de l’année 2011. Ne vous laissez pas rebuter par les mots "Danse de caractère". Le Ballet Igor Moïsseïev fait revivre au plus juste les danses traditionnelles russes (et il y en a un bon paquet), avec des danseurs et danseuses d’une technique impressionnantes.

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Cie Arcosm

Echoa de Thomas Guerry et Camille Rocailleux.

Du 20 au 23 mars 2013, sept représentations.

Spectacle Jeune public, à partir de 5 ans. "Comment sonne et résonne un corps de danseur ? Comment un percussionniste danse-t-il ? Echoa veut aiguiser la musicalité de la danse et souligner la chorégraphie de la musique".



Ballet du Grand Théâtre de Genève

Programme Benjamin Millepied : Amoveo, Le Spectre de la Rose et Les Sylphides.

Du 27 mars au 3 avril 2013, cinq représentations.

Voilà une excellente compagnie, que j'ai pu découvrir avec plaisir la saison dernière. Le Ballet du Grand Théâtre de Genève danse régulièrement du Millepied. Amoveo est une pièce crée pour l'Opéra de Paris, que la troupe suisse reprend, avec de beaux ensembles. Les deux autres ballets sont des réinterprétations des célèbres œuvres des Ballets Russes, créées au début de la saison. 

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Katlehong Cabaret de Via Katlehong Dance

Du 6 au 13 avril 2013, dix représentations.

"Via Katlehong, c’est par la taille, le deuxième township d’Afrique du Sud. Les balles y volent bas, le crime est ordinaire. Mais sur scène, ces jeunes artistes n’en soufflent mot. C’est la gloire de leurs traditions qu’ils chantent et dansent, tout en apportant leur propre inventivité pour développer un langage contemporain".



Ballet de l'opéra de Lyon

Giselle de Mats Ek.

Du 17 au 19 avril 2013, trois représentations.

Spectacle déjà évoqué lors de la présentation de la saison 2012-2013 du Ballet de l'Opéra de Lyon. Un chef-d’œuvre dansé par une compagnie qui connaît Mats Ek sur le bout des doigts, à ne pas rater.   



C* la maison

Narcisses de Coraline Lamaison.

Les 24 et 25 mai 2013, deux représentations.

"Triptyque de Coraline Lamaison qui explore le mythe de Narcisse". J'avoue que la présentation me fait un peu peur, genre danse contemporaine philosophico-réaliste, mais assez ennuyeuse à voir.



Grouped'artgravelartgroup

Gravel Works de Frédérick Gravel.

Les 24 et 25 mai 2013, deux représentations.

"Chorégraphe, guitariste, chanteur, éclairagiste, danseur et libre penseur québécois, Frédérick Gravel concocte des projets à géométrie variable où priment la distanciation et l’autodérision".



Compagnie le Phalène

Influences de Thierry Collet.

Les 24 et 25 mai 2013, deux représentations.

"Magicien autant que comédien, Thierry Collet renouvelle de façon jubilatoire les codes du mentalisme, art de la fabrique du consentement, pour les mettre au service d’un questionnement politique et citoyen. Au cours d’expériences ludiques et sensibles, il pénètre les pensées et les souvenirs des spectateurs, prévoit leurs choix, influence leurs comportements et leurs décisions". Le succès du Mentalist n'a donc pas fini d'inspirer le monde !



Une création d'Eugénie Rebetez

Du 24 au 26 mai 2013, trois représentations.

Une sorte de one-woman-show, un "langage unique qui réunit le chant, la danse et l’humour". Pour le coup, la description du spectacle m'a plutôt laissé curieuse et intriguée.



We dance to forget de la Compagnie fABULEUS

"Lors de cette « party » déjantée, on croise quelques figures incontournables du dancefloor, mais on révise aussi ses « classiques ». Pêle-mêle : Michael Jackson, Las Ketchup, les Beastie Boys, Nancy Sinatra, U2, le Velvet Underground...".



Junior Ballet des CNSM de Lyon et Paris

Programme Trisha Brown : Five part Weather Re-Invention et Groove and Countermove.

Du 6 au 8 juin 2013, trois représentations.

Ce sont donc les deux CNSM de France, cette fois-ci réunis, qui clôtureront la saison 2012-2013 de la Maison de la Danse de Lyon. Si je ne connais pas le niveau du Junior Ballet de Lyon, celui de Paris m'a fait forte impression. Une soirée qui promet d'être intéressante, même si je ne suis pas la première fan de la chorégraphe Trisha Brown.


Voilà donc se qui attendra le public lyonnais la saison prochaine. Qu'est-ce qui vous tente le plus dans cette large programmation ? 

dimanche 17 octobre 2010

Le petit bilan d'actu, S04 Ep05

Au programme cette semaine, des nouvelles d'Angelin Preljocaj à Chaillot, de Dorothée Gilbert à Rio, de Pina Bausch au cinéma et du retour de Paquita. (J'avais pourtant dit que j'arrêtais les titres en rime).  

Suivront mille ans de calme d'Angelin Preljocaj au Théâtre Chaillot

La faute à un emploi du temps un peu chaotique, et à mon temps de réaction légèrement faiblard sur la billetterie, je vais rater ce spectacle. J'attends donc vos nombreux commentaires de spectateurs-rices pour me faire regretter encore plus.  

Voici donc la dernière création d'Angelin Preljocaj, avec des danseurs et danseuses de sa compagnie et du Bolchoï (année France-Russie power). J'entends un peu de tout sur ce ballet, des gens qui ont beaucoup aimé, d'autres qui s'y sont ennuyés, certains qui ont trouvé ça beau mais froid. L'Express a trouvé ainsi que "la liberté (un tantinet surveillée) de Preljocaj fait plaisir à voir", L'Humanité y a repéré des "mouvements collectifs spectaculaires", Le Monde se désole que "l'asphyxie menace ce qui ressemble parfois à une forteresse chorégraphique", tandis que ResMusica y a apprécié "un travail des lignes nickel et millimétré qui n’exclut pas la fantaisie et le baroque de créatures sorties de l’imagination de Jean l’Evangéliste écrivant L’Apocalypse". Du côté des blogueurs et blogueuses, Artifact Suite a, malgré des "petits ratés de circonstance", aimé une oeuvre qui "se regarde avec un plaisir certain et durable". 

Pour les curieux et curieuses, vous pouvez trouver un extrait du spectacle dans la vidéo ci-dessous, qui se termine par une interview très Peace & Love du chorégraphe.


Pina Bausch revient au cinéma

Pina Bausch a fait danser ses ballets par les plus grandes compagnies et les plus grands danseurs et danseuses. Mais surprise, en 2008, elle décide de reprendre sa pièce Kontakthof avec des adolescents qui n'ont jamais dansé de leurs vie. Anne Linsel et Rainer Hoffmann ont eu la bonne idée de planter leurs caméras dans ce projet, et de filmer les répétitions. Les Rêves dansants, c'est ça. Une bande d'ados qui a déjà du mal avec son propre corps, et qui doit maintenant tout exprimer avec, et sur scène.

Je n'ai pas encore eu le temps de le voir, mais la bande-annonce fait envie. Parce que ces non-danseurs, ils dégagent beaucoup de choses de très fort, parce qu'il y a le sourire lumineux de Pina Bausch, et parce que le tout a l'air d'être une formidable aventure, et que, spectatrice facile que je suis, j'aime bien ce genre de chose. Le film est projeté dans 63 salles (c'est énorme) (pour ce genre de film), et même pas qu'à Paris (Oh, miracle). Vous pouvez également retrouve un entretien avec Francesco Carbone, photographe qui a énormément travaillé avec Pina Bausch, sur le site de Corps et Graphies.

Dorothée Gilbert s'en va danser à Rio

La danseuse étoile a apparemment du mal à patienter jusqu'à son retour sur la scène de Garnier. En attendant Paquita, elle s'en va danser dans d'autres contrées. Mi-octobre, elle est donc partie montrer de quoi elle était capable dans Don Quichotte, sur la scène de Rio de Janeiro, et plutôt bien accompagnée par Marcelo Gome. Le blog Dorothée-Gilbert a mis en ligne pleins de photos des représentations, des coulisses, et deux vidéos du spectacle. Qu'on se rassure, Dorothée est en pleine forme (mais nous éviterons certains commentaires sur les costumes). 

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A noter dans votre agenda

Paquita reprend du service au Palais Garnier dès le 18 octobre. Avis tout personnel sur les distributions à venir demain, et compte-rendu de la générale à venir... euh... quand j'aurais le temps. Rock the Ballet arrive lui aussi, mais dès mardi et au Casino de Paris. Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, mais en général, les productions américaines savent plutôt bien faire ce genre de chose. Christian Lartillot propose également une exposition sur les danseurs et danseuses de l'Opéra, du 19 octobre au 20 novembre, à la Gallery Serge Bensimon de Paris. Je trouve que les quelques photos mises sur le site vraiment très belles, et je n'y manquerais pas d'y faire un tour.

dimanche 11 avril 2010

Siddharta, ou la vision de Bouddha d'Angelin Preljocaj, épisode 2

Ma deuxième représentation de Siddharta a réuni la distribution Stéphane Bullion/Alice Renavand, le couple choisi pour la répétition publique.

Cette fois ci, j'avais un peu révisé. Mon arrivée précipitée pour mon premier Siddharta avait fait que j'avais vu le ballet sans le découpage dans la tête. Et je dois avouer que j'avais été un peu perdue. Je n'aime pas cette idée de réviser un ballet, de l'étudier avant de le voir. S'il est réussi, il doit toucher n'importe qui, sans avoir besoin de lire une ligne du programme. Peut-être est-ce la preuve que ce ballet de Preljocaj tient plus de l'esthétisme que de l'émotion, mais le spectacle s'apprécie plus avec le découpage dans la tête.

Parcourons donc le ballet avec le livret.

Tableau I Depuis l'aube des temps, l'humanité est confrontée aux forces de Mâra, dieu de la mort, de l'illusion et de la tentation.

Des hommes en noirs, au casque de moto, s'agitent en tout sens. Un bordel savamment organisé. On ne comprend pas vraiment le sens de l'habillage, qui ressemble plus à un plaisir du chorégraphe contemporain de distiller des costumes bizarres que d'une vraie volonté artistique. La scénographie par contre est super : une boule géante, se balançant lentement au-dessus de la scène. Quand la lumière se fait, son ombre surplombe les danseurs en un gros nuage inquiétant. Le résultat est vraiment oppressant, et installe quelque chose d'indéniablement intéressant.  


Tableau II Siddharta retrouve sa femme Yasodhara.

Quelques accords de guitare électrique pour une entrée rock'n'roll de Siddharta. Stéphane Bullion fait son apparition en scène, plongé dans sa réflexion... Mais où est passé l'animalité féline de Jérémie Bélingard ? Yasodhara, tout de rouge vêtue. Là aussi, Christelle Granier me fait regretter la sensualité d'Alice Renavand. Mais le duo reste beau. Stéphane Bullion est déjà dans son monde, impression étrange qu'il a déjà fait son parcours intérieur alors que rien n'a commencé.


Tableau III Lors d'une fête à la cour, Siddharta se sent prisonnier. Il explique à son père, le roi, que son destin n'est pas de s'occuper de politique.

Des couples, en rouge, s’amusent sur des lingots d'or. Ambiance orgie dépravée. Siddharta semble très loin, au milieu ses réflexions, déjà parti. Le roi est impérial, règne sur les autres. Passage d'une vraie beauté esthétique.


Tableau IV Epidémie dans un village.

Cette scène m'avait beaucoup interpellée dès ma première représentation. L'épidémie est ici représentée par un viol collectif. Des femmes, sans aucune volonté physique ou psychologique, se font traîner par terre, porter, tordre dans tous les sens par les motards du début. C'est franchement glauque mais indéniablement réussi et assez fascinant.


Tableau V Précédée de ses messagères, la figure de l'Eveil apparaît. Elle est le rêve de Libération qui est né dans l'esprit de Siddharta.

Est-ce des sylphides, des Willis, des cygnes ? Si elle rappelle les grands actes blancs, l'arrivée des messagères est là aussi une réussite. Personnages immatérielles, fantomatiques, mais aussi joueuses et légèrement taquines, elles annoncent l'arrivée de l'Eveil. D'emblée, j'ai été séduite par l'interprétation d'Alice Renavand. Est-elle un être irréel, fantasmagorique, ou une femme envoûtante cherchant à attirer Siddharta ? En oscillant entre les deux, la danseuse sait donner le ton juste au personnage, qui est plus un concept qu'autre chose. Même si Stéphane Bullion semble un peu ailleurs, leur duo est très beau.


Tableau VI Siddharta annonce à Yasodhara qu'il quitte le royaume pour trouver la Voie de l'illimination.

Attention, âmes prudes s'abstenir. Quand Angelin Preljocaj parle de sexe, il n'y va pas par quatre chemin. Mais cela convient finalement bien à cette scène d'adieu, malgré les toussotements entendus chez mes voisins du parterre. Là encore, Stéphane Bullion et Christelle Granier, malgré leur implication évidente, me font regretter la sensualité de Jérémie Bélingard (soooooo hot) et Muriel Zusperreguy sur le lingot doré. Contrairement aux apparences, je tiens à préciser que non, Jérémie Bélingard n'est presque à peine pas du tout mon obsession du moment.


Tableau VII Il s'enfuit dans la forêt avec son cousin Ananda.

Place à une forêt de tube géant. Beau duo entre Siddharta et Ananda, avec un joli jeu d'échange de costume. Mais qui gagne en intensité avec d'autres danseurs. Aurélien Houlette est un parfait compagnon. Passé l'effet de surprise lors de ma première représentation, je m'y suis ici un peu ennuyée.


Tableau VIII La figure de l'Eveil ne se laisse pas approcher.

Sûrement le passage le plus réussi du ballet. Dans cette forêt de tubes, l'Eveil est accroché aux cintres. Elle cherche Siddharta, le provoque... Et s'enfuit toujours dans les airs au moment où il croit l'atteindre. Un jeu du chat et de la souris bien rendue par une très belle chorégraphie, et un costume de l'Eveil très vaporeux, qui la rend encore plus insaisissable. Vrai (et peut-être le seul) moment véritablement poétique de cette distribution. 


Tableau IX Siddharta et Ananda ont pris place dans une communauté d'ermites.

Des guerriers, munis de lances, prennent possession du plateau. Ennui.


Tableau X Une jeune villageoise, Sujata, joue un air de flûte douloureux qui conforte Siddharta de libérer l'humanité de la souffrance.

Même après avoir vu trois fois le spectacle et lu le programme de long en large, je ne vois toujours pas l'intérêt de ce personnage. Disons que dans le programme, c'est assez expliqué, mais sur scène, rien ne transparaît. Un personnage qui ne sert à rien, c'est triste. Beaucoup d'ennui à chaque fois.  


Tableau XI Quelques ermites suivent Siddharta dans sa quête.

Siddharta et Ananda, un peu oubliés, reprennent possession de la scène. Lumière verte tamisée en fond de scène.


Tableau XII Siddharta et Ananda cèdent à la tentation des plaisirs corporels avec deux villageoises.

Cette scène donne sûrement la plus grosse surprise du ballet. Un énorme châssis de camion, aussi long que la scène, descend doucement des cintres. Siddharta et Ananda y grimpent avec les deux tentatrices pour faire ce qu'ils y ont à faire. Enorme ennui à chaque fois. Car passé la surprise de cette énorme installation éblouissant qui descend du ciel, on a du mal à comprendre à quoi sert ce châssis. Et les deux duos sont étonnement froids. Où est passée la sensualité qui animait si bien le duo Siddharta-Yasodhara ? On est une fois de plus dans une pure esthétique, sans qu'aucun sentiment n'arrive à atteindre le spectateur. Quelqu'un sur un forum a dit que cela lui avait fait penser à une évocation du Kama Sutra. Visuellement, c'est assez juste. 


Tableau XIII Pleins de remords, les deux hommes s'infligent de douloureuses mortifications. La figure de l'Eveil apparaît mais Siddharta n'est pas encore prêt.

Très beau duo entre Siddharta et Ananda, sur une musique tout en percussions. Mais qui perd encore une fois de sa force avec ses interprètes. La deuxième partie offre une scénographie là encore étonnante. L'Eveil apparaît, avec au-dessus d'elle une énorme maison, pimpante et lumineuse. Signifie-elle la paix intérieure ? Même si visuellement elle interpelle, Je me demande encore quelle est sa signification. Et au vue des commentaires du net, je ne suis pas la seule. L'Eveil se livre à un solo, montre à Siddharta les possibilités qu'elle pourrait lui offrir. Alice Renavand y montre toute sa présence scénique et son sens artistique. Il manque pourtant un petit truc à ce passage pour être vraiment intéressant... L'émotion, encore et toujours ? Mais je ne pense pas que cela soit de la faute de l'interprète.


Tableau XIV Siddharta s'est ouvert au monde sensible et à la plénitude présent. Il joue avec une flûte une mélodie sublime et apaisée. Le moment de l'illumination est venu. Une fois les forces du ma repoussées par les messagères, Siddharta voir revenir la figure de l'Eveil et fusionne avec elle. 

La fin est définitivement une réussite. Les villageois reviennent, entourent Siddharta, l'interpellent. L'énergie qui s'en dégage est sublime, je suis emportée. Siddharta a enfin atteint le nirvana. Stéphane Bullion ne danse plus, il est assis en tailleur. Tout chez lui respire la plénitude intérieur, il irradie enfin la scène. Les messagères triomphent des méchants motards, vision un peu naïve mais visuellement réussie. Très beau duo Siddharta/L'Eveil. Si Stéphane Bullion manque de personnalité seul, son partenariat avec Alice Renavand est vraiment réussi, bravo !

Tableau XV Les villageois célèbrent Siddharta qui ne fait plus qu'un avec la figure de l'Eveil.

Tout le monde entoure le couple. Très belle scène de groupe, l'émotion est enfin là. C'est vraiment beau.


Tableau XVI Le roi reconnaît qu'il s'est trompé et demande à son fils de lui pardonner.
A quoi reconnait-on un grand danseur ? A sa capacité de transcender le moindre geste, même le plus simple des pas. Wilfried Romoli arrive sur scène, marche doucement. Il est dos au public et s'incline doucement et respectueusement vers son fils. Et tout est dit.


© Pho­tos 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10 : Anne Deniau /Opéra Natio­nal de Paris.Photos 1 et 5 : Rêves impromptus

samedi 3 avril 2010

Siddharta, ou la vision de Bouddha d'Angelin Preljocaj

Voila longtemps que je l'attendais, Siddharta, la création d'Angelin Preljocaj pour le Ballet de l'Opéra de Paris. J'y suis finalement allée, lors de la seconde représentation du ballet.

Tout a commencé avec un gros coup de stress. Toute naïvement, je me suis pointée une demi-heure avant le spectacle, à 19h, me disant que vu que c'était une création contemporaine, ça n'allait pas se battre pour les places de dernière minute. Erreur ! La foule était nombreuse, et j'étais la quatrième Pass Opéra. Ce Pass super, qui permet d'avoir des bonnes places à 10 euros, mais qu'on est jamais sûr d'en avoir.

19h25 : Je suis la prochaine Pass dans la file, mon Pass et mon billet de 10 euros dans la main, pleine d'espoir.

19h26 : Un retour de première catégorie. Si personne dans la file normale n'est prêt à débourser 84 euros, elle est pour moi...

19h27 : Elle est pour moi !

19h28 : Je traverse en trombe les 10 mètres sous la pluie qui séparent la billetterie de l'entrée principale, je manque de m'affaler une dizaine de fois sur le sol glissant de l'entrée avec mes chaussures à talons mouillés (l'architecte n'a décidément pensé à rien), et bouscule un couple de vieux grimpe les escaliers.

19h29 : J'ai juste la meilleure place de Bastille, yehhh.

19h32 : Même pas pile à l'heure, c'était bien la peine de courir.

Puis place au spectacle.


La première chose qui me soit venue à l'esprit une fois les lumières rallumées, c'est : whaouuuuuuuu ! Parce que visuellement, on s'en prend pleins les yeux. Claude Lévêque n'y est pas allé de main morte. Les installations sont imposantes, et que l'on aime ou pas, surprennent indéniablement. Les passages de groupe sont, comme souvent chez Preljocaj, un mélange de fluidité, force et sensualité. Le tout magnifié par de très beaux costumes et un vrai travail des lumières. On n'est clairement pas dans la danse contemporaine austère.

Ceci dit, mise à part cette claque visuelle à chaque tableau, est-on ému ? Et bien, pas vraiment. Bien sûr, il y a des passages très beaux. Outre les passages du corps de ballet, je pense au duo Siddharta/L'Eveil, quand la deuxième s'échappe accrochée aux cintres. On reste néanmoins dans une beauté froide, figée. A aucun moment on n'est pris à la gorge par l'émotion, on retient son souffle, on oublie les passages un peu ennuyeux grâce à un pure moment de grâce.


Ce qui me fait penser que, même si ce ballet aligne les grands noms, je ne pense pas qu'il passe à la postérité.

Voila, deuxième représentation, et j'enterre ce ballet.

C'est ça les journalistes culture.

Cette critique a été faite après mon premier Siddharta. Mon opinion a quelque peu changé au cours des différentes distributions. A suivre plus tard.

Je ne peux m'empêcher de faire une comparaison avec un autre ballet d'Angelin Preljocaj créé pour la Ballet de l'Opéra de Paris, Le Parc.

Le Parc n'est pas parfait. On s'ennuie un peu parfois, tout n'est pas forcément extrêmement inspiré. Mais il y a un moment, le pas de deux de l'Abandon, qui vous fait tout oublier. Vous pouvez avoir fait trois heures d'attente, avoir baillé tout le ballet, tout est occulté par ce duo. Un pur moment de grâce sublime qui prend n'importe qui à la gorge, une émotion primitive. On ne sait pas trop pourquoi, mais la gorge se serre, les larmes viennent aux yeux. Et ce duo suffit pour avoir passé une très belle soirée.

Je le remets d'ailleurs, juste pour le plaisir. Version Manuel Legris/Aurélie Dupont, filmé par Cédric Klapisch pour son documentaire Aurélie Dupont l'espace d'un instant.



Malgré la créativité et la profondeur indéniable de Siddharta, c'est ça qui m'a manqué.

Parlons néanmoins un peu des interprètes.

Jérémie Bélingard est un prince félin et un peu rebelle (et soooooooooooooo sexy). Pour sa scène finale, c'est un mélange de force et de plénitude. Mais entre les deux ? Son chemin vers la spiritualité se fait un peu seulement lors des cinq dernières minutes, on ne sent pas un vrai parcours intérieur durant tout le ballet. Le spectacle dure 1h50 tout de même. Seul sur scène, Jérémie Bélingard explose et fait preuve d'un vrai charisme, se servant comme il se doit des installations. Mais au milieux du corps de ballet, il a bizarrement plus de mal à prendre sa place. 


Clairemarie Osta est une Eveil lutin. Etre Immatériel, elle s'amuse avec Siddharta, le titille, l'hypnotise. Mais le lutin est petit, et reste parfois écrasé par les installations, en ne parvenant plus à prendre sa place. C'est surtout flagrant dans la scène de l'Illumination. Son rôle est pourtant primordial. Mais l'immense maison qui la surplombe prend toute la place, et cette scène si importante perd en intensité. Néanmoins, leur duo fonctionne très bien, surtout leur jeu du chat et de la souris du tableau VIII qui est vraiment réussi.

Muriel Zusperreguy est une très belle Yasodhara, l'épouse de Siddharta, à la fois aguicheuse et aimante. Belle surprise moi, je connaissais très peu cette danseuse et elle a su s'imposer. Alice Renavand fait tout ce qu'elle peut dans son rôle de la villageoise Sujata et montre une belle personnalité. Mais je ne vois pas trop l'intérêt dramatique de ce personnage. Marc Moreau est un bon compagnon, mais reste en retrait par rapport à Jérémie Bélingard.

Wilfried Romoli est tout simplement impérial dans on rôle du roi. "On se demanda pourquoi diable il avait été rappelé de sa retraite pour produire ce qu'il eut à produire" écrit Daniel Conrod dans sa critique dans Télérama. Sauf que la force d'un rôle ne tient pas à son temps sur scène. C'est vrai, Wilfried Romoli a assez peu de chose à danser. Mais ce qu'il fait est rempli d'intention et de présence, ajoutant une force dramatique indéniable au ballet. L'un de mes moments que je retiens reste d'ailleurs la scène finale, et son inclinaison de la tête face à son fils transfiguré. Magnifique. 

© Photos : Anne Deniau /Opéra National de Paris. Les deux premières photos sont avec Nicolas Le Riche et Aurélie Dupont.

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