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jeudi 10 mai 2012

Saison 2012-2013 : le Théâtre de Chaillot

Après l’Opéra de Paris, l’Opéra de Lyon, la Maison de la Danse de Lyon et le Théâtre des Champs-Elysées, place à la saison 2012-203 du Théâtre de Chaillot.

Cette saison, j’ai passé de nombreuses et excellentes soirées à Chaillot, avec une programmation riche et variée. J’avoue que la saison prochaine me séduit moins. Il manque des grands noms internationaux, des compagnies étrangères, des indispensables, comme ce fut le cas cette année. Finalement, on reste dans une veine assez française, et j’avoue que la danse contemporaine française a tendance à me faire un peu peur.

Il est dommage également que l’ensemble reste assez pointu, à l’image du Théâtre de la Ville, alors que cette saison restait globalement grand public (dans le bon sens du terme). On peut également regretter l’absence de troupes de cirques contemporains, qui m’ont en général laissé de très bons souvenirs.

Reste toutefois quelques beaux spectacles à ne pas rater, et de nombreuses découvertes à venir, ce qui est toujours agréable. Passage en revue de cette saison 2012-2013, de façon assez succincte, je connais très peu de chorégraphes présenté-e-s.

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Danseurs et musiciens de Sebatu

Une nuit balinaise.

Du 21 au 29 septembre 2012, huit représentations.

"En 1931, le poète et homme de théâtre Antonin Artaud découvrit, dans le cadre de l’Exposition universelle de Paris, un programme de danse et théâtre de Bali. Une nuit balinaise entend reconstituer une partie de ce programme". Après le choc esthétique du Legend Lin Dance Theatre de Taiwan, je suis plutôt ouverte aux danses du monde proposées par le Théâtre de Chaillot.


Paul-André Fortier

Solo 30x30.

Du 21 septembre au 20 octobre 2012, trente représentations.

Attention, performance en vue. Le chorégraphe canadien Paul-André Fortier a élaboré ce solo en 2006. Le concept : une performance de 30 minutes, donnée 30 jours d’affilée sur l’esplanade du Trocadéro. "Résister à la foule urbaine ou dialoguer avec l’espace des capitales".


Système Castafiore 

Les Chants de l’Umaï de Marcia Barcellos.

Du 4 au 6 octobre 2012, trois représentations.

"Le souvenir recomposé de ces divinités rêvées ou imaginaires nous est transmis par cinq chants, librement réorchestrés à partir de mélodies venues d’Inde ou d’Afrique. Chacun d’eux, à la façon du théâtre antique, introduit une geste poétique. Marcia Barcellos joue de tous les effets – vidéo, lumières, hologrammes ou accessoires". Je ne connais pas du tout cette chorégraphe, mais le propos m’a l’air plutôt intéressant.


Annabelle Bonnéry et François Deneulin

Exquises.

Du 12 octobre au 7 décembre 2012, trois représentations.

D’après ce que je comprends, Exquises est à la fois un spectacle et un dîner, auquel seront conviés un minimum d’invité-e-s (trois performances en tout et pour tout). Miam-miam ! "À chaque mouvement dansé va correspondre une saveur sucrée ou salée concoctée par le chef Thierry Moyne. Autour d’une table-scène, les danseuses au centre, les convives autour, Exquises décline le dîner en autant de phrases chorégraphiques".


Arkadi Zaides

Quiet.

Du 17 au 26 octobre 2012, huit représentations.

Quatuor masculin pour "un univers très physique et puissant, comme en écho aux tensions vécues dans son pays, Israël". Quitte à passer pour la blasée-sans cœur de service, j’avoue que les œuvres autour du conflit israélo-palestinien me fatiguent. Vu, vu, vu, vu, vu, vu et revu depuis 20 ans. 


Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape

Basics (titre provisoire) de Yuval Pick.

Du 25 au 27 octobre 2012, trois représentations.

"Pour moi, la danse est avant tout une manière d’être au monde. À travers elle, je tente de préserver quelque chose d’essentiel. J’entends autour de moi beaucoup de discours qui dénoncent. Cela peut avoir son utilité mais je ressens aujourd’hui la nécessité de proposer autre chose pour pouvoir continuer à être là. Sans naïveté et sans désespoir. En résistance. Je voudrais que cette pièce soit comme un diamant brut dont émane une lumière".


Catherine Diverrès

Stances II + Ô Sensei…

Du  7 au 10 novembre 2012, quatre représentations.

"La chorégraphe et danseuse honore la mémoire de Kazuo Ohno, un des maîtres du butô". Je fais une allergie au butô.


ECO/Emilio Calcagno

Peau d’âne d’Emilio Calcagno.

Du 8 au 10 novembre 2012, quatre représentations.

"Empruntant à Perrault ses trois robes, aux frères Grimm leurs chasseurs menaçants dans la forêt et à Jacques Demy sa lumière, le chorégraphe mélange délibérément les esthétiques au profit d’un contemporain très glamour, voire volontiers 'bling-bling'". Comme ça à chaud, ça me tente plutôt bien.


Luigia Riva

Deux ballets : Incorpore(o) et Inedito 2.

Du 15 au 17 novembre 2012, trois représentations.

"Incorpore(o) : Le cœur, la rate, les intestins et autres organes de la danseuse, fascinants moulages de plastique comme échappés de l’intérieur, sont livrés à la vue et exposés tels des trophées par un étrange acolyte. Dans Inedito 2, au contraire, les corps sont contenus, empêchés. Danser sans utiliser les bras, ou les jambes". La première pièce me fait assez peur… Open your mind…


Mathilde Monnier et Dominique Figarella

Soapéra.

Du 21 au 24 novembre 2012, quatre représentations.

"Sur le plateau, une matière à la blancheur irréelle – en fait une sorte de mousse – devient le territoire des interprètes qui s’y frayent un chemin, s’y dissimulent aussi". Mathilde Monnier est une figure importante dans le paysage chorégraphe actuelle, mais je n’ai jamais eu l’occasion (ni forcément la folle envie) d’aller découvrir son travail. A voir.


Ballet de l’Opéra de Lyon

Cendrillon de Maguy Marin

Du 29 novembre au 1er décembre 2012, trois représentations.

J’ai déjà parlé de ce ballet lors de la présentation de la saison 2112-2013 du Ballet de l’Opéra de Lyon. Comme je l’expliquais, j’ai déjà vu ce ballet, il doit y avoir plus de 15 ans, en vidéo. Je suis très très curieuse de voir quelles impressions la pièce me laissera autant de temps après. Voici un Cendrillon au découpage classique, les filles sur pointes… mais tout le monde le visage couvert d’un masque de poupée, ne laissant pas voir les visages.


Compagnie DCA

Octopus de Philippe Decouflé.

Du 6 au 18 décembre 2012, 11 représentations.

Un spectacle vu la saison dernière, et bien apprécié. Philippe Decouflé voyage en huit tableaux très visuels, et en profite pour rendre hommage au Boléro de Maurice Béjart. Le tout lié par la superbe musique rock de Labyala Nosfell, un coup de cœur. Ce dernier donnera d’ailleurs un concert au théâtre, le 19 décembre.

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José Montalvo


Trocadéro (titre provisoire), création.

Du 13 janvier au 8 février 2013, 21 représentations.

Hein, quoi, José Montalvo crée sans Dominique Hervieu ? Avec ce chorégraphe, c’est un peu toujours pareil. Le synopsis me séduit sur le papier, mais je ressors toujours de la salle un peu déçue. L’idée de cette création ? Réactualiser le genre de la commedia dell'arte. Vaste programme !


Dominique Dupuy

Acte sans paroles I.

Du 1er au 9 février 2013, sept représentations.

"Témoin et acteur de la création contemporaine depuis plus d’un demi-siècle. Dominique Dupuy poursuit inlassablement son acte de création et nous ouvre à l’univers et à la pensée de Beckett".


Ensemble l’Abrupt

Pléiades d’Alban Richard.

Du 13 au 15 février 2013, trois représentations.

"Pléiades en est une illustration magistrale qui confronte, dans un même espace partagé, les forces telluriques des instruments de percussion avec la puissance intérieure, sereine et tranquille, des corps des danseurs". J’aime beaucoup en générale la danse sur des percussions, je trouve qu’il y a une force peu commune de ce mélange. Une pièce très intriguante.


Compagnie TPO

Babayaga de Davide Venturini et Francesco Gandi.

Du 20 au 28 févier 2013.

Ahhh, Babayaga, l’un des contes de mon enfance.  Donc curieuse de voir cette interprétation. "La sorcière du folklore russe, devient l’archétype de toutes les méchancetés auxquelles Michette, incarnation symbolique de l’innocence, doit se confronter pour grandir". Le public pourra interagir avec le spectacle, en pouvant jouer sur les éclairages.


Marion Muzac et Rachel Garcia

Le Sucre du printemps.

Les 6 et 7 mars 2013, deux représentations.

2013, l’année du Sacre du Printemps, mettons-vous bien ça dans la tête. Le Théâtre de Chaillot ne pouvait pas passer à côté. Cette version sera dansée par une trentaine d’enfants et d’adolescent-e-s entre 10 et 18. Vous voulez y participer ?  Toutes les infos sur cette page Facebok.


O Vertigo

KHAOS de Ginette Laurin.

Du 4 au 6 avril 2013, trois représentations.

Cette compagnie du Québec vient présenter sa dernière création. Dans O Vertigo, la chorégraphe Ginette Laurin promet de "saisir le chaos, en jouer et en jouir, le déjouer".


Système Castafiore

Renée en botaniste dans les plans hyperboles de Marcia Barcellos.

Du 11 au 13 avril 2013, quatre représentations.

Envoyer cinq danseurs en exploration sensorielle jusqu’au plus profond de la mémoire d’une femme. La magie de la scène, qui rend visible grâce à la lumière, l’image, les accessoires et autres machineries anciennes ou du dernier cri, les infimes mouvements de l’inconscient”.


Compagnie Michèle Noiret

Hors-champ de Michèle Noiret.

Du 14 au 16 mai 2013, trois représentations.

Cet artiste résidente au Théâtre National de Bruxelles se penche dans cette pièce aux liens particuliers qui lient danse et cinéma. Un sujet intéressant, mais peut-être un peu trop intellectualisé au vu du propos sur le programme.


Les ballets C de la B

Dans Dans de Lisi Estaras.

Du 15 au 25 mai 2013, neuf représentations.

Rien ne coule de source. Le moindre geste, le plus simple mouvement doivent être remémorés. D’une manière enfantine et naïve, les danseurs partent à la recherche de sens, pour eux-mêmes et pour eux tous”. Ce  n’est pas très Open Your Mind, mais j’ai tendance à avoir un peu peur des spectacles des ballets C de la B.


Béjart Ballet Lausanne

Light de Maurice Béjart.

Du 6 au 15 juin 2013, neuf représentations.

Quelle belle façon de finir la saison ! Le Béjart Ballet Lausanne est toujours un plaisir à voir sur scène, si investi dans sa mission de faire perdurer le répertoire de Béjart. Light a été remonté cette année, pour tourner un peu partout. Une belle redécouverte en perspective.


Festival Sur les frontières

Dix spectacle du 10 au 28 avril 2013

Ce festival accueille pendant 15 jours des chorégraphes du bassin méditerranéen. Le thème sera bien sûr le Printemps arabe (les programmateurs et programmatrices parisiens débordent décidément d'imagination). Entre autre prévus : Abou Lagraa, la Batshva Dance Company, Ali Moini ou les Derviches tourneurs.


Biennale d'art flamenco

Huit spectacles du 19 au 29 juin.

Je n'ai encore jamais eu l'occasion d'y aller, mais la biennale de flamenco du Théâtre de Chaillot remporte toujours un franc succès, et beaucoup d'enthousiasme. A voir cette année : Carmen Linares, Eva Yerbabuena, une rencontre avec Carolyn Carlson et trois chorégraphes, Carmen Lilith, un défilé de mode... 

Le Théâtre de Chaillot se centre surtout sur la danse. Mais l’institution propose aussi une intéressante programmation de théâtre, marquée la saison prochaine par le centenaire de Jean Vilar, directeur historique du théâtre, ainsi que quelques concerts. Tous les spectacles sont à retrouver sur le site du Théâtre de Chaillot, ainsi que les formules d’abonnement, plutôt intéressantes.

Et vous, qu’est-ce qui vous intéresse dans cette saison ? Quels spectacles avez-vous envie d’aller voir ?

jeudi 5 avril 2012

Le Béjart Ballet Lausanne fête ses 25 ans à Paris

Mardi 3 avril 2012. Le Béjart Ballet Lausanne au Palais des Congrès.

Dionysos de Maurice Béjart, avec Oscar Chacon (Dionysos), Marco Merenda (Le Grec), Julien Favreau (Zeus), Katia Shalkina (Semele) et Daria Inavona (Manoula mou).

Aria de Gil Roman, avec Lui (Julio Arozarena), Julien Favreau (L’autre), Elisabet Ros, Daria Ivanova et Katia Shalkina (les Arianes), Simona Tartaglione (la jeune fille) et Valentin Levalin (le Torero).

Le Boléro de Maurice Béjart, avec Elisabet Ros (la Mélodie), Keisuke Nasumo et Marco Merenda (le rythme).

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La compagnie du Béjart Ballet Lausanne fête ses 25 ans cette année, dont cinq sans son créateur. Pour cet anniversaire, la troupe s’est posée à Paris début avril, pour un programme se voulant un résumé de ce qu’elle est aujourd’hui : Le Boléro, sûrement l’œuvre la plus connue de Maurice Béjart ; Dionysos, un ballet moins connu du chorégraphe mais qui résume bien sa façon de danser ; Aria, l’une des dernières créations de Gil Roman, ancien élève de Béjart et maintenant directeur de la troupe.

Dionysos démarre la soirée. La pièce évoque la Grèce, ses dieux, ses déesses et sa mythologie, des thèmes qui reviennent souvent dans l’œuvre de Maurice Béjart. Un étudiant invite le public à observer les habitué-e-s d’une taverne. Et si, derrière ses regards banals, se cachaient les Dieux d’autrefois ? Sur des danses grecques, le quotidien s’en va petit à petit pour faire place à des danses bacchanales, portées par un final explosif de joie de danser. 

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Créé en 1984, la chorégraphie marque néanmoins souvent le poids des années. Ce n’est pas que Dionysos ait mal vieilli, mais certains passages semblent irrémédiablement marqués par le sceau des années 1980 (bonjour les académiques blancs, bonjour le danseur qui se met à déclamer l’histoire), sans avoir cette fraîcheur d’intemporalité qu’ont les oeuvres qui traversent les époques. Il n’en reste pas moins de très beaux ensembles, de fortes images visuelles, et cette énergie de groupe que rien ne semble pouvoir arrêter.

Aria a été plus intéressant que je ne le pensais. Gil Roman n’a pas ici une place facile, tiraillé entre deux attitudes : rendre hommage au Maître ou imprimer sa propre personnalité ? L’idéal étant bien sûr d'avoir les deux, ce que le chorégraphe réussit, mais pas toujours.

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Premier hommage bien visible, Gil Roman s’est inspiré pour Aria d’un mythe grec, celui du Minotaure. La première partie peine à peu à trouver ses marques. Le chorégraphe semble écrasé par le maître, sans en avoir l’originalité, et ne sait visiblement pas quoi faire avec une grande fille sur pointes.

Mais tout change lorsque la vingtaine de villageois-es, désigné-e-s pour être sacrifié-e-s au Minotaure, fait son apparition. Gil Roman sait vraiment y faire avec la dynamique de groupe, donnant à voir de belles scènes, fortes, et avec une histoire très lisible, toujours agréable pour un ballet narratif. Les combats sont aussi des moments très intéressants, notamment celui entre le Minotaure et une villageoise. L’inspiration Sacre de Bausch n’est pas très loin, mais le tout fonctionne très bien, et l’on retient sous souffle face au regard déterminé et apeuré de la jeune femme. 

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Aria n’est en bref pas forcément parfait, le chorégraphe ne sait pas (encore) où il veut forcément aller, mais cela se tient bien au final, et laisse de belles images dans les yeux du public.

Le Boléro de Maurice Béjart ne pouvait arriver qu’à la fin de la soirée. Car il est impossible, aussi bien pour les danseurs que pour le public, de faire/voir autre chose après ce déferlement. 

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C’est étrange Le Boléro. A chaque fois, l’on sait à quoi s’attendre, mais la surprise est toujours là. Parce qu’il n’y a pas un-e interprète pour faire comme l’autre.

La dernière fois que j’avais vu Le Boléro, c’était en 2008 avec Sylvie Guillem. Déesse Guillem, qui hypnotisait tout le monde. Elisabet Ros en a fait quelque chose de très différent, mais tout aussi puissant. Elle est avant tout humaine. Ce n’est pas une déesse, une force supérieure. C’est avant tout une femme, débordande de sensualité, qui attire les hommes qui n’osent pas l’approcher.

Mais au fur et à mesure, la femme ultra-femme se transforme en guerrière. C’est une lutte, contre la musique, contre les pas, contre les corps. Et les hommes l’encouragent en tournant autour d’elle. Elisabet Ros est une combattante de la danse qui invoque son armée, qui galvanise son monde, et qui finit par s’effondrer dans un dernier élan d’une débordante séduction.

Le Béjart Ballet Lausanne, jusqu'au 7 avril au Palais des Congrès de Paris.

dimanche 1 avril 2012

Le petit bilan d'actu, S05 EP24

Cette semaine, des nouvelles des saisons 2012-2013 des théâtres parisiens et de province, des festivals d'été (il n'est jamais trop tôt), du Béjart Ballet Lausanne, de l'Ecole de Danse ou du CNSMDP.  

COTE NEWS

- Les saisons 2012-2013 des théâtres

Si l'Opéra de Paris et le Théâtre des Champs-Elysées ont dévoilé leur saison 2012-2013 en mars, il va falloir attendre un peu pour les autres théâtres. Le Théâtre de Chaillot dévoilera ainsi sa saison prochaine le 9 mai. Pour les indiscrétions, le Béjart Ballet Lausanne devrait s'y produire en automne, avec entres autre le ballet Light. Le Ballet de Lyon y sera également avec la célèbre Cendrillon de Maguy Marin. Pièce maîtresse de la compagnie depuis sa création en 1985, elle devrait aussi y être donnée à l'Opéra de Lyon la saison prochaine. La saison complète de cette troupe sera dévoilée le 25 avril.

Le Théâtre de la Ville présentera pour sa part sa saison le 23 mai. Le Lendemain, ce sera au tour du Ballet de Bordeaux d'annoncer son futur programme. La Belle au Bois Dormant, dans la version de Charles Jude, devrait y figurer pour les Fêtes de Noël. De biens belle soirées en perspective pour le public bordelais. A noter également que l'Opera Comique consacrera un programme à la danse du 21 au 23 décembre 2012, comprenant deux ballets de Noverre.

- Des nouvelles des festivals d'été

Quelques incontournables festivals d'été ont publié cette semaine leur programmation. Les Nuits de Fourvière, qui auront lieu du 5 juin au 31 juillet, accueilleront pour la danse Sylvie Guillem et son 6.000 miles away du 12 au 16 juin. La danseuse devrait s'y produire aux côtés de Nicolas Le Riche. Les Ballets Trockadero sont aussi attendus, tout comme Utopia, une création de Maria Pagès, et la compagnie de cirque que j'adore Les Sept Doigts de la Main.

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Montpellier Danse
2012, qui aura lieu du 22 juin au 7 juillet, sera pour sa part résolument tourné vers le hip hop. William Forsythe, Mathilde Monnier ou le Cedar Lake Contemporary Ballet sont aussi prévus. Vaison Danses ne dévoilera sa programmation complète qu'en avril, mais l'on sait déjà que l'on pourra voir, du 9 au 27 juillet, le Roméo et Juliette des Ballets de Monte-Carlo, les Ballets Trockadero, Panorama de Philippe Decouflé ou la compagnie de Carolyn Carlson.


COTE AGENDA

- Sur scène

La Bayadère continue son long bout de chemin à l'Opéra Bastille. Cette semaine, ce sera autour de la grande Etoile russe Svetlana Zakharova de se glisser dans la peau de Nikiya, aux côtés de Stéphane Bullion et Ludmila Pagliero.

La semaine prochaine, beaucoup de jeunes talents seront sur scène : Sarah Kora Dayanova le 9 avril en Gamzatti, ou Myriam Ould Braham pour les deux dernières représentations, les 11 et 15 avril. Si tout va bien, Mathilde Froustey sera à ses côtés pour la toute dernière, et étrennera enfin le rôle de Gamzatti. Quelques places sont souvent remises en vente deux jours avant le spectacle, et circulent jusqu'à quelques heures avant le lever de rideau sur Ze Pass, restez vigilant-e-s.

Le début du mois d'avril sera aussi marqué par le spectacle de l'Ecole de Danse de l'Opéra, qui aura lieu du 7 au 13 avril au Palais Garnier. Les élèves présenteront trois ballets, très différents, permettant de mettre pas mal d'entre eux en valeur : Variations de Violette Verdy, Le Bal des Cadets de David Lichine et Symphonie en trois mouvements de Nils Christe. Par expérience, le spectacle de l'Ecole de Danse est le genre de soirée dont on ne ressort jamais déçu ! Là encore, si les représentations affichent complets, des billets circulent régulièrement sur Ze Pass.

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Une autre institution, le CNSMDP, mettra ses élèves en avant les 13 et 14 avril, avec les Portes Ouvertes de ses classes de danse. Pendant deux jours, cours de classique, contemporain, caractère, jazz ou adage se succèderont dans trois salles du Conservatoire. A chacun-e ne naviguer de l'une à l'autre, au gré de ses envies. Il est de toute façon impossible de voir toutes les classes, mieux vaut se faire son planning avant (planning qui sera en ligne dans la semaine sur le site du CNSMDP). Attention toutefois, les classes de classique sont très demandées, et quand elles ont lieu au Studio Jacques Garnier, elles sont vite complètes.

Très personnellement, j'avais beaucoup aimé les premières années garçons classique (excellent prof), le cours d'adage, les troisième années filles classique, les cours de jazz (extra !) et les troisième et quatrième année contemporain. Des mini-spectacles des deux Junior Ballets et des ateliers répertoire sont aussi au programme.

Au Théâtre de Chaillot, deux ballets seront présentés au début du mois d'avril. Jean-Claude Gallotta présentera ainsi du 6 au 13 avril son très attendu Sacre du printemps. Cette dernière création a déjà tourné en province, et a reçu en général des critiques élogieuses. Les ballets C de la B présenteront pour leur part, du 4 au 7 avril, Au-delà de Koen Augustijnen, qui "interroge sur l’humain dans sa relation à l’autre sur des rythmes de musique jazz". De nombreuses places sont encore disponibles pour ces deux spectacles.

L'on n'oublie pas également le Béjart Ballet Lausanne, qui sera au Palais des Congrès de Paris du 3 au 7 avril pour une grande soirée mixte marquant ses 25 ans d'existence.

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- Rencontres

Le samedi 14 avril, une répétition publique du ballet Roméo et Juliette de Sasha Waltz aura lieu à 16 heures, à l'Amphithéâtre Bastille. Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola fera répéter Mélanie Hurel et Vincent Chaillet, avec Michel Dietlin en chef de chant. L'entrée est libre et il reste toujours des places disponibles juste avant, n'hésitez donc pas à y aller même si vous n'avez pas de ticket.

A Chaillot, le bal du samedi soir reprend ses droits le 7 avril, toujours face à la Tour Eiffel. C'est cette fois-ci Jean-Claude Gallotta qui se chargera de guider le public, en lui apprenant quelques séquences chorégraphiques. Un peu plus tôt dans la journée (à 17 heures), le chorégraphe donnera une conférence avec son dramaturge Claude-Henri Buffard, ayant comme thème "Entre fiction et frictions (les personnages, les lieux, les gens)". Jean-Claude Gallotta donnera enfin un cours de danse contemporaine, toujours à Chaillot, le mardi 10 avril à 18 heures (réservation au 01-53-65-30-00). 

- Il est temps de réserver

La Fille mal Gardée, le dernier ballet de la saison de l'Opéra de Paris, ouvrira ses réservations sur Internet dès le lundi 2 avril. Pas de panique si vous ne pouvez pas être présent-e à 9 heures pile devant votre ordinateur, il devrait être beaucoup plus facile de se procurer des places pour ce ballet que pour La Bayadère. Dès le 3 avril, il sera également possible d'acheter des places au guichet et par téléphone pour L'Histoire de Manon, et dès le 10 pour Roméo et Juliette. Dommage que les distributions ne soient toujours pas connues.  


COTE MEDIA

- A l'Opéra de Paris

Le New York Times s'est penché sur ce qui fait la renommée du Ballet de l'Opéra de Paris : le danseur ou la danseuse étoile. Comment il ou elle est nommé-e-? Quelles qualités doit-il ou elle avoir ? Le journal en profite pour dresser le portrait des deux derniers-nommés, Josua Hoffalt et Ludmila Pagliero... et pour citer Danses avec la plume au détour d'un paragraphe. (mon petit moment de fierté personnel de la semaine).

Josua Hoffalt a aussi eu droit à un petit portrait dans l'un des JTs de France 2 (édition du 26 mars), tandis que Marie-Agnès Gillot a répondu (rapidemment) aux question d'Aufeminin.com, et (beaucoup plus longuement) à celle de l'émission de France Inter L'Atelier. Vincent Josse, qui anime ce programme, s'est plus particulièrement glissé dans les répétitions d'Orphée et Eurydice et d'Appartement. La soirée Robbins/Mats Ek a d'ailleurs eu droit à deux critiques : chez AltaMusica (déluge de compliments habituel) et ConcertClassic (très emballé par Appartement).

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Enfin la Sujet Myriam Kamionka a délaissé ses pointes lundi soir pour participer à une épreuve de l'émission Top Chef, sur M6. Elle a prêté son appartement à Norbert, et lui a même filé un petit coup de main en cuisine.

- Le Béjart Ballet Lausanne

Pour ses 25 ans, le Béjart Ballet Lausanne sera donc à Paris du 3 au 7 avril, pour trois ballets : Le Boléro, Dionysos (Béjart) et Aria (Gil roman). L'Express s'est ainsi penché sur la longue histoire du Boléro, morceau de bravoure réservé à quelques danseurs et danseuses, tandis que Le Figaro a plutôt mis l'accent sur Dionysos. La Croix est pour sa part revenu sur l'organisation de la compagnie depuis la mort de son créateur, tandis que Paris Match s'est plus particulièrement penché sur les jeunes recrues de la troupe, ceux et celles qui n'ont jamais connu Maurice Béjart (l'article n'est pas encore en ligne).

Un petit portrait du chorégraphe est à voir dans l'émission Personne ne bouge d'Arte (dès la 34e minute), tandis que son successeur Gil Roman a répondu aux question de ConcertClassic.

- Sylvie Guillem

Sylvie Guillem a quitté Paris depuis le 22 mars, mais quelques articles ont continué à paraître, comme des critiques plutôt élogieuses de son spectacle 6.000 miles away par AltaMusica et ConcertClassic. Un long portrait lui a également été consacré dans le New York Times, avec le témoignage de Brigitte Lefèvre, tandis que Le Temps a publié une intéressante interview de la danseuse (accessible uniquement aux abonné-e-s).

- Le Ballet de Bordeaux

Le Ballet de Bordeaux donne en ce moment une soirée Gershwin Tempo, regroupant les ballets Un américain à Paris, Rhapsody in blue (Joey McKneely) et Who cares ? de George Balanchine. De nombreuses et très jolies photos sont à retrouver sur le Facebook de Sigrid Colomyès, photographe de la compagnie et sur le site d'Anthony Rojo. Le Nouvel Obs' a aussi publié une critique du spectacle... review très mitigée, puisqu'à lire le journal, les ballets présentés n'étaient pas terribles, même si la troupe a droit à de jolis compliments.

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- Côté blog

Dansomanie a publié une longue interview de José Martinez, réalisée à l'occasion du dernier Prix de Lausanne dont il était l'un des jurés. L'ancien danseur revient sur ce prix qui a changé sa vie, ainsi que sur ses nouvelles fonctions de directeur de la Compagnie Nationale de Danse d'Espagne. A Petits Pas a publié de nombreuses photos de La Bayadère de Myriam Ould-Braham et Florian Magnenet, tandis que Pink Lady a dévoilé les coulisses de l'Opéra de Lyon. Une review du spectacle du CNSMDP au Centre National de la Danse est également à lire sur Danse en Seine.

COTE BLOG

- A lire la semaine sur Danses avec la plume, beaucoup de comtes-rendus : Mirror and Music de Saburo Teshigawara, le spectacle parisien du Béjart Ballet Lausanne, un troisième épisode de La Bayadère avec la très attendue Svetlana Zakharova et le film d'Anne Deniau 24 hours in a man's life, autour du livre de photos du même nom avec Stéphane Bullion.

Danses avec la plume partira ensuite en vacances. Le petit bilan d'actu reviendra ainsi le 22 avril. Si les compte Twitter et Facebook resteront inactif du 7 au 15 avril, quelques articles seront pré-programmés durant toute la semaine. Le 12 avril, à l'occasion du lancement le soir-même de la deuxième édition de La Meilleure Danse, une interview de Marie-Agnès Gillot sera ainsi à lire. La Danseuse Etoile reviendra sur cette seconde saison, ainsi que sur sa création qu'elle présentera au Palais Garnier la saison prochaine. La veille, un article sera mis en ligne sur l'émission en elle-même, pour découvrir les nouveauté et quelques candidat-e-s. Enfin le 7 avril, vous pourrez découvrir un article de présentation du spectacle annuel de l'Ecole de Danse de l'Opéra. Vos êtes d'avance convié-e-s à y laisser vos impressions, ne pouvant pas assister aux représentations cette année, je suis curieuse d'avoir vos avis.


EN BONUS

- Pour terminer la semaine, voici une vidéo de la nomination de Ludmila Pagliero au grade de Danseuse Etoile. Que l'on apprécie ou non cette danseuse, il est difficile de rester insensible face à sa très grande émotion... Une vidéo des adieux de Laure Muret, qui ont eu lieu le 31 mars dernier, est également en ligne grâce à Elendae. Bonne semaine tout le monde !

mercredi 1 juin 2011

Multitudes d'Etoiles pour le Japon

Mardi 31 mai 2011. Les Etoiles pour le Japon au Palais des Congrès. Avec un peu ce qui se fait de mieux aujourd'hui sur les scènes internationales de danse.

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(© Photos : Blog A petits Pas, sauf photo 2 (Stanislav Belyaevsky) et 3.

Un gala comme celui qui a eu lieu hier au Palais des Congrès, il n'y en a pas souvent à Paris. Le public n'était d'ailleurs pas là par hasard : Wayne McGregor, une bonne partie du corps de ballet de l'Opéra de Paris (mais peu d'étoiles si je ne m'abuse), des Petits Rats, des habitué-e-s de Garnier... et une foultitude de blogueuses qui n'auraient raté ça pour rien au monde. 

Il y a eu des petits bas lors de ce gala. Des pas de deux assez moyens, 45 minutes d'attente au début sans explication, un programme hasardeux (des danseurs et pianistes pas indiqué-e-s, tiens, Merkuriev est au Mariinsky maintenant ?), deux parties déséquilibrées et un tout un peu long (fini à minuit, certain-e-s ont dû courir pour choper leur RER). Mais il y a eu aussi beaucoup de très beaux moments, qui ont éclipsé ces ratés.

Le gala débute par quelques images du Japon et des villes rasées par la catastrophe, rappelant au public pourquoi il était là. 

Suites de Danses de Clustine ; L'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris

Bon, est-ce bien utile d'y aller de son petit commentaire à un mois du concours ? Je sens déjà les réponses enflammées. Pourtant, ils-elles ont bien assuré, ces grands Petits Rats. Débuter un tel spectacle n'avait rien d'évident, surtout avec cette chorégraphie, très technique, très "école française", mais pas forcément très fun. Il y a eu des sourires crispés, mais globalement beaucoup d'assurance et d'envie de bien faire. On sentait les six danseur-se-s déjà pro, et on les voit sans problème l'année prochaine dans le corps de ballet. 

Caroline Osmont et Clothilde Tran-Phat ont été fidèles à elle-même, donc très bien, même si je trouve que ce style n'est pas ce qui va le mieux à la seconde. Belle découverte d'Alizée Sicre, que je découvrais en soliste. Encore une fois, j'ai eu l'impression que le ballet mettait surtout en avant les filles, et que les garçons se contentaient un peu des portés. Mais les trois (Germain Louvet, Jérémy Loup-Quer et Mathieu Contat) s'en sont tous les trois très bien tirés, avec une petite préférence pour le dernier pour son naturel et une certaine musicalité.

La Belle au Bois Dormant de Petitpa ; Maria Kochetkova (San Francisco Ballet) et Sergei Polunin (Royal Ballet)

Un pas de deux très propre, très en place, et absolument sans surprise. Lui semblait crispé et pas forcément à l'aise, elle au contraire affichait sans discontinuer un sourire américain assez énervant. Le pas de deux de gala dans tout son stéréotype, passons. 

Mopey de Goecke ; Friedemann Vogel (Ballet de Stuttgart)

De l'engagement, une musique que j'aime bien, un bon danseur... Joli moment, ça m'a réveillé. 

Friedemann Vogel in Mopey (Ch: Marco Goecke)

La Chauve-souris de Roland Petit ; Olga Esina et Roman Lazik (Ballet de l'Opéra de Vienne)

Très bon choix, même si les ailes du danseur faisait un peu Disneyland. Joli coup de coeur pour Olga Esina, sculpturale dans son académique, mutine et enjôleuse. Une interprétation assumée et du brio. 

Le Cygne Noir pas de deux de Petipa ; Dimitri Gruzdev et Fernanda Oliveira (English National Ballet)

Aoutch, ça fait mal. Un couple pas du tout assorti (ils sont pourtant de la même compagnie), un danseur qui semblait se forcer et une danseuse - certes énergique - mais qui semblait assez faible techniquement. A oublier. 

Sinatra Suite de Tharp ; Igor Zelensky (Mariinsky) et Tatyana Gorokhovaz (Ballet de Novossibirsk)

Une femme en tenue année 20, un homme en smoking, et des chansons de Sinatra. Le début me semble un peu tristounet, je m'attendais peut-être à un peu plus de brillant. Et puis je me suis laissée prendre au jeu, à la belle complicité entre les deux danseurs, et à un certain humour qui les a gagné au fur et à mesure. J'ai hâte de découvrir l'oeuvre dans son entier aux Etés de la Danse.

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Light de Béjart ; Julien Favreau et Katya Shalkina (Béjart Ballet Lausanne)

L'un des meilleurs moments de la soirée. Si l'on sentait avant chez chacun des couples une certaine tension au début, il n'en n'a rien été des danseurs du Béjart Ballet Lausanne. Dès la première seconde, ils étaient présents, comme lors d'un vrai spectacle. En osmose. Un très beau duo.

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Le Corsaire de Petitpa ; Ashley Bouder (New York City Ballet) et Jason Reilly (Ballet de Stuttgart)

Ahhh, enfin un vrai pas de deux de gala : du brillant en veux-tu en voilà, et en évitant le sourire crispé. On comprend tout de suite pourquoi Ashley Bouder est une petite star : on la remarque dès ses premiers pas sur scène, elle devient tornade lors de ses manèges de piqués, et toujours avec un petit sourire l'air de dire "Pffiou, mais c'est tellement facile tout ça". Difficilement résistible. Lui aussi n'a pas démérité, un jeune fougueux bondissant dans toute sa splendeur. Un pas de deux qui a terminé en beauté une première partie un peu terne.

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La Dame aux Camélias de Neumeier ; Marijn Rademaker et Suejin Kang (Ballet de Stuttgart)

L'un des gros coup de coeur de la soirée, dans mon top 3. La Dame aux Camélias pour des danseurs du Ballet de Stuttgart, c'est un peu leur grand tube, une part de leur ADN. La grande difficulté dans ce type de gala, c'est d'arriver à instaurer quelque chose avec un pas de deux sorti de son contexte. D'autant plus dur lorsqu'il s'agit d'un extrait dramatique, arrivant en plus à la fin de l'histoire. Marijn Rademaker et Suejin Kang y ont parfaitement réussi. En seulement quelques minutes, ils ont su nous raconter la passion, le drame et le déchirement du couple. Un très beau moment.

Two de Russell Maliphant ; Carlos Acosta (Royal Ballet)

Et bien, c'était on ne peut plus différent que la version dansée par Sylvie Guillem il y a quelques mois. Etait-ce parce que j'étais beaucoup plus près ? J'ai été en tout cas complètement captivée. Il faut voir Carlos Acosta, bien baraqué, vivre dans son petit carré de lumière. On pourrait tomber dans un truc très esthétisant, et pas du tout. Il transcende chaque seconde, et l'on retient son souffle. Love U Carlos. 

Le Spectre de la Rose de Fokine ; Igor Kolb (Mariinsky) et Elena Kuzmina (Eifman Ballet)

Et bien, c'était pas mal du tout. J'ai eu au tout début un peu de mal à me faire au style d'Igor Kolb, et puis je me suis laissée prendre au jeu. C'est une rose enjôleuse, qui prend véritablement un malin plaisir à perturber la jeune fille. Cette dernière était très gracieuse, et a très bien joué la belle endormie pendant le pas de deux. Etait-ce un rêve, la réalité, les derniers effets de la fête ? Une belle ambiance, un peu mystérieuse et romantique. Réflexion personnelle au passage, décidément, ce bonnet à fleur, ça ne va à personne. 

Adagio de Miroshnichenko ; Andrey Merukriev (Bolchoï)

Quelle surprise de voir Andrey Merukriev dans une chorégraphie néo-classique, quelques semaines après l'avoir vu bondissant dans Don Quichotte. Il danse les deux aussi bien décidément, même si j'ai moyennement accroché à la chorégraphie, assez basique (gestuelle contemporaine sur une musique classique, plus fait pour mettre en valeur la ligne et les pectoraux du danseur, torse-nu et moulé dans un collant blanc). 

Grand Pas de Deux de Spuck ; Mikhail Kaninskin et Elisa Carrillo Cabrera (Ballet de l'Opéra de Berlin)

Pastiche des grands pas classiques que je voyais pour la première fois, et qui m'a beaucoup plus. C'est l'histoire d'un danseur classique, très classique, à l'ego légèrement surdimensionnée, et qui se passerait bien de sa partenaire qui-veut-bien-faire-mais-un-peu-godiche. Le couple avait l'humour qu'il fallait, sans tomber dans la sur-caricature, et une sacrée technique (derrière le rire, c'est un pas de deux qui a l'air difficile). Beaucoup de rythme et de clin d'oeil, une chorégraphie très efficace et parfaite pour ce genre de gala, très applaudie.

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Caravaggio de Bigonzetti ; Shoko Nakamura et Michael Banzhaf (Ballet de Berlin)

J'ai assez moyennement apprécié la chorégraphie, encore un néo-classique basique (pas mal de pièces se ressemblaient dans ce gala). Mais rien à dire sur les deux danseurs, très bons et très investis. Il y a décidément du niveau du côté de Berlin.

Thaïs de Petit ; Lucia Lacarra et Marlon Dino (Ballet de l'Opéra de Munich)

Je ne connaissais rien à ce ballet, ni ce que ça racontait. Pas grave, Lucia Lacarra est tellement ravissante, gracieuse, musicale et enjouée qu'on oublie le reste. Son partenaire n'a pas démérité, loin de là, mais mes yeux n'ont été attirés que par cette si belle ballerine. Elle aussi, on comprend pourquoi c'est une star. Beau moment.

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Les Indomptés de Brumachon ; Jiri Bubenicek (Ballet de Dresden), Otto Bubenicek (Ballet de Hambourg) et Jon Vallejo (ballet de Dresde)

Encore une fois, j'ai eu un peu de mal avec la chorégraphie, et la musique spécialement casse-bonbon. Mais les deux frères, et leur partenaire oublié dans le programme, savent danser et occuper la scène. Une présence magnétique, et c'est vrai pour le public, un côté étrange à voir évoluer côte à côte deux danseurs qui se ressemblent traits pour traits. Un beau trio, une complicité évidente, une belle danse, il faudrait être difficile pour ne pas succomber.

Les Enfants du Paradis de Martinez ; Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio (Ballet de l'Opéra de Paris)

J'aime beaucoup Mathieu Ganio, j'aime beaucoup Isabelle Ciaravola, j'aime beaucoup leur couple sur scène, j'aime beaucoup José Martinez, et je suis prête à défendre Les Enfants du Paradis. Mais il faut le reconnaître, ce pas de deux était bizarre, et sans grande logique. J'ai l'impression qu'il a été un peu rafistolé, avec des petits bouts pris de-ci de-là. Malgré tout, il se passe toujours quelque chose avec ces deux-là sur scène.

Don Quichotte de Petipa ; Evgenia Obraztsova (Mariinsky) et Andrey Merukriev (Bolchoï)

Là, je vais faire ma grande difficile. Au vu du casting et de l'extrait choisi, je m'attendais à un feu d'artifice. Et si les deux danseurs se sont donnés à fond, il manquait un petit truc, un je-ne-sais-quoi pour se laisser totalement emporter. Etait-ce Evgenia Obraztsova, par moment irrésistible mais qui en faisait parfois un peu trop, Andrey Merukriev moins à l'aise qu'il y a 15 jours, une complicité par forcément éclatante dans le partenariat... Je fais ma difficile, parce que c'était très bien, avec multitudes de sauts vertigineux, de doubles fouettés, beaucoup d'entrain et de plaisir d'être sur scène. Damned, c'est l'effet post-Bolchoï qui continue ? 

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Tous les danseur-se-s sont revenus saluer sur scène, une rose à la main. Un final assez émouvant, mais qui n'a pas eu le droit à un deuxième rappel de la part du public (globalement assez froid). Le spectacle s'est terminé très tard, vers minuit, et beaucoup semblaient être pressés de partir. Trois minutes après la fin, il n'y avait déjà plus grand monde à la sortie. Malgré les nombreuses affiches dans le métro, malgré les flyers distribués à l'entrée des théâtres depuis un mois, et surtout malgré l'affiche plus que prestigieuse de ce gala, avec tous ces grands noms, la salle n'était pas pleine. Le public parisien me déçoit par moment. 

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