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mardi 29 septembre 2009

Giselle à l'ODP : Convergences ou aperçu des répétitions

Il y a une chose qui existe à l'Opéra de Paris et qui est assez sympathique : avant une série de représentations, il y a souvent une espèce de petite répétition en public d'une heure, à l'amphithéâtre bastille.

Je n'y étais jamais allée jusqu'à présent, parce que je n'étais jamais arrivée à choper une place sur le net, et je croyais tout naïvement que pas de place, pas d'entrée. En fait, les sans-billet peuvent venir, comme il reste toujours des places.

Samedi 19 septembre, je me rends donc à cet après-midi Convergences spécial Giselle.

Déjà, première impression qui n'a aucun rapport avec le ballet : que de souvenirs de revenir dans cet amphithéâtre Bastille. Il y a 10 ans (10 ans !), j'y avais passé pas mal de mes après-midis, la moitié de mes vacances et trois semaines de représentations. A la cantine, on avait mangé à côté de José van Dam, et un soir à la sortie, on avait croisé Marie-Claude Pietragalla. On avait même répété dans un des studios de danse. Bref, rien à voir, mais ça me fait plaisir d'évoquer ces souvenirs.

Mais revenons à Giselle. Pendant 1 heure, nous avons donc eu droit à une sorte de répétition public. Je dis "Sorte de répétition", parce qu'il semblait évident qu'ils ont déjà bien travaillé les deux extraits présentés, et qu'ils en sont aux fignolages. En maître de ballet, Laurent Hilaire. En jeunes danseur(se)s sur scène dans trois semaines dans les rôles principaux, Mathias Heymann et Dorothée Gilbert.


Tout commence d'abord avec un extrait du premier acte. Plus que de la technique, il s'agit surtout d'un passage de pantomime. J'ai trouvé ça vraiment très intéressant. Sur scène, ça n'a l'air de rien, mais on se rend vraiment compte du travail de précision que cela demande. Chaque geste et l'intention qu'il a ne sont pas fait au hasard. Un bras à telle hauteur, un placement, une diagonale, un dégagé fait de telle façon, tout a son importance, mais les plus infimes détails. Ainsi, Laurent Hilaire coupait par moment ses danseurs pour un tout petit truc qui, à nous spectateurs, nous semblait sans importante, mais qui l'était pour raconter l'histoire. C'était de la grande précision.
J'ai surtout été frappée par le travail musical de la pantomime. Chaque geste se pose véritablement sur une note musicale, un accent, un phrasé. S'exprimer sur de la musique prend ici tout son sens. On se rend compte aussi du soucis de perfection qui anime ces danseur(se)s.

La deuxième partie était réservée à une scène du deuxième acte. Si le passage était plus technique, la répétition était tout de même encore beaucoup axée sur la pantomime. Dorothée Gilbert semblait être déjà complètement dans son rôle, et les deux paraissaient déjà très accordés, alors qu'il leur restait encore trois semaines de répétition. Sur scène, il n'y avait ni décors, ni Willis, ni fumée. Myrtha n'était pas là, et l'orchestre se limitait au piano. Et pourtant, lors de leur pas de deux, quelque chose s'est passée. Nous étions déjà dans l'histoire, dans le dilemme de ces personnages, dans la forêt des Willis. Malgré leurs tenues de répétitions, c'était bien Giselle et Albrecht que nous avions en face de nous. Comme quoi un beau moment de danse peut naître à partir de pas grand chose.

Pour finir, une petite vidéo de cet après-midi. La qualité n'est pas vraiment là, mais ça donne une petite idée.

jeudi 16 avril 2009

La vidéo-danse du jeudi (12)

Aujourd'hui, place au ballet Le Parc, d'Angelin Preljocaj. Plus exactement à L'Abandon, le pas de deux amoureux qui presque clôt le ballet.



Cette version date de 1993 il me semble. J'ai pu voir Le Parc en mars dernier, j'y reviendrais plus en détails un jour peut-être.

Pour vous planter quand même un peu le décor, il s'agit d'un chassé-croisé entre un homme et une femme. La découverte, les jeux d'approche, la séduction, les premiers frôlements... Jusqu'à cet abandon final, où ils se retrouvent enfin seuls tous les deux. Un moment d'apothéose, qui pourtant est empreint d'une légère mélancolie de la part des deux protagonistes. Comme si le jeux du chat et de la souris auquel ils se sont livrés avant était finalement plus intéressant que leurs retrouvailles.

A 5m18, sûrement l'un des plus célèbres baisers de l'histoire de la Danse... Mais qui pour le coup, même si j'adore cette vidéo, était beaucoup plus prenant en live.


Danseur(se) : Isa­belle Gué­rin et Laurent Hilaire

Musi­­que : Wolfgang Amadeus Mozart (Adagio du Concerto pur piano n°23)
Cho­ré­gra­­phie : Angelin Preljocaj

jeudi 26 mars 2009

La vidéo-danse du jeudi (11)

Pour ce soir, voici un extrait de La Bayadère. Et plus exactement la mort de Nikiya, scène ô combien dramatique qui clôt le deuxième acte. Pour plus de précisions sur l'histoire de La Bayadère, voir par là.



Il y a bien sûr plein de choses évidentes qui me font aimer ce passage. La si sublime et désespérément amoureuse Nikiya, la musique qui porte si bien l'action, la chorégraphie qui mêle tragédie et virtuosité...

Et aussi, et surtout, le regard de Gamzatti. Au cours de ces sept minutes, c'est pourtant un personnage que l'on voit peu, et qui ne danse pas. Mais sa présence, son orgueil, sa jalousie pèsent tout au long de la scène, et semblent poignarder Nikiya à chaque seconde de sa danse, avant même qu'elle se fasse mordre par le serpent.

Com­pa­gnie : Bal­let Natio­nal de l’Opéra de Paris
Nikiya : Isabelle Guérin

Gamzatti : Elisabeth Platel
Solor : Laurent Hilaire
Musi­que : Léon Minkus
Chorégra­phie : Rudolf Noureev, d’après Marius Petipa

vendredi 27 février 2009

La vidéo-danse du jeudi (9)

Mouais, pas encore complètement convaincue du titre, je cherche encore. Si vous avez des idées.

Voici cette semaine un extrait du Chant du compagnon errant, un duo entre deux hommes d'une vingtaine de minutes, chorégraphié par Maurice Béjart.

Voici ce qu'en dit un site de danse : "Ce pas de deux sans argument réel montre les relations entre deux hommes, un jeune homme en bleu guidé par un jeune homme en rouge qu’il suit, destin, mort…" Pour ma part, j'ai eu l'impression d'un dialogue entre un homme et son ombre, ou son double. Avec entre eux de la complicité, mais aussi des combat, des rapports de force, et une supériorité qui change de camp.

Chacun y voit un peu ce qu'il veut en fait.

Ce ballet est très peu donné, je l'ai d'autant plus apprécié lorsque je l'ai découvert mardi dernier. Au delà d'une grande technique, les deux solistes doivent avoir une âme d'artiste sans faille. Ils sont seuls sur scène, sans décors, sans corps de ballet, et doivent tenir 20 minutes sans perdre en intensité.
De la danse à l'état brut, intense, sans fioriture pour la sauver si la chorégraphie ou les danseurs faiblissent.

Dans un tout autre genre, à noter à la fin de cet extrait le soupir de la personne qui filme, visiblement sous le charme.


Les deux hommes : Laurent Hilaire (en gris-bleu) et Manuel Legris (en rouge)
Musique : Gustave Mahlerer e Mahler
Chorégraphie : Maurice Béjart