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lundi 12 mars 2012

Saison 2012-2013 : le Ballet de l'Opéra de Paris

Voici le programme détaillé de la saison 2012-2013 du Ballet de l'Opéra de Paris.

Soirée George Balanchine

Trois ballets : Serenade, Agon et Le Fils prodigue.

Du 24 septembre au 18 octobre 2012 au Palais Garnier, 11 représentations. Les deux premières soirées seront précédées du Défilé du Ballet.

Orchestre de l'Opéra National de Paris, direction musicale Fayçal Karoui.

Une belle soirée hommage à Balanchine, dans des styles assez différents. Serenade et Le Fils Prodigue n'ont pas été donnés depuis déjà un bon bout de temps, c'est une bonne occasion pour un public plus jeune de les découvrir. Les deux premières soirées devraient être précédées du Défilé du corps de ballet. 

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Soirée Gillot/Cunningham

Deux ballets : Sous apparence de Marie-Agnès Gillot (création) et Un jour ou deux de Merce Cunningham.

Du 31 octobre au 10 novembre 2012 au Palais Garnier, 12 représentations.

Ensemble Ars Nova, plus le Choeur Accentus pour Sous apparence. Direction musicale Laurence Equilbey (Sous Apparence) et Philippe Nahon (Un jour ou deux).

Une soirée plutôt intrigante. Je suis très curieuse de découvrir Marie-Agnès Gillot, danseuse à la forte personnalité, dans la peau de chorégraphe. Je connais très mal Cunningham, et même si la soirée au Théâtre de la Ville m'a laissé une impression mitigée, je me réjouis de découvrir plus amplement ce chorégraphe. 



Don Quichotte
de Rudolf Noureev

Du 16 novembre au 31 décembre 2012 à l'Opéra Bastille, 26 représentations. 

Orchestre de l'Opéra National de Paris, direction musicale Kevin Rhodes.

On disait que cette version de Noureev commençait à être vieillissante. Des distributions intéressantes faisant la part belle aux jeunes talents pourraient donner tout l'intérêt de cette reprise. C'est de toute façon un ballet agréable, voir même fortement sympathique lorsqu'il est bien dansé, parfait pour la période des Fêtes.

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Démonstrations de l'Ecole de Danse

Du 2 au 22 décembre 2012 au Palais Garnier, 3 représentations.

Les Démonstrations se suivent au fil des années, mais ne se ressemblent pas forcément. J'aime beaucoup ce rendez-vous, plus pour les professeurs, dont certains et certaines sont passionnants.


Soirée Forsythe/Brown

Quatre ballets : In the Middle, Somewhat Elevated, Woundwork 1, Pas/Parts (William Forsythe) et O Zlozony / O Composite (Trisha Brown).

Du 3 au 31 décembre 2012 au Palais Garnier, 21 représentations.

Musiques enregistrées.

Après la superbe trilogie Forsythe de décembre dernier à Chaillot, je ne peux que me réjouir de revoir de oeuvres du chorégraphe, surtout dansées par la compagnie parisienne. Les trois chorégraphies choisies n'ont pas en plus été données depuis un bon bout de temps, ce devrait donc être des reprises très intéressantes. Je me questionne par contre sur la présence de O Zlozony / O Composite de Trisha Brown, si ce n'est pour amortir les droits. J'étais restée de marbre face à ce ballet il y a deux ans.

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Ballet Preljocaj, compagnie invitée

Deux ballets : Helikopter et Eldorado.

Du 5 au 10 janvier 2013 au Palais Garnier, 6 représentations.

Musiques enregistrées.

Je n'ai rien contre la compagnie de Preljocaj, j'aime plutôt ce que fais le chorégraphe, et je trouve intéressant de voir ses oeuvres dansées par ses artistes. Mais enfin, pourquoi cette troupe ? Le Ballet Preljocaj est très souvent en tournée, il est facile de les voir sur scène, plus encore à Paris. Je préférerais voir une compagnie étrangère, des troupes que l'on n'a moins de chance de voir régulièrement. 


Kaguyahime de Jiri Kylian

Du 1er au 17 février 2013 au Palais Garnier, 14 représentations.

Kodo, Ensemble Gagaku et ensemble de percussions invitée, direction musicale Michael de Roo.

L'une des soirées qui me plaît le plus. La découverte de Kaguyahime durant l'été 2010 avait été un véritable coup de foudre. C'est une oeuvre forte, intense, qui ne laisse pas indifférent (et pour l'avoir testé, accessible au plus néophyte des publics). L'ambiance devrait être différente à Garnier, surtout avec les nombreux (et magnifiques) percussionnistes. Je sens que ça va être formidable... A ne pas rater.

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Soirée Danseur-se-s/Chorégraphes

Du 26 au 28 février 2013 à l'Amphithéâtre Bastille, 3 représentations.

Les artistes du Ballet de l’Opéra présentent leurs travaux et recherches chorégraphiques, offrant la possibilité de découvrir un autre aspect de leurs aspirations et de leurs qualités artistiques.

Ce genre de soirées réserve toujours son lot de bonnes surprises, que ce soit du côté des chorégraphes que des interprètes. Une bonne idée que de laisser les artistes s'exprimer.


Hommage à Rudolf Noureev

Le 6 mars 2013 au Palais Garnier, soirée de Gala.

Avec le Ballet de l'Opéra de Paris et l'Ecole de Danse.

Extraits de chorégraphies de Rudolf Noureev.

Orchestre Colonne, direction musicale Fayçal Karoui.

Une soirée qui pourra offrir de beaux moments, selon les extrais choisis et les distributions... Un hommage un peu maigre, en tout cas allégrement surtaxé.


Soirée Roland Petit

Trois ballets : Le Rendez-vous, Le Loup et Carmen

Du 15 au 29 mars 2013 au Palais Garnier, 12 représentations.

Orchestre Colonne, direction musicale Yannis Pouspourikas.

Nous étions beaucoup à espérer une reprise du Jeune Homme et la Mort, pour y voir une dernière fois Nicolas Le Riche. Mais du point de vue de la programmation, ce n'est pas forcément une mauvaise idée de le remplacer par Carmen. Le Rendez-vous et Le Loup n'avaient pas été donnés depuis des années, il est naturel qu'ils soient repris rapidement. Carmen n'avait pas été dansé depuis 2004, alors que Le jeune Homme et la Mort a été beaucoup plus vu... Même si, c'est vrai, on ne se lasse pas de la force de ce ballet.

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Troisième Symphonie de Gustav Mahler de John Neumeier

Du 9 avril au 12 mai à l'Opéra Bastille, 12 représentations.

Orchestre de l'Opéra National de Paris, direction musicale Simon Hewett.

Je me réjouis très fortement de cette reprise, qui devrait être là encore l'un de mes coups de coeur de cette prochaine saison. J'avais raté son entrée au répertoire en 2009, et j'en avais été d'autant plus rageuse en lisant les multiples échos plus qu'élogieux de cette soirée. Excellent choix. 

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Spectacle de l'Ecole de Danse

Quatre ballets : Ballet de Faust de Léo Staats, Aunis de Jacques Garnier, une création de Béatrice Massin et Nicolas Paul et Péchés de jeunesse de Jean-Guillaume Bart.

Du 15 au 18 avril 2013 au Palais Garnier, 3 représentations. La première représentations sera précédée du Défilé du Ballet et d'une création de Pierre Lacotte (prix vraiment surtaxés).

Orchestre des Lauréat-e-s du Conservatoire, direction musicale Marius Stieghorst.

Quel beau programme qu'a concocté Elisabeth Platel pour marquer les 300 ans de l'Ecole de danse. Quatre ballets très différents, dans des styles variés... Le spectacle de l'Ecole de Danse est de toute façon, et par expérience, l'une des soirées de la saison dont on ne sort jamais déçu. 


Gala des écoles de danse du XXIe siècle

Soirée composée d'au mois deux ballets : Ballet de Faust de Léo Staats,Péchés de jeunesse de Jean-Guillaume Bart.

L'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris dansera en compagnies d'élèves de la Royal Danish Ballet School, de la Bolshoi Ballet Academy, de la Royal Ballet School, de la School of American Ballet, de la Canada’s national Ballet School, de la John Cranko Schule et de la Balletschule des Hamburg Ballett.

Le 20 avril au Palais Garnier, soirée de Gala.

Excellente idée encore que ce gala, et d'inviter à y participer toutes les grandes écoles du monde au lieu de se regarder le nombril. Dommage que les prix soient en conséquence.


Soirée Ballet Russes

Quatre ballets : L'Oiseau de Feu de Maurice Béjart, L'après-midi d'un Faune de Nijinski, Afternoon of a Faun de Jerome Robbins, Le Boléro de Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet et Marina Abramovic (création).

Du 2 mai au 3 juin 2013 au Palais Garnier, 13 représentations.

Orchestre Orchestre de l'Opéra National de Paris, direction musicale Vello Pahn.

Bon alors, il faut que l'on m'explique. 2013, c'est l'anniversaire du Sacre du Printemps. Et l'Opéra de Paris programme une soirée Ballets Russes sans cette oeuvre dedans ? Une façon de marquer sa différence sûrement. Je reste circonspecte sur l'idée de programmer dans la même soirée deux Après-midi d'un Faune différents, même si j'aime beaucoup les deux. Sur le papier, le Boléro me fait un peu peur, mais juger avant de voir, c'est mal.

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La Sylphide
de Pierre Lacotte

Du 22 juin au 15 juillet 2013 au Palais Garnier, 20 représentations.

Orchestre de l'Opéra National de Paris, direction musicale Philippe Hui.

L'une des très bonnes nouvelles de la saison, le retour (enfin) de La Sylphide ! J'imagine déjà Myriam Ould-Braham dans le rôle-titre... et sa programmation en fin de saison laisse espérer une certaine facilité pour avoir des places. 

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Signes de Carolyn Carlson

Du 3 au 15 juillet 2013 à l'Opéra Bastille, 11 représentations.

Musique enregistrée.

Personnellement, je n'ai jamais eu l'occasion de voir ce ballet, et reste donc contente de cette découverte. Mais je comprends la lassitude de certains et certaines, devant un ballet qui a déjà été beaucoup donné. 


En tournée

Le Ballet de l'Opéra de Paris sera en tournée du 23 janvier au 12 février 2013 en Australie, avec Giselle, et du 25 mai au 1er juin au Japon avec Les Enfants du Paradis de José Martinez.


Avis global

Globalement, cette saison me déçoit, avec seulement deux grands ballets classiques au programme. Le ton est résolument contemporain, plus que néo-classique. Le tout n'est vraiment pas équilibré.

En tant que spectatrice, je vois les choses pragmatiquement. En France, si l'on habite dans la moitié nord de la France, le seul endroit pour voir de bons ballets classiques restent l'Opéra de Paris. Quand la compagnie n'en programme pas, il n'y en a pas, ou si peu. Beaucoup de théâtres parisiens donnent déjà énormément de ballets contemporains, avec de prestigieuses compagnies invitées et un certain nombre de créations. Bien sûr, il est important que le Ballet de l'Opéra de Paris se tourne vers le répertoire contemporain, mais pas jusqu'à en faire, comme cela va être le cas la saison prochaine, la majorité de sa programmation

J'aime beaucoup la saison actuelle pour cette raison : six grands ballets classiques d'époque très différentes (dont une création), plusieurs soirées néo-classique, des ballets remontés (comme Phèdre, on peut discuter du résultat, mais la démarche est intéressante), et quelques ballets contemporains. Le Théâtre de Chaillot (excellente programmation) et le Théâtre de la Ville se chargent pour leur part des soirées actuelles. On obtient ainsi une saison parisienne équilibrée entre tous les styles, ce qui ne sera pas le cas la saison prochaine. 

Plus précisément, je me questionne sur la non-présence des ballets de Noureev. Si l'on écoute le discours de Brigitte Lefèvre, à chacune des rencontres avec le public, elle insiste beaucoup sur l'importance du répertoire de Noureev. Et en 2013, l'année des 20 ans de la mort du danseur, un seul de ses ballets est programmé ? Le gala semble un peu portion congrue...

Cela serait-il alors le signe que, après 20 ans, la compagnie veut passer à autre chose ? Mais pour quoi alors ? L'absence de grands ballets classiques laisse la question en suspens. 

Pour la saison lyrique, concert, convergences et les expositions, je vous laisse aller sur le site de l'Opéra de Paris.

samedi 23 juillet 2011

Le Miami City Ballet aux Etés de la danse : épisode 5

Vendredi 22 juillet 2011. Le Miami City Ballet aux Etés de la danse, au Théâtre du Châtelet. Western Symphony de George Balanchine, In the Night de Jerome Robbins, In the Upper Room de Twyla Tharp.

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Episode 1, épisode 2, épisode 3, épisode 4.... Et cinquième et dernier épisode vendredi soir. Cette dernière soirée fut un vrai petit régal, à l'image des trois semaines joyeuses qui se sont écoulées au Châtelet. Quel sympathique compagnie décidément. Quelques heures plus tôt, j'avais assisté au cours public. Compte-rendu à venir un peu plus tard, en même temps qu'un petit bilan sur cette longue et appréciable série. En attendant, place à la dernière soirée.

Western Symphony est comme tous les Balanchine : il faut se laisser quelques minutes pour habituer son oeil à cette nouvelle esthétique, puis se laisser porter par la danse ensuite. Voilà l'image de l'Amérique de l'Ouest telle que se le représentait le chorégraphe : des cow-boys bondissants et des filles de saloon qui n'ont pas froid aux yeux. Les tutus sont courts et criards, le corps de ballet pas vraiment élégant, mais on n'est pas là pour ça. Encore une fois, cette façon totale d'assumer ce côté un peu kitch et d'y aller à fond les ballons gagnent l'assistance. Ne boudons pas notre plaisir, surtout face à Katia Carranza, la deuxième soliste mutine et espiègle comme il faut. Le dernier mouvement, où ça tourne et tourbillonne de tous les côtés, finit de convaincre les plus récalcitrants et le rideau se baisse sur des applaudissements enthousiastes. Un néophyte à côté de moi me lance : "En fait, la différence avec l'Opéra de Paris, c'est que ces derniers auraient trop d'amour-propre pour se déguiser en cow-boy". Ya de l'idée, y a de l'idée.  

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In The Night fut également un merveilleux moments. Les trois couples étaient tous très gracieux et extrêmement musicaux. Malgré le nom de Robbins, ce ballet est assez classique, et demande beaucoup de lyrisme et d'écoute. Pari réussi, y compris pour le deuxième couple qui souffrait de mon souvenir enchanté avec Reine Agnès. Le troisième partenariat fut tout particulièrement enthousiasmant. C'est celui de la passion, du tout-ou-rien, des cris du coeur et du romantisme exacerbé. C'est ce qui me gêne toujours un peu, car il faut en faire des tonnes. Mais en rajouter sans crainte, c'est un peu la spécialité du Miami City Ballet, et Patricia Delgado et Yann Trividic furent à la fois très convaincants et élégants. 

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Que dire de plus sur In the Upper Room ? Ce ballet est un mystère. La musique est archi-basique niveau harmonique, la chorégraphie ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez... Mais WTF quel effet ! A voir une fois, c'est une expérience de spectateur-rice-s qu'il faut avoir vécu. Hallucinant, vraiment. Et puis quelle générosité de la part des danseur-se-s, Jeanette Delgado (décidément mon coup de coeur de cette compagnie) était littéralement possédée sur scène. Le public a réagi comme la dernière fois : ovation debout dès le rideau baissé, nombreux appel bruyants et des "Bravos" qui fusent de tous les côtés. Belle compagnies, beaux programmes... beau mois de juillet, merci à eux ! 

jeudi 21 juillet 2011

Le Miami City Ballet aux Etés de la danse : épisode 4

Mardi 19 juillet 2011. Le Miami City Ballet aux Etés de la danse, au Théâtre du Châtelet. Ballet Imperial de George Balanchine, Afternoon of a Faun de Jerome Robbins, Liturgy de Christopher Wheeldon et Nine Sinatra Songs de Twyla Tharp. 

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Episode 1, épisode 2, épisode 3... L'épisode 4 fut le plus éclectique de tous. Quatre style très différents, montrant bien la variété du répertoire du Miami City Ballet.

Les deux premiers ballets étaient des redécouvertes. Ballet Impérial avait été un ravissement total lors de la première soirée, un peu moins cette fois-ci. Peut-être était-ce mon placement un peu plus en hauteur, où les manques d'alignement du corps de ballet étaient plus visibles... D'autres soirées ont suivi, avec des oeuvres où la compagnie semblait infiniment plus à l'aise, comme les magnifiques Quatre Tempéraments ou Square Dance. La cruauté des comparaisons. Le pur classique n'est peut-être pas ce qui leur convient le mieux, ces danseurs aiment définitivement plus les déhanchés et les poignets cassés que cet élégance si européenne. Pas de fine bouche néanmoins,  Ballet Impérial fut tout de même bien agréable, avec en soliste une rayonnante Patricia Delgado. Et je ne me lasse ni du style Balanchine ni de la musique. 

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Afternoon of a Faun fut à l'inverse encore plus apprécié que lors de la première, qui s'était déjà révélé comme un très plaisant moment. Après la découverte, place aux regards sur les petits détails, ces choses qui nous avaient échappé. Le narcissisme semble encore plus présent, avec un jeu sur le miroir-public plus appuyé, tout en restant subtile. La danseuse était presque la plus arrogante des deux. Et si elle part après le baiser, c'est plus par une blessure d'ego (le danseur a préféré son reflet à elle) que par amour bafoué. L'atmosphère très étrange qui se dégage dans ce ballet, sommes-nous vraiment dans une salle de danse comme le suggère le décor ou dans un monde imaginaire, a une saveur dont on ne se lasse pas

Liturgy fut très chaleureusement applaudi, mais ce fut pour moi le moins bon moment de la soirée. Première découverte de Christopher Wheeldon, et l'on ne peut pas vraiment parler de coup de coeur. Voilà un pas de deux contemporain comme on en voit beaucoup : des lignes épurés, une musique efficace, des effets d'extension. Bien dansé, bien exécuté, bien trouvé de la part du chorégraphe, c'est évident. Mais surprenant, pas vraiment. Je passe mon tour.

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Quant à Nine Sinatra Song, voici un véritable petit ovni pour nous Européens. Premier choc esthétique : la boule à facettes. Allumée, qui tourne, et qui transforme le Châtelet en boîte de nuit/bal prom/boum de 13 ans 1/2. Deuxième choc esthétique, le style très danses sportives, et les robes froufroutantes qui vont avec. Après les lignes Balanchinienne et le monde de Robbins, le public est ainsi transporté en un tour de main à la finale de Dancing with the stars. Bizarre bizarre, le ricanement n'est pas loin. 

Il serait d'ailleurs vraiment venu si les danseur-se-s du Miami City Ballet n'avait pas totalement assumé cette chorégraphie, avec la fraîcheur qui les caractérise. Sept couples s'élancent, dans des portés plutôt difficiles et beaucoup d'élan, sur les chansons si connues de Sinatra. Comme autant de sept caractères, sept situations amoureuses : le couple de vieux amants, les timides, les chiens-et-chats, les glamour, les absurdes... et les chauds-bouillants pour finir, avec un duo Katia Carranza/Renato Penteado particulièrement en forme. 

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La chorégraphie ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez, mais que voulez-vous, je suis bon public, et au bout de la deuxième danse, je fredonnais les refrains. A défaut d'avoir une oeuvre majeure, voilà une véritable tranche de la culture américaine, celle que l'on juge de chez nous bien vite comme ringarde, mais qui n'est pas si déplaisante que ça si l'on sait se laisser prendre au jeu. Le public du Châtelet n'a en tout cas pas boudé ce petit plaisir. Les applaudissements ont fusé. Et les couloirs du métro ont résonné de quelques joyeux My Way

Spectacle présenté dans le cadre des Etés de la danse. Représentations du Miami City Ballet, cours publics et projections de films au Théâtre du Châtelet jusqu’au 23 juillet.

vendredi 15 juillet 2011

Le Miami City Ballet aux Etés de la danse : épisode 3

Mardi 12 juillet 2011. Le Miami City Ballet aux Etes de la danse, au Théâtre du Châtelet. The Four Temperaments, Promethean Fire et Theme and Variations.

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Lessoirées se suivent et ne se ressemblent pas forcément au Théâtre du Châtelet, squatté par le Miami City Ballet invité des Etés de la danse. Mardi dernier, le programme était un peu plus contemporain, avec une œuvre de Paul Taylor. La soirée était également plus déséquilibrée que les autres, avec néanmoins le ballet qui m’a, jusqu’à présent (il me reste deux soirées) le plus marquée.

Ne gardons pas le plus beau pour la fin, et commençons tout de suite par le meilleur morceau : The Four Temperaments de George Balanchine.

Ce fut ici une véritable leçon de style, splendide, marquante, magnifique. The Four Temperaments est, à mes yeux, l’œuvre la plus complexe du chorégraphe que j’ai pu voir. Les gestes sont résolument néo-classiques, mais avec une infinie complexité, et sans jamais tomber dans la facilité. Les déhanchés sont marqués sans faire Broadway, l’énergie est extrême sans tomber dans le trop. Et toujours, ce sens si infini de la musique, que ce soit de la part de Balanchine que des danseur-se-s. Il était intéressant d’ailleurs de voir évoluer ces artistes sur autre chose que le duo sacré Tchaikovski-Stravinsky, même si cette partition d’Hindemith n’est pas la plus étrange à l’oreille que j’ai pu entendre.

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Il m’a semblé voir avec The Four Temperaments, l’ADN du Miami City Ballet. Non pas un exercice de style qu’ils montrent à chaque tournée, mais ce qui les représente le mieux, dans le plus absolu. Voilà, ce ballet, c’est leur marque de fabrique, c’est ce qui les distingue, c’est ce sur quoi ils fondent leur travail au quotidien.

Parmi les solistes, un se distinguait particulièrement : Kleber Rebello dans Mélancolie. Il a su allier un geste très précis et beaucoup de grâce, l’énergie - parfois surprenante dans ce passage - et la musicalité. Cette variation a un pouvoir étrange. Déjà dansé par l’Opéra de Paris, ce passage, interprété par un formidable Mathieu Ganio, m’avait beaucoup interpellée.

Le deuxième, ballet, malheureusement, fut un dur retour à la réalité. Promethean Fire de Paul Taylor a été créé en 2002, avant d’être passé au Miami City Ballet il y a quelques mois. Comme l’a expliqué le directeur de la troupe Edward Villella, c’est un ballet sur le 11 septembre, marqué par l’horreur collective, mais aussi l’espoir qui peut naître des pires choses, tous ensemble. 

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Mes craintes de tomber dans le grandiloquent ont été parfaitement justifiées. Tout commence très mal avec une musique de Bach  réorchestrée massacrée de la pire des façons. Un orchestre tonitruant, des effets de rubato à n’en plus finir, et voilà Bach qui sonne comme du très mauvais inspiré Mendelssohn. Si, l’exploit est faisable, mais il faut l’écouter pour le croire.

La chorégraphie, pas mauvaise en soi, n’en est pas non plus particulièrement novatrice ou originale. Et n’hésite pas à faire dans l’effet. Costume noir sur fond noir, portée en forme d’avion, désespoir collectif et espoir collectif à la fin. Trop théâtreux et grandiloquent pour moi, je passe mon tour.

Même s’il est compréhensible que la troupe ait eu envie de montrer ce ballet, je me demande s’il ne convient pas qu’à un public américain. Promethean Fire parle d’un drame collectif, qui fait appel à l’inconscient d’une Nation dans ce qu’elle a de plus profond. Nous, en tant qu’Européen-ne-s, même si nous avons suivi ces événements dramatiques, pouvons-nous vraiment adhérer, ou même comprendre ce propos ? Ce sont les questions que je me pose au bout des 17 (longues) minutes, et reste circonspecte face aux très chaleureux applaudissements.

Theme and Variations fut pour sa part une expérience originale. Voilà du George Balanchine dans toute sa splendeur : une œuvre sans propos, mélangeant corps de ballet et solistes, voulant rendre hommage au ballet classique. Et plus précisément à La Belle au Bois Dormant. La musique est de Tchaikovski, le découpage reprend celui du divertissement du troisième acte, et le décor vient en effet tout droit du conte… version Walt Disney plus précisément. Tutus (très) bigarrés, décors (lourd) de carton-pâte bien acidulés, bienvenue dans un monde sucré et autres cupcakes colorés. 

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Je crains l’indigestion
dès les premières minutes. La théorie des sucreries reste la même que celle du drame. Un peu, c’est bien. Mais trop de sucreries tuent la sucrerie. Heureusement, mon âme de bon public, ravie depuis le début de ce festival, n’était pas planquée bien loin.
Après une dizaine de minute à hésiter entre le ravissement et l’écœurement, un beau passage du corps de ballet me fait définitivement passer du premier côté, même si la crise de foie fut évité de justesse. C’est encore une fois le sens musical exaltant de Balanchine qui a eu raison de mes réticences. Et en cerise sur la crème chantilly, une Jeanette Delgado tout simplement formidable, précise, brillante, et qui me séduit de représentations en représentations. 

Spectacle présenté dans le cadre des Etés de la danse. Représentations du Miami City Ballet, cours publics et projections de films au Théâtre du Châtelet jusqu’au 23 juillet.

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