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lundi 12 décembre 2011

Le petit bilan d'actu, S05 EP11

Après quelques semaines d’absence, le petit bilan d’actu est de retour… en mode très réduit, en retard, et pour deux semaines, puisqu’il partira ensuite en vacances de Noël.

Le manque de temps m'a même fait rater les Démonstrations, que j'affectionne pourtant beaucoup. N'hésitez pas, à l'image de Jigara, de venir me raconter en commentaire de cet article vos impressions sur les prestations des Petits Rats, je suis curieuse de connaître vos avis.

En attendant, place à un nouveau livre, un parfum, une valse des distributions... et les gagnant-e-s qui ont remporté des places pour Rock The Ballet.

COTE ACTU

- La valse des distributions

Ces derniers jours ont été mouvementés du côté des distributions. La semaine dernière, Nicolas Le Riche se blesse dans Cendrillon. Tout est alors chamboulé, mais aussi pour le spectacle d’en face, Onéguine, où il devait faire quelques dates. Surprise, ce n’est pas un remplaçant qui prend sa place, mais une étoile de Stuttgart, Evan McKie. Volonté des ayant-droits de Cranko ou véritable impossibilité de trouver quelqu’un à sa hauteur ? Mystère.

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Mercredi, quelques heures avant la générale, une rumeur commence à courir, et sûrement à achever la Direction. Evan McKie, se serait blessé au dos, et resterait incertain. Sur Twitter, ça s’affole : qui va pouvoir sauver Onéguine ? L’habituel Superman, Karl Paquette, ne peut pas tout faire sur ce coup-là, étant déjà sur presque toutes les représentations. Même si, comme l’a twitté Jigara, "Peut-être que Karl Paquette dansera le Prince Grémine ET Onéguine ? Après tout il est plus à ça près". Le danseur de Stuttgart a néanmoins assuré la générale, et tout le monde croise les doigts pour que cela continue.

Le corps de ballet a aussi été mis à rude épreuve. Programmer deux grands ballets classiques, qui demandent beaucoup de monde, reste complexe. Tous les surnuméraires sont sur scène, ainsi qu’un certain nombre d’élèves de première division. Mais cela ne semblait pas suffire, puisque l’idée de recruter des élèves du CNSMDP a été évoquée par la Direction, avant finalement d’être abandonnée. Dure, dure cette fin d’année.

- Un projet Stéphane Bullion/Anne Deniau

Les amateur-rice-s de photographie vont être ravi-e-s. La photographe Anne Deniau, qui travaille régulièrement pour le Ballet de l’Opéra de Paris, publie lundi prochain un nouveau livre, 24 hours in a man's life, autour du danseur étoile Stéphane Bullion. Un projet très particulier, comme l’explique la photographe. "Une histoire sans paroles, ou presque. Une histoire transcendée par les musiques de Michael Nyman. Variations dans l’unité, variations nées d'un seul homme, variations pour un homme seul. Cet homme solitaire c'est un homme en mouvement, sous le regard d'une femme. 24 heures à passer seuls, ensemble, pour donner à voir ce que disent les heures".

24_hours_in_a_man__s_life.jpgLe livre sera disponible dès le 11 décembre à la boutique de l’Opéra de Paris, ainsi que sur Amazon.

Ce projet multiforme se déclinera également sous la forme d’une exposition et d’un film au printemps prochain. Un trailer est déjà disponible.   

- 2012/2013, l’année du Sacre du Printemps

En 2013, Le Sacre du Printemps, œuvre majeure dans l’histoire de la danse, fêtera ses 100 ans. Chorégraphié par Vaslav Nijinski pour les Ballets Russes, il a ensuite été réinterprété par de nombreux chorégraphes, et ça n’est pas près de s’arrêter en cette bientôt année anniversaire.

Jean-Claude Gallotta s’y est mis ainsi cette année. Son Sacre du Printemps a été créé en octobre 2011 à la MC2 de Grenoble, avant de passer par le Théâtre de Chaillot à Paris en avril. Julien Lestel prépare également une version de ce ballet pour l’automne 2012, comme il l’a récemment déclaré dans une interview aux Nouvelles Calédoniennes.

Du côté des rumeurs, Akram Khan pourrait se lancer la saison prochaine, tandis que le Théâtre des Champs-Elysées pourrait inviter le Tanztheater de Wuppertal, pour la célèbre version de Pina Bausch.

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- Repetto se met en parfum

Après les tutus, les ballerines de ville, les sacs à main et une collection pour enfants, Repetto se lance désormais dans le parfum. La marque et le créateur de cosmétiques Interparfums ont ainsi signé un accord pour le développement et la création de lignes de parfums, qui devrait voir le jour en 2013. Ce produit devrait être "dans un registre poétique, glamour et ultra féminin", comme l’a expliqué Philippe Benacin, Président Directeur Général d'Interparfums. Les paris peuvent déjà être lancés : quelle étoile pourrait en être l’égérie ?


COTE AGENDA

Benjamin Pech
sera l’invité de l’émission culturelle de France 2 Avant-Premières, pour parler d’Onéguine. A voir le mercredi 14 décembre à 22h20.


COTE BLOG

- Qui remporte des places pour Rock The Ballet ?

Voici le nom des gagnantes. Emilie remporte deux places pour le 13 décembre, Audrey deux places pour le 14 décembre et Virginie deux places pour le 15 décembre. Merci de répondre au plus vite au mail que je vous ai envoyé. Merci également à tout-e-s les participant-e-s ! Je vais essayer de continuer ce genre de choses l'année prochaine, et de faire également gagner des places pour des spectacles en province.

- A lire la semaine prochaine sur Danses avec la plume

Plus de jeu-concours, mais de multiples comptes-rendus : Onéguine épisode 1 et 2, le Junior Ballet du CNSMDP, Forsythe… Et un point sur les spectacles à voir pendant les Fêtes de fin d’année. Bonne semaine tout le monde !

dimanche 24 juillet 2011

Miami City Ballet aux Etés de la danse : en coulisses... et fin

Le Miami City Ballet a plié bagage, après trois semaines très joyeuses et enrichissantes. Comme c'est l'habitude aux Étés de la danse, la compagnie a également donné trois cours publics. Une occasion unique de voir d'un peu plus près leur travail. 

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Vendredi 22 juillet, midi. Le Théâtre du Châtelet est bien rempli. Sur la scène, les danseur-se-s du Miami City Ballet s'apprêtent à prendre un cours. La jeunesse de certain-ne-s d'entre eux-elles se voit beaucoup plus, sans la maquillage et les costumes. Au milieux, devant, une chaise et un micro pour Edward Villella. Il se servira peu de la première, beaucoup plus du deuxième. Son arrivée est saluée par de chaleureux applaudissements du public, qui semblent le surprendre un peu. 

Le cours peut commencer. Il y a des choses qui ne changent pas de compagnies en compagnies : les barres, les tenues bariolées... Et les pliés pour démarrer.  

Edward Villella montre très rapidement les exercices. Si l'on peut dire qu'il montre. Il marmonne en chantonnant quelques trucs, marque plusieurs pas de façon assez floue, et on y va. Son espèce de langage codé semble en tout cas être compris des danseur-se-s, qui s'exécutent à la seconde. Le directeur explique ensuite au public le but de l'exercice, pourquoi c'est important, ce qu'il cherche à les faire travailler avec, et ce que l'on y retrouve du style Balanchine (notamment les changements de directions). Il slalome ensuite entre les danseur-se-s, en dansant à moitié comme sur des claquettes. Il est complètement imprégné de la musique, ce qu'il répète souvent : "Nous reflétons ce que nous dansons : la musique"

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La barre est assez rapide (une grosse demie-heure) et énergique. Elle multiplie les exercices de dégagés et de petits battements. Il est intéressant de se pencher sur le travail du pied. Le travail du pointé en passant par la demi-pointe, la base de la base chez nous, n'est pas très marqué chez eux-elles. Ils-elles font néanmoins preuve d'une grand dextérité. Les exercices jouent beaucoup sur les contraires : mélanges de dégagés sur le temps et à contre-temps, des changements de tympos et de types d'énergie. Toute la barre est marquée par cette rapidité. Même les exercices plus lents, comme les ronds de jambes, ne travaillent pas sur le moelleux, mais plus sur l'énergie. 

Après la barre, Edward Villella se propose de répondre aux questions du public, traduit par le principal Yann Trividic. Quelqu'un demande combien d'heures par jour travaille la compagnie. "Nous avons un cours d'une heure 1/2, trois heures de répétitions, une pause d'une heure, et de nouveau trois heures de répétitions", explique le directeur du Miami City Ballet. "Les jours de spectacle, nous avons un cours d'une heure 1/2, trois heures de répétitions, et une soirée de 2 heures 1/2". On enchaîne évidemment avec la question de la discipline. "Pour moi, la discipline, c'est vouloir venir chaque matin pour travailler, et donner le meilleur. Et celui ou celle qui n 'est pas d'accord, c'est la porte". Simple, mai efficace. 

Une autre personne demande comment Edward Villella recrute ses danseur-se-s. "L'école nous fournit 30 à 40 % des effectifs de la compagnie. Pour les autres, nous demandons un DVD, puis si cela convient, une rencontre et une audition. Ce que je cherche chez un-e danseur-se, avant sa technique, c'est sa musicalité. Il faut aussi qu'il-elle soit dans un bon état d'esprit, et sache s'intégrer dans la troupe. Nous travaillons 7 heures par jour ensemble, nous partons en tournée, nous vivons ensemble. Il faut qu'il y est un vrai groupe". 

Et cet esprit collectif se ressent dans le milieu, effectué dans une bonne humeur générale. Les danseur-se-s n'hésitent pas à saluer d'un "Yeahhh" un petit exploit technique d'un-e de leur camarade, ou de claquer des doigts pour marquer le tempo de la musique. Les dégagés sont très balanchiniens dans le style, avec des changements de direction que l'on retrouve dans ses ballets. Les exercices sont un peu plus classiques que la barre, plus dans ce que l'on a l'habitude de voir. Adage, pirouettes, petits sauts, diagonales de piqués, "A droite, c'est bien. A gauche..." commente malicieusement au micro Edward Villella, sous les rires du public. Le cours se termine par des manèges de sauts pour les garçons et des séries de fouettés pour les filles, avec un entrain qui ravit la salle. Le cours se termine à l'américaine, avec un hug bien senti entre Edward Villella et son pianiste. 

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Ce cours fut à l'image de ce que je retiens globalement de cette compagnie : une belle énergie rafraîchissante, beaucoup de jeunesse, de générosité et de musicalité. Ce groupe est apparu très homogène, sans véritable stars, même si ressortaient vraiment du lot les soeurs Jeannette et Patricia Delgado, Jennifer Carlynn Kronenberg et Renan Cerdeiro, une véritable petite bombe. 

Le Miami City Ballet fut vraiment une bonne surprise, et a rendu mon mois de juillet spécialement joyeux et agréable malgré le temps pourri. Les cinq soirées auxquelles j'ai assisté (épisode1, 2, 3, 4 et 5) ont toutes été réussies, avec beaucoup de moments très plaisants. Les Étés de la danse ont pleinement rempli leur mission : assurer une série de spectacles de qualité au moment où l'offre culturelle de la capitale se réduit, et faire découvrir une compagnie étrangère de haut niveau. Cela s'est vu dans la salle, de plus en plus remplie au fur et à mesure des représentations, le bouche-à-oreille a fait son effet. 

Pour ma part, cela a été l'occasion de mieux connaître l'univers de Balanchine, que je connaissais assez mal. J'ai vraiment découvert toute l'inventivité de ce chorégraphe, et son travail en osmose avec la musique que j'ai beaucoup apprécié. S'il fallait faire un top 3, je mettrais ainsi en tête Les Quatre Tempéraments, une véritable leçon de style et un petit bijou dont on ne se lasse pas. Square Dance en deuxième, porté par cette joie de danser qui semble être la marque de fabrique de cette compagnie, très technique. Et troisièmes ex æquo, parce que je n'ai vraiment pas pu choisir, Afternoon of a Faun, Western Symphony et In the upper room

Bon retour en Floride le Miami City Ballet. Et n'oubliez pas de revenir vite, le public parisien a craqué sur vous (ça serait pour 2014 apparemment). 

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Et vous, qu'avez-vous pensé de cette compagnie ? Quel ballet vous a particulièrement marqué ? 

mardi 3 mai 2011

Les Démonstrations du CNSMDP 2011

Vendredi 8 et samedi 9 avril 2011. Portes ouvertes des classes de danse classique et contemporaine du CNSMDP. 

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Les Démonstrations n'appartiennent pas qu'aux Petits Rats. Le CNSMDP offre aussi la possibilité d'assister à ses classes de danse. Le concept n'est toutefois pas le même. Ces cours publics s'enchaînent pendant deux jours, dans les locaux du Conservatoire, se partageant entre le grand studio Garnier, l'espace M. Fleuret et la salle d'art lyrique. A chacun-e de déambuler dans ces trois salles, au gré de ses envies et de ce qu'il-elle veut voir. 

Le plus dur au début, c'est donc de choisir vers quoi se diriger. Ne pouvant pas y rester les deux jours entiers, je me suis plutôt dirigée vers les classes de classique, ce qui a donné un bon aperçu de leur formation. Et de leur niveau, franchement bon. 

Cours d'adage, troisièmes années classique filles et garçons. Professeur Jean-Yves Lormeau, accompagnement Yorgos Delphis.

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C'est toujours la première chose qui marque lorsque l'on est trop habitué-e à l'Ecole de Nanterre : la disparité physique. Elle se fait surtout sentir chez les filles : des très grandes, des petites, des plus rondes que d'autres, et des anciennes Petits Rats qui se repèrent au moindre coup d'oeil. Le niveau est néanmoins assez homogène. Le professeur n'a pas vraiment donné un véritable cours, mais a fait faire un grand exercice à chacun, ce qui a eu le mérite de mettre tout le monde en valeur, même si pour le public, c'était peut-être un peu moins pédagogique. 

L'exercice est divisé en deux parties. Trois groupes les font l'un après l'autre, avant de le repasser en entier, puis de le faire couple par couple à gauche. Le tout n'est pas évident, multipliant les difficultés et la variété des pas : des portés, des menés, des tours. Le professeur insiste sur le dialogue qu'il doit y avoir entre les deux partenaires, de faire attention à respecter son espace, à la musicalité. Chaque couple se lance avec témérité, ponctué par les conseils du professeur, un appui à changer, une main à placer différemment. L'assurance technique n'est néanmoins pas toujours là, ne serait-ce que par les grimaces des garçons lors des portés périlleux. Mais ces jeunes élèves ne se confrontent à l'adage que depuis quelques mois. 

Junior Ballet classique - répertoire.

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J'arrive un peu sur la fin, pour voir des extraits de chorégraphies dansées par le Junior Ballet cette année en tournée. Le style n'est toutefois pas très classique, mais plus du néo-classique ou du contemporain sur pointe. Le niveau est très bon, et le tout semble bien maîtrisé. Mais, est-ce l'absence de costume ou moi qui suis arrivée en cours de route, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans. A voir dans les conditions du spectacle.

Quatrièmes années contemporain filles et garçons - Répertoire - Professeur Jean Alavi.

Direction la salle d'art lyrique pour voir un peu de quoi sont capables les élèves de contemporain. Et tout de suite, changement de style, avec échauffement sur scène, long pantalon et style vestimentaire et capillaire visiblement très étudiés. Les élèves vont nous présenter deux chorégraphies, une d'aujourd'hui et une des années 1960. Leur bon niveau n'est pas en cause, mais je n'ai pas spécialement accroché. Il faut dire que la première oeuvre était sur la Passacaille de Bach. Et pour moi, cette Passacaille, c'est Le Jeune Homme et la Mort, et puis c'est tout. J'ai donc passé le cours à me superposer dessus la chorégraphie de Roland Petit. Globalement, les ensembles étaient en place, mais ce n'était pas forcément le choix le plus judicieux pour montrer la personnalité des jeunes danseur-se-s. 

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Cours de danse classique - cinquièmes années classique garçons. Professeur Sergueï Soloviev .

Ce cours est à voir aussi pour le prof, un Russe à l'accent à couper au couteau, à la voix qui porte, et qui s'énerve tout le temps même on ne sait pas bien si c'est de l'humour. Gare à ses élèves, s'ils ont le malheur de sortir du mauvais côté, de ne pas se placer assez vite, ou de ne pas rendre leur serviette pliée en quatre. "Danse classique, c'est discipline !", tonne le professeur Les spectateur-rice-s qui font du bruit sont mi-e-s au même régime. 

Il arrive façon défilé avec les cinq garçons de la classe, sur une musique un peu kitchounette, et au vu de la tête de certains élèves, je ne suis pas la seule à le penser. Le cours dure une bonne heure, avec une barre rapide et beaucoup d'exercices de sauts.Tout s'enchaîne assez vite. Seul moment de répit pour les élèves, entre la barre et le milieu. Sergueï Soloviev se tourne alors vers le public, et d'une voix complètement radoucie, parle de son art et des abrutis qui lui prédisent sa mort. "Danse classique, c'est beauté du corps, c'est beauté de l'esprit... C'est beauté".

Les exercices au milieu sont un vrai effort d'endurance, avec de nombreux pas de tours et de sauts. S'il faut comparer, ce serait donc avec les premières divisions. Le niveau me semble plus hétérogène, avec trois très bons éléments et deux un peu moins. Néanmoins, ils font moins élèves sur scène, et vraiment pro, ils sont aussi plus âgés. 

18h45, je dois partir en plein milieu pour me rendre à une répétition à Garnier, et j'ai limite peur. Je profite de mon voisin qui se fait aussi la malle pour m'enfuir en courant, sentant un regard réprobateur dans mon dos. 

Cours de danse contemporaine, troisièmes années contemporain filles et garçons. Professeure C. Therrien, accompagnement Michael Kinney.

Je comptais commencer la deuxième journée avec la classe de Carole Lagache, les 2e années filles classique. Mais le studio Garnier est plein à craquer. Même à 10 heures du matin, ces portes ouvertes sont un succès. Direction à la place les troisièmes années contemporains filles et garçon... et je n'ai pas regretté. 

La professeure est une femme fluette bourrée d'énergie, au franglais totalement irrésistible ("Don't forget the bas du dos !"). L'ambiance semble être très chaleureuse dans le cours, avec une véritable complicité entre les élèves. Et cela se sent sur scènes. La quinzaine d'ados a un évident plaisir à danser, et personne ne ménage ses efforts. Le cours débute avec une série d'exercices et enchaînements techniques, qui montrent une excellent niveau. C. Therrien est dans un coin mais a l'oeil, et multiplie les corrections. La musique, c'est un mix sur iMac, vive la modernité. Les démonstrations se terminent avec une petite chorégraphie, dansée en deux groupes, plutôt longue et qui demande une bonne endurance. Le niveau est très homogène, même si chacun-e essaye de montrer sa personnalité. Cela laisse présager de bon-ne-s danseur-se-s dans un an, une belle promo.

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Cours de danse classique, premières et deuxièmes années classique garçons. Professeur Alain Debrus, accompagnement Patricia Ardiet.

Je ne pensais rester que peu de temps, mais la bonne tenue de cette classe m'a fait rester pendent toute l'heure 1/4. C'est ici un vrai cours. Tout a  été travaillé avant, mais la leçon se déroule normalement, avec chaque exercices effectué à droite et à gauche. La dizaine de garçons est très concentré, l'ambiance est studieuse, et le travail est extrêmement propre. Le professeur a l'oeil acéré, et ne rate rien. Ses nombreuses remarques sont délivrées avec beaucoup de pédagogie (comment placer un pied, une hanche, un bras), avec une pointe de douceur dans la sévérité. Les exercices ne sont pas forcément très brillants, ce n'est pas un spectacle. Mais tout est propre, placé, précis. Mettons les bases avant de se lancer.  Le travail au milieu montre un niveau plus hétérogène, et la différence de taille se fait sentir. Certains éléments sortent du lot, et si l'Opéra continue son habitude de venir faire son marché dans cette classes, on devrait en retrouver deux ou trois à Garnier l'année prochaine (dont un petit aux cheveux bruns et yeux noirs que j'ai beaucoup aimé). 

Cours de danse classique, premières années classique filles. Professeure Anne Salmon, accompagnement Michèle Mérou.

Petite course à travers le hall du CNSMDP pour voir la fin du cours des filles. Elles en sont déjà aux pirouettes. Le niveau me semble globalement plus homogène au milieux que leurs collègues masculins. Il y a six mois, cette dizaine d'ados venaient d'écoles complètement différentes. En finalement peu de temps, elle se sont complètement uniformisées. Concernant le style, même réflexion que pour les autres classes : le travail du bas de jambe est moins vif qu'à Nanterre, les silhouettes moins fines, mais le haut du corps reste plus travaillé, et toutes ont une certaines témérité. Tout n'est pas encore au point, surtout sur pointes, mais elles n'ont pas peur de tenter. Une classe très vive, musicale, à suivre. 

Cours de danse jazz, quatrièmes années classique et contemporain filles et garçons. Professeure Cathy Bisson, accompagnement Déborah Shannon.

Inimaginable de rater cette classe, par la seule présence de Cathy Bisson. Une prof formidable, à la passion communicative, et aux exercices dignes d'un véritable spectacle. le cours a été divisé en deux parties : les classiques d'une part, les contemporains d'autres part. Ce qui permet de voir que, malgré ce que disait le directeur des études l'année dernière dans Danser, il y a une sacrée différence entre les deux filières (et je ne parle même pas du look. Justaux et shorts tirés à quatre épingles pour les premier-ère-s, pantalons larges et cheveux au vent pour les second-e-s). 

Les classiques se livrent plus à des exercices néo-classiques. Le tout est aérien, fluide, et très agréable a regarder. Mais je dois dire que, concernant le jazz, j'ai été plus séduite par les contemporains. Dans ce style, ils-elles ont été beaucoup plus techniques. Le cours est basé sur une mini-choré. Chacun l'a ensuite revisité et transformé en duo, qu'ils-elles nous montrent à tour de rôle. Cela tombe un tout petit peu, parfois, dans la facilité. Mais globalement l'imagination fuse, et il y a eu de belles trouvailles. Leur bon niveau se fait plus ressentir que dans le cours contemporain de la veille en tout cas. Mention spéciale à l'accompagnatrice, qui a joué de trois instruments en même temps (piano+djembé+clochettes aux pieds), parfois rejointe par les élèves.

Cours de danse de caractère, premières et deuxièmes années classique filles et garçons. Professeure Roxana Barbaracu, accompagnement Olga Averianova.

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Cours pris en cours de route. Pas de véritable leçon ici, mais plutôt un aperçu de la variété de ce que peut être la danse de caractère : une danse légère folklorique, une danse tzigane qui demande du jeu, des danses issues des ballets classiques... Les élèves passent par groupe de deux ou trois. Les garçons ont droit à un petit moment de bravoure, avec une variation difficile qui demande de l'engagement. Les mêmes qui se distinguaient en classique sortent du lot.

Cours de danse classique, quatrièmes années classique garçons. Professeur Jocelyn Bosser, accompagnement Rémi Masunaga.

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La classe m'a paru moins propre que les plus jeunes, mais je me demande si ce n'est pas la faute du professeur, qui semblait assez stressé. Cours classique, un peu de barre, un peu de milieu, des beaux sauts. C'est assez vite expédié...

Cours de danse classique, quatrièmes années classique filles. Professeure Marie-Christine Charmolou, accompagnement Patricia Ardiet.

... Et à vrai dire tant mieux, les filles ont eu plus de temps. Classe riquiqui, elles ne sont que cinq, dont une revenant de blessure, mais cela a permis de bien les voir à l'oeuvre pendant une heure. La professeure est d'emblée attachante, à la fois sévère, rigoureuse, et plutôt drôle. Elle semble bien s'amuser des petites surprises qu'elle a réservé à ses élèves, dont un manège à l'envers qui visiblement n'était pas prévu. La barre passe assez vite, le cours se concentre sur le milieu. Et c'est un festival : ça adage, ça tourne, ça re-tourne, ça petits saut et grands sauts, ça pique et ça 32 fouette. Une véritable démonstration technique réalisé avec beaucoup de sourire et d'harmonie. Le niveau est malgré tout disparate. Claire Teisseyre domine clairement sa classe, de part sa technique (la seule à faire des doubles-fouettés), et clairement par son assurance en scène. Les concours internationaux sont passés par là, et elle fait déjà pro, alors que ses camarades, malgré leur bon niveau, semble encore appartenir à la classe des élèves. 

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Claire Teisseyre a été reçue quelques jours plus tôt au Ballet de Bordeaux. J'imagine qu'elle ne va pas résister à l'envie de tenter l'Opéra de Paris. Je suis curieuse de voir son classement, c'est une belle personnalité sur scène. 

Les démonstrations continuent avec le répertoire et des extraits de spectacles, mais sans moi. 

Ces deux journée se sont révélées très intéressantes. Elles permettent de mieux cerner ces classes de danse, qui restent souvent dans l'ombre de Nanterre. Et donne envie de les suivre de plus près, il y a chez certaines classes un sacré niveau. Le niveau classique est à saluer, mais je dois avouer avoir été plus impressionnée globalement par les élèves en contemporain. Il faut dire qu'il existe très peu de formation pro dans ce style, et le CNSMDP semble, là-dessus, être le top.

© Photos de 4 à 8 Sarah Zhiri

lundi 20 décembre 2010

Les Démonstrations 2010 de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris

Il fallait être vraiment motivé pour aller à cette dernière journée des Démonstrations de l’école de danse dimanche 19 décembre. Le réveil le dimanche (même à 8h45, mais réveil tout de même) et la tempête de neige (je suis parisienne, trois flocons paralysent tout), ont presque failli le faire renoncer. Mais j’ai bravement affronté les éléments naturels pour passer cette journée à Garnier. Les Démonstrations restent toujours un moment particulier dont je ne me lasse pas.

Petit avertissement avant de commencer. L’Ecole de danse semble être un sujet sensible, surtout de la part des parents. Il s’agit ici d’un compte-rendu subjectif. Si je parle d’une classe ou d’un élève en particulier, ça ne veut pas dire que les autres sont à jeter. D’autres spectateur-rice-s auront peut-être, sûrement même, remarqué une autre classe ou un autre élève.

Première constatation. Ce sont, si je compte bien, les quatrième Démonstrations en autant d’année. Le niveau des garçons m’a semblé beaucoup plus homogène par rapport aux filles. Souvent, ces dernières dominaient, et les classes masculines étaient un peu plus brouillonnes. Cette année, la différence était beaucoup moins flagrante, voir inexistence.

Deuxième constatation. Au fil des années, je me rends compte que j’apprécie toujours les mêmes classes. Ce n’est pas tant à cause des élèves, mais surtout des professeurs. Et je suis toujours sensible à la pédagogie de Bertrand Barena, à la musicalité de Marie-José Redont ou à la précision de Fabienne Cerutti.

Commençons tout d’abord par les classes du matin.
Place ici aux petites classes. Il n’y a pas ici de déluge de technique, mais je suis toujours impressionnée de voir de si petits bouts de chou se tenir sur scène avec autant de prestance. Surtout que les exercices étaient plutôt difficiles.

Les cours de danse classique
Sixième division garçons. Que de tenue dans la classe de Bertrand Barena ! Les jeunes élèves n’ont pas été gâtés pour leurs premières Démonstrations, avec une série de grands battements sur demi-pointe. Le professeur s’est beaucoup amusé avec la musique, en glissant quelques pièges rythmiques, dont se sont sortis sans problème les élèves.

Sixième division filles. A côté des garçons, ces toutes jeunes demoiselles faisaient un peu plus brouillonnes, et pas très ensembles. Mais que de jolis ports de bras, et de la part de la professeure Véronique Doisneau, une très grande attention à la musicalité.   

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Cinquième division garçons. Encore une foi, le professeur Marc du Bouays ne gâte pas ses élèves, en leur donnant une série d’exercices très difficiles, et pas encore complètement maîtrisés. Mais un bel exercice de saut tout de même, un grand montrait déjà de belles qualités là-dedans.

Cinquième division filles. Que d’assurance prise en un an pour ces demoiselles de Marie-José Redont ! Les progrès sont vraiment énormes. Techniquement, bien, sûr, mais aussi au niveau de l’aisance sur scène. Certaines font déjà preuve d’une belle personnalité, une classe très intéressante.

Quatrième division garçons. La classe de Wilfried Romoli est, je pense, celle du matin qui m’a fait la plus forte impression. En général, celle classe est difficile. Les garçons sont à un tournant, certains ont beaucoup grandi, d’autres sont encore tout petits. Mais cette année, malgré la différence de taille, le niveau était très bon chez tout le monde. Beaucoup d’allure, surtout dans l’adage et le grand saut.

Quatrième division filles. ça tricote admirablement avec les pointes, et la classe de Fanny Gaïda fait honneur à l’école française.  L’exercice de pirouettes était assez hésitant, mais très dur. Les jeunes filles se sont par contre très bien rattrapées dans le pas de pointe et les petits sauts. Plus de sourires n’auraient pas nuit à l’ensemble, c’est dommage.

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Les cours complémentaires
D’années en années, j’en reviens toujours au même. La classe de folklore de Marie Blaise est très propre, mais définitivement tristounette. J’aime beaucoup les secondes divisions en contemporain, sous la houlette de Claire Baulieu, et la toujours très drôle classe de mime de Yasmine Piletta. Scott Alan Prouty n’a pas spécialement mis d’élève en avant cette année, et a préféré miser sur les ensembles, avec toujours beaucoup d’humour et de poésie. Cette classe est définitivement un régal.

Mais mon petit coup de cœur va au cours de caractère des quatrièmes divisions, avec Isabelle Herouard. Ces jeunes demoiselles, que je trouvais si concentrées en classique, se laissent enfin aller. Ça saute, ça tourbillonne, et surtout, ça montre un  véritable plaisir de danser communicatif. Très beau final, avec de super alignements qui font oublier le vaste portnawak des diagonales. 

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Les classes de l’après-midi

Les cours de danse classique

Troisième division garçons. La classe de Bernard Boucher m’a impressionnée. C’était très très propre, un véritable petit spectacle. Un petit m’a plus particulièrement tapé dans l’œil.

Troisième division filles. Les progrès techniques sont là encore flagrants avec Fabienne Cerutti. C’est très enlevé, très propre, très bien. Mais malgré quelques beau sourires, il m’a semblé que la professeure portait plus d‘attention à l’ensemble qu’à faire ressortir de fortes individualités. Au passage, si elle ou sa maman passe par ici, je souhaite une nouvelle fois un bon rétablissement à l’une des jeunes filles de cette classe, privée des Démonstration pour cause de blessure.  

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Deuxième division garçons. J’aime beaucoup Eric Camillo en tant que professeur, très pédagogue et qui explique beaucoup de choses au public. Mais il faut reconnaitre que sa classe est un peu plus brouillonne, surtout dans les pirouettes. Les élèves se sont bien rattrapés avec de très beaux grands sauts.

Deuxième division filles. Les progrès sont également flagrants avec Francesca Zumbo, mais plus du point de vue de la musicalité que de la technique pur. De belles personnalités apparaissent, ce sont plus des artistes que des élèves. Les ensembles restent malgré tout impressionnants.


Première division garçons. Clairement, la plus enthousiasmante de l’après-midi. Jacques Namont leur a fait enchaîner les difficultés, tout en sachant mettre chacun des élèves en valeur. Ça sautait, ça tournait, ça grand-jetait, ça enchaînait les manèges, c’était un véritable festival. Et  le plus agréable : c’était non seulement fait très proprement, mais surtout avec beaucoup de panache. La relève est clairement assurée, et le seul regret de cette classe est de savoir que tous ne rentreront pas dans le corps de ballet en fin d'année.

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Première division filles.
Difficile pour les élèves de Carole Arbo de passer après ce feu d’artifice. C’était un peu injuste, car elles ont récolté moins d’applaudissement, mais n’en ont pas été moins excellentes. Mais elles étaient moins dans le spectacle, et plus dans l’élégance. Leur final était tout de même enthousiasment, avec une ribambelle de difficultés techniques passées haut la main, et terminée par une brillante série de fouettés attitude.

Les cours complémentaires
La classe d’adage était très intéressante, plutôt dure, mais avec la possibilité pour chaque élève de s’exprimer. J’ai beaucoup aimé le cours de caractère des troisièmes divisions de Roxana Barbacaru. Elle a pris le parti de monter une scène typique d’une danse de caractère d’un ballet, comme on peut en voir dans Paquita, où chaque élève joue un véritable petit personnage. Un travail très intéressant, et qui changeait des autres années.

Au final, une journée très intéressante, comme toujours avec les Démonstrations. Pour finir, signalons les différents pianistes de ces cours, qui accompagnent toute l’année professeurs et élèves dans ce long apprentissage : Tristan Lofficial, Yuko Tsuchiya, Tadeusz Gieysztor, Isabelle van Brabant, Masako Shimura, Anna Simon, Michel Myron Mytrowytch, Michèle Mérou, Claire Djourado, Ellina Akimova, Richard Davis et Laurent Choukroun.

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L’année prochaine, je ferais un article uniquement sur les parents d’élèves, qui s’échangent tout mielleux de véritable vacheries sur la progéniture des autres.   

© Photos : David Elofer / Opéra national de Paris

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