Tag - isabelle ciaravola

mardi 1 mai 2012

L'Histoire de Manon : épisode 2

Lundi 30 avril 2012. L'Histoire de Manon de Kenneth MacMillan par le Ballet de l'Opéra de Paris, au Palais Garnier. Avec Isabelle Ciaravola (Manon), Mathieu Ganio (Des Grieux), Alessio Carbone (Lescaut), Muriel Zusperreguy (La maîtresse de Lescaut), Eric Monin (Monsieur de G.M.) et Amélie Lamoureux (Madame).

L-Histoire-de-Manon_Isabelle-Ciaravola_Mathieu-Ganio.jpg
En général, dans un ballet, la femme est une petite chose fragile et innocente. Un homme va la faire mûrir, vieillir et/ou prendre des risques inconsidérés. Ce qui est bien avec L'Histoire de Manon, c'est que c'est exactement l'inverse, surtout dansé par Isabelle Ciaravola.

Il faut voir la danseuse, au premier acte, sortir de la calèche. Elle s'élance, elle bondit, sans crainte du monde et des gens. Ce n'est pas une jeune fille innocente, c'est une femme qui connaît les plaisirs de la vie, et qui agit en tout conscience. Ce n'est pas ainsi son frère Lescaut qui la pousse au vice, c'est elle qui choisit entre plusieurs options, et qui préfère échapper à la misère. Et oui, au XVIIIe siècle, les femmes n'avaient pas énormément de possibilités. C'est en ça que je trouve que ce ballet n'est pas misogyne. La situation des femmes et la violences des hommes n'y est pas vu comme quelque chose de normal, mais d'assez révoltant pour le public, et fataliste.

Mais retournons à notre première acte, de plus en plus plaisant à voir. Le corps de ballet se fait à cette œuvre, et c'est un plaisir de faire attention à chaque détail de la foule. Allister Madin se révèle un chef des mendiants bondissant et drôle, porté par une troupe de danseurs très en forme également.

L-Histoire-de-Manon_Isabelle-Ciaravola_2.jpg
Alessio Carbone
est un Lescaut assez différent de Jérémie Bélingard. Moins noir, plus gentilhomme. Sa variation du début est un régal, dominée par une certaine élégance et une allure de séducteur qui fait mouche. Mais son influence sur Manon est moins grande, et par là son rayonnement sur le ballet. N'oublions pas, ici, c'est Manon qui décide. Dès le premier acte, elle est déjà en position de séductrice envers les vieux gentilshommes. 

Il faut la voir d'ailleurs face à Des Grieux, presque amusée face à sa déclaration d'amour. S'il y a bien une petite chose fragile et innocente sur scène, c'est bien ce jeune homme. Mathieu Ganio prête ses si belles lignes à ce personnage avec beaucoup de conviction. Presque terrassé par la timidité, sa longue variation pour déclarer sa flamme représente un exploit de témérité pour le personnage, visiblement peu habitué à de tels emportements. Et c'est peut-être cela qui séduit Manon, cette fragilité, cette certaine naïveté. 

Leur pas deux deux de l'emportement était magnifique. Isabelle Ciaravola sait si bien danser les femmes libres. Manon se laisse guider par ses sentiments, par sa première pensée. Elle n'est pas retenue par quelque chose, elle se laisse prendre par le mouvement de la vie. Un souffle de liberté a soufflé sur ce pas de deux, dont les portés acrobatiques savent si bien rendre la passion amoureuse. 

Le deuxième acte reste toujours très propre sur soi. A croire que les danseuses s'appliquent le plus possible pour paraître élégante et soignée malgré leurs perruques et leurs robes déchirées. Si le manque de vilenie d'Alessio Carbone ne gênait pas au premier acte, sa variation ivre du deuxième en perd un peu de sa saveur, et passé l'effet de surprise, l'ennui n'est presque pas loin. Le temps file doucement, jusqu'à l'arrivée d'Isabelle Ciaravola, femme fatale et amoureuse dans toute sa splendeur.

L-Histoire-de-Manon_Isabelle-Ciaravola.jpg
Plus que sa variation, c'est peut-être la suite de portés avec les gentilshommes qui a marqué cet acte 2. Il faut voir l'étoile, avec sa théâtralité et ses jambes interminables passée de mains en mains, l'incarnation de ce que peut être la volupté. Ce n'est pas ces quelques décadents que Manon met à genoux, mais bel et bien tout le public. La petite chose fragile qu'est Des Grieux devient fou par tant de beauté, se met au jeu et triche dès sa première partie. Eric Monin, discret Monsieur de G.M. jusqu'à présent, apporte au final de très justes intentions, et une fois de plus, les frissons sont là à l'abaissement du rideau.

On ne change pas des autres soirées décidément : 1er acte vivant, 2e acte bien sage et 3e acte... un peu longuet. Malgré la violence de la scène du geôlier, il ne semble véritablement démarrer qu'une fois dans les marécage. Alors oui, on peut rire des cordes qui pendant, de la lumière verte et de la fumée qui tombe sur les pupitres de l'orchestre. Mais il faut bien reconnaître que cette scénographie fonctionne d'une façon implacable, et donne un magnifique finale.

L-Histoire-de-Manon_Matihue-Ganio_Isabelle-Ciaravola_2.jpg
Les souvenirs resurgissent, pendant que Manon livre son dernier souffle. Convaincante jusqu'au bout, Isabelle Ciaravola perd petit à petit le souffle, jouant si admirablement sur l'abandon de son corps. Mais le plus impressionnant de cet acte reste sans doute Mathieu Ganio. La petite chose fragile n'est plus. Reste un homme vaincu par la passion. Intense jusqu'au bout de la dernière note, il livre dans les derniers instants un désespoir qui serre la gorge.

Rideau. Ovation pour ce couple en osmose total, qui a si bien raconté cette histoire. Cela a même duré après les lumières rallumées, petit exploit pour Garnier.

samedi 21 avril 2012

L’Histoire de Manon : qui voir danser sur scène ?

L’Histoire de Manon, le grand ballet de Kenneth MacMillan, revient sur la scène du Palais Garnier dès le 21 avril, après pas loin de 10 ans d’absence.

A quelques heures de la première, voici un point sur les distributions, précédé d’un petit résumé pour se rafraîchir la mémoire.

Manon est une jeune fille toute fraîche de 16 ans. Elle a trouvé l’amour en la personne du jeune romantique Des Grieux. Mais son grand frère, Lescaut, l’influence en lui promettant richesses et fortune si elle épouse Monsieur de G. M.. Manon hésite entre les deux parties, attire des Grieux dans le jeu avant d’être déportée en Lousiane pour prostitution. Là-bas, un geôlier tombe amoureux d’elle, et Des Grieux le tue. Les deux amants doivent s’enfuir dans les marécages, où Manon trouvera la mort.

Cela nous donne donc quatre personnes bien distincts : Manon, jeune fille en fleur au début, puis femme amoureuse, glamour, et passionnée jusqu’à la mort ; Lescaut, son frère, son côté noir, presque incestueux, qui l’attire dans ses failles les plus sombres ; Des Grieux, le plus pur, près à tout pour suivre son Amour de Manon ; Monsieur de G. M., l’autoritaire, l’homme puissant.

A ce quatuor s’ajoute la Maîtresse de Lescaut et Madame, qui règne dans les salons décadents de ce Paris de la Régence.

Clairemarie Osta (Manon), Nicolas Le Riche (Des Grieux), Stéphane Bullion (Lescaut), Alice Renavand (La Maîtresse de Lescaut), Stéphane Phavorin (Monsieur de G. M.) et Viviane Descoutures (Madame) : les 21 et 24 avril. Avec Nolwenn Daniel (La Maîtresse de Lescaut) : les 10 et 13 mai.

Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche ont très peu dansé ensemble, L'Histoire de Manon fait partie de leurs exceptions. Le couple devrait fonctionner à merveille et Clairemarie Osta être très à l'aise dans ce rôle qui demande de véritables qualités d'actrice. Et quel plaisir de retrouver Nicolas Le Riche dans un rôle classique ! La dernière, le 13 mai, marquera les adieux de Clairemarie Osta sur la scène parisienne, une soirée qui devrait être riche en émotion. 

Je suis également curieuse de voir Stéphane Bullion en Lescaut, qui a aussi un aspect frivole, léger, dans lequel on ne voit pas forcément le danseur. En Maîtresse de Lescaut, Alice Renavand a également une belle possibilité de montrer ce qu'elle sait faire en classique, où on l'a finalement assez peu vu. Au final, voilà une distribution qui promet des surprises, avec des artistes toujours très engagé-e-s. 

L__histoire-de-Manon_Nicolas-Le-Riche_Clairemarie-Osta.jpg
Aurélie Dupont (Manon), Josua Hoffalt (Des Grieux), Jérémie Bélingard (Lescaut), Muriel Zusperreguy (La Maîtresse de Lescaut), Aurélien Houette (Monsieur de G. M.) et  Viviane Descoutures (Madame) : les 23, 25 et 28 avril, le 2 mai.

Une distribution que j'ai pu voir en répétition. Quel plaisir de voir Jérémie Bélingard dans un rôle classique ! Même s'il n'a pas une ligne forcément de prince charmant, son charisme fait beaucoup de choses, et il est plutôt irrésistible dans ce rôle de bad boy en redingote. Sa variation ivre est un grand moment. Aurélie Houette est également très à l'aise en G. de M., apportant toute la noirceur au personnage. Aurélie Dupont et Josua Hoffalt sont tous les deux très bien et très investis, mais comme remarqué dans La Bayadère, ce n'est pas forcément le partenariat du siècle. Il y manquera peut-être un soupçon de passion.


Isabelle Ciaravola (Manon), Mathieu Ganio (Des Grieux), Yann Saïz (Lescaut), Nolwenn Daniel (La Maîtresse de Lescaut), Guillaume Charlot (Monsieur de G. M.) et Amélie Lamoureux (Madame) : le 26 avril, les 4 et 8 mai. Avec Alessio Carbone (Lescaut) et Eve Grinsztajn (La Maîtresse de Lescaut) : le 30 avril. 

Pour moi, c'est LA distribution à voir dans ce ballet. Mathieu Ganio et Isabelle Ciaravola sont le couple parfait pour ce genre d'histoire. Très complice, passionné, leur partenariat fonctionne à merveille sur scène. Isabellle Ciaravola n'est jamais autant à l'aise qu'en tragédienne, idem pour Mathieu Ganio, avec sa danse si élégante. Les seconds rôles ne sont pas en reste : Yann Saïz, que l'on voit peut mais toujours très investi et crédible, idem pour Alessio Carbone, Eve Grinsztajn qui devrait faire des merveilles en Maîtresse de Lescaut... de belles soirées en perspective.

histoire-de-manon_m.jpg
Agnès Letestu (Manon), Florian Magnenet (Des Grieux), Stéphane Bullion (Lescaut), Alice Renavand (La Maîtresse de Lescaut), Stéphane Phavorin (Monsieur de G. M.) et Viviane Descoutures (Madame) : le 27 avril et le 3 mai. Avec Audric Bezard (Lescaut) et Aurélia Bellet (La Maîtresse de Lescaut) : le 7 mai.

Le personnage de Manon est changeant, plus adolescente au début, véritable femme à la fin. Agnès Letestu provoque des avis mitigés dans ce genre de rôle, certains ne la trouvant pas très crédible en jeune fille en fleur. Pour ma part, j'avais beaucoup apprécié sa Juliette la saison dernière. Ce qui aurait plus tendance à me faire faire la moue reste son association avec Florian Magnenet. Je ne crois pas trop en leur partenariat, ni en le danseur dans ce genre d'histoire. Il risque de se faire un peu étouffer par Stéphane Bullion, dont on connaît la complicité sur scène avec Agnès Letestu. A noter pour le 7 mai, la très intéressante prise de rôle d'Audric Bezard en Lescaut.


Ludmila Pagliero( Manon), Christophe Duquenne (DesGrieux), Alessio Carbone (Lescaut), Eve Grinsztajn (La Maîtresse de Lescaut), Arnaud Dreyfus (Monsieur de G. M.) et Amélie Lamoureux (Madame) : les 9 et 11 mai.

Ludmila Pagliero a droit à un bien beau rôle pour ses débuts d'étoile, le personnage idéal pour prouver à ses détracteurs qu'elle a de la personnalité, et du charisme, les principal reproches qui lui sont faits.

Au final, je verrais toutes ces distributions, sauf la dernière. Et vous, laquelle allez-vous voir ? Laquelle vous tente le plus ? 

vendredi 23 décembre 2011

Onéguine : épisode 3

Mercredi 21 décembre 2011. Onéguine de John Cranko, par le Ballet de l’Opéra de Paris, au Palais Garnier. Avec Isabelle Ciaravola (Tatiana), Mathieu Ganio (Eugène Onéguine), Florian Magnenet (Lenski), Muriel Zusperreguy (Olga) et Christophe Duquenne (Prince Gremine).

oneguine-ciaravola.jpg
Il fallait un peu s’y attendre. Ce troisième épisode d’Onéguine n’a pas atteint les sommets de la soirée McKie/Dupont. Mais entre une soirée inoubliable et un spectacle médiocre, il y a une marge, et cette distribution-ci a montré beaucoup de très belles choses. Une fois encore, la soirée fut globalement réussie, ce ballet est définitivement magique.

Isabelle Ciaravola tient ici l’un des rôles (le rôle ?) de sa vie. Jeune fille en fleur totalement crédible au premier acte, magnifique tragédienne au troisième, elle porte le ballet de bout en bout, et nous fait découvrir l’un des plus beaux et riches rôles féminins du répertoire. Difficile de croire en la voyant sur scène que la retraite va sonner pour elle en 2013.

La danseuse étoile campe d’office une héroïne romantique. Au-delà d’une légère naïveté, c’est déjà un sombre nuage qui semble planer sur elle. Sa Tatiana a un-je-ne-sais-quoi de mélancolique, comme si elle savait déjà que son destin ne serait que malheur. Muriel Zusperreguy apporte un jolie contraste, avec son Olga inscouciante et joyeuse. Si elle n’a pas la profondeur de Myriam Ould-Braham, son personnage n’en est pas moins attachant et charmant.

Le couple qu’elle forme avec Florian Magnenet fonctionne d’ailleurs plutôt bien au premier acte. Lui arrive, toute mèche et sourire ultra-brigte dehors. Déjà tête à claque avant même de danser. Mais force est de constater que cela sied plutôt bien au personnage. On pourrait même dire que le pas de deux avec Olga, si rempli de jeunesse et de tendresse, a été un beau moment. 

Oneguine_Floran-magnenet-Muriel-Zusperreguy.jpg

Tout ce parfait tableau est rompu avec avec l’arrivée d’Eugéne Onéguine. Mathieu Ganio se montre d’emblée très investi. Sa vision du personnage est différente des deux autres interprètes, mais non moins intéressante. Onéguine n’est pas tellement cynique, mais plutôt brisé par la vie. Est-ce un chagrin d’amour ? La guerre ? Sa sombre mélancolie l’empêche en tout cas de tomber amoureux et de voir le monde autour de lui. S’il ignore Tatiana, ce n’est pas par impolitesse ou par provocation, c’est que son coeur ne peut pas la voir. Sa lente variation, empreinte de mélancolie, est ainsi l’un des plus beaux moments de la soirée. 

Du 9 au 31 Décembre 2011

Le deuxième acte est malheureusement moins équilibré. Passage toujours délicat, car c’est là qu’Onéguine doit montrer tout son cynisme. Et Mathieu Ganio reste définitivement trop gentil. Son invitation à faire danser Olga ressemble plus à une marque de politesse qu’à une pure provocation. Pas assez chipie, Muriel Zusperreguy n’apporte pas non plus le véritable sel de l’histoire. Passon sur Florian Magnenet, dont le jeu d’acteur se limite vraisemblament à croiser les bras en levant les yeux aux ciels. Veut-il faire un concours avec Mathias Heymann dans Coppélia ? Un danseur, ce n’est pas qu’un beau sourire et des effets de mèches, encore faut-il être interprète. 

Sa variation du deuxième acte ne sera que confirmation. Il se contetera, pour exprimer son désespoir, de regarder d’un air vide loin devant. Il se fait tuer, bon débarras a-t-on presque envie de dire.  

Le troisième acte est un peu plus équilibré. Isabelle Ciaravola est une Tatiana resplendissante, mais froide durant le bal. Son mariage avec Grémine n’est pas d’amour, mais de convention. Et les souvenirs, qu’elle croyait avoir si profondément enfoui, resurgissent d’un coup quand le désespéré Onéguine apparaît.

Le pas de deux final est encore, une fois de plus, resté un moment magique. Mathieu Ganio n’arrive pas forcément à garder la même intensité tout du long, mais il faut le voir, s’agenouiller débordant de regrets aux pieds de Tatiana. Cette dernière le chasse, avant de regretter dans la seconde son geste de sagesse. Et c’est dans un long cris silencieux d’Isabelle Ciaravola, si plein de désespoir et de douleur, que se ferme le rideau. 

Oneguine_Isabelle-Ciaravola_Mathieu-Ganio_2.jpg

Malgré ces déséquilibres, cette soirée fut néanmoins une fois de plus une réussite. Mathieu Ganio et Isabelle Ciaravola formait un couple en osmose. Leurs pas de deux étaient d’une fluidité comme s’ils les avaient déjà dansés 100 fois, alors qu’il s’agissait de leur première sur ce ballet. Si Mathieu Ganio n’a pas encore la maturité d’un McKie sur ce personnage, il a montré une fois de plus ses talents d’interprètes et sa qualité de danse. Une prise de rôle prometteuse pour lui, je reste déjà curieuse de le voir lors de la prochaine reprise.

Cette chronique était également la dernière de l’année 2011. Quel mois de décembre décidément, j’espère que 2012 nous réservera d’aussi belles surprises. En attendant, je vous souhaite à tous et toutes un très joyeux Noël, et vous donne rendez-vous le 1er janvier ! 

vendredi 9 décembre 2011

Onéguine : qui voir danser sur scène ?

Décidément, il est plus sûr de ne pas parler des distributions d’un spectacle avant le jour-même de la première. Comme d’habitude, ce fut une valse des noms pour Onéguine, entre les blessures, Cendrillon en face et ceux et celles qui répètent déjà pour 2012.

Au final, le public a tout de même droit à quatre belles distributions, avec deux prises de rôle, dont l’une qui devrait être particulièrement intéressante. 

Aurélie Dupont (Tatjana), Evan Mc Kie (Eugene Oneguine), Myriam Ould Braham (Olga), Josua Hoffalt (Lenski) et Karl Paquette (Prince Gremine) : les 9, 11 et 13 décembre. Avec Vincent Cordier (Prince Gremine) : les 16 et 19 décembre.

Oneguine_Aurelie-Dupont.jpg
Nicolas Le Riche
devait au départ danser avec Aurélie Dupont, mais une blessure sur Cendrillon l’éloigne de la scène pour deux mois. Il est donc remplacé par une étoile de Stuttgart, la troupe qui a créé ce ballet.

Pour ma part, je suis ravie de voir Evan Mc Kie dans ce rôle, il devrait en plus donner un très joli et crédible couple avec Aurélie Dupont. Avoir un invité pour la première ne me choque pas non plus, tant il est légitime pour ce ballet. Mais attendre qu’il y ait un blessé pour le faire venir me semble plus contestable. Il y a beaucoup de données dans cette histoire, entre les blessés, les ayants-droit de John Cranko particulièrement tatillons, celles qui veulent la première, les plannings de chacun-e et toutes les choses que nous ne savons sûrement pas. Mais tout ça me semble particulièrement mal organisé et pensé.

Bref, cela n’empêche pas que cela donne une très intéressante distribution. J’avais beaucoup aimé Aurélie Dupont dans le personnage de Tatjana. Myriam Ould-Braham convient parfaitement à Olga, Josua Hoffalt devrait être un très bon Lenski, les deux forment un couple bien assorti et Karl Paquette ne devrait pas démériter en Prince Gremine. L’ensemble me paraît plutôt harmonieux.


Clairemarie Osta Tatjana), Benjamin Pech (Eugene Oneguine), Mathilde Froustey (Olga), Josua Hoffalt (Lenski) et Christophe Duquenne (Prince Gremine) : les 10 et 14 décembre. Avec Fabien Revillion (Lenski) : les 20, 22 et 24 décembre.

Oneguine-Clairemarie_Osta.jpg
Je suis un peu plus partagée pour cette distribution. Je ne la raterai pas en tout cas pour Clairemarie Osta. J’aime beaucoup cette étoile, qui fournit toujours un travail d’interprétation très juste, sincère et personnel. C'est une personnalité intéressante, il se passe quelque chose. Tout subjectivement parlant, je ne suis pas touchée par Benjamin Pech. Mais leur partenariat est en général plutôt convainquant.

Les seconds rôles sont là aussi intéressants. Mathilde Froustey avait été convaincante en Olga, plus mutine que Myriam Ould-Braham. Fabien Revillion en Lenski devrait également donner quelque chose d’intéressant, il est assez peu distribué sur ce genre de rôle, et pourrait créer la surprise.


Isabelle Ciaravola (Tatjana), Mathieu Ganio (Eugene Oneguine), Muriel Zusperreguy (Olga), Florian Magnenet (Lenski) et Christophe Duquenne (Prince Gremine) : les 21, 24, 26, 28 et 30 décembre.

Du 9 au 31 Décembre 2011

Pour moi, ce couple est LE couple à voir dans ce ballet. Rien de moins. Je n’ai pas vu Isabelle Ciaravola dans ce rôle, mais nul doute que le personnage de Tatjana est taillé pour elle, à lire les multiples éloges sur ses prestations il y a deux ans pour ceux et celles qui en douteraient.

Je crois également très fort en Mathieu Ganio. Malgré ses tics et sa mèche de cheveux, il sait  me toucher et me surprendre. Ses gros bobos il y a quelques années l’ont peut être fait oublier, mais c’est un danseur rare, à la fois élégant et très sincère interprète. Le couple devrait embarquer le public.

Les seconds rôles sont néanmoins un peu plus faibles. Je ne doute pas que Muriel Zusperreguy et Florian Magnenet s’empareront avec sérieux et sincérité de leur personnage, mais il-elle-s ne jouent pas pour moi dans la même classe. Et Mignonet/Magneniait m’énerve. Mais je vais faire un effort et garder mon esprit ouvert.


Dorothée Gilbert (Tatjana), Karl Paquette (Eugene Oneguine), Eve Grinsztajn (Olga), Audric Bezard (Lenski) et Nicolas Paul (Prince Gremine) : les 23, 27, 29 et 31 décembre. 

Oneguine_Dorothee-Gilbert.jpg    
Peut-être la distribution qui m’attire le moins sur le papier. Il n’y a pas d’âge pour interpréter un rôle. Mathieu Ganio s’empare d’Onéguine à 27 ans. Dorothée Gilbert a le même âge que lui, mais sa maturité d’interprète n’en est pas encore au même point. Toutefois, sa Juliette l’année dernière était restée prometteuse, même si elle surjouait encore pas mal à certains moments. Son association avec Karl Paquette, plus mesuré et crédible, devrait jouer en sa faveur. Il y aura peut-être une bonne surprise au final.

J’ai de l’admiration pour la danseuse Eve Grinsztajn, mais je ne suis pas sûre que sa personnalité s’accorde le mieux pour Olga. Audric Bezard devrait donner quelque chose d’intéressant en Lenski, c’est un  soliste que j’apprécie.

Au final, je vais aller voir les trois premières distributions. Je ne renonce à la quatrième que par faute de temps, mais je reste curieuse de lire les avis.

Et vous, quelle distributions vous tente le plus ? Laquelle allez-vous voir ?

- page 1 de 5