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mercredi 14 décembre 2011

Où voir de la danse pendant les Fêtes de Noël ?

Envie d’aller voir un ballet pour Noël ou le Nouvel An ? A la recherche d’un spectacle sympathique et familial pendant les vacances ? Suivez la sélection de Danses avec la plume. Cette liste est bien sûr non exhaustive, et pour des raisons pratiques, se concentrent beaucoup sur Paris. N’hésitez pas à me faire part en commentaire de spectacle pour les Fêtes se déroulant dans votre région.

Casse-Noisette

Que seraient les Fêtes de Noël sans le ballet Casse-Noisette, je vous le demande. Aux Etats-Unis, c’est une véritable déferlante, avec 121 villes programmant ce spectacle cette année, soit 751 représentations. La France échappe globalement à cette lourde tendance, même si quelques jolis Casse-Noisette sont à voir un peu partout dans le pays.

Le Ballet de Bordeaux

La version de Casse-Noisette présentée est celle de Charles Jude, tout droit inspirée des années 1930. Au Théâtre de Bordeaux jusqu’au 31 décembre.

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Le Ballet du Capitole

Le Sud-Ouest est gâté décidément ! Le Ballet de Toulouse présente la version classique, revue par Michel Rahn. Au Théâtre du Capitole du 23 au 31 décembre.

A noter que, pour ceux et celles qui trouvent que voir de la danse classique revient trop cher, les places les plus onéreuses pour ces deux spectacles restent inférieures à 60 euros.

Le Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre

La troupe russe du Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre a pris ses habitudes à Paris, venant chaque année présenter un ballet classique. En 2011, c’est donc au tour de Casse-Noisette, pour les Fêtes. Si la qualité de la troupe n’atteint pas celles des célèbres Bolchoï et Mariinski, ses spectacles restent très honnêtes, portée par la soliste Irina Kolesnikova. Au Théâtre des Champs-Elysées de Paris du 29 au 31 décembre.


Danse classique

Il n’y a donc pas que Casse-Noisette à voir en cette fin d’année, d’autres compagnies ont fait des choix un peu plus variés.

Cendrillon à Bastille

Un ballet féérique en guise de Réveillon, c’est un plaisir auquel les passionné-e-s de danse cèdent au moins une fois. Cette version de Noureev a ses défauts, mais cela reste une jolie soirée familiale, avec un ballet qui devrait plaire aux plus jeunes. Seul hic, les prix, qui gonflent bien pour la soirée du 31 décembre. En retour, le public a droit à du champagne et des petits fours à l’entracte. Et la distribution est plutôt sympathique, avec le couple Aurélie Dupont/Josua Hoffalt de prévu. A l’Opéra Bastille jusqu’au 30 décembre, soirée spéciale le 31 décembre.

Onéguine à Garnier

Mon coup de cœur de cette fin d’année occupe la soirée du 31 décembre à Garnier. Si le ballet ne séduira peut-être pas les enfants, l’histoire est sombre, il n’en reste pas moins un très beau spectacle. Karl Paquette et Dorothée Gilbert officieront pour la soirée de la Saint-Sylvestre. Au Palais Garnier jusqu’au 30 décembre, soirée spéciale le 31 décembre.

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Pour les fortuné-e-s, ou ceux et celles qui ne résistent pas à un festin, le nouveau restaurant du Palais Garnier prépare un menu spécial pour le 31 décembre, après le spectacle. Au programme : Martini Royal, Foie Gras pressé aux pommes et brioche au beurre demi sel, Saint Jacques sorbet truffe et roquette, Bar de ligne citron caviar, amandes et noisettes, Granité des Pères Chartreux, Médaillon de Veau pomme de terre et truffe noire, Saint Marcelin sureau et antésite, Chocolat symphonie de minuit, Café, buffet de mignardise et champagne. Musique classique pendant le repas, dj après minuit, le tout pour 300 euros par tête.

Coppélia à Nice

Le Ballet Nice Méditerranée a choisi de monter Coppélia pour les Fêtes de fin d’année 2011. L'oeuvre est présentée dans la version d’Eric Vu-An, le directeur de la troupe, d’après la chorégraphie originale de Saint-Léon et Aveline. A l’Opéra Nice Côte d’Azur, du 24 au 31 décembre.


Danse contemporaine

Pas de ballet contemporain pour le soir même de Noël et du 31, mais plusieurs programmations alléchantes pendant les vacances.

Le Ballet de l’Opéra de Lyon

La troupe présente une soirée mixte pour les Fêtes, autour de Benjamin Millepied et Georges Balanchine. Trois ballets sont au programme, soit trois entrées au répertoire : Concerto Barocco (Balanchine), Sarabande et This Part in Darkness (Millepied). A l’Opéra de Lyon du 17 au 23 décembre.

Le Ballet Preljocaj à Versailles

L’Opéra Royal de Versailles réserve quelques soirées par an à la danse. Le Ballet Preljocaj est invité pour la fin décembre, avec son ballet Blanche-Neige, créé en 2008 et qui a déjà pas mal tourné. Les prix sont élevés (!), mais le lieu véritablement unique. A l’Opéra Royal de Versailles du 16 au 23 décembre.

La Merce Cunningham Dance Company au Théâtre de la Ville

Clap de fin pour la Merce Cunningham Dance Company. Suite à la volonté du chorégraphe Merce Cunningham, mort en 2009, sa troupe cessera d’exister après cette ultime tournée. C’est donc maintenant ou jamais pour voir des œuvres du chorégraphe américain dansé par ses artistes. Le deuxième programme parisien présenté pour les Fêtes regroupe trois ballets : Rainforest, Duets et Biped. Au Théâtre de la Ville du 20 au 23 décembre.

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Cirque

Le cirque est le spectacle familial par excellence, et de nombreuses troupes se posent à Paris pour les Fêtes. En dehors des compagnies traditionnelles, d’autres plus contemporaines viennent également présenter leur spectacle.

Le Cirque Eloize

iD, tel est le nom du septième spectacle du Cirque Eloize. Un show très marqué par les arts de la rue, ou quand le hip hop et le break dance se mélangent aux acrobaties des arts circassiens traditionnels. La représentation du 24 décembre est suivi, pour ceux et celles qui le souhaitent, d’un dîner au restaurant de Chaillot. Un bon menu à un prix bien plus raisonnable qu’à Garnier (60 euros), et la plus belle vue de Paris face à la Tour Eiffel, que demander de plus ? Au Théâtre de Chaillot du 24 décembre 2011 au 20 janvier 2012.

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James Thierrée

Le si poétique James Thierrée, petit-fils de Charlie Chaplin, présente son monologue Raoul pour les Fêtes. Qui est Raoul ? Son double et son contraire. "Il ne bouge pas, il danse. Il ne marche pas, il s’envole, survole les spectateurs dans la nuit artificielle du théâtre". Au Théâtre de la Ville du 28 décembre 2011 au 10 janvier 2012.

Le Cirque invisible

Le spectacle, dans la famille Thierrée-Chaplin, c’est sacré. Les parents du James-Thierrée-ci-dessus, Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin, ont créé le Cirque invisible. "Lui, clown magicien, elle, acrobate et danseuse gracile drapée dans des costumes fabuleux qu’elle dessine elle-même. Entre leurs mains, choses et pesanteur s’allègent, se métamorphosent. Jusqu’à un lapin blanc que ne renierait pas Lewis Carroll". Au Théâtre du Rond-Point du 21 décembre 2011 au 14 janvier 2012.

Les 7 doigts de la main

J’en avais parlé avec enthousiasme il y a quelques semaines. Après La Vie, la troupe québécoise des 7 doigts de la main enchaîne avec un autre spectacle, Psy. Voici une troupe remplie d’inventivité, aux artistes autant acrobates que poètes ou clowns. Ça décoiffe, ça surprend et ça ravie. A la Grande Halle de La Villette jusqu’au 30 décembre.

Le Cirque du Soleil

La troupe vient du Canada elle-aussi, mais ce n’est pas vraiment le même style. Acclamé dans le monde entier, le Cirque du Soleil se pose à Paris pour la fin de l’année, avec le spectacle Corteo. Des numéros impressionnants où on s’en prend plein les mirettes. Au Grand Chapiteau de l'Île Seguin à Boulogne Billancourt jusqu’au 8 janvier.


Comédie musicale

Cabaret

S’il n’y a qu’une comédie musicale à voir cette saison, c’est bien Cabaret. J’aurais voulu faire un article rien que sur ce spectacle, et puis le temps m’a manqué. Dans le Berlin des années 1930, un étrange Cabaret accueille une faune étrange et extravertie, s’amusant pour oublier dehors la montée du nazisme. Un formidable spectacle avec une troupe qui ne l’est pas moins. Au Théâtre Marigny jusqu’au 8 janvier 2012. 

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Mamma Mia !

Voilà un spectacle léger et rafraichissant, parfait pour passer un Réveillon dans la bonne humeur. A la veille de son mariage, Sophie part à la recherche de son père… Le tout sur 22 tubes d’Abba. Au Théâtre Mogador jusqu’en mars 2012.

La Mélodie du Bonheur

L’un des classiques de Broadway s’installe en version originale pour les Fêtes au Châtelet, porté par une troupe impeccable. Maria Rainer quitte le couvent pour s’occuper des sept enfants du capitaine Georg von Trapp. Contrairement aux idées de ce dernier sur l’éducation, Maria donne libre cours à l’imagination, à la liberté des enfants et à la musique. Ils vont bien sûr tomber amoureux, et tout faire pour fuit le nazisme du pays.
Au Théâtre du Châtelet jusqu’au 1er janvier 2012.

Les Echos-Liés

Les assidu-e-s de l’émission Incroyable Talent connaissent bien cette troupe, qui avait remporté la finale du show il y a deux ans. Les Echos-Liés sont constitués d’une dizaine de danseurs, mélangeant hip hop, acrobatie et humour. Malgré quelques petites maladresses de  temps en temps, j’avais passé une excellente soirée il y a un an, c’est plein d’inventivité. A Bobino du 16 décembre 2011 au 8 janvier 2012.

Rock the Ballet

La troupe américaine occupe le Casino de Paris pour les deux Réveillons. Au programme : des chorégraphies néo-classiques sur du Michael Jackson, du Prince ou les Black Eyed Peas. S’ils ne révolutionnent pas la danse, leur énergie et leur enthousiasme sont irrésistibles. Au Casino de Paris jusqu’au 8 janvier 2012.


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Et aussi

Le Ballet Igor Moïsseïev

Le Ballet Igor Moïsseïev, qui n’était pas revenu à Paris depuis plusieurs années, s’installe dans la capitale en décembre, pour un spectacle impressionnant autour des danses folkloriques de Russie. Au Palais des Congrès de Paris du 20 décembre 2011 au 1er janvier 2012. 


Et vous, vous avez prévus des sorties pour les vacances de fin d’année ? Vous allez passer le Réveillon dans une salle de spectacle ?

mercredi 16 novembre 2011

Le Purgatoire, l'Enfer et le Paradis par les 7 Doigts de la main

Mardi 8 novembre 2011. La Vie, par les 7 Doigts de la main, au Cabaret Sauvage. Avec Emilie Bonnavaud (chaînes aériennes et acrobatie), Isabelle Chassé (contorsion), Krin Haglund (tissu), Patrick Léonard (diabolo), DJ Pocket (DJ), Sébastien Soldevila (Maître de cérémonie) et Samuel Tétreault (équilibre).

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Le "Cirque contemporain"… L’expression a fait son apparition il y a une dizaine d’années. Elle désigne ces spectacles qui se basent sur les disciplines circassiennes traditionnelles, mais en les enveloppant d’une histoire, et en sortant du cadre "fanfare-dressage de lions-costumes à paillettes".

Les 7 Doigts de la main, compagnie canadienne créée en 2002, correspond exactement à cette définition. Avec tout ce qu’il faut de poésie, de surprise et d’humour. Sommes-nous au cirque, devant un ballet, une pièce de théâtre ? Un peu tout ça à la fois.

La salle, celle du Cabaret Sauvage, se prête on ne peut mieux à ce spectacle, intitulé La Vie. Un chapiteau, des sièges rouges, et une scène en rond, le tout en version minuscule. Le praticable ne doit pas excéder les 10 mètres carrés, le dernier rang du public doit se trouver au maximum à 5 mètres des artistes. Un cirque version de poche, que c’est agréable.

Mais le voyage est bien différent des spectacles de notre enfance. Le Maître de Cérémonie nous avertit tout de suite : nous sommes mort-e-s. Et comme ça a l’air de beaucoup l’amuser, le public rit aussi. Ce n’est pas encore l’enfer, pas non plus le Paradis, mais le Purgatoire. Lieu entre-deux, qui oblige à une réflexion sur sa vie passée pour savoir de quel côté aller. Au début, ça a l’air d’être un joyeux lieu de débauche. Mais les mauvaises actions ne seront pas oubliées.

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Et les mort-e-s du jour, au-delà du public qui s’habitue très vite de cette situation, ne sont pas forcément des anges. Il y a ce Léonard, complètement perdu au milieu de cette foule hystérique, mais aux tendances légèrement exhibitionnistes (pourquoi je dis légèrement ? Il finit à poil !). Il y a ce constructeur d’avion si avare qu’il les monte en matériaux poreux, et s’écrase avec eux. Il y a cette femme, morte étouffée pendant un rendez-vous galant, une folle on-ne-sais-pas-trop-pourquoi, une secrétaire 60 ‘s, et ce fameux Maître de cérémonie, qui cache bien ses failles amoureuses au milieu de son humour grinçant. Sans oublier le musicien.

Si les numéros sont traditionnels (contorsion, trapèze, diabolo…), aucun n’est là par hasard. Chaque artiste défend un personnage, avec son caractère, et leurs acrobaties ne sont là que pour raconter leur histoire.

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La première partie passe ainsi à toute vitesse, entre rires, des "oh" d’admiration et des bouches bées devant l’imagination des artistes qui semble sans limite. Un formidable numéro de diabolo à quatre mains la conclue, magique. La deuxième est plus fantasmagorique, plus décousue aussi. Les numéros sont encore plus recherchés, mais semblent avoir un peu plus de mal à trouver leur place dans l’histoire du spectacle. Cela commence à partir dans tous les sens, rattrapé juste à temps par un duo d’acrobatie-musique rock, étonnant de drame.

Finalement, Enfer ou Paradis, on ne sera pas bien où ira ce Léonard (qui s’est rhabillé entre temps. Est-ce à cause de sa courte nudité que le spectacle est déconseillé aux moins de 14 ans ? Un gamin de 10 ans a beaucoup ri en tout cas, même si je ne suis pas sûre qu’il ait tout compris aux nombreuses allusions cul qui émaillent le spectacle).

La fin tombe peut-être comme un cheveu sur la soupe, alors que le début est très bien construit, mais ce n’est pas très grave. Reste un spectacle bouillonnant d’imagination, véritablement original, et avec ce qu’il faut d’impressionnant pour se laisser aller à battre des mains comme quand on était petit-e.

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La Vie est présentée jusqu’au 20 novembre (soit la fin de la semaine, dépêchez-vous). La troupe sera ensuite à la Grande Hall de la Villette avec un autre spectacle, Psy, jusqu’à la fin de l’année. Si ce deuxième lieu a assurément moins de charme que le Cabaret Sauvage (je me répète, mais quelle bonne idée de l’avoir mis là), le thème de ce deuxième show ("Un homme entend des voix lui ordonner de se suspendre par les orteils à un trapèze dans le bureau de son psy") me semble tout aussi alléchant.

mercredi 7 septembre 2011

Saison 2011-2012 : que voir en danse en dehors de l'Opéra de Paris ?

Séparer le monde de la danse en deux catégories, "Opéra de Paris" et "Hors Opéra de Paris", je sais, c'est mal. Mais c'est plus pratique aussi.

Après une présentation de la saison 2011-2012 de la célèbre compagnie parisienne, place à tout le reste ! Que les lecteur-rice-s de province me pardonnent, mais je vais surtout me concentrer sur Paris. On ne peut pas parler de tout, et je choisis égoïstement comme point de repère mon lieu de résidence principale. 

Liste non-exhaustive, bien entendu.

Les grands théâtres

A Paris, en fait dans toute la moitié nord du pays, il n'y a qu'une seule grande compagnie classique. Et c'est bien dommage. Si le public parisien peut râler sur ce point, force est de constater qu'il reste très gâté au niveau danse contemporaine. Chaque année, il n'y a que l'embarras du choix parmi une multitudes de grandes compagnies, de créations, de chorégraphes qui montent. Les tarifs restent en plus abordables quand on arrive à avoir des places, il n'y a qu'à piocher.

Parmi la riche programmation du Théâtre de Chaillot, l'année débute avec In Paris, pièce de théâtre avec Mikhail Baryshnikov, dans le cadre des Etés de la danse. Mais c'est surtout la grande trilogie Forsythe qui est attendue, avec Impressing the Czar, Artifact et une création mondiale. Dommage, ces spectacles tombent en plein pendant mon déménagement. A voir dans le reste de l'année, une création de Russell Maliphant, un ballet de Carolyn Carlson, deux retours du duo José Montalvo et Dominique Hervieu ou le très attendu Sacre du printemps vu par Jean-Claude Gallota. La saison se terminera par le curieux Swan, projet de Luc Petton.

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Le Théâtre de la Ville reste plus pointu, avec beaucoup de chorégraphes moins connus du grand public. A noter parmi la longue programmation 2011-2012Enfant de Boris Charmatz, qui a fait beaucoup parler de lui au dernier Festival d'Avignon, Cédric Andrieux de Jérôme Bel, le penchant masculin de la pièce Véronique Doisneau, la dernière apparition de la Merce Cunningham Dance Company, le ténébreux Israel Galvan (je suis vraiment curieuse de son spectacle), un spectacle de James Thierrée, Cesena d'Anne Teresa de Keersmaeker et le rituel passage du Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch.

Le Théâtre des Champs-Elysées fait un peu plus dans le service minimum, avec l'habituel Gala des Etoiles du XXIe siècle (cette fois-ci en janvier), les habituelles Saisons Russes du XXIe siècle, et l'habituel passage du Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre, avec sa star Irina Kolesnikova. Ils viendront pendant la période des Fêtes, avec Casse-Noisette. Si cette compagnie n'a pas l'excellence de ses consoeurs Bolchoï et Mariinsky, elle n'en reste pas moins très honnête, et ça peut être un bon spectacle familial. 

Mais s'il faut braver les mauvais placements de ce théâtre et les prix assez prohibitifs, ce sont surtout pour les deux passages de Sylvie Guillem. La danseuse viendra une première fois pour Sacred Monsters, avec Akram Khan. Et la deuxième fois en mars, avec son programme de fou Mats Ek-Forsythe-Kylian, en duo et alternance avec Nicolas Le Riche et Massimo Murru. Non, je n'ai pas les dates précises de Nicolas Le Riche, mais promis, si un jour je tombe dessus par miracle, vous en serez les premier-ère-s informé-e-s. 

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Le Théâtre du Châtelet en fait lui plus que le minimum, puisque le seul spectacle de la saison danse sera la venue de la compagnie Alvin Ailey, en juillet, dans le cadre des Etés de la Danse.

Enfin l'Opéra Royal de Versailles propose trois programmes, mais quels programmes. D'abord la très attendue venue du Ballet de l'Opéra de Vienne, dirigé par Manuel Legris. la compagnie viendra présenter - évidemment - Marie-Antoinette, ballet créé l'année dernière, avec des costumes d'Agnès Letestu au passage. Le Ballet Preljocaj viendra montrer son Blanche Neige en décembre, avant le Béjart Ballet Lausanne en janvier, pour un programme mixte. Seul souci : les prix surélevés, la place la moins chère est à 45 euros.  


Les comédies musicales/spectacles musicaux

L'événement de la rentrée, pur moi, est le retour de Cabaret au Théâtre Marigny. La mise en scène est excellente, très respectueuse de l'originale, la traduction est faite de façon très intelligente, et surtout la troupe est tout simplement formidable. Cabaret, c'est beaucoup d'humour et d'ironie, mais aussi l'histoire du drame du nazisme. L'image finale est définitivement saisissante. Petite nouveauté, c'est Emmanuel Moïre qui tiendra le rôle du Maître de Cérémonie, je suis curieuse de le voir à l'oeuvre !  Le spectacle partira ensuite en tournée dans toute la France, dès janvier 2012. 

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La seule vraie nouveauté cette saison reste l'arrivée de Shrek, au Casino de Paris dès le 8 février, en version traduite. Même si a priori ça ne me tente pas à première vue, son énorme succès à Broadway va peut-être titiller ma curiosité. Sinon, il y a une espèce de cataclysme au Palais des Sports, avec dès le 30 septembre Dracula de Kamel Ouali, suivi en janvier d'Adam et Eve de Pascal Obispo. A vos risques et périls. 

Pour le reste, beaucoup de retour, mais qui valent le détour. Mamma Mia ! reste encore quelques mois à Mogador, j'espère avoir enfin l'occasion d'y aller. Aux Folies Bergère, le classique Harlem Swing s'installe du 18 au 30 octobre. A Bobino, c'est le spectacle Voca People, à l'excellente réputation, qui tient le haut de l'affiche jusqu'en janvier, tout comme la comédie musicale pour enfants Peter Pan, plutôt saluée par les critiques. On y verra aussi les Echos-Liés, d'anciens gagnants d'Incroyables Talents, vraiment très doués et plutôt drôles, j'ai beaucoup aimé leur dernier spectacle. Au Casino de Paris, Rock the Ballet fera son retour pour les Fêtes. Amateurs de ballets traditionnels, fuyez, mais le spectacle très rythmé sur des tubes de Michael Jackson ou Prince devrait plaire aux ados. La troupe fera également une petite tournée en France.

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Cette année reste par contre pauvre pour les comédies musicales en vost. Le Théâtre du Châtelet, le seul à s'y risquer, ne s'est pas beaucoup investi cette saison là-dessus. Il faut dire que les précédents spectacles n'ont pas eu le succès voulu, et c'est bien dommage parce que ce furent à chaque fois de très chouettes soirées. Pour la saison 2011-2012, il n'y a que deux musicals, et des reprises : Tanguera en octobre, et le classique des classiques La Mélodie du Bonheur pour les Fêtes. 

Enfin, parlons un peu de cirque pour conclure. Le célèbre Cirque du Soleil passera par la France dès le 4 novembre à Boulogne. Une autre troupe circassienne canadienne viendra en France, beaucoup moins connues mais vraiment fantastique : Les 7 doigts de la main. Ils viendront à La Villette à la fin de l'année, ainsi que quelques dates en France. Ils mélangent le cirque et la danse avec beaucoup d'humour, de sensibilité et d'inventivité, à ne vraiment pas rater. 


Les compagnies en tournée

Puisqu'on parle d'elle, le Béjart Ballet Lausanne repassera par Paris du 3 au 6 avril au Palais des Congrès, pour un programme mixte alléchant (Aria/Dionysos (suite)/Boléro). D'autres dates en province pourraient se rajouter d'ici là.

Puisqu'on a parlé d'eux un peu plus haut, le Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre se posera du 1er novembre au 14 décembre au Palais des Congrès avec son Lac des Cygnes. C'est avec principalement ce ballet, mais aussi avec quelques Casse-Noisette, qu'il partira sur les routes de France de novembre 2011 à février 2012. Pour certaines villes, cela sera le seul ballet classique de la saison. Vous trouverez toutes les dates de leur tournée sur leur site.

Puisque l'on parle des compagnies russes, le Ballet de l'Opéra National de Perm (qui rencontre de bons échos) sera en France en tournée en février pour Le Lac des Cygnes et Giselle

Au niveau des compagnies françaises, le Malandain Ballet Biarrtiz va se balader un peu partout en France, avec plusieurs ballets. Une très chouette compagnie avec un chouette chorégraphe, j'aime beaucoup pour ma part. Le Ballet Preljocaj donnera lui aussi quelques dates en France, ailleurs qu'à Paris. Le Ballet de Bordeaux sera pour sa part à Puteaux le 19 novembre pour Hänsel et Gretel. Allez-y, cette compagnie est d'une grande qualité.

Quand aux anciennes étoiles de l'Opéra de Paris, Marie-Claude Pietragalla continuera de faire son tour de France avec La Tentation d'Eve, tandis que Patrick Dupond présentera son spectacle Fusion, dont quelques dates à l'Institut du Monde Arabe de Paris. 

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Les compagnies en province

Pour être la plus complète possible, n'oublions pas également le programme des troupes de province, qui fournissent souvent un excellent travail : Le Ballet de l'Opéra de Bordeaux, le Ballet du Capitole, le Ballet Nice-Méditerranée, le Ballet de l'Opéra de Lyon, le Ballet de Lorraine, le Ballet du Rhin, ainsi que le riche programme de la Maison de la Danse à Lyon

Et vous, qu'allez-vous voir comme spectacle cette année ? N'hésitez pas également à compléter cette liste ! 

jeudi 19 mai 2011

Une réjouissante bande d'acrobates

Mercredi 18 mai 2011. Chouf Ouchouf de Zimmermann & de Perrot, par le Groupe acrobatique de Tanger, au Théâtre de Chaillot. 

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Regarde, regarde encore ! C'est ce que veut dire Chouf Ouchouf, le titre du nouveau spectacle du duo suisse Zimmermann & de Perrot. Cette fois-ci, ils ont mis en scène le Groupe acrobatique de Tanger, douze acrobates (huit hommes et deux femmes) remplie-s d'énergie et d'humour. Regardons, puisque c'est ce que nous demande la pièce. Tant mieux, il y a plein de choses à voir.

Chouf Ouchouf, même si c'est difficile de le ranger dans une case, c'est ce que l'on pourrait appeler du cirque contemporain. Je prends une discipline classique (l'acrobatie de base, le main à main, les figures aux sol, les pyramides...), j'y rajoute du théâtre, de la musique, et j'en fais une histoire. Ou plutôt un petit monde à part.

La forme est on ne peut plus simple : t-shirt et pantalon en guise de costume, cinq boîtes géantes pour décor, pas de lumières spéciale, une musique qui alterne chansons d'aujourd'hui et chants arabes traditionnels. Pas besoin de grand chose finalement, pour un joli moment. Le début reste assez classique, avec une déferlante de figures acrobatiques, toutes plus rapides les une que les autres, et des pyramides improbables. Une fois une regard du public accroché par cette déferlante de virtuosité, en route pour un autre monde.

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Et c'est un endroit un peu spécial dans lequel évolue Chouf Ouchouf. C'est de vie quotidienne, entre un marché de Tanger, un joueur de bango, quelques petites saynètes de la vie de tous les jours, une allusion glissée ça et là au voile ou à la révolution. Ce sont aussi des moments plus étranges, où l'on ne sait pas bien où l'on est et ce qui s'y passe, mais ce n'est pas grave parce que c'est rempli de poésie. Les cinq boîtes géantes sont transformistes. Elles sont des maisons de Tanger, puis des formes aux portes qui claquent assez hostiles, enfin des endroits magiques où les acrobates disparaissent avant de réapparaître en équilibre sur les mains. Un vaste terrain de jeu qui devient tout ce que l'on veut, tant qu'on en a l'imagination.

Le tout reste un spectacle d'acrobatie avec ce que ça a de savoureux : voir des choses qui nous semblent totalement infaisables pour un corps humain réalisées de la façon la plus naturelle qui soit. Tous les artistes circassiens du monde doivent aimer ça : s'amuser à épater le public, mais vous n'avez-encore rien vu messieurs-dames. Tenir à douze dans une petite boîte ? Fastoche. Faire une pyramide de quatre étages en chantant ? Les doigts dans le nez. Enchaîner les saltos sur un trampoline et sauter jusqu'aux cintres ? Rien de plus simple. Multiplier les figures acrobatiques à la vitesse de l'éclair ? Aussi facile que de mettre un pied devant l'autre. 

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Une démonstration toujours aussi jouissive à regarder décidément, quelque soit l'âge, surtout quand on y rajoute de la poésie et de l'originalité. Une belle surprise, qui ne paye pas forcément de mine, mais qui se révèle pleine de charme. 

Chouf Ouchouf, au Théâtre National de Chaillot jusqu'au 21 mai 2011

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