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mardi 8 mars 2011

Les voix féminines du matin

En 2009, Olympe avait attribué son épididyme d'or de septembre à France Inter, qui laissait si peu de place aux journalistes/animatrices sur son antenne. Plus d'un an après, les choses commencent (tout doucement) à bouger, et notamment le matin, tranche en radio la plus écoutée. 

Ma matinale, c'est France Inter depuis plusieurs années. Après le départ de Nicolas Demorand, ce sont des voix féminine qui m'on fait rester. Non pas pour le fait d'écouter absolument une femme le matin, mais parce que je les apprécie beaucoup, et en admire certaines professionnellement. Petit tour d'horizon

6h00 : Audrey Pulvar

Malgré le fait qu'on estime qu'en France, une femme n'a plus de cerveau ou de conscience professionnelle dès qu'elle a un mec, Audrey Pulvar a pu conserver sa tranche. J'aimais bien l'écouter lorsque je me levais aux aurores. Elle sait à la fois prendre du recul face à l'info, mettre en valeur ses invité-e-s, parler de sujets différents. Le tout avec bonne humeur et décontraction (et il m'en faut à cette heure là).

06h00 : Le Journal, de Laurence Thomas

06h14 : A rebrousse poil, d'Audrey Pulvar. Son billet d'humeur du jour, régulièrement féministe, sachant appuiyer là où ça fait mal avec beaucoup de tact et d'ironie. 

06h26 : Tu veux ma photo, d'Agathe André

06h48 : Cartier Libre, de Caroline Cartier. Une véritable chronique de radio, comme on en fait de moins en moins.

06h50 : L'invité-e d'Audrey Pulvar. 

On passe après à la tranche de Patrick Cohen, nettement moins pourvue en voix féminine. 

07h00 : Le Journal, d'Hélène Fily

07h30 : Le Journal de Laurence Thomas. L'un des plus écoutés de France.

07h48 : L'Eco du Jour. Il est normalement tenu par Philippe Lefébure, mais c'est une femme qui le remplace lorsqu'il part en vacances. ça progresse, ça progresse.  

07h51 : 5 minutes avec Pascale Clark. Et ça parle souvent de politique ou d'économie, sujets peu laissés aux femmes.

08h37 : Sans préjugés, d'Audrey Pulvar. Tiens, là revoilà. La plupart du temps, elle parle d'un livre, essai ou roman, et me donne très souvent l'envie de m'y mettre.

08h55 : Le Billet de Sophia Aram, le lundi et mercredi. L'une des nouvelles têtes de la matinale. Son truc ? Un ton faussement enfantin pour égratigner les invité-e-s politiques, sans sombrer dans l'attaque facile. Son billet sur Jean-Marie Le Pen est un cas d'école. 

09h00 : Le Journal, d'Hélène Fily

09h11 : Comme on nous parle, de Pascale Clark. Culture, société, politique... il y a un peu de tout comme invité-es, même si le domaine du divertissement y est majoritairement représenté. Pascale Clark peut avoir un côté bobo à mort fatiguant, je l'admets. Elle n'en reste pas moins une intervieweuse hors pair, peut-être l'une des meilleures de sa génération. Elle sait mettre à l'aise son invité-e pour qu'il-elle se dévoile sans tricher, sans essayer de se donner une belle apparence aux oreilles des auditeur-rice-s. Elle laisse les temps de silence et de réflexion, les laisse parler, et les coupe quand il le faut. Au bout d'une 1/2 heure, j'ai vraiment l'impression d'avoir fait connaissance avec l'interviewé-e, que je l'ai apprécié, ou qu'il/elle m'est apparu comme quelqu'un de franchement exaspérant.

La matinale s'arête à 10 heures avec Guillaume Erner. 

Petit rappel enfin pour terminer ce billet. Le 8 mars, c'est la journée du droit des femmes, et non pas la journée de la femme. Son but n'est pas d'offrir une rose à toutes les femmes de son entreprise, comme j'ai pu beaucoup le lire sur Facebook, mais de ne pas oublier qu'il faut rester vigilant-e. Même en France, où, si la loi reconnait l'égalité des sexes, les mentalités ont encore pas mal de chemins à parcourir. 

Demain matin, Pascale Clark reçoit à 9h11 Gisèle Halimi, pour son livre Histoire d'une passion. On peut donc parler de la cause féministe un autre jour que le 8 mars. 

lundi 5 juillet 2010

Comment me réveiller le matin

Aujourd'hui lundi 5 juillet, l'heure est grave.

Je ne sais pas qui va me réveiller. Non seulement pour l'été, mais surtout pour la rentrée prochaine.

Et la voix qui va vous accompagner le matin est on ne peut plus importante pour bien démarrer la journée, surtout quand ladite journée démarre à 6 h du matin.

Je ne parle pas du bruit qui vous fait ouvrir les yeux. A vrai dire, celui là n'a pas vraiment d'importance, le tout est qu'il fasse assez de bruit pour vous réveiller même profondément endormi-e. Je parle de la voix qui va vous accompagner pendant votre petit-déj, votre brossage de dent, voir votre trajet maison-boulot/fac. Celle qui vous reconnecte au monde en douceur, mais avec tout de même un certain dynamisme histoire de ne pas vous rendormir chaque matin.

Pendant mes années collège-lycée, j'ai longtemps été fidèle à la matinale de Fun Radio, le trio infernal Bob, Gwen/Isa, Martin. La play-list de la radio, quoique un peu pénible, était imparable pour me réveiller. Et les animateurs me faisaient bien rire, ce qui était un exploit à 6h45 un lundi matin de mi-janvier avant une matinée de DS.

La fac et l'école de journalisme arrivant, j'ai eu un temps ma période RTL2. Une musique qui me plaisait bien, avant de basculer une 1/2 heure plus tard sur France Info.

En commençant à travailler, j'ai eu une courte période Radio Classique, qui s'est révélée un peu trop dangereuse. Se faire réveiller par du Mozart, c'est efficace, mais le risque de tomber sur une musique douce qui va plus me bercer qu'autre chose reste assez élevée. J'étais au début fermement opposée à une matinale d'info. La misère du monde ne m'atteindrait pas dès le matin, elle attendra que je sois arrivée au taff. Je voulais me réveiller en musique.

Et puis il y a quelques années, cédant à la tentation du/de la parisien-ne bobo, le geek et moi, on s'est branché sur France Inter. Et là, la révélation Nicolas Demorand. 

Pas de musique pourtant, mais un réveil agréable, surtout quand le timing allumait le réveil au moment où le journaliste lançait "Bienvenue sur France Inter, il est 7h", d'une voix qui dit clairement qu'il est ravi de vous réveiller, et qu'une bonne journée s'annonce. Nicolas Demorand, celui sait dédramatiser n'importe quel journal déprimant, qui sait rendre clair un débat entre deux ennemis mortels,  qui recadre ses chroniqueurs qui s'emportent sans leur couper le sifflet. Mon meilleur réveil matin depuis quatre ans, testé et approuvée sans lassitude. Agrémenté des pointes d'humour d'Agnès Bonfillon il y a un temps, des sautes d'humeur de Stéphane Guillon qui était drôle avant de devenir aigri, de Thomas Legrand, d'Esprit Critique qui savait parler de danse à 9 h du matin, du toujours bizarre Cartier libre, de Comme on nous parle de Pascale Clarke, mon intervieweuse fétiche.  

Nicolas Demorand a tiré sa révérence vendredi, sous les applaudissements de son équipe, me laissant avec cette cruelle question : mais qui va me réveiller l'année prochaine ? Je pourrais faire corporate et me brancher sur RTL/Europe 1, mais mon cerveau ne supporte pas autant de pub dès le matin. France Info n'est pas assez funky à mon goût. Patrick Cohen sera donc jugé sans concession, la barre est haute. 

Je suis par contre curieuse de découvrir sa nouvelle émission culturelle quotidienne. Je sens que c'est le genre d'émission dans laquelle j'aimerais bien bosser. A défaut de me réveiller, Nicolas Demorand pourrait donc égayer mes débuts de soirée.