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mardi 8 mai 2012

Roméo et Juliette de Sasha Waltz : épisode 1 (et unique)

Lundi 7 mai 2012. Roméo et Juliettede Sasha Waltz, par le Ballet de l'Opéra de Paris, à l'Opéra Bastille. Avec Aurélie Dupont (Juliette), Hervé Moreau (Roméo), Nicolas Paul (Père Laurence), Stéphanie D’Oustrac, Yann Beuron et Nicolas Cavallier.

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Roméo et Juliette
, ce n'est pas un mythe qui manque d'illustration. La chorégraphe allemande Sasha Waltz s'y est elle-aussi essayée, sur le poème chanté de Berlioz, pour le Ballet de l'Opéra de Paris en 2007. L’œuvre est reprise en ce moment à Bastille, pour plus ou moins de passion.

Car de la fougue amoureuse, il en manquait un peu lors de la première. Les interprètes ne sont pas en cause, loin de là, il s'agirait plutôt de la chorégraphie. Pendant les 1h45 de spectacle, j'ai en effet eu l'impression que les pas étaient déconnectés de la musique. Mes oreilles percevaient de grands élans romantiques, passionnés et inventifs, mes yeux voyaient une chorégraphie minimaliste, assez sèche, et plutôt répétitive. Deux choses opposées qui ne pouvaient pas s'assembler. Les meilleurs moments restaient ainsi un solo de Roméo dansé dans le silence, phénomène assez paradoxal quand on choisit une si belle musique. 

Pourtant, de belles images restent après la soirée. La scénographie est, il faut le dire, très efficace et esthétique, sans tomber dans quelque chose de froid. Sur scène, deux grands carrés blancs se superposent. Celui du dessus bouge durant le spectacle, devenant tour à tour scène de bal, balcon ou montagne insurmontable. La lumière joue aussi un rôle admirable, sachant en un rien de temps créer des espaces et changer d'ambiance. Le tombeau, où l'on recouvre Juliette de pierre, est aussi une image frappante. 

Opéra national de Paris
Sasha Waltz
a également utilisé un parti-pris intéressant. Elle n'a pas cherché à suivre la chronologie précise de la pièce, mais à reprendre quelques scènes célèbres, mélangées à des passages plus abstraits. On reconnaît ainsi la scène du bal, ces demoiselles en tutus et tout le monde plus ou moins pompettes (Juliette comprise, décidément débauchée dans cette version), la scène du balcon, le mariage ou la mort. D'autres, moins chronologiques, n'en sont pas moins parlantes, comme le solo de Roméo essayant de gravir une montage, et toujours ramené vers le bas.

Opéra national de Paris
Mais la chorégraphie fait pêcher l'ensemble. A chaque fois, les pas semblent s'essouffler au bout de quelques minutes. Ainsi la scène de la guerre, qui ouvre la pièce, attise la curiosité : les lumières, les costumes, l'agressivité des danseurs et danseuses, rendent parfaitement l'atmosphère de haine. Mais passé l'instant de surprise, la lassitude prend déjà le pas, avec l'impression de voir finalement toujours la même chose.

Dommage, dommage, car les interprètes sont magnifiques. Pour le chant, Stéphanie D’Oustrac, Yann Beuron, et surtout Nicolas Cavallier, incroyable de présence en Frère Laurence terminant l’œuvre par un long solo poignant. Les danseurs n'étaient pas en reste non plus. Hervé Moreau a la silhouette du parfait romantique, très investi dans son personnage, formait un si beau duo avec Aurélie Dupont, toujours aussi lumineuse. Il est d'autant plus frustrant de ne pas accrocher plus que ça à leur long pas de deux, tant ils semblent complices sur scène.

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Si pour ma part la soirée a été longue, les applaudissements ont été nourris, et les avis partagés entre twitteurs et twitteuses. Hervé Moreau a été particulièrement salué. J'espère qu'il s'agira pour lui d'un vrai retour, et que l'on pourra le voir un peu plus souvent dansant avec Aurélie Dupont. Hug chaleureux et émus entre ces deux artistes aux saluts. 

Roméo et Juliette de Sasha Waltz, jusqu'au 20 mai à l'Opéra Bastille.

vendredi 27 avril 2012

L'Histoire de Manon : épisode 1

Lundi 23 avril 2012. L'Histoire de Manon de Kenneth MacMillan par le Ballet de l'Opéra de Paris, au Palais Garnier. Avec Aurélie Dupont (Manon), Josua Hoffalt (Des Grieux), Jérémie Bélingard (Lescaut), Muriel Zusperreguy (La maîtresse de Lescaut), Aurélien Houette (Monsieur de G.M.) et Viviane Descoutures (Madame).

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Que de choses à dire sur cette représentation de L'Histoire de Manon... Il s'agissait pour moi d'une découverte, je l'avoue. Et les impressions sont quelques peu mitigées. A force d'entendre parler de ce ballet, d'écouter les souvenirs émus, les "De toute façon, L'Histoire de Manon, c'est mon ballet préféré", l'attente était peut-être trop grande. La soirée a défilé à toute vitesse, prise par l'histoire qui se déroule sans encombre, les beaux costumes et les décors qui savent raconter une époque. Mais la révélation ne s'est pas produite. Pas de bouche grande ouverte, pas de souffle coupé, pas de larmes aux yeux, contrairement à la claque reçue par la découverte de La Dame aux Camélias.

Alors à qui la faute ? Au regard qui doit s'éduquer et se faire au style MacMillan ? A la compagnie ? Aux interprètes du soir ? Verdict lors des prochaines distributions.

Mais ce manque d'emportement, comme je l'ai dit plus haut, n'a pas empêché la soirée d'être bonne. Découvrir un ballet a toujours quelque chose d’excitant. Il y a la découverte, l’œil qui ne sait pas où se poser tellement il y a de choses à voir et la chorégraphie à découvrir. Kenneth MacMillan aimait les pas un peu tarabiscotés visiblement, et surtout les longs pas de deux, acrobatiques, mais si romantiques et passionnés.

Le premier acte défile ainsi avec beaucoup de séduction entre une ville de province et la capitale. Un mail attentif m'a un peu mieux expliqué l'histoire, bien plus noire que ce que j'écrivais lors de la présentation des distributions. Ce n'est pas de mariage avec Monsieur de G.M. dont on parle, mais bien de prostitution.

Jérémie Bélingard, alias Lescaut, le frère de Manon, se révèle être la star de ce premier acte. De par sa fougueuse variation qui ouvre la soirée, mais aussi par son sen théâtrale. Lescaut sait très bien l'empreinte qu'il a sur sa jeune sœur, et comprend très vite l'argent qu'il a à en tirer. C'est lui qui choisit ses clients, dirige indirectement la sexualité de sa benjamine en bon frère incestueux, et la persuade de sombrer dans le vice. Un peu d'argent, une vie sociale et des beaux bijoux contre quelques nuits avec Monsieur de G.M., cela peut valoir le coup.

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La Manon d'Aurélie Dupont n'est pas vraiment innocente de toute façon, mais déjà exaltée. Sa tête tourne, et elle croit le dernier qui lui parle. Mais elle y croit à fond. Le pas de trois entre elle, Lescaut et G.M. reste ainsi sûrement le moment le plus intense de l'acte. Les acrobaties de MacMillan, qui font passer Aurélie Dupont de l'une à l'autre main des deux danseurs, se transforme en une étrange ambivalence, malsaine et un peu mystérieuse.

Le duo des amoureux était malheureusement un ton en-dessous. Pourtant, Josua Hoffalt campe un Des Grieux très crédible. Coup de foudre face à cette si belle inconnue, déclaration enflammée, fuite main dans la main, nuit passionnée. Le tout dans un mode, comme sait si bien le faire le danseur, assez intériorisé et naturel. Aurélie Dupont a pour sa part choisi l'expressivité, les grands emportement, et il faut bien dire qu'elle était plutôt sublime. Chacun était donc parfaitement dans son rôle, mais absolument pas, sur le plan dramatique, sur la même longueur d'onde que l'autre.

Difficile donc de croire à ce coup de foudre, ou à être émue par ces élans de passion. Le pas de deux de la chambre était néanmoins parfaitement exécutés, entre portés périlleux et abandons d'Aurélie Dupont. Mais cela restait un plaisir purement esthétique. 

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L'acte 1 se termine toutefois sur une note assez forte, par une belle scène dramatique. Alors que Manon, convaincue, s'en va au bras de G.M., Des Grieux revient et tombe sur Lescaut. Celui-ci lui fait bien comprendre qu'il n'aura plus rien de sa sœur, à peine quelques pièces d’or. Rideau sur une torsion du bras gauche pour l’amoureux esseulé.

Le deuxième acte se déroule dans le Salon de Madame. Sur le papier, il s’agit d’un bordel de Paris où se réunit la haute société décadente. Sur scène, cela ressemble plutôt à un charmant tea-time. Malgré leurs perruques rousses et leurs robes défroquées, le corps de ballet reste en effet dans une élégance retenue. Un ensemble très joli et charmant, et qui manquait singulièrement de souffre. Idem du côté de ces messieurs, qui semblaient en plus, pour un pas de trois, avoir un certain mal avec la chorégraphie.

Heureusement, Impératrice Aurélie est en scène. Pour le deuxième acte, ce sera donc elle la star. Chez elle, tout est beau, sublime, aérien… et expressif. Trop, diront peut-être certains, mais pour moi cela me va. Sa variation d’hésitation (l’argent ou l’amour de Des Grieux, retrouvé dans ce bordel ?) laisse le temps en suspend. Là encore, les périlleux portés prennent sens, et montrent véritablement les tourments de l’esprit de Manon. 

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Le Lescaut de Jérémie Bélingard aurait pu lui piquer la vedette lors de sa variation bourrée (oui, en plus d’être proxénète, Lescaut boit. Un homme charmant). Mais il manquait un petit quelque chose. Sa variation ivre, suivie d’un pas de deux, m’avait beaucoup fait rire en répétition. Et puis ici ? Il y manquait peut-être un peu de finesse dans la drôlerie, ou un peu de désespoir (Lescaut a l’alcool triste). A l’image du corps de ballet, Muriel Zusperreguy (La maîtresse de Lescaut) était un peu trop belle, un peu trop sage, un peu trop élégante. Sa variation était très réussie, mais il manquait là encore un certain piquant pour attiser l’attention.

Appuyons sur l’accélérateur. Manon ne veut pas choisir entre l’argent et l’amour. Elle persuade donc Des Grieux de s’initier au jeu pour ramasser une petite somme. Mais l’amoureux transi triche pour mieux réussir, et se fait prendre par G.M. Le couple s’enfuit, retrouvé par G.M. qui a dénoncé Manon pour proxénétisme, et tue Lescaut au passage.

Pour le troisième acte, direction la Louisiane. La coutume de l’époque était d’envoyer bien loin les filles de mauvaise vie. Manon a donc dû partir, accompagné de Des Grieux qui n’a pas voulu l’abandonner. Un geôlier zieute sur Manon, la viole, avant que ne surgisse Des Grieux qui le tue. Mais malgré une histoire assez chargée en peu de temps, cet acte III semble un peu longuet. Tout le monde pleure, se prend la tête dans les mains, Manon est visiblement au bord du suicide. Nous ne sommes pas dans une grande finesse d’interprétation.

La deuxième partie est plus surprenante, visuellement parlant. Tient, une lumière verte, tiens, des cordes qui pendent du plafond, tiens, un épais nuage de fumée. Nous somme dans les marécages bien sûr (vous n’aviez pas deviné ?), où a du s’enfuir le couple. 

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Mais passé le premier choc, l’effet est plutôt réussi. Manon, malade, voit défiler sa vie. Son frère, G.M., Madame, les prostituées de Paris… chacun apparait et disparait dans la fumée avant une dernière agonie. Peut-être plus relâché, Josua Hoffalt est pour le final bien plus en osmose avec sa partenaire. Et la scène de la mort, à défaut de tirer des torrents de larmes, apparaît tout de même comme un moment dramatique réussit.

Longue chronique pour une seule représentation ! Mais comme je l’avais écrit en préambule, que de choses à dire. Malgré une impression un peu mitigée, l’envie reste grande de mieux connaître ce ballet et d’y voir les différentes distributions. Le prochaine, le 30 avril.

dimanche 1 avril 2012

Le petit bilan d'actu, S05 EP24

Cette semaine, des nouvelles des saisons 2012-2013 des théâtres parisiens et de province, des festivals d'été (il n'est jamais trop tôt), du Béjart Ballet Lausanne, de l'Ecole de Danse ou du CNSMDP.  

COTE NEWS

- Les saisons 2012-2013 des théâtres

Si l'Opéra de Paris et le Théâtre des Champs-Elysées ont dévoilé leur saison 2012-2013 en mars, il va falloir attendre un peu pour les autres théâtres. Le Théâtre de Chaillot dévoilera ainsi sa saison prochaine le 9 mai. Pour les indiscrétions, le Béjart Ballet Lausanne devrait s'y produire en automne, avec entres autre le ballet Light. Le Ballet de Lyon y sera également avec la célèbre Cendrillon de Maguy Marin. Pièce maîtresse de la compagnie depuis sa création en 1985, elle devrait aussi y être donnée à l'Opéra de Lyon la saison prochaine. La saison complète de cette troupe sera dévoilée le 25 avril.

Le Théâtre de la Ville présentera pour sa part sa saison le 23 mai. Le Lendemain, ce sera au tour du Ballet de Bordeaux d'annoncer son futur programme. La Belle au Bois Dormant, dans la version de Charles Jude, devrait y figurer pour les Fêtes de Noël. De biens belle soirées en perspective pour le public bordelais. A noter également que l'Opera Comique consacrera un programme à la danse du 21 au 23 décembre 2012, comprenant deux ballets de Noverre.

- Des nouvelles des festivals d'été

Quelques incontournables festivals d'été ont publié cette semaine leur programmation. Les Nuits de Fourvière, qui auront lieu du 5 juin au 31 juillet, accueilleront pour la danse Sylvie Guillem et son 6.000 miles away du 12 au 16 juin. La danseuse devrait s'y produire aux côtés de Nicolas Le Riche. Les Ballets Trockadero sont aussi attendus, tout comme Utopia, une création de Maria Pagès, et la compagnie de cirque que j'adore Les Sept Doigts de la Main.

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Montpellier Danse
2012, qui aura lieu du 22 juin au 7 juillet, sera pour sa part résolument tourné vers le hip hop. William Forsythe, Mathilde Monnier ou le Cedar Lake Contemporary Ballet sont aussi prévus. Vaison Danses ne dévoilera sa programmation complète qu'en avril, mais l'on sait déjà que l'on pourra voir, du 9 au 27 juillet, le Roméo et Juliette des Ballets de Monte-Carlo, les Ballets Trockadero, Panorama de Philippe Decouflé ou la compagnie de Carolyn Carlson.


COTE AGENDA

- Sur scène

La Bayadère continue son long bout de chemin à l'Opéra Bastille. Cette semaine, ce sera autour de la grande Etoile russe Svetlana Zakharova de se glisser dans la peau de Nikiya, aux côtés de Stéphane Bullion et Ludmila Pagliero.

La semaine prochaine, beaucoup de jeunes talents seront sur scène : Sarah Kora Dayanova le 9 avril en Gamzatti, ou Myriam Ould Braham pour les deux dernières représentations, les 11 et 15 avril. Si tout va bien, Mathilde Froustey sera à ses côtés pour la toute dernière, et étrennera enfin le rôle de Gamzatti. Quelques places sont souvent remises en vente deux jours avant le spectacle, et circulent jusqu'à quelques heures avant le lever de rideau sur Ze Pass, restez vigilant-e-s.

Le début du mois d'avril sera aussi marqué par le spectacle de l'Ecole de Danse de l'Opéra, qui aura lieu du 7 au 13 avril au Palais Garnier. Les élèves présenteront trois ballets, très différents, permettant de mettre pas mal d'entre eux en valeur : Variations de Violette Verdy, Le Bal des Cadets de David Lichine et Symphonie en trois mouvements de Nils Christe. Par expérience, le spectacle de l'Ecole de Danse est le genre de soirée dont on ne ressort jamais déçu ! Là encore, si les représentations affichent complets, des billets circulent régulièrement sur Ze Pass.

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Une autre institution, le CNSMDP, mettra ses élèves en avant les 13 et 14 avril, avec les Portes Ouvertes de ses classes de danse. Pendant deux jours, cours de classique, contemporain, caractère, jazz ou adage se succèderont dans trois salles du Conservatoire. A chacun-e ne naviguer de l'une à l'autre, au gré de ses envies. Il est de toute façon impossible de voir toutes les classes, mieux vaut se faire son planning avant (planning qui sera en ligne dans la semaine sur le site du CNSMDP). Attention toutefois, les classes de classique sont très demandées, et quand elles ont lieu au Studio Jacques Garnier, elles sont vite complètes.

Très personnellement, j'avais beaucoup aimé les premières années garçons classique (excellent prof), le cours d'adage, les troisième années filles classique, les cours de jazz (extra !) et les troisième et quatrième année contemporain. Des mini-spectacles des deux Junior Ballets et des ateliers répertoire sont aussi au programme.

Au Théâtre de Chaillot, deux ballets seront présentés au début du mois d'avril. Jean-Claude Gallotta présentera ainsi du 6 au 13 avril son très attendu Sacre du printemps. Cette dernière création a déjà tourné en province, et a reçu en général des critiques élogieuses. Les ballets C de la B présenteront pour leur part, du 4 au 7 avril, Au-delà de Koen Augustijnen, qui "interroge sur l’humain dans sa relation à l’autre sur des rythmes de musique jazz". De nombreuses places sont encore disponibles pour ces deux spectacles.

L'on n'oublie pas également le Béjart Ballet Lausanne, qui sera au Palais des Congrès de Paris du 3 au 7 avril pour une grande soirée mixte marquant ses 25 ans d'existence.

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- Rencontres

Le samedi 14 avril, une répétition publique du ballet Roméo et Juliette de Sasha Waltz aura lieu à 16 heures, à l'Amphithéâtre Bastille. Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola fera répéter Mélanie Hurel et Vincent Chaillet, avec Michel Dietlin en chef de chant. L'entrée est libre et il reste toujours des places disponibles juste avant, n'hésitez donc pas à y aller même si vous n'avez pas de ticket.

A Chaillot, le bal du samedi soir reprend ses droits le 7 avril, toujours face à la Tour Eiffel. C'est cette fois-ci Jean-Claude Gallotta qui se chargera de guider le public, en lui apprenant quelques séquences chorégraphiques. Un peu plus tôt dans la journée (à 17 heures), le chorégraphe donnera une conférence avec son dramaturge Claude-Henri Buffard, ayant comme thème "Entre fiction et frictions (les personnages, les lieux, les gens)". Jean-Claude Gallotta donnera enfin un cours de danse contemporaine, toujours à Chaillot, le mardi 10 avril à 18 heures (réservation au 01-53-65-30-00). 

- Il est temps de réserver

La Fille mal Gardée, le dernier ballet de la saison de l'Opéra de Paris, ouvrira ses réservations sur Internet dès le lundi 2 avril. Pas de panique si vous ne pouvez pas être présent-e à 9 heures pile devant votre ordinateur, il devrait être beaucoup plus facile de se procurer des places pour ce ballet que pour La Bayadère. Dès le 3 avril, il sera également possible d'acheter des places au guichet et par téléphone pour L'Histoire de Manon, et dès le 10 pour Roméo et Juliette. Dommage que les distributions ne soient toujours pas connues.  


COTE MEDIA

- A l'Opéra de Paris

Le New York Times s'est penché sur ce qui fait la renommée du Ballet de l'Opéra de Paris : le danseur ou la danseuse étoile. Comment il ou elle est nommé-e-? Quelles qualités doit-il ou elle avoir ? Le journal en profite pour dresser le portrait des deux derniers-nommés, Josua Hoffalt et Ludmila Pagliero... et pour citer Danses avec la plume au détour d'un paragraphe. (mon petit moment de fierté personnel de la semaine).

Josua Hoffalt a aussi eu droit à un petit portrait dans l'un des JTs de France 2 (édition du 26 mars), tandis que Marie-Agnès Gillot a répondu (rapidemment) aux question d'Aufeminin.com, et (beaucoup plus longuement) à celle de l'émission de France Inter L'Atelier. Vincent Josse, qui anime ce programme, s'est plus particulièrement glissé dans les répétitions d'Orphée et Eurydice et d'Appartement. La soirée Robbins/Mats Ek a d'ailleurs eu droit à deux critiques : chez AltaMusica (déluge de compliments habituel) et ConcertClassic (très emballé par Appartement).

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Enfin la Sujet Myriam Kamionka a délaissé ses pointes lundi soir pour participer à une épreuve de l'émission Top Chef, sur M6. Elle a prêté son appartement à Norbert, et lui a même filé un petit coup de main en cuisine.

- Le Béjart Ballet Lausanne

Pour ses 25 ans, le Béjart Ballet Lausanne sera donc à Paris du 3 au 7 avril, pour trois ballets : Le Boléro, Dionysos (Béjart) et Aria (Gil roman). L'Express s'est ainsi penché sur la longue histoire du Boléro, morceau de bravoure réservé à quelques danseurs et danseuses, tandis que Le Figaro a plutôt mis l'accent sur Dionysos. La Croix est pour sa part revenu sur l'organisation de la compagnie depuis la mort de son créateur, tandis que Paris Match s'est plus particulièrement penché sur les jeunes recrues de la troupe, ceux et celles qui n'ont jamais connu Maurice Béjart (l'article n'est pas encore en ligne).

Un petit portrait du chorégraphe est à voir dans l'émission Personne ne bouge d'Arte (dès la 34e minute), tandis que son successeur Gil Roman a répondu aux question de ConcertClassic.

- Sylvie Guillem

Sylvie Guillem a quitté Paris depuis le 22 mars, mais quelques articles ont continué à paraître, comme des critiques plutôt élogieuses de son spectacle 6.000 miles away par AltaMusica et ConcertClassic. Un long portrait lui a également été consacré dans le New York Times, avec le témoignage de Brigitte Lefèvre, tandis que Le Temps a publié une intéressante interview de la danseuse (accessible uniquement aux abonné-e-s).

- Le Ballet de Bordeaux

Le Ballet de Bordeaux donne en ce moment une soirée Gershwin Tempo, regroupant les ballets Un américain à Paris, Rhapsody in blue (Joey McKneely) et Who cares ? de George Balanchine. De nombreuses et très jolies photos sont à retrouver sur le Facebook de Sigrid Colomyès, photographe de la compagnie et sur le site d'Anthony Rojo. Le Nouvel Obs' a aussi publié une critique du spectacle... review très mitigée, puisqu'à lire le journal, les ballets présentés n'étaient pas terribles, même si la troupe a droit à de jolis compliments.

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- Côté blog

Dansomanie a publié une longue interview de José Martinez, réalisée à l'occasion du dernier Prix de Lausanne dont il était l'un des jurés. L'ancien danseur revient sur ce prix qui a changé sa vie, ainsi que sur ses nouvelles fonctions de directeur de la Compagnie Nationale de Danse d'Espagne. A Petits Pas a publié de nombreuses photos de La Bayadère de Myriam Ould-Braham et Florian Magnenet, tandis que Pink Lady a dévoilé les coulisses de l'Opéra de Lyon. Une review du spectacle du CNSMDP au Centre National de la Danse est également à lire sur Danse en Seine.

COTE BLOG

- A lire la semaine sur Danses avec la plume, beaucoup de comtes-rendus : Mirror and Music de Saburo Teshigawara, le spectacle parisien du Béjart Ballet Lausanne, un troisième épisode de La Bayadère avec la très attendue Svetlana Zakharova et le film d'Anne Deniau 24 hours in a man's life, autour du livre de photos du même nom avec Stéphane Bullion.

Danses avec la plume partira ensuite en vacances. Le petit bilan d'actu reviendra ainsi le 22 avril. Si les compte Twitter et Facebook resteront inactif du 7 au 15 avril, quelques articles seront pré-programmés durant toute la semaine. Le 12 avril, à l'occasion du lancement le soir-même de la deuxième édition de La Meilleure Danse, une interview de Marie-Agnès Gillot sera ainsi à lire. La Danseuse Etoile reviendra sur cette seconde saison, ainsi que sur sa création qu'elle présentera au Palais Garnier la saison prochaine. La veille, un article sera mis en ligne sur l'émission en elle-même, pour découvrir les nouveauté et quelques candidat-e-s. Enfin le 7 avril, vous pourrez découvrir un article de présentation du spectacle annuel de l'Ecole de Danse de l'Opéra. Vos êtes d'avance convié-e-s à y laisser vos impressions, ne pouvant pas assister aux représentations cette année, je suis curieuse d'avoir vos avis.


EN BONUS

- Pour terminer la semaine, voici une vidéo de la nomination de Ludmila Pagliero au grade de Danseuse Etoile. Que l'on apprécie ou non cette danseuse, il est difficile de rester insensible face à sa très grande émotion... Une vidéo des adieux de Laure Muret, qui ont eu lieu le 31 mars dernier, est également en ligne grâce à Elendae. Bonne semaine tout le monde !

vendredi 9 mars 2012

La Bayadère, épisode 1

Mercredi 7 mars 2012. La Bayadère de Rudolf Noureev par le Ballet de l’Opéra de Paris, à l’Opéra Bastille. Avec Aurélie Dupont (Nikiya), Josua Hoffalt (Solor), Dorothée Gilbert (Gamzatti), Emmanuel Thibault (L'Idole dorée), Héloïse Bourdon, Charline Giezendanner et Aurélia Bellet (les trois Ombres). Mathilde Froustey (Manou), Alexis Renaud (L'Esclave), Allister Madin (Le Fakir), Stéphane Phavorin (Le Rajah), Yann Saïz (Le grand Prêtre), Sabrina Mallem et Julien Meyzindi (les Indiens).

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Dans une représentation, tout est une question de son propre vécu. J’ai lu plusieurs avis négatifs sur cette reprise. Pour ma part, je connais mal le ballet, vu une seule fois, il y a deux saisons. Une scène de Garnier trop petite, un José Martinez essoufflé, une Agnès Letestu esseulée, un corps de ballet en manque de repère. A côté de ce bilan, la première de mercredi m’a forcément semblé d’une très haute qualité.

La Bayadère, quel ballet aux pouvoirs étranges. L’œuvre raconte une histoire invraisemblable dans une Inde de pacotille, telle que la rêvait les gens du siècle dernier avec tous les clichés du genre. Et pourtant, sans aucun effort, tout le monde y croit avec le plus grands des enthousiasmes. Pas un rire lorsque les gardes tout de vert vêtus s’avancent sur scène d’un pas martial, pas un regard levé au ciel face aux esclaves rampant au sol (et pourtant, il y aurait de quoi dans un autre contexte). Juste des regards écarquillés d’un public qui a juste envie de rêver.

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L’ambiance devait être étrange en coulisses, tant les rumeurs de nominations étaient persistantes. Le corps de ballet a en tout montré un investissement total. Le premier acte était ainsi très plaisant, porté par un trio en forme.

Ahh, Aurélie Dupont. Certain-e-s ont râlé à l’entracte sur une nouvelle raideur de sa part, d’autres ont repensé avec nostalgie à sa prestation  il y a cinq ans. Je n’étais pas là il y a cinq ans, et mercredi soir, je l’ai trouvé sublime. Chaque geste était beau, respirant l’intention. Sa Nikiya est pure, l’amour qu’elle porte à Solor est pur. Trop de pureté pour ce monde réel, cela ne pouvait que mal finir.

Dorothée Gilbert en Gamzatti, c’est assez étrange quand on ne l’a connait qu’en personnage de jeune fille en fleur pétillante. Son interprétation manque peut-être d’une certaine hauteur, c’est une princesse de sang royal avant d’être une femme amoureuse. Mais sa présence dans ce lumineux sari violet rattrape le tout. La confrontation avec Nikiya ne manquait pas en tout cas d’intensité.

Et Solor, la star de la soirée ? Très crédible dans le jeu, comme à son habitude. Mais Josua Hoffalt n’a pas lâché les chevaux. On ne pourrait pas parler de crispation, mais plutôt d’une certaine prudence dans ses pas. Peur de se blesser et de tout gâcher ? Le danseur ne semblait pas en tout cas complètement libéré.

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Le deuxième acte
a été le meilleur de la soirée. Aurélie Dupont m’a toujours autant ravie. En plus de sa présence, Dorothée Gilbert a pu montrer toute sa brillante technique, qui explose dans la coda. Malgré une jolie variation, Josua Hoffalt semblait toujours dans une certaine retenue. Son Solor paraissait ainsi un peu pâlot, et avait du mal à exister entre ces deux fortes personnalités féminines.

Néanmoins, le pas de deux Gamzatti/Solor avait une sacrée allure et reste le plus beaux moment de la soirée (allez, le deuxième plus beau après la nomination). Ces deux-là vont bien ensemble, à retenir pour une prochaine fois.

Les danses du corps de ballet étaient également très en place. Emmanuel Thibault ne saute peut-être plus aussi haut, mais son style dans l’Idole Doré garde toujours son certain charme. Mathilde Froustey était piquante-comme-on-aime en Manou, accompagnée de deux adorables Petits Rats qui ne manquaient pas d’assurance malgré leur jeune âge, tandis que Sabrina Mallem et Julien Meyzindi ont donné un duo d’Indiens survolté.

Le final a, malgré tout, laissé un petit goût d’inachevé. Aurélie Dupont semblait jouer toute seule sur scène, avec un Josua Hoffalt un peu en retrait et une Dorothée Gilbert qui manquait d’autorité.

Il est difficile de parler du troisième en faisant totalement abstraction de ce qui pouvait se passer. Josua Hoffalt semblait mystérieusement plus libéré, et (enfin) profiter pleinement de cette prise de rôle. Son duo avec Aurélie Dupont fonctionnait ainsi bien (le danseur semble être de toute façon un bon partenaire), sans que l’on puisse non plus parler d’une flopée d’émotion.

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C’est un peu cette même impression qu’a laissé le corps de ballet. Pouvait-on vraiment parler de sentiment profond lors de la descente des Ombres, admirablement réglée ? Non. Mais la beauté du geste, celle qui fait aussi que l’on aime la danse classique, était bien là. Charline Giezendanner a survolé les trois Ombres avec sa deuxième variation, éclipsant ses deux consœurs un peu crispées.

La soirée se termine sur l’habituelle clémence de Nikiya, qui pardonne dans son songe les errements de Solor. La suite, elle, a déjà été racontée.

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Il serait intéressant de revoir Josua Hoffalt lors des prochaines représentations, il sera certainement beaucoup plus libéré. La production a en tout cas tenue toutes ses promesses de la répétition publique, avec un décidément excellent corps de ballet. Place maintenant aux autres distributions

La Bayadère, à l'Opéra Bastille jusqu'au 15 avril.

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