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vendredi 6 avril 2012

La Bayadère : épisode 3

Mercredi 4 avril 2012. La Bayadère de Rudolf Noureev par le Ballet de l’Opéra de Paris, à l’Opéra Bastille. Avec Svetlana Zakharova (Nikiya), Stéphane Bullion (Solor), Ludmila Pagliero (Gamzatti), Emmanuel Thibault (L'Idole dorée), Héloïse Bourdon, Charline Giezendanner et Laurence Laffon (les trois Ombres), Aubane Philbert (Manou), Grégory Dominiak (L'Esclave), Allister Madin (Le Fakir), Stéphane Phavorin (Le Rajah), Yann Saïz (Le Grand Brahmane), Sarah Kora Dayanova et Cyril Mitilian (les Indiens).

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Cette soirée fut bien particulière. Inégale serait peut-être le mot plus approprié. D'un côté, Svetlana Zakharova qui irradiait la scène de sa présence et de sa théâtralité. De l’autre, le corps de ballet qui était visiblement fatigué, ou en avait assez, mais la magie n’était plus là. Chaque soliste était son rôle, mais pas vraiment les uns avec les autres. Cela a donné de très beau moments, mais une représentation au final assez décousue.

Stéphane Bullion paraît d’emblée en forme avec son entrée bondissante du premier acte. Son Solor n’est pas un gentil garçon, mais aussi un guerrier, ce qui ne transparaissait pas forcément chez les autres interprètes du rôle. Allister Madin est en face de lui un fakir bondissant et très investi, qui porte le corps de ballet masculin, alors que les filles ont l’air un peu lassé.

La-bayadere_Allister-Madin_Fakir.jpgL’action se déroule sans encombre, mais chacun n’attend qu’une chose : l’apparition de la star russe. Et elle n’a pas déçu. Dès que son voile est relevée, Svetlana Zakharova annonce la couleur : le drame. En Russie, on ne vit pas les sentiments à moitié. Si l’on pleure, ce ne sont pas des larmes de crocodiles, si l’on aime, c’est jusqu’à l’absolu.

Svetlana Zakharova n’y va pas quatre détours, et affiche une théâtralité qui peut surprend le public parisien au début, mais qui vite emporte tout le monde. Chacun de ses mouvements attire la lumière, respire le personnage. Sa Nikiya n’est peut-être pas la plus poétique du monde, mais cette danseuse est une star, une vraie. Quand elle entre sur scène, les, autres sont éclipsés, et les regards sont irrémédiablement attirés sur elle.

Sa première variation dévoile un haut du corps particulièrement expressif. Svetlana Zakharova est tout en bras. Stéphane Bullion s’efface dans le pas de deux, mais personne ne s’en plaint. Porté par l’enjeu, Ludmila Pagliero surprend dès son entrée par son jeu très incisif. Elle n’a aucune envie de se laisser faire, ni par cette simple Bayadère Nikiya, ni par cette star de la danse. La confrontation entre les deux coupe le souffle d’intensité, la guerre est déclarée.

Le deuxième acte malheureusement a moins régalé. Les danses se passent, sans encombre, mais est-on véritablement passionné parce que l’on voit ? Le corps de ballet semble compter le nombre de soirées avant la fin, la flamme de la première a disparu. Même le magnifique costume  de l’Idole Dorée d’Emmanuel Thibault, toujours aussi brillant, n’arrive pas à ranimer la magie, et l’interprète semble fatigué.

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Seule exception, Aubane Philbert a livré une très jolie danse Manou, entourée d’adorables Petits Rats toujours aussi à l’aise. Cela confirme donc l’adage : tout passage avec un Petit Rat est so cute. La danse indienne fait également toujours son petit effet, portée ce soir-là par Sarah Kora Dayanova et Cyril Mitilian très en forme.

L’on attend Nikiya en fait, plus ou moins patiemment. Et Ludmila Pagliero, malgré tous ses efforts, n’arrive pas à combler le vide. Il n’y a pas grand-chose à reprocher à cette danseuse, rien du tout en fait. Sa prestation est très solide techniquement, l’artiste est investie, autoritaire, princesse, tout ce qu’il faut. Mais cela manque cruellement de personnalité, et sa Gamzatti, même assurée, n’en reste pas moins sans surprise. 

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Puis l’Etoile arrive, et le silence se fait. Si Svetlana Zakharova réussit une variation proche de la perfection, c’est surtout dans la coda, tout feu, tout flamme, qu’elle éblouit de nouveau la salle.

Malgré une mort dramatique, l’histoire du couple se cherche pourtant encore. Stéphane Bullion était toujours formidablement investi, mais l’alchimie n’arrivait pas à se faire. Chacun faisait très bien son travail, mais chacun de son côté.

Le troisième acte s’est heureusement sorti de ce faux pas. Si les deux danseurs ne sont pas forcément émotionnellement sur la même longueur d’onde, leur danse est s'accordent. Ils ont sublimé l’esthétique de la chorégraphie, pour en faire un vrai grand moment. Et si dans le premier acte, Svetlana Zakharova était tout en bras, elle a également montré dans ce final qu’elle était aussi tout en jambe. Chacun de ses gestes respirent la danse, la beauté. Galvanisées, les 32 Ombres font un travail admirable. Il n’y a pas d’histoire, il n’y a plus de drame. Il y a juste la Danse. 

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Les saluts ont offert une véritable ovation à l’Etoile Russe. Véritable star, elle salue toute seule, en rajoutant un port de bras avant sa révérence. Au deuxième salut, Ludmila Pagliero a compris le truc, et a aussi rajouté aussi un port de bras, pour s’incliner en même temps que la star. La guerre est déclarée jusqu’au bout.

vendredi 30 mars 2012

La Bayadère : épisode 2

Mercredi 28 mars 2012. La Bayadère de Rudolf Noureev par le Ballet de l’Opéra de Paris, à l’Opéra Bastille. Avec Myriam Ould Braham (Nikiya), Florian Magnenet (Solor), Charline Giezendanner (Gamzatti), Allister Madin (L' Idole dorée), Héloïse Bourdon, Valentine Colasante et Sabrina Mallem (les trois Ombres), Eléonore Guérineau (Manou), Cyril Mitilian (L' Esclave), Axel Ibot (Le Fakir), Eric Monin (Le Rajah), Yann Chailloux (Le Grand Brahmane), Héloïse Bourdon et Sébastien Bertaud (les Indiens).

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N.B. : Les photos des saluts sont de Blog A Petits Pas.

Passer une bonne soirée, lorsque l’on s’attend à ce que cela soit une bonne soirée, est toujours agréable. Ouf ! Les espoirs placés dans la distribution choisie avec minutie n’ont pas été déçus. Se laisser surprendre et trouver une qualité là où on ne l’attendait pas se savoure également.

La représentation de La Bayadère du 28 mars est un peu un mélange de tout ça. Une réussite attendue et une surprise. Le public était majoritairement composé d’habitué-e-s, qui comme moi attendait avec impatience la prise de rôle de Myriam Ould-Braham en Nikiya. Mathilde Froustey aurait également dû y faire ses premiers pas en Gamzatti, mais pour cause de blessure, c’est finalement une autre Sujet, Charline Giezendanner, qui a eu la chance d’étrenner ce rôle. 

Dès son entrée, voilée, Myriam Ould-Braham a rayonné. Sa technique sûre et toute en finesse a fait des merveilles au premier acte. Sa variation de Nikiya n’est pas vraiment spectaculaire, mais son sens du mouvement, sa musicalité, le soin apporté à chaque détail des mains et des poignets, en ont fait un petit moment de grâce.

Artistiquement, Myriam Ould-Braham a choisi d’être une Nikiya très romantique, féminine, presque glamour dans ce bustier serré. Loin des héroïnes éthérées et farouches, elle en a fait une femme sûre d’elle et de son amour, véritable princesse sans en avoir le sang. Sa pantomime très lisible, comme toutes celles des seconds rôles d’ailleurs, ont fait passer cet acte à toute vitesse, malgré un corps de ballet féminin qui semblait fatigué.

Myriam Ould-Braham a en plus la qualité de bonifier ceux qui l’entourent. Florian Magnenet, dont je n’attendais rien, a ainsi beaucoup surpris. Sans parler d’une ébouriffante flamboyance dans ses variations, il a montré ce soir-là une qualité que je ne lui connaissais pas : de la crédibilité dans sa pantomime.

Sans en faire trop, il a su se glisser dans la peau de Solor, sincèrement amoureux de Nikiya, mais trop timide face au pouvoir. Leur couple fonctionnait ainsi très bien, et restait très touchant tout au long du ballet. L’adage du premier acte, bien souvent un peu longuet, était ainsi indéniablement l’un des plus jolis moments du ballet.

Visiblement, Myriam Ould-Braham et Florian Magnenet ont eu le temps de travailler ensemble. Remplacer quelqu’un au pied levé reste un exploit, mais voir un partenariat qui n’a pas l’air d’improviser sur scène, cela fait du bien aussi. L’entente était là, aussi bien techniquement qu’artistiquement.

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Le premier acte a aussi vu l’arrivée de Charline Giezendanner, qui n’a visiblement pas travaillé dans les mêmes conditions. Sa Gamzatti faisait bien plus enfant pourri-gâté que princesse altière. Ceci-dit, au début, cela ne gêne pas vraiment à l’histoire une fois la surprise passée. La confrontation avec Nikiya, par contre, manquait de force de son côté, la lutte était inégale. Difficile de se battre pour un homme lorsque l’on a l’impression qu’elle parle d’un  jouet. Mais l’on ne peut reprocher quoi que ce soit à la danseuse, qui n’a eu qu’une semaine pour répéter, et qui s’est sortie de cette difficile prise de rôle plus qu’honorablement.

Malgré la fatigue du corps de ballet, le deuxième acte a été sauvé par de très bons seconds rôles. Allister Madin a dansé une Idole Dorée de haute tenue, précise, avec beaucoup de style. Eléonore Guérineau était adorable en Manou, et Héloïse Bourdon surprenant en Indienne. On ne la voit que dans des rôles lyriques, mais elle en jette aussi dans un moment de caractère.

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La Gamzatti de Charline Giezendanner a un peu plus souffert. Si techniquement la danseuse s’est montrée très sûre, le résultat est resté trop scolaire, trop petite fille, et le public n’a pu être emporté. Florian Magnenet, qui n’avait personne pour le tirer vers le haut, s’est réduit au minimum. Dommage, ce grand pas d’action, qui fait tellement d’effet, est resté trop gentil.

Myriam Ould-Braham a par contre continué de tenir son rôle. Sa variation tout en cambrés était rempli d’émotion, et sa mort empoisonnée très juste. La danseuse n’en fait jamais trop dans le drame, et sait rester naturel. A tort ou à raison ?  Du dixième rang, son jeu était saisissant, mais atteint-il le fin fond du deuxième balcon…

Florian Magnenet a lui aussi été juste. On le sent tout du long toujours amoureux de Nikiya. S’il accepter d’épouser Gazmatti, c’est bien plus par la peur de désobéir que par pure tromperie. Son Solor, sans tomber dans la naïveté, y gagne en sincérité, et sait rester touchant. "So Cute" serait l'adjectif parfait

Le troisième acte fut un très beau moment. Si la descente des Ombres fut un peu laborieuse, le reste resta de haute tenue, et fit oublier les trois ombres honnêtes-sans-plus. Myriam Ould Braham y a pour sa part déployé tout son lyrisme, montrant comme jamais ses si belles qualités de ballerine classique. Véritable étoile, elle a illuminé ce troisième acte, porté par un orchestre qui a sublimé la musique de Minkus. Florian Magnenet a plus servi de faire-valoir pour le coup, mais leur partenariat est resté équilibré. 

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C’est définitivement ce couple, et leur façon de travailler ensemble, qui a porté cette soirée. Chacun y a déployé non seulement de l’assurance, mais aussi de la personnalité et beaucoup de complicité. En espérant qu’ils aient la même chance de travail sur L’Historie de Manon, même si Floriant Magnenet risque de montrer plus facilement ses limites de comédien dans ce prochain ballet.

lundi 26 mars 2012

Le petit bilan d'actu, S05 EP23

Le petit bilan d'actu est en retard cette semaine... mais l'actualité a été chargée ! Retour sur La Bayadère , Ludmila Pagliero, La Meilleure Danse ou le Miami City Ballet, ainsi qu'une riche revue de presse et un agenda chargé.

COTE ACTU

- Des nouvelles du front de La Bayadère

Que de changements dans les distributions de La Bayadère en moins d'une semaine ! Surtout du côté des Gamzatti. En début de semaine, Dorothée Gilbert se blesse en scène, et doit quitter le plateau en plein acte II. C'est Mathilde Froustey qui la remplace au pied levé, et fait ainsi une drôle de prise de rôle. C'est donc elle doit qui assumer la représentation de jeudi, diffusée en direct dans tous les cinéma du monde... Sauf que le matin-même, elle se blesse également.

Ludmila Pagliero, qui a déjà dansé Gamzatti mais qui n'était pas prévue sur cette série, prend donc la relève. Elle devait normalement débuter samedi, en remplacement de Sarah Kora Dayanova. Blessée, la sujet a dû renoncer à la matinée des jeunes espoirs du 24 mars, même si elle a heureusement pu récupérer une date, le 9 avril. Face à la blessure de Mathilde Froustey, c'est Ludmila Pagliero qui assure finalement la représentation filmée... qui la voit également nommée Danseuse Etoile.

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Emiie Cozette
, qui n'était également pas prévue sur cette série, vient également en renfort sur Gamzatti. Marie-Agnès Gillot renonce pour sa part. Suite à la blessure de Laëtitia Pujol, elle doit assure tous les Mats Ek de la série en face, à Garnier. Au niveau de Solor, l'indestructible Karl Paquette doit aussi céder sa place, pour des problèmes de dos. S'il est toujours présent sur Dances at a Gathering, il est retiré de la prochaine série de L'Histoire de Manon, tout comme malheureusement Dorothée Gilbert.

Au milieu de toutes ces blessures, il y a tout de même quelques bonnes nouvelles. La jeune Héloïse Bourdon faisait ses débuts dans le rôle de Nikiya lors de la matinée du 24 mars. Et elle s'en est visiblement plus que bien tirée, au vue des récits lus sur Blog A petit pas, Dansomanie et Une Saison à l'Opéra. Entourée de deux étoiles (la toute nouvelle nommée Ludmila Pagliero et Stéphane Bullion), la jeune soliste a apparemment su prendre possession de la scène, aussi bien techniquement qu'artistiquement. François Alu en Idole Dorée a su également se faire remarquer. Si vous avez assisté à cette matinée, n'hésitez pas à venir laisser vos impressions en commentaires de cet article, je suis curieuse d'en savoir plus.

La semaine prochaine sera aussi riche en prises de rôle, avec la très attendue soirée du 28 mars. Myriam Ould-Braham y fera ses débuts en Nikiya, et si tout va bien Mathilde Froustey en Gamzatti, dans sa version complète. J'y serais bien entendu, si vous voulez en être, guettez-bien le site de l'Opéra, plusieurs places (et pas que des premières catégories), sont souvent remises en vente la veille du spectacle.En attendant, vous pouvez lire un compte-rendu de la soirée 22 mars par JRiou, consacré sur une bonne partie aux décors inspirés (ou non) de véritables monuments en Indes.

- Le retour de La Meilleure Danse

L'émission La Meilleure Danse revient en avril pour sa deuxième saison, cette fois-ci sur M6. La chaîne a eu le bon goût de programmer le premier épisode le jour de mes 30 ans, soit le 12 avril. Marie-Agnès Gillot fait toujours partie du jury, tout comme Franco Dragone et Redha. Le principe aussi n'a pas changé : des équipes de tous types de danse s'affrontent sous forme de battle, au jury de trancher.

Pour cette deuxième saison, 42 candidats et candidates seront en lice, à découvrir en photos sur le site Première.fr. Une bande-annonce permet aussi de se faire un petit aperçu. Pour en avoir vu un peu plus, je peux vous dire que le niveau est excellent, et les styles de danse a priori plus variés que la saison dernière. La danse classique sera notamment représentée par un certain Philippe, qui en jette en Don Quichotte. Bref, il y aura largement de quoi live-twitter. 

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- Le succès du Live stream du Royal Ballet

Vendredi dernier, le Royal Ballet a lancé une opération pur le moins formidable : suivre en direct et toute une journée la troupe dans son quotidien. Il était ainsi assez génial, sur les coups de 11h du matin, d'aller sur la page Youtube de la compagnie et de suivre en direct le cours du matin... Imaginez un peu, comme un direct de la rotonde de Garnier, avec Nicolas Le Riche à la barre... 

Techniquement parlant, c'était bluffant : images très fluides et sans coupure, belle réalisations (au moins 3 caméras), super travail en régie... Il doit y avoir une chaîne de télévision derrière tout ça. Les répétitions et des interviews d'artistes (dont Wayne McGregor) se sont suivies dans l'après-midi, entrecoupées de petits moments déjà tournés où l'on expliquait des termes techniques. Sur les coups de 16 heures, l'on pouvait ainsi apprendre à compter les entrechats. 

Travail oblige (sisi), je n'ai pas pu tout suivre, mais ce que j'ai pu voir était passionnant. Mention spéciale à une répétition de Roméo et Juliette. Le maître de ballet faisait répéter à huit garçons des combats à l'épée. Rébarbatifs ? Passionnant ! De multiples détails étaient donnés, aussi bien sur la technique (comment faire semblant) que sur la façon de se servir de cette technique pour faire passer le sentiment de haine entre les deux clans.

Voilà en tout cas une belle opération de com' : de la pub pour la compagnie et les futurs ballets de la saison, tout en soignant une image sympathique auprès du public, qui en apprend plus sur les coulisses du Royal Ballet et sur les spectacles. Le live stream est à revoir sur la page Youtube de la compagnie.

- Des nominations au Miami City Ballet

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Le Miami City Ballet, nouvelle compagnie chouchoute du public parisien depuis son succès aux Etés de la Danse, a dévoilé cette semaine ses dernières nominations.Deux danseurs et une danseuse accèdent ainsi au titre de Principal Soloist, l’équivalent de nos premiers danseurs et premières danseuses : Kleber Rebello, repéré cet été dans The Four Temperaments (magnifique moment !), Renan Cerdeiro, formidable dans  Square Dance, et Callie Manning. Chloe Freytag, Kara White et Lexie Overholt, qui étaient apprenties, font également leur entrée dans le corps de ballet en tant que titulaires.


COTE AGENDA

- Sur scène

Cette semaine, deux représentations de La Bayadère ont lieu à Bastille, dont la très attendue distribution du 28 mars. La soirée Robbins/Mats s"achèvera pour sa part, avec pas moins de cinq représentations cette semaine, pour presque autant de distributions. Beaucoup de places pour cette série sont encore disponibles, n'hésitez pas à tenter le coup, y compris en Pass Jeune, cela semble apparemment assez simple.

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Deux spectacles contemporains ont lieu également cette semaine au Théâtre de Chaillot : Mirror and Music de Saburo Teshigawara du 29 au 31 mars et Un terrain encore vague de Hervé Robbe les 29 et 30 mars. Je vais pour ma part découvrir le premier, que je ne connais pas du tout mais Le Petit Rat parisien m'en a fait de grands éloges. 

- Rencontres

Mathieu Ganio sera en séances de dédicace à la boutique du Palais Garnier, le samedi 31 mars de 16h30 à 17h30. Il dédicacera un livre de photos, paru au Japon mais disponible en export à la Galerie de l'Opéra.

Le Junior Ballet Contemporain du CNSMDP sera au CND de Pantin du 28 au 30 avril. Trois pièces seront au programme : Planes de Trisha Brown, In no sense de Nicolas Paul et Quatre ciels de novembre de Thomas Lebrun (création). Les deux derniers chorégraphes seront présents pour expliquer au public leur travail de création sur leur pièce, et répondre aux questions.

Le Théâtre des Champs Elysées présentera pour sa part sa saison 2012-2013, qui marquera son centième anniversaire. Cette saison sera dévoilée le jeudi 29 mars à 18h30, au théâtre. L'entrée est libre, il suffit de s'inscrire vie le compte Twitter du TCE ou par mail : rp@theatrechampselysees.fr.

- Il est temps de réserver

Pour les adeptes du Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch, la troupe sera au Théâtre de la Ville en mai, et les réservations débutent pour les particulier le vendredi 30 mars. Ne trainez pas si vous voulez des tickets, les spectacles de cette compagnie sont véritablement pris d'assaut. 

Puisque l'on parlait du CNSMDP plus haut, une soirée "Découverte et patrimoine, soirée chorégraphique" est organisée les 3 et 4 avril, au Conservatoire. Il s'agit de restituer des ateliers conduits par les chorégraphes et répétiteurs auprès des élèves danseurs, que ce soit en classique ou en contemporain. Les réservations démarrent le 26 mars, par mail : reservation@cnsmdp.fr.


COTE MEDIA

- Ludmila Pagliero Danseuse Etoile

La nouvelle Danseuse Etoile Ludmila Pagliero a fait l'événement sur la Toile... mais pas forcément dans les médias traditionnels. Pour l'instant, seul un article revient sur cette nomination, et paru dans un journal étranger, le New York Times. Les blogs sont par contre largement revenus sur cet événement, à lire sur A Petits pas, Danse Opéra (qui apprécie plutôt cette danseuse), Les Chroniques d'un Petit Rat Parisien (qui a assisté à cette nomination au cinéma), Les Balletonautes (qui revient plus largement sur cette soirée), Une Saison à l'Opéra et une petite photo à voir sur Rêves impromptus.

- Interviews

Plusieurs danseurs et danseuses de l'Opéra de Paris ont eu droit aux honneurs de la presse cette semaine. Nicolas Le Riche a ainsi eu un joli portrait dans Le Parisien, où il explique avoir réduit la cadence des représentations il y a cinq ans pour profiter de sa petite famille. Marie-Agnès Gillot était samedi dans le Journal Inattendu de RTL. La première partie, où elle donne son avis sur l'actualité, n'est pas d'un fol intérêt. Le reste de l'interview est plus intéressant, même si cela reste assez promo. La danseuse lâche ainsi quelques piques sur la jeune génération, mais apporte toutes ses félicitations à Ludmila Pagliero.  

AtlaMusica a pour sa part publié deux interviews : l'une lisse et sage de Josua Hoffalt où l'on n'y apprend pas grand chose, si ce n'est sa vision de Solor, l'autre tout aussi tranquille de François Alu, mais déjà plus instructive. Cela doit être en effet le premier entretien de ce jeune danseur et grand espoir de la compagnie. Malgré ses 18 ans, François Alu apparaît comme déjà très mûr par rapport à ses capacités et à son métier. Le jeune garçon semble malgré tout assez complexé de son physique, pas assez fin pour l'Opéra, c'est un discours qui revient souvent dans ses réponses.

Francois-Alu
Enfin du côté de Lyon, le site LyonTourisme a publié sur sa page Youtube une interview de Caelyn Knight, danseuse au Ballet de la ville, qui en dit un peu plus sur le fonctionnement et le répertoire de cette compagnie de grande qualité.

- Reportages

Le Figaro a publié un intéressant reportage sur les coulisses de Holiday on Ice, et comment la troupe, ainsi que des compagnies indépendantes, essayent de déringardiser les spectacles sur glace. Le Monde s'est pour sa part glissé dans les castings de West Side Story, au Châtelet la saison prochaine. Le papier revient également longuement sur la création de cette comédie musicale, la sauvegarde de la chorégraphie et la difficulté de la partition.

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Télématin
est allé voir le spectacle Shadowland de Pilobolus, et en a ramené un passionnant reportage vidéo, incroyable de voir comment une dizaine de danseurs et danseuses arrivent à créer autant de choses avec des ombres. Enfin le Midi Libre a fait un petit compte-rendu d'une répétition publique du Malandain Ballet de Biarritz. La compagnie organise également, via sa page Facebook, un jeu-concours pour gagner des places pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève, qui sera le dimanche 1er avril 2012 à 17h à la Gare du Midi de Biarritz. Vous avez jusqu'au mardi 27 mars (16 h) pour participer.


COTE BLOG

A venir la semaine prochaine sur Danses avec la plume : le récit de La Bayadère Ould-Braham/Froustey/Magnenet, bien sûr, mais aussi une deuxième distribution de la soirée Mats Ek et du spectacle Mirror and Music de Saburo Teshigawara, ainsi qu'un gros plan sur la prochaine saison du Théâtre des Champs-Elysées. Peut-être également le récit d'une rencontre entre le public et Laurent Hilaire... Bonne semaine tout le monde !

vendredi 23 mars 2012

Ludmila Pagliero nommée Danseuse Étoile

Il y a des nominations auxquelles tout le monde s'attend, comme celle de Josua Hoffalt il y a quinze jours.

Et puis il y en a d'autres qui sont plus surprenantes. Jeudi 22 mars, la soirée est tranquille de mon côté. La Bayadère est retransmise en direct dans une centaine de cinéma, mais n'étant pas fan de la danse sur écran, je préfère rester tranquillement chez moi. Et puis vers 23 heures, ce réflexe très XXIe siècle, checker ses mails avant d'aller se coucher.

Et tomber sur un communiqué de presse qui me fait me précipiter sur Twitter. 

Sur sa proposition et par délégation de Nicolas Joel, Directeur de l’Opéra national de Paris, Brigitte Lefèvre, Directrice de la Danse, a nommé Ludmila Pagliero, Danseuse Étoile de l’Opéra national de Paris à l'issue de la représentation de La Bayadère de Rudolf Noureev - au cours de laquelle elle interprétait le rôle de Gamzatti – à l’Opéra Bastille, le jeudi 22 mars 2012.

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Alors là quelle surprise ! La veille, Ludmila Pagliero ne devait pas danser ce soir. En fait, elle ne devait même pas interpréter ce rôle de Gamzatti sur cette série. Mais il y a eu ce qu'on appelle des blessures en pagaille : Dorothée Gilbert tout d'abord. Elle devait être remplacée par Mathilde Froutstey, qui doit étrenner ce rôle le 28 mars. Mais le matin même, la danseuse se blesse, et doit renoncer. Marie-Agnès Gillot, l'autre Gamzatti, est sur toutes les soirées Robbins/Mats Ek, pour remplacer Laëtitia Pujol, blessée. C'est donc Ludmila Pagliero, qui a déjà dansé ce rôle lors d'une précédente série, qui montera sur scène au pied levé.

Cette représentation du 22 mars était on ne peut plus particulière, et prestigieuse, car elle était retransmise en direct dans une centaine de cinémas dans le monde. Une nomination en direct dans le monde entier, les habitué-e-s il y avait bien pensé, mais cela concernait plutôt Josua Hoffalt.

La nomination de Danseuse Etoile de Ludmila Pagliero ne surprend pas en soi. Depuis déjà plusieurs mois (années ?), la rumeur court. Cela devait arriver sur Les Enfants du Paradis, puis sur La Source. La Direction a sûrement voulu profiter de cette belle occasion. En montant sur scène, Brigitte Lefèvre aurait dit vouloir "récompenser le courage extraordinaire de remplacer au pied levé la danseuse prévue ce soir", mais il y avait tout de même plus que ça.

Alors que dit-on lors d'une nomination d'Etoile ? Déjà, on félicite l'heureuse élue, qui se voit entrer au firmament de l'une des plus belles compagnies du monde. Le parcours de Ludmila Pagliero n'avait en plus rien d'évident. Née en Argentine en 1983, elle devient soliste dès 2002 au Ballet de Santiago. Mais pour venir à Paris un an plus tard, elle décide de revenir au bas de la hiérarchie. Elle suit le parcours habituel, remplaçante, quadrille... et donc moins de 10 ans plus tard, elle est nommée étoile.

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Que dit-on ensuite ? Tout dépend si l'on apprécie la danseuse ou non. Il y a des nominations qui font l'unanimité, comme celle de Josua Hoffalt. Et puis il y en a d'autres, comme celle de Ludmila Pagliero, qui mettent moins de monde d'accord.

Ludmila Pagliero n'est pas la danseuse qui me fait rêver. La dernière fois que je l'ai vu, lors de la première de la soirée Robbins/Mats Ek dans Dances at a Gathering, elle m'a fait le même effet que d'habitude. C'est propre, c'est net, c'est engagé, mais ça ne passe pas la rampe. En tout cas ça ne m'atteint pas. Forcément, je n'ai pas spécialement cherché à la voir souvent. Je l'ai d'ailleurs très peu vu dans des rôles de solistes cette saison, il serait donc mentir de dire que je connais bien cette danseuse.

Pour moi, une étoile, c'est quelqu'un qui m'éblouit, qui m'émeut, qui me fait rêver. Ce n'est pas quelqu'un qui a un travail propre, net, et qui peut remplacer quelqu'un au pied levé, même si c'est un énorme travail à saluer. Ludmila Pagliero est très certainement, et je n'en doute pas, une énorme bosseuse. C'est cruel, mais ce n'est pas ça qui va faire qu'une danse me touche. Ce matin, je pense à une autre première danseuse. Peut-être n'est-elle pas aussi rassurante techniquement et physiquement, mais quand elle rentre sur scène, je suis happée.

La danse est, comme tout art, subjectif. Subjectivement parlant, Ludmila Pagliero me laisse indifférente, sa danse me laisse indifférente, sa nomination me laisse indifférente. J'espère sincèrement que cela changera.

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