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jeudi 23 février 2012

Avenue Q, grinçante surprise

Mercredi 22 février 2012. Avenue Q, de Robert Lopez, Jeff Marx et Jeff Whitty, adaptation française de Bruno Gaccio, au Théâtre Bobino. Avec Shirel (Kate Monster), Emmanuel Suarez (Princeton), David Alexis, Jean-Michel Vaubien (Willy), Alice Lyn (Tatami) et Emmanuel Quatra (Brian).

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Les importations de comédies musicales en France ont des fortunes diverses. Autant celle deShrek, m’a déçue, autant celle d’Avenue Q  est un pur régal. Et mon coup de cœur sur scène de cet hiver, le dernier depuis Les 7 doigts de la main.

Avenue Q est une comédie musicale sans débauche de moyens, créé en 2003 à Broadway, et qui s’est petit à petit taillée un franc succès auprès du public. Les personnages sont en partie des marionnettes, rappelant dans leur esthétisme Bébête show. Elles sont tenues à une main par les acteurs et actrices, qui bougent sur scène et jouent comme n’importe quel comédien-ne. Le spectacle n’est donc pas du tout figé.

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Avenue Q
est une rue perdue de New York, où se retrouvent tous les looser, les chômeurs, les humoristes pas drôles et les stars (du X ou non) déchues. Nous plongeons dans leur petite vie, mêlée d’une jolie histoire amoureuse, et tout se terminera par la plus belle des morales : l’amitié et la générosité peuvent illuminer la vie.

Une histoire niaiseuse ? Oh que oui. Sauf que les dialogues sont grinçants à souhait, désopilants, et surtout jubilatoirement politiquement incorrects. Ça parle de racisme, d’homosexualité, d’argent et de cul sans complexe (la pièce est d’ailleurs déconseillée aux moins de 12 ans), ça égratigne tout le monde (public compris) et ça ne s’embarrasse pas de pincette.

Soulignons d’ailleurs l’excellente adaptation française de Bruno Gaccio. Il a su respecter le ton d’Avenue Q tout en glissant quelques références à l’actualité, avec une certaine finesse. L’auteur a pris une liberté : le personnage d’Arnold est remplacé par Willy. Quésako ? Dans la version américaine, l’acteur Gary Coleman (Arnold de la série de votre enfance) y jouait son propre rôle, celle d’une star déchue. Le personnage a perduré après sa mort. La version française a préféré le personnage de Willy, star oubliée elle-aussi, mais que tout le monde confond avec son frère de fiction. 

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Musicalement, c’est aussi un petit régal. Même créée en 2003, Avenue Q rappelle dans ses chansons l’ambiance des musicals des années 1960, avec ce qu’il faut de mélodies entraînantes et de rythmiques jazzy. Même pas massacrées par une sono poussée à fond, ce qui semble être la grande tendance des théâtres parisiens.

Toute la troupe, acteur, actrice, musiciens et musiciennes, font un travail formidable. Mention spéciale à Shirel (désopilante Kate Monster), Alice Lyn (tout aussi désopilante Tatami) Emmanuel Suarez (très mignon Princeton) ou Jean-Michel Vaubien (bien meilleur Willy que dans Fame). Une très belle surprise.

Avenue Q, au Théâtre Bobino jusqu'au 1er avril, places de 26 à 74 euros.

mardi 21 février 2012

Shrek, un musical au rabais

Jeudi 16 février 2012. Shrek, le musical au Casino de Paris. Avec Michel Lerousseau (Shrek), Nathalie Lhermitte (Princesse Fiona) et Guillaume Beaujolais (Lord Farquaad). 

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Prendre une sympathique comédie musicale américaine pour la faire découvrir au public français, c’est bien. Y mettre les moyens, c’est encore mieux.

C’est un peu ce dont souffre Shrek, le musical. Créé en 2008, cette comédie musicale est très vite devenue un classique de Broadway, à coup de dialogues bien envoyés et de chansons efficaces. La version française, c’est dommage, en est un ersatz édulcoré.

Pourtant, on sent durant tout le spectacle que la base est bonne. L’histoire se déroule sans temps mort, les personnages sont hauts en couleurs et plus d’une situation fait rire, et pas que les enfants.

Le ton du film, un conte de fée trash, est plutôt bien respecté. Le combat de rots entre Shrek et Fiona fait rire tout le monde, il faut assumer. C’est le "plutôt" qui pose problème. La traduction française semble avoir nettoyé la plupart des passages afin d’avoir une histoire pour enfants, alors que le principe même de Shrek est de s’adresser à tous les public, et finalement surtout au plus grands.

On passera également sur les décors réduits au minimum, et aux costumes qui étaient visiblement faits de bric et de broc (sauvons toutefois le masque de Shrek, véritablement bluffant). Ces détails techniques ont toute leur importance dans ce genre de comédie musicale, où on attend surtout du rêve.

Le manque de moyens s'est une fois de plus fait sentir. On ne peut pas adapter un musical anglo-saxon de ce type sans un minimum de budget. Pour un minimum de budget, il faut tenir un spectacle sur plusieurs mois. C'est donc un pari qu'il faut prendre lorsqu'il s'agit d'une pièce nouvelle en France. Un pari qui n'a pas été pris. Tout le monde n'est pas comme Stage Entertainement avec Le Roi Lion, qui d'office prend place pour une saison. La différence de résultat est criante. 

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Et niveau musique ? Victoire, dans Shrek il y a de vrais musiciens… mais plutôt mal insonorisés, impossible de sentir les nuances. Mêmes chose pour les chanteur-se-s, toujours sur le même ton. Les cast anglo-saxon ont de véritables bases de chant lyrique, et cela s’entend, le musical ne souffre pas d’approximation.

Toutefois, un progrès assez net se fait sentir dans l’ensemble de la troupe, depuis les premières adaptations de comédies musicales en France. La musique est donc live, et tout le monde sait vraiment chanter et jouer la comédie. Pour la danse, ce n’est pas encore un concours de claquettes, mais le tout se tenait sur scène. La manipulation des décors et animaux, très présente dans Shrek, semblait encore poser quelques problème, mais la troupe n’est à près tout sur scène que depuis une semaine.

Le travail des personnages principaux est aussi à souligner. Michel Lerousseau joue un Shrek convainquant, pas toujours aidé par ses réparties. Nathalie Lhermitte donne tout ce qu’elle peut en Princesse Fiona, même si elle reste limitée niveau chant.

C’est en fait surtout Guillaume Beaujolais qui chipe la plupart des applaudissements avec un Lord Farquaad absolument irrésistible. Sa chanson du deuxième acte, où il pleure sa célèbre parenté (je vous laisse la surprise) reste l’un des meilleurs moments du spectacle. Dommage que ces moments soient finalement rares dans ce spectacle. Ce Shrek estampillé pour enfants plaira sûrement à ces derniers, mais le manque de saveur se fera trop cruellement sentir chez les plus grands.

jeudi 8 décembre 2011

Concours : six places pour le spectacle Rock The Ballet

Ce doit être l'approche de Noël, je suis très sensible au Christmas mood, mais j'enchaîne les jeux concours en ce moment. 

Cette semaine, je vous propose donc de gagner des places pour aller voir le spectacle Rock The Ballet au Casino de Paris. 

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Mais qu-est-ce donc que Rock The Ballet ? Un spectacle survolté d'une jeune troupe américaine, où une dizaine de danseurs enchaînent des chorégraphies classiques et néo-classique sur du Michael Jackson, les Black Eyed Peas ou Prince. Si les puristes du tutu peuvent froncer le nez, les amateurs de musicals devraient apprécier. J'avais en tout cas passé une bonne soirée l'année dernière, à lire mon, compte-rendu de l'époque.

Rock The Ballet sera du 13 décembre 2011 au 1er janvier 2012 au Casino de Paris, avant de partir en tournée un peu partout en France au printemps. Je vous propose de gagner des places pour les trois premières dates parisiennes, soit une invitation pour deux personnes le mardi 13, le mercredi 14 et le jeudi 15 décembre. 

Pour participer, il vous suffit de laisser un commentaire au bas de cet article, en indiquant la date souhaitée (et une seule date, cela me facilitera grandement la tâche pour le tirage au sort).

Un commentaire sera tiré au sort pour chaque date, et le/la gagnant-e remportera deux places pour le jour indiqué. Une participation par nom-pseudo/mail/adresse IP est autorisée. L'adresse e-mail de chaque participant-e doit obligatoirement être indiquée dans le commentaire (mais ne sera visible que par moi).

Le concours est ouvert jusqu'au samedi 10 décembre à midi (heure de Paris).

mardi 25 octobre 2011

Harlem Swing, bon voyage !

Mercredi 19 octobre 2011. Harlem Swing de Fats Waller aux Folies Bergère.

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Il suffit parfois de peu pour se sentir dépayser. Descendre au métro Grands Boulevards, prendre la rue Richer, pousser la porte des Folies Bergère… Et se retrouver en moins de deux dans un bar de Harlem des années 1930.

Harlem Swing, c’est cette histoire : deux hommes et trois femmes afro-américain-e-s, habillé-e-s bien comme il faut : cheveux crantés et robes brillantes pour mesdames, chapeaux, gilet et gants pour messieurs. Pour oublier la Dépression au-dehors, il-elle-s se retrouvent le temps d’une nuit dans ce petit bar réservé au Noirs (ségrégation oblige), et rejouent les classiques du jazz et du swing, accompagné-e-s d’un pianiste et de six musiciens en nœud papillon. 

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Si Harlem Swing a démarré sa carrière à Broadway - il est au passage arrivé en France il y a 30 ans, bien avant Le Roi Lion - il ne correspond pas vraiment à un "musical" comme nous l’entendons. Pas de scène de théâtre, pas de danse, si ce n’est un petit moment de claquette qui fait plus office de clin d’œil que de chorégraphie.

Pas d’histoire non plus, mais des petites saynètes tournées autour de la trentaine de chansons qui compose le spectacle. Il est d’ailleurs dommage de ne pas avoir une traduction. L’humour des paroles, et parfois quelques sous-entendus coquins, se perdent dans les oreilles francophones. Et avec elle un peu de ce qui fait le charme du show.

Reste une musique swing enthousiasmante, bondissante, interprétée par une troupe afro-américaine jusqu’au bout des ongles et de l’âme comme on n’en trouve qu’outre-Atlantique. Cela suffit largement pour passer une bonne soirée, et repartir en tapant le rythme du bout des doigts sur le quai du métro Grands Boulevards. 

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Harlem swing, jusqu'au 30 octobre aux Folies Bergère de Paris. Places de 27 à 60 euros.

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