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lundi 10 janvier 2011

2001-2010 : essai du bilan d'une décennie

Les débuts d'année me donnent toujours envie de tirer des bilans. Que retient-on des années passées, que reste-t-il dans l'histoire ? Si beaucoup aimeraient aller dans le passé, pour ma part, je voudrais aller 200 ans plus tard, voir ce que les livres ont retenu de mon époque.

La fin de 2010, c'est aussi la fin de la première décennie du XXIe siècle. Titrer "Bilan d'une décennie" me semblait bien présomptueux, même un "essai" me semble difficile.

Ce bilan est archi-subjectif. Ce n'est pas ce qui a marqué ces dix dernières années, mais ce qui m'a marqué, moi, en tout égocentrisme. Autrement dit, 1) j'ai dû oublier plein de choses importantes, et 2) vous n'allez sûrement pas être d'accord avec moi. Mais c'est aussi plus drôle comme ça.

DIX ANS D'ACTUALITE
L'événement de la décennie : En parlant avec des collègues, nous sommes spontanément tombé-e-s tout de suite sur deux événements : le 11 septembre 2001, ou bienvenu au XXIe siècle, et le tsunami du 26 décembre 2004, aussi bien par sa force meurtrière que par l'élan de solidarité qu'il a engendré. Viennent ensuite Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002, la crise financière de 2008 et l'élection de Barack Obama. Je rajouterai également la prise de conscience écologique, qui n'est pas vraiment un événement, mais le prélude à un changement de mentalité.

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Si je n'aurais pas cité spontanément Obama, la crise financière a indéniablement marqué mon parcours. Il y a eu durant cette période les licenciements de masse dans l'industrie, qui ont fait la une des journaux. Il y a eu aussi des dizaines de milliers de licencié-e-s économiques dont personne n'a parlé, les entreprises qui devaient se séparer de quatre, cinq, huit employé-e-s pour continuer. Peut-être que, dans 40 ans, on me demandera comment c'était. ça a en tout ca abouti à une génération qui a du mal à croire à l'adage diplôme=boulot, et dont l'équilibre de vie est aussi importante qu'un CDI. Sommes-nous vraiment des doux-ces rêveur-se-s ?

L'homme de la décennie : A égalité, Nicolas Sarkozy et Georges W. Bush. Le premier pour son empreinte médiatique en France sur ces dix dernières années. Je ne sais pas si quelqu'un s'amusera un jour à faire le compte, mais ce doit être le nom le plus écrit dans la presse depuis 2002. Le second car la face du monde ne serait sûrement pas ce qu'elle est aujourd'hui sans ses huit ans de présidence.

La femme de la décennie : Ingrid Betancourt. Enlevée le 23 février 2002, les années ont été marquées par les anniversaires de sa captivité. Une femme forte, remplie de ses convictions, et qui a voulu mener jusqu'au bout ses idées. J'ai eu du mal à comprendre l'acharnement qui est retombé sur elle après coup, qui peut donc la juger ?

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Le conflit de la décennie : Au delà de la guerre en Irak, il s'agit plutôt de la guerre terroristes contre monde occidental.

Bref, que des bonnes nouvelles, n'est-ce pas ? Mon optimiste indécrottable ne faillit pourtant pas, et je persiste à croire que le XXIe siècle sera progressiste.

Durant ces 10 ans, je suis également passé de l'autre côté de la barrière, en devenant journaliste. Je me suis souvent faite la réflexion, en discutant avec des collègues de 50 ans, que décidément, je ne faisais pas le même métier qu'eux. Il est assez inquiétant de voir comment la presse a si peu évolué, finalement. Il y a quelques jours, France Inter organisait une grande journée spéciale sur le journalisme et Internet. Les invité-e-s, souvent des grands patrons de presse, tenaient le même discours qu'il y a dix ans, en parlant d'Internet comme d'un lieu de non-droit, et des internautes comme de dangereux terroristes. C'est pas gagné.


DIX ANS DE DANSE
Allez, place à un peu de légèreté.

Ces dix dernières années ont marqué une grande évolution de mon approche de la danse. En 2001, je pratiquais assidûment, parfois jusqu'à un cours quotidien. Aujourd'hui, je m'en programme trois par semaine, et arrive avec peine à en suivre un. En 2001, j'allais voir très peu de spectacles, peut-être un par an. Aujourd'hui, je vais voir plusieurs distributions de chaque ballet. Le changement s'est fait lorsque j'ai commencé à travailler.

Mon parcours a fait que je n'ai pas vu éclore la génération des années 2000 : Marie-Agnès Gillot, Laetitia Pujol, Jérémiiiiiiiiie Jérémie Bélingard, Hervé Moreau, Benjamin Pech... Je suis passée directement de l'éclosion d'Aurélie Dupont à celle de Dorothée Gilbert. Frustrée, un peu, mais je ne me souviens pas d'avoir eu à 20 ans l'envie de courir les ballets.

Le spectacle de la décennie : Deux choses me viennent spontanément à l'esprit : Le Boléro de Maurice Béjart dansé par Sylvie Guillem en 2008, sur le Bassin de Neptune du Château de Versailles. Puissant, physique, étourdissant, hypnotisant. Et La Dame aux Camélias. C'est vraiment ma grande découverte. Je ne sais pas si c'est parce que je suis toujours tombée sur des interprètes qui savaient me toucher, l'intelligence du ballet, le génie de Neumeier, la musique de Chopin, ou un peu tout ça à la fois. Mais ce ballet me touche profondément.

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Le danseur de la décennie : Nicolas Le Riche. Sans discussion.

La danseuse de la décennie : Aurélie Dupont. Sans discussion non plus.


DIX ANS D'INTERNET
En 2001, j'en étais encore à écouter la petite musique de connexion au Modem. Aujourd'hui, je me sens perdue lorsque la 3G n'arrive pas jusqu'à ma rame de métro. Qui pourra dire que le web n'a pas profondément changé nos vies ?

Notre dieux à tou-te-s de la décennie : Google. La référence ultime. Plus qu'indispensable, évident. Il a su à la fois capter les débutants en informatique par sa simplicité, et se faire adorer des pures geeks par ses nombreuses applications et l'utilisation du code libre (sauf pour son algorithme de base, faut pas déconner non plus). Google sait tout de nous, et tout le monde trouve ça génial, moi y compris.

Le site de la décennie : Facebook. Si je minutais ma journée, non, je ne passe pas la majeure partie de mon temps sur Facebook. Mais c'est vrai, c'est le premier site sur lequel je me connecte, le dernier que je regarde avant d'aller me coucher, et celui où je dois me rendre le plus de fois dans la journée. J'ai beaucoup aimé le film The Social Network, qui, au-delà de dépeindre le bizarre génie qu'est Mark Zuckerberg, est une bonne photo de la génération actuelle.

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Le moyen de communication de la décennie : les blogs. Le truc qui fait peur aux vieux journalistes. Maintenant, les internautes peuvent donner leur avis, parfois même ils écrivent bien, mais où va-t-on ? Je m'y suis mise pour ma part en 2004, et continue l'aventure toujours aussi joyeusement. Un véritable moyen d'expression libre, et qui reste sous mon contrôle.

La personnalité de la décennie : Steve Jobs, le fondateur d'Apple. iPod, iMac, iPhone, iPad, c'est lui. Ou comment inonder un marché avec des objets plus chers que ceux de la concurrence, mais avec une moins bonne technologie. Un pur génie marketing, qui a réussi à démocratiser l'informatique, le lecteur MP3, les Smartphones et prochainement les tablettes numériques.  

Le phénomène de la décennie : le téléchargement. C'est maaaaaaaaal quand il est illégal. Il est drôle de voir que, là encore, les majors du disque tiennent peu ou prou le même discours qu'il y a dix ans. Les choses ont pourtant évolué, avec la tentative acharnée d'instaurer le réflexe du légal, en grande partie grâce à iTunes. Les télés s'y sont mises aussi, surtout pour les séries TV. Au delà du problème économique pour ces secteurs, je trouve ça tout même formidable, philosophiquement parlant, de savoir que Les Misérables ou le Requiem de Mozart sont à quelques clics de n'importe qui.



DIX ANS DE TELEVISION
En 2001, on regardait Loft Story arriver avec une certaine méfiance. Aujourd'hui, tout le monde rigole devant Qui veut épouser mon fils, et ça ne choque plus personne. Les candidat-e-s ont eu le temps de comprendre en dix ans comment ça fonctionnait. Et ce sont désormais eux-elles qui s'amusent avec "la prod", entité mystérieuse et grande prêtresse des émissions.

L'émission de la décennie : Nouvelle Star. Le  programme a réussi quelque chose de formidable : reprendre le concept de la télé-réalité, humilier un-e candidat-e devant des millions de téléspectateurs, pour en faire quelque chose de très positif et de vraiment intéressant musicalement. Car durant les années fastes, au delà des castings qui nous faisaient bien rire, il y avait de vrais bons moments de musique. Et Baltard restait le seul endroit à la télévision française où l'on pouvait jouer en live des chanson indé-rock absolument pas fm-isante. RIP.

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L'homme de télé de la décennie : Nikos Aliagas. Parce que la Star Academy réunissaittout de même, jusqu'à 11 millions de téléspectateur-rice-s dans ces années de faste.

La femme de télé de la décennie : Alexia Laroche-Joubert. La grande prêtresse d'Endemol a tout simplement changé le visage du PAF. En bien ou en mal, c'est un autre débat, mais son influence a été radicale.

La série de la décennie : 24. Lancée en 2001, finie en 2010, parfaitement dans les cordes. Un concept génial qui a définitivement inscrit le genre de la série comme un art à part, devenant même une source d'inspiration pour le cinéma. 24 a été le moteur de l'apparition de toute une nouvelle génération de séries, où les scénaristes sont les rois de l'imagination. Lost, Grey's Anatomy, Desperate Hosuewives, HIMYM... On ne s'est décidément pas ennuyé.

La chronique de l'année : Le Petit Journal. Les années 90 ont été marquées par Les Guignols, les années 2000 l'ont été par Yann Barthès. Se bonifiant avec les ans, il attaque tous les partis, relevant les tics et petits défauts. S'énerver contre lui équivaut à une mort politique. Il est même de bon ton pour une personnalité politique invitée au Grande Journal de rire, surtout quand les images la concernent.


DIX ANS DE MUSIQUE
Deux courants sont arrivés : la pop totalement assumée et décomplexée (après les Boys Band, de toute façon, il n'y avait pas grand chose d'autre à faire) et les chansons à textes, là aussi décomplexées, plus c'est compliqué mieux c'est.

Le chanteur français de la décennie : Bénabar et Benjamin Biolay. Le premier a réussi à prendre la place de Goldman, le chanteur populaire par excellence, qui plait aussi bien à l'ado de 15 qu'à sa grand-mère de 70 ans. Le tout avec des chansons bien écrites, qui résonnent dans le quotidien, et des concerts bon enfant. Le second représente la veine élitiste, encensé par la critique, inconnu du public, jusqu'à La Superbe qui a réuni les deux. Je trouve la personnalité toujours aussi imbuvable qu'il y a dix ans, mais cet album est sublime.

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La chanteuse française de la décennie : Oliva Ruiz. A démarré par la Star Academy et a chanté des chansons de Juliette. Un parfait mélange des genres. Elle sait en plus écrire de vrais gros tubes, et distiller ce qu'il faut de sa vie privée à la presse. Un vrai prodige.

La chanteuse internationale de la décennie : Beyoncé. Ou comment prendre son destin en main et devenir avant 30 ans l'impératrice de la musique US, devant laquelle tout le monde s'incline. Ce n'est pas forcément le style de musique que j'apprécie le plus, mais j'admire sa personnalité.

Le chanteur international : Timbaland. Ce n'est pas à proprement parler un chanteur. Mais son emprise sur la musique, sur la façon de faire de la musique et de la produire a été phénoménale. Avec à la clé un nombre de tubes assez impressionnants.

La chanson de la décennie : Toxic. Britney. Sans discussion.


DIX ANS DE CINEMA
Le film de la décennie : Spontanément, trois titres me sont tout de suite venus à l'esprit, Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, La Vie des autres et Avatar. Le premier pour cette histoire qui a su toucher tellement de gens, et pour ces petits riens qui sont devenus de vraies références. Personnellement, ce film m'a énormément marqué. Le deuxième pour son approche si juste de l'histoire contemporaine, une partie encore extrêmement peu abordée. Et le troisième pour le défi technologique, bien parti pour révolutionner le cinéma des dix prochaines années.

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain
L'acteur international de la décennie : George Clooney. Ou comment passer d'un acteur de série, certes talentueux, mais il y en a beaucoup, à un comédien absolument incontournable, enchaînant succès sur succès sans tomber dans le film potache. Aujourd'hui, il fait ce qu'il veut, tourne dans les films qu'il veut, réalise les films qu'il veut. Et comme il a très bon goût et une certaine âme de rebelle, sa filmographie est un véritable chef d'œuvre. Et puis What else ?, c'est un peu le slogan de la décennie, non ?

L'actrice internationale de décennie : Kate Winslet. D'un point de vue chiffre, ce n'est certainement pas elle qui a attiré le plus de monde dans les salles. Entière dans son jeu d'actrice, véritablement interprète, elle est en plus vraiment différente des autres. J'aime ses choix de carrière.

L'acteur française de la décennie : beaucoup, beaucoup de mal. Je dirais Kad Merad, mais cela compte plutôt pour les quatre dernières années.

L'actrice française de la décennie : Mélanie Laurent. Il s'agit plutôt d'une révélation, mais quelle révélation. Elle est partout, réussit tout ce qu'elle touche, et se lance même dans la réalisation.



DIX ANS DE LITTERATURE
Un peu plus succinct, j'ai moins suivi.

L'auteur de la décennie : Michel Houellebecq. Décrié en 2001, personnalité imbuvable. Adulé 2010, où tout le monde crie au génie avec son Goncourt. Personnalité toujours aussi imbuvable, mais c'est vrai que les responsables livres des différentes rédactions m'en ont toujours parlé, du point de vue littéraire, avec un immense respect. Je devrait 'y mettre.

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La série de la décennie : Harry Potter. Certes, elle a débuté en 1997, mais je ne l'ai découverte qu'à la fin de 2000, donc ça passe. Les différentes sorties ont véritablement rythmé ma vie de lectrice de ces dernière années. Vous savez déjà combien je trouve ces livres géniaux, je n'en remets pas une couche.

La (fausse) polémique de la décennie : Le Da Vinci Code. Il est assez drôle de voir le déchaînement médiatique que ce livre a créé. Parce qu'entre nous, c'est un bon livre, bien fait, et j'ai pris un certain plaisir à le lire. Mais d'un point de vue littéraire, on est (très) loin de révolutionner le genre. Quant aux "révélations" qu'il contient, ça tombe assez vite à plat.


Il y aurait bien d'autres choses à dire sur cette première décennie du XXIe siècle, comme les nouveaux codes de communications, Meetic, la pub virale, le buzz Internet indispensable pour lancer un produit ou l'apparition de nouveaux mouvements féministes. Les paris sont maintenant ouverts pour savoir qui sera dans ce bilan en janvier 2020.

Et vous, qu'en retenez-vous ?

vendredi 26 novembre 2010

Tiens, ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé de Harry Potter ici

J'ai l'impression que je n'écris que sur Harry Potter et les Reliques de la Mort depuis deux jours au boulot, ça m'a replongé dedans. 

Il y a une chose qui m'énerve quand un film Harry Potter sort. On ne parle que de la cash-machine. D'un point de vue cinématographique, je suis d'accord. Couper le tome 7 en deux en est la preuve. D'un point de vue dramatique, c'est Harry Potter et la Coupe de Feu qu'il aurait fallu faire en deux parties.

Le problème, c'est que les livres sont chaque la fois ramenés dans le même sac. Et la fortune de J. K. Rowling, et l'engouement des enfants, et les "Franchement, je n'ai pas envie de le lire, c'est beaucoup trop commercial".

Et ça, la fan qui est en moi, ça l'énerve.

Est-ce un problème typiquement français de considérer qu'un livre qui marche est forcément "commercial" (c'est mal) ?

Ma mission aujourd'hui : vous donner envie de lire la saga (je suis très forte à ce jeu). Et de ne surtout pas aller voir les films, malheureux-se-s, vous voulez être spoliés ? 

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Harry Potter, c'est commercial

De ce point de vue, je suis neutre. J'ai commencé à le lire en 2000, lorsqu'il n'était connu que dans les cours d'école, qu'il n'y avait pas les films et tout le tralala. Je n'ai pas été poussée par l'engouement. J'ai juste vu ma petite sœur le dévorer, et la curiosité de lectrice m'a poussée à aller voir plus loin. Harry Potter a cartonné en librairie, c'est le moins que l'on puisse dire. Est-ce la preuve qu'il est mauvais. Il est si difficile d'imaginer qu'un livre se vende bien, tout simplement parce qu'il est excellent ? Oui, le film est commercial, mais l'auteur n'a rien à voir là-dedans. Sachons faire la part des choses.

Harry Potter, c'est pour les enfants

Un jour, une formidable libraire m'a dit : "Harry Potter, c'est comme Tintin. C'est universel, il n'y a pas d'âge pour le lire".

Le premier tome, c'est vrai, est assez enfantin. A part quatre ou cinq chapitre dans toute la saga, l'histoire nous est racontée par les yeux de Harry. Lors du premier tome, c'est un enfant de 11 ans. Mais petit à petit, vers les tomes 2/3, l'auteure prend une certaine distance avec son personnage. Cela devient la vision d'une adulte sur un adolescent. Le livre perd donc son caractère enfantin dans la vision des choses, et se teinte même par moment une ironie très appréciée. 

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Je ne lirais pas Harry Potter, je n'aime pas le fantastique

Et bien moi non plus. Harry Potter est le premier livre fantastique que j'ai lu. Depuis, J'ai juste lu Les Royaumes du Nord (vraiment pour les enfants pour le coup), (vraiment mal écrit pour le coup) et TwilightLe Seigneur des anneaux. Le reste du temps, c'est romans du XIXe, Hugo, Zola, ou Jane Austen.

J'ai tout de même accroché, car, disons le tout net,Harry Potterest un chef-d’œuvre de la littérature fantastique (je pèse mes mots). Le but du fantastique est d'inventer un monde parallèle, crédible pour qu'on puisse y croire. Et le monde inventé par J. K. Rowling est tout simplement incroyable. Parce qu'elle a pensé à tout, tous les détails, tout. Je n'arrive toujours pas à comprendre comment un cerveau humain a pu inventer tout ça. Tout est imbriqué, tout a une raison, rien n'est là par hasard. C'est pour ça qu'en tant que lecteur-rice, on y croit. A partir du moment où on accepte l'idée qu'il y a des sorciers, on adhère à son monde, et on ne peut plus en partir.

Harry Potter, ce n'est pas de la grande littérature

Harry Potter, ce n'est pas du Shakespeare, personne ne dira le contraire. Mais entre ça et Twilight, il y a un monde. ça reste néanmoins un livre bien écrit, avec un savante dose de suspens, des personnages très travaillés et tout sauf manichéens, des descriptions vivantes.

On ne lit pas Harry Potter pour le plaisir des mots, on le lit, car ce livre est du plaisir de lire à l'état pur. C'est honnêtement ce livre qui m'a fait vivre parmi mes plus fortes émotions en tant que lectrice. C'est incroyable. On est transporté ailleurs, on est physiquement avec les personnages. On quitte son quotidien et l'heure qui tourne. On ne ressent plus que l'envie de lire la suite, on s'attache à tous ces gens. N'est-ce pas ce que nous attendons d'une lecture ? Nous transporter dans un autre monde ?

Les spécialistes méfiants m'énervent. Comme si, pour un enfant, lire Harry Potter était un acte dangereux. C'est vrai, j'en connais, il y a des gamins qui n'ont lu que ça pendant deux ans. Ils les lisaient, puis recommençaient, et recommençaient indéfiniment. Qu'y a-t-il de mal à ça ? J'en ai vu un autre, à la sortie du tome 5, sauter de joie parce que son nouveau livre faisait 736 pages. Comment peut-on être contre ça ? Un enfant qui découvre le plaisir de lire, je trouve ça génial.

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Mais qu'est-ce vous trouvez à la fin à ce livre ? J'ai vu les films, c'est pas terrible

C'est justement ça le truc. Ceux et celles qui n'ont pas lu Harry Potter ne peuvent pas comprendre. C'est un peu bête à écrire comme ça, mais c'est vrai. C'est quelque chose d'à part. Quand au film, ce n'est qu'un ersatz des livres, conçus pour un public ados avant tout, quand le livre n'est écrit que pour les lecteur-rice-s.

Il y a des livres qui ont changé ma vie. Au Bonheur des dames, par exemple, mon entrée dans le romantisme. Harry Potter ne fait pas partie de ceux-là.

Mais ma petite sœur m'a un jour sorti ça : "Je n'aurais pas été la même sans Harry Potter". Pas qu'elle soit une meilleur personne grâce à ce livre. Elle l'a commencé à 10 ans, l'a finit à 17 ans, a vraiment grandit avec les héros, et l'a énormément lu à l'âge où on se construit.  Cette lecture n'a pu qu'influencer son caractère, en bien ou en mal, là n'est pas la question. 

Bref, sortons de l'idée qu'un bon livre doit forcément faire partie de la graaaaaande littérature. Le fantastique, c'est bien aussi.

Avec Harry Potter, on s'évade, on frémit, on est en colère, on pleure un peu, on veut en savoir toujours plus, on ne voit plus l'heure passer, on reste bloqué pendant 10 minutes après l'horrible chapitre 27 du tome 6, on rate sa station de métro, on se demande ce que cache Snape durant toute la saga, on se pose des questions, on rit beaucoup, on élabore des théories, on les détruit, on en élabore d'autres, on est surpris tout le temps, on sursaute, on reste bouche bée.

Vous voudriez vraiment vous priver de ça ?

vendredi 27 février 2009

Les Contes de Beedle Le Barde... et toujours aussi fan de Harry Potter

Ceux qui me lisent depuis un certain temps, ou qui étaient mes voisins de bureau en octobre 2007, savent que je suis une véritable fan de Harry Potter. Une vraie de vraie, celle qui est capable de faire la queue à minuit pour se procurer un nouveau tome dès la première heure, tellement elle ne peut pas attendre.

Hier est sorti un autre livre de J.K.Rowling, et lié à la saga harrypotterienne : Les Contes de Beedle Le Barde.


La date du 4 décembre était connue de ma part depuis bien longtemps. Mais quelques nouvelles piges me l'ont un peu sorti de la tête. Jusqu'à mercredi, où je tombe sur l'info. Mon sang ne fait qu'un tour, et mon instinct de fan se réveille immédiatement. Ce livre, il sera pour moi dès le jour de sa sortie.

Notez que j'ai fait quelques progrès dans la patiente. Je ne suis pas arrivée au taf en retard pour aller le chercher, je n'ai pas sauté ma pause déjeuner pour l'acheter. Non, j'ai sagement attendu 19h et la fin de ma journée de pige pour me ruer à la Fnac Saint-Lazare.

En grimpant les escalators et en bousculant tout le monde sur mon passage, j'ai eu un peu l'impression de me retrouver un an en arrière. Le même petit pincement au cœur quand je découvre le livre dans les rayons, le même sourire quand je vois le nombre de gens à côté de moi, aux caisses, qui ont le même objet dans la main.

Et sinon, comment expliquer ce que sont les Contes de Beedle Le Barde à ceux, les malheureux, qui n'ont jamais lu de Harry Potter ? Ces fameux contes sont des histoires pour sorciers, notre équivalent des contes de Grimm. Ils ont une très grande importance dans le tome 7. Dumbledore offre ce livre de contes à Hermione, et l'une des histoires contient de précieux indices pour aider les trois héros à comprendre le dénouement final.

J.K. Rowling devait s'ennuyer de ce monde des sorciers, puisqu'elle a décidé d'écrire ces fameux contes, tout en les illustrant de sa main et en y ajoutant quelques commentaires et annotations de Dumbledore himself.

Cet objet qui appartient à cet univers de fiction, et qui donc n'existe pas, prend soudain forme dans la réalité, comme si la frontière entre monde imaginaire et monde réel était un peu plus ténu que ce que l'ont croit. Ce très joli livre rend encore plus réaliste le monde de Harry Potter.

Je l'ai juste feuilleté pour l'instant, ayant déjà un livre en cours. Mais je me régale à l'avance.

Au passage, les bénéfices des Contes de Beedle Le Barde vont directement à l'association Children's High Level Group, œuvre pour la protection et la défense des droits des enfants et pour améliorer les conditions de vie des jeunes en difficulté.

Et pendant que je parle de Harry Potter, n'hésitez pas à faire le test de la Gazette du Sorcier, pour savoir à quel point vous êtes vraiment fan de la saga. Pour ma part, j'ai obtenu un score correct de 47% : "Vous êtes un(e) fan, un(e) vrai(e). Quand vous avez fini de relire Harry Potter 6, vous relisez Harry Potter 4, pour changer."

Et oui, que 47%... Il y a donc bien pire que moi !