Aujourd'hui, je voulais écrire un article sur la saison 5 trop bien de Grey's Anatomy, qui commence ce soir sur TF1.

Mais rattrapée par l'actualité (et ne pensant qu'à mes stats), j'ai décidé de faire un article qui me trottait dans la tête depuis longtemps : un petit récapitulatif de nos amis les Boys Band.

Comme vous, j'ai en effet appris la triste nouvelle : Filip Nikolic, leader des 2Be3 et emblème à lui tout seul des Boys Band, est décédé cette nuit, d'une overdose de médicaments.


En 1997, année apothéose des Boys Band, j'avais 15 ans. Et croyez-le ou pas, mais je n'étais absolument pas fan de ces groupes. Et sans aucun second degré. Aucune de mes copines ou de mes sœurs n'appréciaient le phénomène. Je ne sais pas si ce sont nos années de conservatoire qui nous faisaient prendre conscience de leur piètre niveau musical, mais chez nous, ça ne prenait pas. A la place, j'écoutais de la vraie bonne musique, Whitney Houston et autre Mariah Carey. Oui bon, le choc musical d'En Passant n'avait pas encore eu lieu.

Ceci dit, il faut bien noter la différence entre "Etre fan" et "Connaître un minimum la chose". Car en 1997, mettez dans un même appartement quatre filles entre 7 et 19 ans, il est impossible de passer à côté du phénomène. Donc, on n'aimait pas, mais on connaissait quand même quelques-unes de leurs meilleures chansons. Poussées peut-être par nos années de conservatoire, on en était arrivée à, non seulement chanter leurs tubes à plusieurs voix, mais aussi à faire un petit classement des Boys Band selon leurs spécificités musicales. Et oui, sous leur torse musclé et leurs chorégraphies énergiques, chaque groupe avaient des particularités bien à eux. Si si, je vous jure. La preuve.


Les 2Be3 : le franglais

Chaque chanson des 2Be3 avait une particularité : faire une phrase sur deux en anglais. Ni Adel, Filip ou Franck ne maîtrisaient l'accent, mais c'est ça qui était drôle. Toujours là pour toi a atteint le sommet dans le genre, avec en plus des paroles très fortes comme "Viens prends ma main et let's go away" ou le célèbre "A force de te regarder, je sens mon cœur qui bing ! va exploser". C'était beau.



Figurez-vous que Filip Nikolic, je l'avais croisé. Un soir de 1997 ou 1998, je sortais du conservatoire avec deux copines, et sur qui on tombe ? Filip et Adel des 2Be3 en train de sortir d'un immeuble et de monter dans une voiture. La nouvelle fait le tour du CNR, et deux jours plus tard, tout le monde affirme de source sûre que la nouvelle copine d'Adel habite l'immeuble d'à côté. Le 10 rue de Madrid devient un lieu mythique.
Non seulement d'avoir marqué profondément toute une génération (sans rire, vous avez vu le nombre de vos amis Facebook qui y ont fait référence aujourd'hui ?), les 2Be3 avaient instauré un sérieux débat : commencer prononcer le nom du groupe. "To be Three" (avec l'accent), "To be Trrree" (sans l'accent) ou "To be Free" ? L'apparition de leur sitcom Pour être libre clôtura définitivement la question, c'était bien la troisième réponse.

RIP Filip, tu nous as bien fait rire tout de même (et hurler pour certaines d'entre vous, allez, avouez).


Les Worlds Apart : les ponts musicaux
En général, la composition des chansons des Boys Band était assez simpliste. Mais les Worlds Apart avaient une plus haute idée de leur art. Et leurs tubes comportaient au moins, attention, une modulation. Et souvent un joli pont musical pour y parvenir. Démonstration à 2:25. La qualité n'est pas top, mais je trouvais ce passage télé beaucoup plus représentatif du genre que leur clip.



En 1997, c'est le drame pour les fans : Schelim quitte le groupe pour faire une carrière solo. Enfin, c'est un drame pour les attachées de presse qui le vendaient comme tel. Parce que Shelim, c'était un peu le moche de la bande qui n'avait aucune fan et dont tout le monde n'en avait rien à faire. Il est remplacé par Tim, plus beau gosse mais qui n'est pas arrivé à lutter contre Nathan et Steve.


Alliage : les accents virils
Chez Alliage, on est des hommes, des vrais. Et on va plus loin que le torse musclé à peine voilé par une chemise ouverte. Chez Alliage, on ponctue toutes ses chansons d'accent virils pour faire frémir les fans. "Ohh bayyyyyybé", "Naann nannn naaaaaaaan" et autres "Me poursuit OUeeeencore" sont devenus leur marque de fabrique. Jamais trop, c'est leur credo.



Je suis trop une amie des stars, figurez-vous que j'avais aussi croisé Alliage. Plus exactement Brian, au détour d'une balade. Il faisait ses courses en tout incognito sur les Champs-Elysées dans une décapotable rouge vif. J'en garde un souvenir ému.


G-Squad : la polyphonie
On a tendance à l'oublier, mais un Boys Band est composé de plusieurs personnes. Et les G-Squad voulaient que ça s'entende un minimum. Place chez eux à des chœurs, des voix mises en valeur et un minimum de polyphonie. Il paraît qu'il y a des vrais chanteurs derrières les apparences, dingue !


J'ai revu Chris récemment à la télé. Il a pris un sacré coup de vieux. Gérald (ne pas oublier de prononcer le "D") a fait son coming-out. C'est tout pour le moment. Même à l'époque, les G-Squad ne m'inspiraient pas.


Les Poetic Lover : le romantisme à fleur de peau
Révélés par Graines de Stars, c'est dire le niveau, les Poetic Lover avaient le même but que les autres Boys Band : vendre un max en faisant frémir les jeunes filles en fleur. Mais au lieu de miser sur le dépoilage (c'était d'ailleurs le groupe le plus habillé qui soit), les Poetic Lover mettaient en avant leur voix suave et leurs textes so romantiiiiiiiques. Autrement dit une chanson où les mots "Charnel", "Sensuel", "Baiser" et "Ton corps m'appelle" étaient présents à chaque ligne. 



Anecdotes sur les Poetic Lover ? Non, rien ? Déjà oubliés, c'est triste.

Et puis dans la liste il y avait aussi les Backstreet Boys, les MN8, les Boyzone, les East 17. Mais niveau Boys band, on est resté assez chauvines finalement.

Je ne peux néanmoins pas m'empêcher de citer un dernier Boys Band français pour la route, les C4. Vous ne les connaissez pas ? C'est normal, ils n'ont pas fait 1/4 de tube (soit une chanson qui n'a pas marché). Je les ai vus par hasard. Et je voulais les citer parce que, de mémoire de téléspectatrice du Hit Machine, c'est le seul Boys Band que j'ai jamais vu chanter en live. Pour preuves, leurs fausses notes.



Ado, je faisais partie d'un chœur classique de jeunes, assez pro puisqu'on y consacrait toutes nos après-midi. De temps en temps, on était invité sur le plateau de cette émission du dimanche. Histoire de chanter du Mozart ou du Britten après les C4. C'est comme ça que j'ai appris leur existence. C'est aussi comme ça que j'ai croisé Lara Fabian, et que j'ai pu lui demander un autographe. Que j'ai perdu d'ailleurs (non Coralie Marie, ne me frappe pas).

C'est aussi par une de ces participations que j'ai croisé celui par qui je me devais de terminer cet article. Celui qui résumait le Boys Band à lui tout seul. Sourire ultra-bright, chorés énergiques, franglais, accents virils, ponts musicaux élaborés, chemise ouverte sur torse musclé, regard langoureux, play-back de fou furieux. Et de près, croyez-moi, c'était vraiment à mourir de rire. Rien ne manquait. Mesdames et messieurs, Allan Théo.





Promis, demain je reparle de la Danse classique. Mais je devais bien ça à Filip.