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vendredi 30 mars 2012

La Bayadère : épisode 2

Mercredi 28 mars 2012. La Bayadère de Rudolf Noureev par le Ballet de l’Opéra de Paris, à l’Opéra Bastille. Avec Myriam Ould Braham (Nikiya), Florian Magnenet (Solor), Charline Giezendanner (Gamzatti), Allister Madin (L' Idole dorée), Héloïse Bourdon, Valentine Colasante et Sabrina Mallem (les trois Ombres), Eléonore Guérineau (Manou), Cyril Mitilian (L' Esclave), Axel Ibot (Le Fakir), Eric Monin (Le Rajah), Yann Chailloux (Le Grand Brahmane), Héloïse Bourdon et Sébastien Bertaud (les Indiens).

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N.B. : Les photos des saluts sont de Blog A Petits Pas.

Passer une bonne soirée, lorsque l’on s’attend à ce que cela soit une bonne soirée, est toujours agréable. Ouf ! Les espoirs placés dans la distribution choisie avec minutie n’ont pas été déçus. Se laisser surprendre et trouver une qualité là où on ne l’attendait pas se savoure également.

La représentation de La Bayadère du 28 mars est un peu un mélange de tout ça. Une réussite attendue et une surprise. Le public était majoritairement composé d’habitué-e-s, qui comme moi attendait avec impatience la prise de rôle de Myriam Ould-Braham en Nikiya. Mathilde Froustey aurait également dû y faire ses premiers pas en Gamzatti, mais pour cause de blessure, c’est finalement une autre Sujet, Charline Giezendanner, qui a eu la chance d’étrenner ce rôle. 

Dès son entrée, voilée, Myriam Ould-Braham a rayonné. Sa technique sûre et toute en finesse a fait des merveilles au premier acte. Sa variation de Nikiya n’est pas vraiment spectaculaire, mais son sens du mouvement, sa musicalité, le soin apporté à chaque détail des mains et des poignets, en ont fait un petit moment de grâce.

Artistiquement, Myriam Ould-Braham a choisi d’être une Nikiya très romantique, féminine, presque glamour dans ce bustier serré. Loin des héroïnes éthérées et farouches, elle en a fait une femme sûre d’elle et de son amour, véritable princesse sans en avoir le sang. Sa pantomime très lisible, comme toutes celles des seconds rôles d’ailleurs, ont fait passer cet acte à toute vitesse, malgré un corps de ballet féminin qui semblait fatigué.

Myriam Ould-Braham a en plus la qualité de bonifier ceux qui l’entourent. Florian Magnenet, dont je n’attendais rien, a ainsi beaucoup surpris. Sans parler d’une ébouriffante flamboyance dans ses variations, il a montré ce soir-là une qualité que je ne lui connaissais pas : de la crédibilité dans sa pantomime.

Sans en faire trop, il a su se glisser dans la peau de Solor, sincèrement amoureux de Nikiya, mais trop timide face au pouvoir. Leur couple fonctionnait ainsi très bien, et restait très touchant tout au long du ballet. L’adage du premier acte, bien souvent un peu longuet, était ainsi indéniablement l’un des plus jolis moments du ballet.

Visiblement, Myriam Ould-Braham et Florian Magnenet ont eu le temps de travailler ensemble. Remplacer quelqu’un au pied levé reste un exploit, mais voir un partenariat qui n’a pas l’air d’improviser sur scène, cela fait du bien aussi. L’entente était là, aussi bien techniquement qu’artistiquement.

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Le premier acte a aussi vu l’arrivée de Charline Giezendanner, qui n’a visiblement pas travaillé dans les mêmes conditions. Sa Gamzatti faisait bien plus enfant pourri-gâté que princesse altière. Ceci-dit, au début, cela ne gêne pas vraiment à l’histoire une fois la surprise passée. La confrontation avec Nikiya, par contre, manquait de force de son côté, la lutte était inégale. Difficile de se battre pour un homme lorsque l’on a l’impression qu’elle parle d’un  jouet. Mais l’on ne peut reprocher quoi que ce soit à la danseuse, qui n’a eu qu’une semaine pour répéter, et qui s’est sortie de cette difficile prise de rôle plus qu’honorablement.

Malgré la fatigue du corps de ballet, le deuxième acte a été sauvé par de très bons seconds rôles. Allister Madin a dansé une Idole Dorée de haute tenue, précise, avec beaucoup de style. Eléonore Guérineau était adorable en Manou, et Héloïse Bourdon surprenant en Indienne. On ne la voit que dans des rôles lyriques, mais elle en jette aussi dans un moment de caractère.

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La Gamzatti de Charline Giezendanner a un peu plus souffert. Si techniquement la danseuse s’est montrée très sûre, le résultat est resté trop scolaire, trop petite fille, et le public n’a pu être emporté. Florian Magnenet, qui n’avait personne pour le tirer vers le haut, s’est réduit au minimum. Dommage, ce grand pas d’action, qui fait tellement d’effet, est resté trop gentil.

Myriam Ould-Braham a par contre continué de tenir son rôle. Sa variation tout en cambrés était rempli d’émotion, et sa mort empoisonnée très juste. La danseuse n’en fait jamais trop dans le drame, et sait rester naturel. A tort ou à raison ?  Du dixième rang, son jeu était saisissant, mais atteint-il le fin fond du deuxième balcon…

Florian Magnenet a lui aussi été juste. On le sent tout du long toujours amoureux de Nikiya. S’il accepter d’épouser Gazmatti, c’est bien plus par la peur de désobéir que par pure tromperie. Son Solor, sans tomber dans la naïveté, y gagne en sincérité, et sait rester touchant. "So Cute" serait l'adjectif parfait

Le troisième acte fut un très beau moment. Si la descente des Ombres fut un peu laborieuse, le reste resta de haute tenue, et fit oublier les trois ombres honnêtes-sans-plus. Myriam Ould Braham y a pour sa part déployé tout son lyrisme, montrant comme jamais ses si belles qualités de ballerine classique. Véritable étoile, elle a illuminé ce troisième acte, porté par un orchestre qui a sublimé la musique de Minkus. Florian Magnenet a plus servi de faire-valoir pour le coup, mais leur partenariat est resté équilibré. 

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C’est définitivement ce couple, et leur façon de travailler ensemble, qui a porté cette soirée. Chacun y a déployé non seulement de l’assurance, mais aussi de la personnalité et beaucoup de complicité. En espérant qu’ils aient la même chance de travail sur L’Historie de Manon, même si Floriant Magnenet risque de montrer plus facilement ses limites de comédien dans ce prochain ballet.

mercredi 26 janvier 2011

Un gala Karl Paquette et sa révélation Marine Ganio

Dimanche 23 janvier, une foule d'habitué-e-s de Garnier s'est courageusement aventurée en banlieue parisienne, à Saint-Maur, pour un gala réunissant plusieurs artistes du Ballet de l'Opéra de Paris dans des grands pas de deux classiques, sous la houlette de Karl Paquette.

Ces galas sont l'occasion idéale pour découvrir de jeunes danseur-se-s dans des rôles de solistes, ce qu'ils/elles n'ont pas vraiment l'habitude de faire le reste de l'année dans la compagnie. Et là encore, ça n'a pas raté. Une personne que l'on ne voit jamais seule en scène a véritablement brillé cet après-midi, et a révélé sa vraie nature de soliste. J'ai nommé Marine Ganio.

Marine, sœur de l'étoile, jamais mises en valeur dans le corps de ballet. Elle m'avait déjà fait forte impression lors de la soirée Danseur-se-s/Chorégraphes quelques jours plus tôt, elle m'a ici vraiment impressionné.

Deuxième extrait du spectacle, La Belle au Bois Dormant, pas de deux du troisième acte. Marine Ganio est d'abord très sûre techniquement. Elle avance, sans faille, avec facilité et grâce. Surtout, elle en impose. Elle arrive sur scène, elle ne s'excuse pas d'être là. Elle est Aurore, la jeune femme devenue adulte dans les bras de son prince. Elle rayonne sur scène, charme le public et emballe le tout avec beaucoup de brio et de naturel. Bravo !

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Son partenaire Pierre-Arthur Raveau n'a pas démérité non pus. Certes, il a les défauts de sa jeunesse, une allure de jeune fougueux bondissant à mèche (syndrome Mathieu Ganio en force) qui peut parfois être énervant, ou cette pointe d'anxiété dans le regard et cette légère crispation de la mâchoire avant d'entamer une prouesse technique. Mais tout de même, il est difficile de résister à ses sauts qui s'envolent, son aisance sur scène, sa fraîcheur, son enthousiasme et ses facilités à la belle danse. Et puis, avec son air un peu naïf de jeune premier, il est vraiment trop choupinet. A suivre de près.

Ce couple est revenu un peu plus tard pour un pas de deux du deuxième acte de La Sylphide. S'il n'y a rien non plus à leur reprocher, je suis moins rentrée dans leur histoire, et me suis un peu ennuyée. Mais cette impression n'est que pure subjectivité.

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Bref, Marine Ganio m'a fait passé une belle après-midi. Et pourtant, ce n'était pas gagné au vu du premier extrait du spectacle, le pas de six de Raymonda. Ou une pure monstruosité technique. C'était fébrile, crispé, et pas très à l'aise. Les deux garçons Fabien Révillion et Yann Chailloux nous ont fait un vaste portnawouak dans leur duo, tandis que les jeunes Marion Barbeau et Silvia Saint-Martin ne semblaient pas totalement maîtriser leur variation, au demeurant, vraiment difficiles et longues. Héloïse Bourdon a fait une jolie variation de la claque, mais c'est vraiment lors du final que les danseur-se-s lâchent enfin la pression, et se mettent véritablement à danser. Le tout sous l'impulsion de Karl Paquette, très investi artistiquement dans son rôle. 

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Le spectacle a continué, après Raymonda et La Belle, par le célèbre pas de deux du deuxième acte du Lac des Cygnes. Exercice difficile que de transmettre de l'émotion, sans tout ce qu'il y a avant et les 32 cygnes (c'est quand elles ne sont plus là que l'on se rend compte de leur importance). Karl Paquette et Héloïse Bourdon forment un très joli duo, tendre et complice. La jeune danseuse semble déjà faire un vrai travail sur Odette, que ce soit artistiquement ou au niveau des bras. Tout n'est bien sûr pas abouti, mais il y a déjà une véritable réflexion, et je suis vraiment curieuse de la voir à l'œuvre un de ses jours dans le ballet complet.

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Vient ensuite Giselle, le pas de deux de l'acte II, interprété par Silvia Saint-Martin et Yann Chailloux. Là encore, l'exercice n'est pas évident. Les deux danseur-se-s y ont mis beaucoup d'eux, et cela a donné un plutôt joli moment. Silvia Saint-Martin semble faite pour les rôles romantiques, et elle a vraiment le physique de sa Giselle. Yann Chailloux se défend des difficultés techniques. Bref, il/elle s'en tirent bien.

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La Sylphide enchaîne, suivi d'un pas de deux de Roméo et Juliette, par Marion Barbeau et Fabien Révillion. Les deux artistes ont choisi la voie de la gaieté. Il/elle sont jeunes, frais, pleins d'amour et d'espoir dans la vie... et ça s'arrête un peu là. Le pas de deux est plutôt long, et la monotonie des sentiments exprimés nous le fait un peu sentir. Marion Barbeau se distingue toutefois. Voila une danseuse sûre techniquement, fraîche comme une rose, rayonnante, heureuse d'être sur scène. Et cela fait plaisir à voir.

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Le spectacle se termine en beauté avec le duo d'Esmeralda, interprété par Karl Paquette et Héloïse Bourdon, qui ont eu décidément tous les morceaux de bravoure. Les deux artistes sont brillant-e-s et nous offre un joyeux moment de danse. ça tourne, ça saute, ça fouette à toute vitesse et ça nous emporte sans aucune difficulté.

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Les applaudissements sont nourris et mérités, non seulement pour ce beau final, mais pour l'ensemble du spectacle, plutôt sympathique et qui a su mettre en valeur chacun-e des jeunes danseur-se-s présent-e-s.

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© Photo : Danses avec la plume

mardi 2 novembre 2010

Concours de promotion 2010 du Ballet de l'Opéra de Paris : les pronostics

Le concours internet du Ballet de l'Opéra de Paris 2010, c'est pour vendredi (pour les danseuses) et samedi (pour les danseurs). A quelques jours des épreuves, il est largement temps de se lancer dans les considération du "Mais qui va bien pouvoir monter".

J'ai donc demandé à quatre blogueuses/forumeuses de me livrer leurs pronostics pour les différentes classes. Nous aurons donc les avis de Cathy, administratrice du forum Danser en France, Alice, modératrice du forum Ballet Danse Passion et auteure du blog Terpsichore a Barcelona, Cams, auteure du blog Danse-Opéra, et Sophia, auteure du blog Artifact Suite.

Pour chaque classe, je leur ai demandé leurs favori(te)s, ceux et celles qu'elles aimeraient voir monter sans autre considération que leur préférence artistique, et leurs pronostics, ceux et celles qui, selon elles, ont le plus de chance de monter, à la vue de leurs distributions et forme du moment. Il est parfois étonnant de voir comme leurs avis se recoupent parfois, elles n'ont en tout cas pas mâché leurs mots (et tant mieux).


Classes des quadrilles femmes, un poste de coryphée à pourvoir (variation libre : Le Lac des cygnes, 2ème variation Pas de trois)

Leurs favorites

Cathy : Je n'ai pas de préférée.

Alice : Léonore Baulac et Emilie Hasboun. Toutes deux mériteraient amplement de monter coryphées. Elles irradient littéralement sur scène, pas besoin de regarder leur nom dans le programme, je les repère immédiatement. J'espère donc que l'unique place cette année reviendra à l'une de ces deux belles danseuses. Emilie Hasboun ne me semble pas être distribuée à sa juste valeur. Elle m'éblouit à chacune de ses apparitions sur scène. J'ai l'impression qu'elle est "oubliée" de la direction et je ne suis pas très optimiste quant à son passage dans la classe des coryphées. Autre prétendante selon moi également : Marion Barbeau qui a aussi beaucoup de charme et d'élégance.

Cams : J’apprécie Miho Fujii qui a vraiment une belle danse et est lumineuse. Cela fait très longtemps que Sophia Parcen est quadrille. C’est dommage car on la remarque vraiment dans le corps de ballet. Elle est souvent en première ligne dans les mouvements d’ensemble. Elle est très dynamique et investie. Cela fait plaisir à voir. Après je connais trop mal les autres pour pouvoir donner un avis.

Sophia : Je n'ai pas non plus de "chouchous". Les petit(e)s jeunes me semblent dans l'ensemble assez fades (franchement, aucun/aucune ne m'a frappée jusque-là) et les plus âgé(e)s peut-être pas/plus trop au niveau.


Leurs pronostics

Cathy : Léonore Baulac peut monter. Pour cette classe, ce sont souvent les prestations le jour J qui décide qui va monter.

Alice : Léonore Baulac me semble plus appréciée. Mais encore une fois, difficile de savoir tant l'ODP est surprenant quelques fois.

Cams : C’est plus difficile car comme elles ne font que du corps de ballet on a du mal à savoir si certaines plaisent plus que d’autres. Peut être Léonore Baulac qui a fait le concours de Varna cette année.

Sophia : De toute façon, ce concours n'est pas vraiment stratégique, et il risque surtout de dépendre de la prestation du jour J. En général, il n'y a pas de vraies surprises, eu égard aux prestations du concours.

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Classes des quadrilles hommes, cinq postes de coryphées à pourvoir (variation libre : Giselle, variation acte II)

Leurs favoris

Cathy : Je n'en sais rien, je connais mal les garçons.

Alice : Même si j'ai quelques coups de cœur, je suis beaucoup moins emballée que pour les filles. Quoi qu'il en soit, chez les quadrilles actuels, je verrais bien Hugo Vigliotti et Takeru Coste monter coryphées.

Cams : Hugo Vigliotti, Samuel Murez… Comme beaucoup j’ai découverts Hugo Vigliotti à la soirée Roland Petit. Il a une vraie personnalité et une très belle technique. Samuel Murez est un danseur intéressant. Pour le reste, comme pour les filles, je les connais trop mal.

Sophia : Idem que pour les filles.


Leurs pronostics

Cathy : Un ancien montera style Erwan Leroux, s'il passe le concours. Quand il y a pléthore de places, ils font toujours monter un ancien. Hugo Vigliotti est impressionnant mais très petit, alors montera-t-il quand même ? Alexandre Gasse semble bien aimé, je ne connais pas le niveau de Jean-Baptiste Chavignier et Takeru Coste. Julien Cozette sera-t-il promu ? Pas très intéressante comme classe.

Alice : Le nombre de postes disponibles devrait récompenser quelques talents. C'est vrai que je suis beaucoup moins enthousiaste pour les garçons que pour les filles.

Cams : Encore une fois, Hugo Vigliotti a marqué des points au mois de septembre. Sa prestation a été appréciée par le public. Il a montré qu’il pouvait tenir un rôle de soliste. Pour les autres, honnêtement, je n’ai pas d’idée. C’est difficile la catégorie des quadrilles !

Sophia : Que le meilleur gagne, avec quand même une très bonne impression laissée par Hugo Vigliotti dans ses distributions récentes (La Fille mal gardée, Le Rendez-vous).

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Classes des coryphées femmes, un poste de sujet à pourvoir (variation libre : Paquita, Grand pas, variation Paquita)

Leurs favorites

Cathy : Eléonore Guérineau.

Alice : Eléonore Guérineau. Elle m'avait scotchée dans la soirée Jeunes Danseurs en 2009 et elle fait maintenant partie de mes danseuses favorites et j'aimerais la voir dans des rôles "consistants" si je puis dire. Elle est de la classe des Etoiles. Une autre prétendante sérieuse au titre serait Valentine Colasante.

Cams : Eléonore Guérineau. Elle a tout. La technique, la personnalité. Je la trouve formidable. Au seul concours auquel j’ai assisté (2007), elle m’avait tapé dans l’œil alors que je ne la connaissais même pas. Elle avait réussit à se distinguer au milieu d’une vingtaine de filles dansant la variation de La Fille Mal Gardée (et quand on voit cette variation 20 fois à la suite, le temps parait un peu long. Donc bravo à elle de s’être distinguée !).


Sophia : Eléonore Guérineau sans hésiter.


Leurs pronostics

Cathy : Laurène Lévy et Eléonore Guérineau, il n'y a qu'un poste et la performance le jour du concours peut jouer. Fanny Gorse, Valentine Colasante ou Laure-Adélaïde Boucaud peuvent jouer les trouble-fête.

Alice : La préférence ira peut-être à Valentine Colasante ou pourquoi pas à Laure-Adélaïde Boucaud. Elles dansent très bien, là n'est pas la question mais Eléonore Guérineau n'a rien à faire dans le corps de ballet. Elle est soliste.

Cams : Eléonore Guérineau. Je ne vois pas qui d’autre ils pourraient promouvoir !

Sophia : Je doute que mon choix soit celui du jury, qui préférera une danseuse honnête, mais inodore.

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Classes des coryphées hommes, cinq postes de sujets à pourvoir (variation libre : La Belle au Bois Dormant, variation acte II)

Leurs favoris

Cathy : Sébastien Bertaud.

Alice : J'espère qu'Allister Madin fera partie des heureux élus, ainsi que Daniel Stokes.

Cams : Chez les hommes, j’aime beaucoup Sébastien Bertaud. Il a une vraie personnalité. Je l’avais vu dans le Fritz dans Casse-Noisette, il m’avait beaucoup plu. Et on le remarque vraiment dans le corps de ballet. Aussi j’aime la personnalité d’Allister Madin. Lors de la soirée jeunes danseurs j’avais remarqué Yvon Demol et Mickael Lafon, j’aimerai les voir dans des rôles plus importants. Axel Ibot a une belle technique et de la personnalité, et danse déjà des petits rôles, donc ça serait chouette de le voir plus.

Sophia : Allister Madin et Sébastien Bertaud sont mes préférés et ont un tempérament de soliste.


Leurs pronostics


Cathy : Allister Madin, Marc Moreau, Daniel Stockes, Grégory Dominiak,Sébastien Bertaud. Je ne connais pas le niveau actuel d'Yvon Demol qui est monté vite coryphée, de même que Yann Chailloux ou Mathieu Botto. J'oublie Yannick Bittencourt, il est grand et nécessaire dans la classe sujets. La concurrence va être rude.

Alice : Allister Madin est plutôt bien distribué ces derniers temps et c'est tant mieux, il le mérite. C'est peut-être un signe pour son passage au grade supérieur. En tout cas je l'espère.

Cams : Pour ce qui est des pronostics, je n’ai pas cinq noms. Je pense à Allister Madin et Marc Moreau car ils sont déjà distribués comme des sujets (voir plus pour Marc Moreau qui a fait Le Spectre de la Rose). Peut être Yannick Bittencourt qui est très bien dans le classique et assurerai bien les pas de deux, pas de trois…

Sophia : Je crois il y a de la place pour les chouchous de tout le monde. Daniel Stokes et Marc Moreau sont très bien aussi. De toute façon, c'est une bonne classe dans l'ensemble, peut-être la meilleure de toutes, donc je ne crains pas les mauvaises surprises.

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Classes des sujets femmes, un poste de première danseuse à pourvoir (variation libre : Manon, variation acte II)

Leurs favorites

Cathy : Héloïse Bourdon.

Alice : J'aurais souhaité de tout cœur que Miteki Kudo accède au moins à ce titre. Je l'admire depuis de nombreuses années et elle est la preuve qu'être "fille de" n'aide pas toujours. C'est clair que je ne crois plus à sa nomination. D'ailleurs, je ne sais même pas si elle se présente. Je voulais simplement la citer parce qu'elle me semble être la plus apte à être première danseuse et qu'elle paraît vouée au rang de sujet toute sa carrière. Je trouve que c'est injuste quand je vois certaines premières danseuses et Etoiles qui sont loins de "casser des briques" comme on dit par chez moi.

Cams : Evidemment chez les filles, il s’agit de l’une des catégories les plus intéressantes. Une seule place pour plusieurs jeunes danseuses qui la mériteraient. Ma favorite est Héloïse Bourdon. Elle a une belle technique, beaucoup de style, on la remarque vraiment dans le corps de ballet. De plus, elle a l’air vraiment heureuse d’être sur scène et est généreuse dans sa danse. Mathilde Froustey le mériterait évidemment aussi. Quand on la voit sur scène, on se dit que c’est une soliste. Après, c’est une question de goût. Je n’ai jamais réussie à être complètement emballée par ce qu’elle faisait. Mais si elle est promue je ne crierai pas au scandale, au contraire !

Sophia : Je vote plutôt cent fois qu'une Mathilde Froustey, car quoi qu'on en pense, et quelles que soient ses limites en matière de répertoire, elle est la seule étoile de l'Opéra en puissance et qui a en plus fait ses preuves. Et puis, ça devient franchement ridicule de la voir dans le corps de ballet. Je pense bien sûr qu'elle ne sera pas promue (et qu'elle devrait préparer ses valises).

Leurs pronostics

Cathy : Alice Renavand ou Mathilde Froustey (mais elles ne méritent ni l'une, ni l'autre le titre). Aurélia Bellet peut aussi créer la surprise (même si je ne l'aime pas, elle est à mon avis à prendre en compte, comme Chaillet l'an passé). Il y a aussi Sarah Kora Dayanova, mais pour moi, c'est une bonne sujet, pas plus !

Alice : Alice Renavand est très distribuée en ce moment ce qui me fait dire qu'elle a de bonnes chances d'être promue. Par contre elle n'est pas appréciée de tous et si l'ODP veut nommer une danseuse plébiscitée par le public, alors Mathilde Froustey a ses chances. Son fan club (dont je ne fais pas partie, je la trouve encore trop maniérée et pleine de chichis même si elle s'est améliorée depuis son entrée dans le corps de ballet) est immense. L'internet ne tarit pas d'éloges sur elle, il suffit d'aller sur n'importe quel forum pour s'en rendre compte. Mais une nomination d'Alice Renavand, Héloïse Bourdon ou Amandine Albisson ne me décevrait pas.

Cams : Alice Renavand. Elle a tenu deux rôles majeurs (Le Jeune Homme et La Mort, Le Rendez-Vous) lors de la soirée Roland Petit, elle a eu les rôles titres de Siddhârta et Kaguyahime… Peu de sujets ont été autan distribuées. En fait, elle est déjà distribuée comme une première danseuse !

Sophia : Le poste me paraît réservé à Alice Renavand, voire à Héloïse Bourdon (mais on n'est jamais à l'abri d'une surprise plus terrible encore).

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Classes des sujets hommes, un poste de premier danseur à pourvoir (variation libre : Don Quichotte, acte III)

Leurs favoris

Cathy : Aucun premier danseur ne devrait être promu, personne ne mérite.

Alice : Honnêtement, chez les hommes je ne vois pas de "vrai" Premier danseur. Il y a de bons danseurs, je ne peux pas le nier mais il n'y a pas LE danseur, la graine d'Etoile.

Cams : Je vais peut être paraitre un peu vache, mais je ne ferais monter personne. Je trouve qu’il y a du monde chez les coryphées et c’est dommage de bloquer les postes de premiers danseurs alors que d’autres pourraient accéder à ce grade dans un ou deux ans. Après j’aime beaucoup Julien Meyzindi, mais on ne le voit pas assez.


Sophia : Là, c'est carrément l'horreur, car dans premier danseur, je vois étoile ou étoilable ! Chez les garçons, en toute objectivité (et subjectivité aussi), je trouve qu'il n'y a aucun premier danseur digne de ce nom.

Leurs pronostics

Cathy : Florian Magnenet, il faut un partenaire à MAG, elle les achève. Yann Saïz est outsider, une fin de carrière que pourrait souhaiter certains membres du jury interne.

Alice : Audric Bezard attend son tour depuis un petit moment. Sera-t-il récompensé cette année ? Florian Magnenet est pas mal distribué ces derniers temps. Reste à voir si cela aura une influence sur le résultat du concours.

Cams : Audric Bezard ou Florian Magnenet. Le premier était très bien dans Triade (en plus il est grand et fort pour les grandes étoiles féminines). Sinon Florian Magnenet est très bien distribué ces temps-ci. Il est très bien dans les rôles de princes, donc ça peut être un bon compromis.

Sophia : Il me semble que Florian Magnenet est le mieux placé. A une époque, on parlait aussi beaucoup de Nicolas Paul, l'idée n'est sans doute pas abandonnée.

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Rendez-vous vendredi et samedi soir pour savoir qui a eu de l'intuition. 

mercredi 18 novembre 2009

Concours interne de promotion de l'Opéra de Paris 2009 : résultats des danseuses (réactualisé)

Aujourd'hui se tient un événement unique dans le monde de la danse : le concours interne de promotion du ballet l'Opéra de Paris.

Comme beaucoup de compagnies au monde, le ballet d l'ODP est très hiérarchisé. La montée en grade se fait ailleurs par nomination, à la fin de la saison. A Paris, il se fait par concours. Chaque fin d'année, les danseurs et danseuses présentent, dans un rituel immuable, une variation libre et une variation imposée sur la scène de Garnier, face au jury et au public. Mais les promotions ne se font pas uniquement sur la prestation du(de la) danseur(se). Son parcours durant l'année compte aussi, de façon inconsciente ou non. Parfois, il n'y a même que ça qui compte, parfois ça n'entre jamais en jeux. Beaucoup demandent la disparition de ce concours jugé injuste. Autant supplient de le garder car il fait partie des spécificités de la Maison. Noureev avait voulu le supprimer, les artistes ont fait grève pour le garder. Les résultats donnent en tout cas lieu, toujours dans un rituel aussi immuable, à des commentaires passionnés où l'on crie aussi bien au scandale qu'au génie.

Je n'ai pas pu assister au concours. Mais comme je suis une blogueuse, ça ne m'empêche pas de donner mon avis (et puis quoi encore ?).

Aujourd'hui avait leu le concours des filles.

Quadrilles
3 postes de Coryphées à pourvoir. La variation imposée est celle du Grand Pas classique.

Variations libres :

- Leïla Dilhac : Emeraudes/Joyaux, 1ère variation

- Peggy Dusssort : variation de Paquita

- Miho Fujii : Vaslaw

- Claire Gandolfi : variation de Giselle (acte I)

- Marine Ganio : Don Quichotte, variation de Dulcinée/Kitri

- Emilie Hasboun : Le Lac des Cygnes, variation du Cygne noir (acte III)

- Juliette Hilaire : Suite en blanc, variation de la Flûte

- Lucie Mateci : Don Quichotte, variation de la Reine des Dryades

- Sofia Parcen : La Bayadère, variation de la 1ère Ombre

- Aubane Philbert : Roméo et Juliette, variation du Bal

- Sylvia-Christel Saint-Martin : Suite en blanc, variation de la Sérénade

- Lydie Vareilhes : Arépo

- Gwenaëlle Vauthier : Suite en blanc, variation de la Flûte

- Jennifer Visocchi : Suite en blanc, variation de la Flûte (c'est la grande mode décidément !)

- Anémone Arnaud : The Four Seasons, variation du Printemps

- Marion Barbeau : variation de Paquita

- Léonore Baulac : Suite en blanc, variation de la Cigarette

- Laure-Adélaïde Boucaud : Apollon, variation de Polymnie

- Valentine Cosalante : Notre-Dame de Paris, variation d'Esmeralda (acte I)

Résultats :

1. Boucaud, Laure-Adélaïde : promue

2. Philbert, Aubane : promue

3. Colasante, Valentine : promue

4. Baulac, Léonore

5. Dilhac, Leila

6. Gandolfi, Claire

N'ayant donc pas assisté au concours, je ne peux donc donner un avis que sur ce que je connais des danseuses en spectacle. Je suis vraiment très contente de la nomination d'Aubane Philbert, très jolie ballerine classique, et qui le méritait depuis longtemps.


Coryphées

3 postes de Sujets à pourvoir. La variation imposée est celle de Louise dans Casse-Noisette (acte II)

Variations libres :

- Juliette Gernez : Clavigo, variation de Marie

- Fanny Gorse : Emeraudes/Joyaux, 1ère variation

- Eléonore Guérineau : Casse-Noisette, variation de Clara (acte II)

- Laurène Lèvy : Roméo et Juliette, variation du Bal

- Juliane Mathis : L'Histoire de Manon, variation de la Maîtresse de Lescaut (acte I)

- Charlotte Ranson : Vaslaw

- Caroline Robert : The Four Seasons, variation du Printemps

- Pauline Verdusen : Don Quichotte, variation de Dulcinée/Kitri

- Séverine Westermann : La Maison de Bernarda, variation de la Soeur bossue

- Amandine Albisson-Pivat : Le Lac des Cygnes, variation du Cygne blanc (acte II)

- Héloïse Bourdon : La Bayadère, variation de Gamzatti (acte II)

- Lucie Clément : La Bayadère, variation de Nikiya (acte II)

Résultats :

1. Albisson, Amandine : promue

2. Bourdon, Héloïse : promue

3. Westermann, Séverine : promue

4. Lévy, Laurène

5. Guérineau, Eléonore

6. Clément, Lucie 

Aucune surprise pour la nomination d'Amandine. Elle était très bien distribuée, et avec raison, depuis quelques mois. Je ne connais pas bien les deux autres, mais je regrette néanmoins la non-promotion d'Eléonore Guérineau, qui attire toujours les regards dès qu'elle rentre en scène. D'après ce que j'ai lu, elle avait en plus très bien réussi son concours. Dommage aussi pour Laurène Lévy, que j'apprécie beaucoup.


Sujets

1 poste de Première danseuse à pourvoir. La variation imposée est la première d'Other Dances

Variations libres :

- Sarah Kora Dayanova : Etudes, variation de l'Etoile

- Mathilde Froustey : Don Quichotte, variation de Dulcinée/Kitri

- Charline Giezendanner : variation de Giselle (acte I)

- Christelle Garnier : L'Histoire de Manon, variation de la Maîtresse de Lescaut (acte II)

- Sabrina Mallem : Les Mirages, variation de l'Ombre

- Ludmila Pagliero : Carmen, variation de la Chambre

- Alice Renavand : Clavigo, variation de Marie

- Caroline Bance : Signes

Résultats :

1. Pagliero, Ludmila : promue

2. Renavand, Alice

3. Froustey, Mathilde

4. Dayanova, Sarah Kora

5. Granier, Christelle

6. Giezendanner, Charline

J'ai une question : comment est-il possible que Mathilde Froustey n'est pas été nommée ??? Cette fille est une pure graine d'étoile, et est en plus très bien distribuée depuis des années ! A-t-elle à ce point raté son concours ? Toujours d'après que ce j'ai lu, elle était un peu nerveuse, mais sans que ce soit vraiment pesant quant au concours. Il était pour moi évident que, s'il n'y avait qu'une place, elle ne pouvait être que pour Mathilde. Ludmila Pagliero ne m'a jamais particulièrement marquée. Dommage, dommage, les places de Premières danseuses ne sont pas si courantes que ça...