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jeudi 5 avril 2012

Le Béjart Ballet Lausanne fête ses 25 ans à Paris

Mardi 3 avril 2012. Le Béjart Ballet Lausanne au Palais des Congrès.

Dionysos de Maurice Béjart, avec Oscar Chacon (Dionysos), Marco Merenda (Le Grec), Julien Favreau (Zeus), Katia Shalkina (Semele) et Daria Inavona (Manoula mou).

Aria de Gil Roman, avec Lui (Julio Arozarena), Julien Favreau (L’autre), Elisabet Ros, Daria Ivanova et Katia Shalkina (les Arianes), Simona Tartaglione (la jeune fille) et Valentin Levalin (le Torero).

Le Boléro de Maurice Béjart, avec Elisabet Ros (la Mélodie), Keisuke Nasumo et Marco Merenda (le rythme).

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La compagnie du Béjart Ballet Lausanne fête ses 25 ans cette année, dont cinq sans son créateur. Pour cet anniversaire, la troupe s’est posée à Paris début avril, pour un programme se voulant un résumé de ce qu’elle est aujourd’hui : Le Boléro, sûrement l’œuvre la plus connue de Maurice Béjart ; Dionysos, un ballet moins connu du chorégraphe mais qui résume bien sa façon de danser ; Aria, l’une des dernières créations de Gil Roman, ancien élève de Béjart et maintenant directeur de la troupe.

Dionysos démarre la soirée. La pièce évoque la Grèce, ses dieux, ses déesses et sa mythologie, des thèmes qui reviennent souvent dans l’œuvre de Maurice Béjart. Un étudiant invite le public à observer les habitué-e-s d’une taverne. Et si, derrière ses regards banals, se cachaient les Dieux d’autrefois ? Sur des danses grecques, le quotidien s’en va petit à petit pour faire place à des danses bacchanales, portées par un final explosif de joie de danser. 

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Créé en 1984, la chorégraphie marque néanmoins souvent le poids des années. Ce n’est pas que Dionysos ait mal vieilli, mais certains passages semblent irrémédiablement marqués par le sceau des années 1980 (bonjour les académiques blancs, bonjour le danseur qui se met à déclamer l’histoire), sans avoir cette fraîcheur d’intemporalité qu’ont les oeuvres qui traversent les époques. Il n’en reste pas moins de très beaux ensembles, de fortes images visuelles, et cette énergie de groupe que rien ne semble pouvoir arrêter.

Aria a été plus intéressant que je ne le pensais. Gil Roman n’a pas ici une place facile, tiraillé entre deux attitudes : rendre hommage au Maître ou imprimer sa propre personnalité ? L’idéal étant bien sûr d'avoir les deux, ce que le chorégraphe réussit, mais pas toujours.

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Premier hommage bien visible, Gil Roman s’est inspiré pour Aria d’un mythe grec, celui du Minotaure. La première partie peine à peu à trouver ses marques. Le chorégraphe semble écrasé par le maître, sans en avoir l’originalité, et ne sait visiblement pas quoi faire avec une grande fille sur pointes.

Mais tout change lorsque la vingtaine de villageois-es, désigné-e-s pour être sacrifié-e-s au Minotaure, fait son apparition. Gil Roman sait vraiment y faire avec la dynamique de groupe, donnant à voir de belles scènes, fortes, et avec une histoire très lisible, toujours agréable pour un ballet narratif. Les combats sont aussi des moments très intéressants, notamment celui entre le Minotaure et une villageoise. L’inspiration Sacre de Bausch n’est pas très loin, mais le tout fonctionne très bien, et l’on retient sous souffle face au regard déterminé et apeuré de la jeune femme. 

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Aria n’est en bref pas forcément parfait, le chorégraphe ne sait pas (encore) où il veut forcément aller, mais cela se tient bien au final, et laisse de belles images dans les yeux du public.

Le Boléro de Maurice Béjart ne pouvait arriver qu’à la fin de la soirée. Car il est impossible, aussi bien pour les danseurs que pour le public, de faire/voir autre chose après ce déferlement. 

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C’est étrange Le Boléro. A chaque fois, l’on sait à quoi s’attendre, mais la surprise est toujours là. Parce qu’il n’y a pas un-e interprète pour faire comme l’autre.

La dernière fois que j’avais vu Le Boléro, c’était en 2008 avec Sylvie Guillem. Déesse Guillem, qui hypnotisait tout le monde. Elisabet Ros en a fait quelque chose de très différent, mais tout aussi puissant. Elle est avant tout humaine. Ce n’est pas une déesse, une force supérieure. C’est avant tout une femme, débordande de sensualité, qui attire les hommes qui n’osent pas l’approcher.

Mais au fur et à mesure, la femme ultra-femme se transforme en guerrière. C’est une lutte, contre la musique, contre les pas, contre les corps. Et les hommes l’encouragent en tournant autour d’elle. Elisabet Ros est une combattante de la danse qui invoque son armée, qui galvanise son monde, et qui finit par s’effondrer dans un dernier élan d’une débordante séduction.

Le Béjart Ballet Lausanne, jusqu'au 7 avril au Palais des Congrès de Paris.

mercredi 4 avril 2012

Ballet de l’Opéra de Paris en tournée aux USA : toutes les distributions

Le Ballet de l’Opéra de Paris sera en tournée aux USA cet été. Et les choses n’ont pas été faites à moitié. La compagnie donnera en effet 25 spectacles du 26 juin au 22 juillet, entre le Lincoln Center de New York,  le Kennedy Center de Washington et le Harris Theater de Chicago, ville dans laquelle ne s’était encore jamais produite la compagnie.

Le Ballet de l’Opéra de Paris donnera trois programmes : Giselle de Jean Coralli et Jules Perrot (15 représentations), Orphée et Eurydice de Pina Bausch (3 représentations) et une soirée mixte Suite en Blanc de Lifar, L’Arlésienne de Petit et Le Boléro de Béjart (7 représentations).

Les distributions date par date viennent d’être rendues publiques. Tiens, tiens, plus de deux mois avant la première représentation, c’est donc faisable ! Toutes les étoiles (hormis Hervé Moreau, qui figure toujours à l’effectif de la compagnie) sont alignées sur cette tournée. Les distributions sont donc plus qu’alléchantes, avec également quelques prises de rôle des plus intéressantes, dont la très attendue Aurélie Dupont qui se lancera dans le périlleux Boléro.

D’où la question : à quand ces ballets sur Paris ? Le public américain est décidément gâté.

GISELLE

Harris Theater de Chicago

26 juin : Laëtitia Pujol (Giselle), Nicolas Le Riche (Albrecht), Marie-Agnès Gillot (Myrtha), Vincent Chaillet (Hilarion), Charline Giezendanner et Fabien Revillon (Pas de deux des paysans).

27 juin : Clairemarie Osta (Giselle), Benjamin Pech (Albrecht), Nolwenn Daniel (Myrtha), Christophe Duquenne (Hilarion), Héloïse Bourdon et Florimond Lorieux, (Pas de deux des paysans).

28 juin : Agnès Letestu (Giselle), Stéphane Bullion (Albrecht), Émilie Cozette (Myrtha), Vincent Chaillet (Hilarion) Amandine Albisson et Marc Moreau (Pas de deux des paysans).

Kennedy Center de Washington

5 juillet : Aurélie Dupont (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Marie-Agnès Gillot (Myrtha), Vincent Chaillet (Hilarion), Ludmila Pagliero et Fabien Revillon (Pas de deux des paysans).

6 juillet en matinée : Dorothée Gilbert (Giselle), Josua Hoffalt (Albrecht), Eve Grinsztajn (Myrtha), Yann Saïz (Hilarion), Charline Giezendanner et Marc Moreau (Pas de deux des paysans).

6 juillet en soirée : Agnès Letestu (Giselle), Stéphane Bullion (Albrecht), Marie-Agnès Gillot (Myrtha), Vincent Chaillet (Hilarion), Héloïse Bourdon et  Florimond Lorieux (Pas de deux des paysans).

7 juillet en matinée : Clairemarie Osta (Giselle), Benjamin Pech (Albrecht), Ludmila Pagliero (Myrtha), Christophe Duquenne (Hilarion), Charline Giezendanner et Marc Moreau (Pas de deux des paysans).

7 juillet en soirée : Isabelle Ciaravola (Giselle), Karl Paquette (Albrecht), Émilie Cozette (Myrtha), Audric Bezard (Hilarion), Ludmila Pagliero et Fabien Revillon (Pas de deux des paysans).

8 juillet : Laëtitia Pujol (Giselle), Nicolas Le Riche (Albrecht), Marie-Agnès Gillot (Myrtha), Vincent Chaillet (Hilarion), Héloïse Bourdon et Florimond Lorieux (Pas de deux des paysans).

Lincoln Center de New York

12 juillet : Aurélie Dupont (Giselle), Mathieu Ganio (Albrecht), Émilie Cozette (Myrtha), Vincent Chaillet (Hilarion), Ludmila Pagliero et Fabien Revillon (Pas de deux des paysans).

14 juillet en matinée : Isabelle Ciaravola (Giselle), Karl Paquette (Albrecht), Marie-Agnès Gillot (Myrtha), Audric Bezard (Hilarion), Héloïse Bourdon et  Florimond Lorieux (Pas de deux des paysans).

14 juillet en soirée : Laëtitia Pujol (Giselle), Mathias Heymann (Albrecht), Ludmila Pagliero (Myrtha), Christophe Duquenne (Hilarion), Charline Giezendanner et Marc Moreau (Pas de deux des paysans).

17 juillet : Laëtitia Pujol (Giselle), Mathias Heymann (Albrecht), Ludmila Pagliero (Myrtha), Christophe Duquenne (Hilarion), Charline Giezendanner et Marc Moreau (Pas de deux des paysans).

18 juillet : Dorothée Gilbert (Giselle), Josua Hoffalt (Albrecht), Émilie Cozette (Myrtha), Yann Saïz (Hilarion), Héloïse Bourdon et  Florimond Lorieux (Pas de deux des paysans).

19 juillet : Clairemarie Osta (Giselle), Nicolas Le Riche (Albrecht), Émilie Cozette (Myrtha), Yann Saïz (Hilarion), Charline Giezendanner et Marc Moreau (Pas de deux des paysans).

On retrouve à la fois des couple qui ont brillé dans ce ballet (Pujol/LeRiche) et des associations prometteuses, comme Aurélie Dupont et Mathieu Ganio que j’ai rarement vu ensemble. Dorothée Gilbert et Josua Hoffalt auront aussi l’occasion de peaufiner leur partenariat, qui avait ébloui dansLa Bayadère. Si je ne me trompe pas, pour les prises de rôles, Eve Grinsztajn se lancera dans Myrtha et Vincent Chaillet en Hilarion, là aussi, cela s’annonce plutôt bien.

Le pas de deux des paysans, morceau de bravoure, laisse la place belle à la jeune génération, avec notamment Héloïse Bourdon. A noter que, malgré son nouveau statut d’étoile, Ludmila Pagliero y aura droit également.

DP 2012-03-28

SOIREE LIFAR-PETIT-BEJART

Boléro

Harris Theater de Chicago

29 juin : Nicolas Le Riche

30 juin en matinée : Aurélie Dupont

30 juin en soirée : Nicolas Le Riche

1er juillet : Marie-Agnès Gillot


Lincoln Center de New York

11 juillet : Nicolas Le Riche

12 juillet : Marie-Agnès Gillot

15 juillet : Aurélie Dupont

La grande nouvelle de cette tournée : Aurélie Dupont se lance à son tour dans Le Boléro et Maurice Béjart. Peu de compagnies dansent ce ballet de par le monde, et peu de solistes ont le droit de se lancer sur la grande table rouge. Curieusement, ce n’est pas forcément à Aurélie Dupont que j’aurais pensé en premier. Mais en voyant son nom sur la liste, cela me semble comme une évidence. Vivement que le ballet soit repris sur Paris, je suis vraiment curieuse de voir son interprétation !

Nicolas Le Riche et Marie-Agnès Gillot ont déjà régulièrement dansé ce ballet, avec toujours un très grand succès.

DP 2012-03-28

L’Arlésienne

Harris Theater de Chicago

29 juin : Clairemarie Osta et Jérémie Bélingard.

30 juin en matinée : Clairemarie Osta et Benjamin Pech.

30 juin en soirée : Isabelle Ciaravola et Stéphane Bullion.

1er juillet : Clairemarie Osta et Jérémie Bélingard.


Lincoln Center de New York

11 juillet : Isabelle Ciaravola et Jérémie Bélingard.

12 juillet : Clairemarie Osta et Benjamin Pech.

15 juillet : Clairemarie Osta et Jérémie Bélingard.

Pas de surprise là non plus, mais de bien belles distributions.

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Suite en blanc

Harris Theater de Chicago

29 juin : Eve Grinsztajn, Marie-Solenne Boulet, Laurence Laffon (la Sieste), Émilie Cozette, Karl Paquette, Stéphane Bullion (Thème varié), Dorothée Gilbert (la Sérénade), Alice Renavand (Pas de cinq), Agnès Letestu (la Cigarette), Mathieu Ganio (la Mazurka), Isabelle Ciaravola, Benjamin Pech (l’Adage) et Laëtitia Pujol (la Flûte).

30 juin en matinée : Eve Grinsztajn, Aurélia Bellet, Laura Hecquet (la Sieste), Sabrina Mallem, Audric Bezard, Vincent Chaillet (Thème varié), Nolwenn Daniel (la Sérénade), Alice Renavand (Pas de cinq) Émilie Cozette (la Cigarette), Mathieu Ganio (la Mazurka), Isabelle Ciaravola, Stéphane Bullion, (l’Adage) et Laëtitia Pujol (la Flûte).

30 juin en soirée : Eve Grinsztajn, Aurélia Bellet, Laura Hecquet (la Sieste), Ludmila Pagliero, Christophe Duquenne, Nicolas Paul (Thème varié), Dorothée Gilbert (la Sérénade), Laëtitta Pujol (Pas de cinq), Marie-Agnès Gillot (la Cigarette), Karl Paquette (la Mazurka), Aurélie Dupont, Mathieu Ganio (l’Adage) et Clairemarie Osta (la Flûte).

1er juillet : Eve Grinsztajn, Marie-Solenne Boulet, Laurence Laffon (la Sieste), Émilie Cozette, Julien Meyzindi, Vincent Chaillet (Thème varié), Amandine Albisson (la Sérénade), Alice Renavand (Pas de cinq), Agnès Letestu (la Cigarette), Stéphane Bullion (la Mazurka), Aurélie Dupont, Mathieu Ganio (l’Adage) et Laëtitia Pujol (la Flûte).


Lincoln Center de New York

11 juillet : Eve Grinsztajn, Aurélia Bellet, Laura Hecquet (la Sieste), Émilie Cozette, Karl Paquette, Stéphane Bullion (Thème varié), Dorothée Gilbert (la Sérénade), Laëtitia Pujol (Pas de cinq), Agnès Letestu (la Cigarette), Mathias Heymann, (la Mazurka), Aurélie Dupont, Mathieu Ganio (l’Adage) et Clairemarie Osta (la Flûte).

12 juillet : Eve Grinsztajn, Marie-Solenne Boulet, Laurence Laffon (la Sieste), Ludmila Pagliero, Christophe Duquenne, Nicolas Paul (Thème varié), Amandine Albisson (la Sérénade), Alice Renavand (Pas de cinq), Agnès Letestu (la Cigarette), Karl Paquette (la Mazurka), Isabelle Ciaravola, Stéphane Bullion (l’Adage) et Dorothée Gilbert (la Flûte).

15 juillet : Eve Grinsztajn, Marie-Solenne Boulet, Laurence Laffon (la Sieste), Sabrina Mallem, Audric Bezard, Vincent Chaillet (Thème varié), Nolwenn Daniel (la Sérénade), Laëtitta Pujol (Pas de cinq), Marie-Agnès Gillot (la Cigarette), Mathieu Ganio (la Mazurka), Isabelle Ciaravola, Benjamin Pech (l’Adage) et Dorothée Gilbert (la Flûte).

Je n’ai pas toute les distributions de Suite en blanc dans la tête, mais à vue de nez, je ne vois pas de prise de rôle.

DP 2012-03-28

ORPHEE ET EURYDUCE

Lincoln Center de New York

20 juillet : Marie-Agnès Gillot (Eurydice), Stéphane Bullion (Orphée) et Muriel Zusperreguy (Amour).

21 juillet : Alice Renavand (Eurydice), Nicolas Paul (Orphée) et Charlotte Ranson (Amour).

22 juillet : Marie-Agnès Gillot (Eurydice), Stéphane Bullion (Orphée) et Muriel Zusperreguy (Amour).

La tournée se finira donc par le ballet de Pina Bausch (dont les œuvres ne doivent pas souvent être données aux USA), avec les deux trios qui avait fait merveille cet hiver.

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Allez, rêvons un peu : su vous pouviez aller aux Etats-Unis cet été, vers quelle distribution vous dirigeriez-vous ?

samedi 29 janvier 2011

Octopus, ou l'imagination débridée de Philippe Decouflé

J'ai décidément plus de mal à me lancer dans mes comptes-rendus de danse contemporaine que de ballets classiques. Ma découverte d'Octopus de Philippe Decouflé, sur la scène du Théâtre de Chaillot, remonte déjà au 13 janvier, et je ne m'y mets que maintenant. Mais je ne sais jamais par où commencer.

Octopus m'a pourtant globalement beaucoup plu. Je ne dirais pas que j'ai été transcendée durant toute l'heure 1/2 du spectacle, mais j'ai souvent été interpellée, et constamment surprise visuellement. Un geste, un duo, un costume, une vidéo... Le chorégraphe sait surprendre son public, et on ne savait jamais à quoi s'attendre.

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Le spectacle est composé de huit petits ballets, nommés Shiva pas, Hélas tique ou L'argothique. Ils parlent d'amour, du rapport entre les gens, ou de grands et petit délires. Ils n'ont pas vraiment de liens entre eux, ils pourraient très bien être dansés séparément. Ce qui les unis reste en fait la musique - géniale, somptueuse musique - signée Labyala Nosfell et Pierre Le Bourgeois. Philippe Decouflé explique que ces "poèmes chorégraphiques" ont été conçus comme un album. Et c'est complètement ça. Ce sont des chansons, mises en scène, et liée par la musique. Cette dernière est rock, électro, faite de compositions ou de reprises de classiques.

La musique est véritablement l'atout de ce spectacle. Elle emporte le tout, elle transcende, elle est d'une puissance folle et m'a donné envie de me lever durant tout le spectacle pour aller danser avec les artistes. La danse sur l'énergie du rock, c'est rarement utilisé, et c'est bien dommage parce que j'adore ça. Elle était en plus jouée en live par les deux musiciens, un chanteur et un homme à tout faire-violoncelliste complètement barge.

Les huit pièces m'ont ensuite plus ou moins plus. Passé la première surprise visuelle, certaines m'ont fait regarder ma montre. D'autres m'ont fait rire, touchée, et vraiment enthousiasmée. Je retiens le début, avec cette danseuse mi-homme mi-femme dans son drôle de costume. Le fameux Shiva pas, fait d'un duo étrange entre une femme blanche et un homme noir qui s'entremêlent. Ce récit d'un rapport sexuel raconté de façon complètement délirante. Ce jeu des lumières et vidéo avec une corde.

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Les deux ballets finals m'ont le plus plu. Il y a d'abord Talons aiguilles, celui dont tout le monde a parlé, mais vraiment drôle et hypnotique. Et surtout, et c'est vraiment l'image que je retiens de ce spectacle, le Boléro. C'est une relecture de la version de Béjart, dans un hommage au célèbre chorégraphe. Il y a la rengaine rythmique, génialement réinterprétée par les musiciens, la table au milieu et un danseur dessus (qui a d'ailleurs beaucoup dansé la version originale). C'est beau, envoûtant, puissant, et avec une pointe d'humour totalement irrésistible.  

Le spectacle a lieu jusqu'au 4 février. Même si vous n'êtes pas fan de Decouflé, n'hésitez pas à aller y faire un tour, rien que pour la surprise visuelle.

© Photos : Xavier Lambours

dimanche 12 décembre 2010

Le petit bilan d'actu, S04 Ep12

Cette semaine, malgré le démarrage de la soirée des 3B et Le Lac des Cygnes qui bat toujours de l'aile à Bastille, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. Retenons tout de même ces quelques infos.

Le Ballet de l'Opéra de Paris hors les murs... en France

Nous ne sommes même pas encore en 2011 que, ça y est, la saison 2011/2012 est déjà abordée. Si certains spectacles n'en sont qu'à l'étape des rumeurs, comme une reprise d'Onéguine, ce qui ne serait pas pour me déplaire, d'autres dates sont déjà sûres. Ainsi, le journal Sud-Ouest nous apprend que 105 danseur-eu-s de la troupe seront à Biarritz les 28 et 29 octobre 2011, pour trois spectacles à la Gare du Midi. Le Ballet de l'Opéra de Paris donnera une soirée de ballets, composée de Suites en blanc de Serge Lifar, L'Arlésienne de Roland Petit et Le Boléro de Maurice Béjart. Une soirée au programme il y a deux saisons, et régulièrement reprise lors de tournées. Même si ce n'est pas un grand ballet classique, cela permet de montrer la compagnie sous divers jours, et le Boléro fait toujours son effet. La billetterie est déjà ouverte, les places vont de 12 à 50 euros, ce qui reste très raisonnable. Pour toutes réservations : 05 59 22 44 66

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Le Ballet de l'Opéra de Paris hors les murs... en Russie

Mercredi avait lieu à Moscou un grand gala réunissant artistes de l'Opéra de Paris et du Bolchoï. Si le programme était alléchant, la soirée était réservée au officiels. Officiels qui ne sont même pas venus, puisque François Fillon a été bloqué par la neige. Est-ce pour cette raison que les critiques russes ont eu la dent dure vis-à-vis des danseur-se-s français-ses ? Je ne comprends rien à cette langue, mais si j'en crois ce qui s'est dit sur Twitter et le forum Dansomanie, les journalistes n'y sont pas allés de main morte. Pour vous faire vous-même une idée, différentes vidéos du gala ont été mises en ligne. Pour ma part, je trouve que Mathieu Ganio et Isabelle Ciaravola font un très beau couple dans Giselle. Et que dire de Princesse Myriam dans Paquita ?  

Quelques critiques par-ci par-là

Calme, je vous dis, très calme. Si la presse a bien couverte le retour du Lac des Cygnes, les critiques se font encore attendre. Seul AltaMusica s'y est mis, pour comme d'habitude un compte-rendu sur-enthousiaste. Idem pour la soirée Balanchine/Brown/Bausch. Malgré trois ballets très intéressants, presque aucun article (voir aucun ?) pour annoncer le spectacle. Heureusement qu'il y a les blogueur-se-s pour sauver le tout et pour nous raconter la première. Fab et Palpatine sont d'ailleurs plutôt d'accord. Apollon les a un peu ennuyés, et Le Sacre du Printemps a dominé toute la soirée. Mon compte-rendu à moi devrait venir lundi (teasing de ouf power).

A lire également sur le blog de Cams, une critique très enthousiaste de Black Swan, que la chanceuse a pu voir en avant-première. Si cela me rassure niveau danse, je ne sais toujours pas si j'ai vraiment envie de le voir. Enfin le gala hommage à Maïa Plissetkaïa a donné quelques critiques. Le Petit Rat a passé une excellente soirée, tandis que Gérard Mannoni d'Altamusica est un peu plus réservé.

Nous nous quitterons néanmoins là-dessus, avec les saluts de Maïa Plissetkaïa venue sur scène à la fin de la soirée, et qui sont à eux seuls tout un spectacle.

© Photos : Rêves impromptus

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