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vendredi 4 novembre 2011

Marie-Antoinette vue par le Ballet de l'Opéra de Vienne

Jeudi 3 novembre 2011. Marie-Antoinette de Patrick de Bana, par le Ballet de l'Opéra de Vienne, à l'Opéra Royal de Versailles. Avec Olga Esina (Marie-Antoinette), Roman Lazik (Louis XVI), Ketevan Papava (Madame Elisabeth), Kirill Kourlaev (Le destin), Alice Firenze (L’ombre de Marie-Antoinette), Kamil Pavelka (Axel de Fersen), Dagmar Kronberger (Marie-Thérèse), Fabrizio Coppo (Mercy) et Christoph Wenzel (Louis XV). 

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Il fallait être motivé-e pour se rendre à Versailles en cette pluvieuse soirée de novembre. La bonne heure de trajet ainsi que les 20 minutes sous la pluie pour aller au Château auraient de quoi en décourager plus d'un-e. Et il n'est pas vraiment sûr que cette soirée valait de tels efforts. Ou tout du du moins par pour le ballet en lui-même, loin d'être l'oeuvre du siècle.

Commençons toutefois par quelque chose de positif : le lieu. Rentrer par la grande allée au Château de Versailles est en soi un petit plaisir, même en escarpins sous les pavés glissant. Un hall banal avec des panneaux rappelant que nous sommes dans un musée, un couloir de vielles pierres nues...

Et l'émerveillement une fois la porte poussée. L'Opéra Royal de Versailles est un superbe écrin baroque, tout d'or et de taffetas vêtus. Un véritable petit saut dans le temps. Ici, le public n'a pas le droit de poser un parapluie mouillé par terre, de mettre son manteau sur la rambarde, ou de prendre des photos de la salle en flash, même avant que le spectacle ne commence. Tout est là pour rappeler que nous sommes dans un lieu historique, et que cette Marie-Antoinette, avant d'être sur scène, occupait nos sièges.

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Si la salle est magique et haute de plafond, elle reste petite, et peut accueillir à peine 500 spectateur-ri-ce-s. Le bruit est ainsi étrangement feutré, comme si personne n'osait parler. Manuel Legris est au premier rang, pas forcément le plus à l'aise du monde dans son costume-cravate, et visiblement tendu. Il s'agit après tout de son retour à Paris.

Depuis 1 an 1/2 qu'il a pris la tête du Ballet de Vienne, il n'a eu droit qu'à de bons échos dans la presse. Mais le public de Garnier veut désormais se faire sa propre idée. Dans le public, beaucoup de gens du coin, et sûrement beaucoup d'habitué-e-s à entendre les chaleureux applaudissements que l'étoile a recueilli en fin de spectacle. Agnès Letestu, qui a fait les costumes, est là, Mathias Heymann aussi, Brigitte Lefèvre a séché. 

Donner le ballet Marie-Antoinette dans cet Opéra de Versailles, il n'y avait pas meilleure idée de programmation. Pour ce ballet, son premier long spectacle, Patrick de Bana n'a pas voulu raconter historiquement la vie de la souverain décapitée, mais plutôt son état d'esprit. L'oeuvre reste tout de même très linéaire, avec des scènes bien définies (A la cour de Vienne, Bienvenue en France, Attaque de Versailles, La prison, etc.). Mais les scènes sont entrecoupées de duos entre l'ombre de Marie-Antoinette et le destin, présent-e-s également dans de nombreuses scènes pour jouer avec l'avenir des personnages. 
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L'idée en soi est bonne, et fonctionne plutôt bien. Dommage que la chorégraphie soit d'un ennui abyssale. Patrick de Bana a choisi du néo-classique très classique, e qui en soi n'est pas un mal, mais sans inventivité, musicalité, et très répétitif, ce qui l'est beaucoup plus. Le tout n'est pas aidé par des extraits musicaux archi-basiques et archi-entendus. 

Le chorégraphe semble en plus avoir eu du mal à se poser dans un style. Tout le monde est sur demi-pointe, mais la chorégraphie, tout en élévation et en bas de jambe, n'appelle que les pointes. Ce choix de chaussons reste difficilement compréhensible, et m'a personnellement gênée une bonne partie de la soirée. Les duos entre le destin et l'ombre, dans une veine contemporaine bien plus affirmée, restent ainsi les moments les plus intéressants du ballet. On y voyait enfin un peu de personnalité, ce qui manquait cruellement au reste de la chorégraphie. 

Patrick de Bana a visiblement voulu une chorégraphie grand public, qui ne heurte surtout pas le-la spectateur-rice. Mais faire un ballet très accessible en utilisant le langage classique n'empêche pas la créativité, comme le montre depuis deux semaines Jean-Guillaume Bart au Palais Garnier.

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Toutefois, la soirée fut tout de même intéressante grâce à la compagnie, une très bonne troupe dotée de fortes personnalités. Le livret étant tout de même bien pensé, chacun a pu proposer une interprétation, et faire vivre l'histoire malgré tout.

Olga Esina est ainsi une délicieuse Marie-Antoinette, avec une ressemblance avec Kirsten Dunst non dissimulée. C'est au début une gamine, qui ne se rend compte ni de sa féminité, ni de son pouvoir. La jeune fille s'amuse, se retrouve poussée dans les bras de Louis XVI par le destin, devient femme au Trianon avec Fersen, regarde horrifiée l'attaque de son Château, et finit par une longue nuit de réflexion en prison. Les deux rôles masculins ne sont pas moins investis, tout comme Madame Elisabeth, la compagne des tous les instants.

Mais les deux révélations de la soirée furent sûrement, avec Olga Esina, le couple destin/ombre, à savoir Kirill Kourlaev et Alice Firenze. Peut-être aussi parce qu'il-elle-s avaient la partie la plus intéressante à danser, et étaient donc mieux mis en valeur. Le duo a fait preuve de beaucoup de présence et de virtuosité, apportant toute la violence à l'histoire. Kirill Kourlaev fut d'ailleurs, et de loin, le plus applaudi des artistes. 

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Mention spéciale toutefois à toute la troupe, qui affichaient beaucoup d'envie et d'investissement, doublée d'une belle ligne classique pour tou-te-s. Vivement de les voir dans un ballet plus consistant. 

Marie-Antoinette par le Ballet de l'Opéra de Vienne, à l'Opéra Royal de Versailles jusqu'au 5 novembre. 

dimanche 6 mars 2011

Le petit bilan d'actu, S04 Ep23

Cette semaine, le point sur les distributions des derniers ballets de la saison, la danse au cinéma, le festival Escales danse en Val d'Oise, et les habituel-le-s agendas et revues de presse. 

L'ACTU COTE DANSE

- Quelques nouvelles de Rain et L'Anatomie de la sensation

Dansomanie a mis en ligne les pré-distributions de ces deux ballets contemporains, qui vont occuper les scène de Bastille et Garnier à la fin de la saison. Et si elles sont très différentes, elle n'en restent pas moins toutes les deux très alléchantes. Anne Teresa de Keersmaeker a plutôt préféré les jeunes pousses, en mettant en avant de nouveaux talents que l'on a peu (pas) vu en solo, comme Léonore Baulac, Valentine Colasante ou Juliette Hilaire. Elles sont entourées de sujets et premier-ère-s danseur-se-s qui ont déjà fait leurs preuves dans le contemporain, comme Miteki Kudo ou Charlotte Ranson. Wayne McGregor prévoit pour sa part un véritable alignement d'étoiles (pas moins de quatre pour le premier groupe) pour sa prochaine création, avec un ensemble qui ressemble beaucoup à celui de Genius

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Mais la question qui vient à l'esprit en voyant ces dernières distributions reste : mais que devient Nicolas Le Riche ? Sauf apparition plus qu'improbable dans Les Enfants du Paradis, il ne mettra les pieds sur scène en tant que danseur entre janvier et juin que dans A Sort Of de la soirée Mats Ek. Cela fait peu pour la groupie qui sommeille en moi. 

- Quelques nouvelles de la danse au cinéma

Pina, le film en 3D de Wim Wenders en hommage à Pina Bausch, a été projeté pour la première fois à Paris mercredi dernier, avant sa sortie en salle le 6 avril. Si je garde mon compte-rendu pour cette date, Fab a déjà fait part de cette impression, trouvant l'expérience "intéressante", sans être forcément complètement emballée. D'autres avants-premières vont prochainement être programmées, annoncées sur Allociné

La diffusion de ballet en direct continue également de se développer. Cet après-midi avait ainsi lieu Don Quichotte en direct du Bolchoï, avec le couple star Ivan Vasiliev et Natalia Osipova. C'était assez drôle de voir sur Twitter pas mal de monde annoncer au même moment aller au cinéma, qu'ils/elles habitent Paris ou New York. Pour l'occasion, Natalia Osipova a raconté au New York Times, ses impressions sur cette expérience de la danse en direct. Elle en profite pour annoncer qu'elle sera dans le Coppélia diffusé le 29 mais, et dans Esméralda la saison prochaine. Ce projet continuera donc en 2011-2012, bonne nouvelle. Petit rappel : la Coppélia de Bart, dansé par Dorothée Gilbert et Mathias Heymann, sera diffusée le 28 mas. 

Opéra national de Paris

- A la découverte du festival Escales danse en Val d'Oise

Allez les parisien-nes, une raison de plus de passer le périph' !. Depuis samedi a commencé le festival Escales danse en Val d'Oise, qui présente jusqu'au 8 avril 34 spectacles de danse contemporaines, à des prix très doux (autour de 15-20 euros). La tête d'affiche de cette édition 2011 reste le très bon Octopus de Philippe Decouflé, à découvrir d'urgence si vous ne l'avez pas vu en janvier à Chaillot. Le jeune public est également choyé, avec DéBaTailles, présenté en novembre dernier à l'Opéra Bastille, ouLe Roi penché de Carolyn Carlson. Le festival organise également une conférence le 22 mars, sur le thème "Evolution et tendances : où va la danse ?" 

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- La saison 2011-2012 de l'Opéra de Paris

Dévoilée à la presse en début de semaine, la saison prochaine sera sur le net - sauf autre bug intempestif - le 9 mars. Les abonnements débuteront dès le lendemain. La hausse des tarifs semble être le maître-mot de cette nouvelle saison, avec très probablement la suppression des places debout à Bastille, symbole de l'Opéra accessible à tou-te-s. Des places de catégories 5 pourraient également passer en catégorie 3 ou 4. Des pétitions seraient ainsi en train de circuler pour protester contre cette hausse des prix qui ne faiblit pas depuis plusieurs années. Faites passer les liens ! 

- L'agenda de la semaine

Pas de ballet la semaine prochaine à l'Opéra de Paris, qui laisse les scènes libres aux œuvres lyriques. Si vous voulez tout de même voir des artistes du ballet sur scène, direction Chatou le mardi 8 mars, où la compagnie de Bruno Bouché Incidence Chorégraphique donnera un gala au Centre Artistique Jacques Catinat. Aurélia Bellet, Alice Renavand, Jennifer Visocchi, Josua Hoffalt, Audric Bezard, Aurélien Houette, Cyril Mitilian et Erwan Leroux danseront des pièces de Bruno Bouché, Kader Belarbi, William Forsythe ou Rudolf Noureev. Le programme complet est à retrouver sur la page Facebook de la compagnie. 

Vertical Road d'Akram Khan continue d'être donné au Théâtre de la Ville jusqu'à la fin de la semaine. Le festival Anticodes continue au Théâtre de Chaillot, avec cette semaine des ballets de Cynthia Hopkins ou Witness Relocation, tandis que la Biennale du Val de Marne présente des œuvres de Thomas Lebrun ou Anthony Egéa. Maire-Claude Pietragalla donne les ultimes dates de sa Tentation d'Eve au Palace, et Pierre Rigal, le nouveau chorégraphe qui monte, donne son ballet hip hop Asphalte dès le 8 mars au théâtre Monfort

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L'ACTU COTE MEDIA

Le magazine La Terrasse, distribué gratuitement à l'entrée des théâtre, propose ce mois-ci un supplément sur les formations artistiques. Une large place est laissée à la danse, avec des interviews très intéressantes de Wilfried Romoli, des directeurs des études des deux CNSMD, de l'Ecole Supérieure de danse de Marseille, de l'école Rosella Hightower, de Carolyn Carlson et de quelques élèves de ces formations. Quant à Black Swan, le film fait encore et toujours parler de lui avec le point de vue de Manuel Legris, dans une interview accordée au Salzburger Nachrichten, et retranscrite en français sur Danser en France. Le nouveau directeur du Ballet de l'Opéra de Vienne n'a pas spécialement apprécié, se disant " vraiment choqué". 

Côté critiques, ResMusica a été déçu par La Belle au Bois Dormant du Saint-Pétersbourg Ballet Théâtre, jugeant que la compagnie "peine à convaincre". La Tribune de Lyon revient sur la nouvelle création de Wayne McGregor, F.A.R., qui semble beaucoup ressembler à Genius. Vertical Road d'Akram Kahn a bien plu au Figaro, qui y a vu un "divertissement fort et puissant". tandis que le Ballet de Lyon avec sa soirée Forsythe a enthousiasmé L'Humanité. Enfin L'Orient Le Jour propose une petite revue de presse en français d'Alice's Adventures in Wonderland, la dernière création du Royal Ballet de Londres dont j'ai parlé la semaine dernière

Enfin niveau blog, ne manquez pas la sympathique interview de Victoire Debay sur le blog du Petit Rat, centrée plus particulièrement sur son expérience au dernier concours de Lausanne.

L'ACTU COTE BLOG

Petit rappel : la page Facebook de Danses avec la plume a ouvert récemment, outil indispensable (rien de moins) pour se tenir au courant des dernières parutions de ce blog. 

A lire sinon la semaine prochaine par ici : le quatrième prime de Danse avec les stars, émission qui me plait bien décidément, la fin de mon expérience Caligula qui me laissa dubitative ou un avant-goût de Coppélia avec les deux répétitions publiques. L'une d'entre elle s'est d'ailleurs terminée par la sympathique rencontre d'Une passionnée. Et quand deux blogueuses-balletomanes se croisent, ça parle, ça parle, ça parle ! 

EN BONUS

Manuel Legris qui danse, ça vous parait loin ? Petit shoot pour éviter la crise de manque, avec sa participation au dernier Bal de l'Opéra, le 3 mars dernier. C'est assez incroyable sa capacité à rendre élégant et joyeuse toute manifestation que l'on juge habituellement si kitch et ringarde.  Bonne semaine à tous et toutes ! 

© Ohoto 1 : Laurent Philippe/Opéra national de Paris - Photo 2 : Cosimo Mirco Magliocca/Opéra national de Paris - Photo 3 : : Xavier Lambours - Photo 4 : Richard Haughton

dimanche 19 septembre 2010

Le petit bilan d'actu, S04 Ep02

Cette semaine, deux festivals de danse contemporaines en France, des nouvelles de Manuel Legris, et une pub Décathlon remplie de clichés.

L'ACTU COTE DANSE

- Et non, la danse n'est pas (tout le temps) réservée à un public parisien. Du moins la danse contemporaine. Deux festivals d'importance se tiennent ainsi en ce moment.

D"abord, pour ceux et celles du sud-ouest, Le temps d'aimer, qui se tient jusqu'à aujourd'hui à Biarritz. Le site est certes un peu fouillis, mais vous pouvez y trouver pleins d'infos, de critiques et des vidéos. Le Twitter du festival se met également régulièrement à jour. Parmi les gros spectacles de cette édition, le Roméo et Juliette du Malandain Ballet Biarritz, ou la nouvelle chorégraphie de Kader Belarbi.

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Ensuite, si on remonte un peu plus au nord, la célèbre Biennale de la danse à Lyon, jusqu'au 3 octobre. A voir la programmation, on se dit que toutes les grandes compagnies et chorégraphes contemporain(e)s s'y sont donné rendez-vous : Preljocaj, Dominique Hervieu et José Montalvo, la Trisha Brown Dance Company, la troupe AILEY II, celle de Pina Bausch, Daniel Larrieu... J'avoue être assez curieuse des avis des spectateur(rice)s de la semaine prochaine, qui pourront voir la création de Preljocaj pour des danseur(se)s de sa compagnie de de celle du Bolchoï. Pour suivre de près ce festival, rendez-vous sur le site de l'événement, lui aussi plutôt bien fourni, ou sur le blog de Laura (pour ceux et celles qui maitrisent l'anglais). 

- Les débuts du Ballet de l'Opéra de Vienne sous Manuel Legris.

Si le Ballet de l'Opéra de Paris ne reprend que la semaine prochaine, certaines compagnies sont déjà sur scène. Et notamment celle de Vienne, toute nouvellement dirigée par Manuel Legris. Les balletomanes français sont fidèles à ce danseur, c'est limite si on ne s'intéresse pas plus à cette compagnie à l'ONP. Et je prédis que dans les mois à venir, de nombreux spectacteur(rice)s vont braver le froid pour investir le Staatsoper. Oui, parce qu'à Vienne, très vite, il fait très froid. Mais ça vous donne une excuse pour investir les cafés toutes les deux heures, et à accessoirement goûter leur sachertorte. Pour ceux et celles intéressé(e)s, j'ai d'ailleurs fait un classement des meilleurs de la ville.

Bref, les faits et gestes de Manuel Legris sont passés au crible. Pour suivre son aventure viennoise de plus près, une utilisatrice du forum Danser en France indique régulièrement des reportages et interviews de l'ancien danseur. Et pour ceux et celles qui n'ont pas fait allemand première langue, elle prend le temps parfois de se plier à la traduction. C'est beau l'entraide balletomane.

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- Le gala des Etoiles du XXIe siècle

Emploi du temps pourri du mois de septembre oblige, je n'ai pas pu y aller. Et je n'ai pas encore croisé de reportage dessus dans les médias. Si certains et certaines d'entre vous y sont allé(e)s, je suis preneuse de vos impressions (Daniil a-t-il toujours aussi insupportablement bien sauté ? Lucia Lacarra était-elle aussi sublime que prévu ?). 

L'ACTU COTE PUB

- Dans le jeu de la pub sexiste, je demande Décathlon.

Comment bien choisir le sport de son enfant ? Un côté bien rose pour les filles, un bien bleu pour les garçons. Quand on farfouille sur le site, on s'aperçoit pourtant que le foot est proposé aux filles, et la danse aux garçons. Une certaine équité dans les activités. Sauf que, comme me l'a indiqué Emelire, la pub initiale lancée début septembre était beaucoup plus sexiste. Impossible pour une fille de se voir proposer le basket, ou aux garçons d'essayer l'équitation. C'est seulement après une mobilisation sur le net que Décathlon a rectifié le tir. 

Et encore, il reste toujours cette horripilante page coupée en deux. La danse est maintenant bien proposée aux deux sexes. Sauf que la petit fille aime cet art parce qu'elle "se sent belle dans son tutu", alors que le garçon apprécie cette activité parce qu'il "se sent fort" lorsqu'il réussit un exercice technique difficile, comme les tours ou les sauts. 

dimanche 9 août 2009

2008/2009 : bilan d'une saison de danse

L'été, les vacances, les projets pour l'année prochaine.... Et le bilan de l'année écoulée.

En septembre, j'ai inauguré mon statut de pigiste. Je croyais que mes sorties Danse allaient forcément en pâtir... Mauvaise réponse ! Au contraire, cela m'a poussé à profiter à fond de toutes les réductions possibles, de Pass'Opéra jeunes et autres Ticketac. Au final, j'ai réussi à voir cette année, si l'on ne compte que la Danse, 11 spectacles, et toujours à moins de 25 €.

- Soirée Hommage à Jerome Robbins, ballets de Robbins et Millepied (ODP)

- Les Enfants du Paradis, de José Martinez (ODP)

- Démonstrations de l'Ecole de Danse (ODP)

- Raymonda, de Rudolf Noureev (ODP)

- Soirée Hommage à Maurice Béjart (ODP)

- Porgy and Bess, de José Montalvo (compagnie Montalvo-Hervieu, Théâtre de Chaillot)

- Le Parc, d'Angelin Preljocaj (ODP)

- Onéguine, de John Cranko (ODP)

- Proust ou les intermittences du cœur, de Roland Petit (ODP)

- Le Concours, de Maurice Béjart (Béjart Ballet Lausanne, Palais des Sports)

- La fille mal gardée, de Frederick Ashton (ODP)

Et en voici mon petit bilan
Mon spectacle préféré :
Instantanément, l'image qui me revient en tête est celle de Baptiste, ce clown triste qui laisse échapper sa Garance, tout en blanc de rouge. Mais avec le recul, je me rends compte que Les Enfants du Paradis n'était pas forcément le ballet le plus égal dans sa qualité, et restait un peu vert. Je ne retiens donc pas un ballet cette année, mais plutôt quelques images. En plus de celle ci-dessus, le pas de deux du Parc, qui justifie à lui seul d'aller voir ce ballet. Et je rajoute Onéguine dans son ensemble, pas révolutionnaire, mais qui reste un beau moment de danse.

La danseuse de l'année : Bon, on peut dire autre chose qu'Isabelle Ciaravola ? On est d'accord. Pour son rôle de Garance où elle m'a ébloui, pour sa si jolie nomination d'Etoile à 37 ans, pour tout son parcours... J'espère la voir dans Giselle.

Le danseur de l'année : Manuel Legris. Curieusement, je l'ai très peu vu cette année, seulement dans Le Chant du compagnon errant lors de l'Hommage à Maurice Béjart. Mais largement suffisant pour se rendre compte du danseur qu'il était. Voici ma façon à moi de saluer sa retraite de l'Opéra. Je suis déjà en manque. Et puis bon, je ne peux pas mettre Nicolas Le Riche à cette place tous les ans tout de même.


La révélation féminine de l'année : Amandine Albisson. Sa prestation est à peu près la seule chose que je retiens de Proust ou les intermittences du cœur. Elle n'a que 19 ans il me semble, mais a déjà une belle personnalité sur scène, et une vraie présence. Et ce petit truc qui fait qu'on la remarque, tout simplement.

La révélation masculine de l'année : Mathias Heymann. Oui, bon, d'accord, sur ce coup-là, je suis super en retard. Je n'ai pas eu de chance niveau programmation. Mais c'est vraiment cette année que j'ai pu pleinement apprécié les qualités de ce danseur. D'abord dans le rôle de Lenski, même s'il semblait assez crevé, et surtout dans celui de Colas, où il nous faisait une vraie démonstration de son potentiel technique et de sa joie de danser. Le jeune fougueux dans toute sa splendeur. Ne manque plus qu'à concrétiser l'année prochaine.

Mon regret de l'année : D'avoir rater la Troisième symphonie de Gustav Mahler de John Neumeier. Vu les commentaires enthousiastes un peu partout, j'ai raté quelques chose. Et mon gros coup de flemme du 16 avril. Il restait des places pour la première d'Onéguine, mais je m'étais dit que j'irais un autre jour. Evidemment, quand j'ai appris le lendemain qu'il y a avait eu deux nominations d'Etoiles, je m'en suis mordu les doigts.

Le ballet private-joke de l'année : Le Concours, bien sûr. A priori, cela m'a semblé être un ballet très grand public. Mais avec le recul, je me demande si un non-connaisseur apprécie autant ce spectacle s'il ne saisit pas toutes les allusions au monde de la Danse et au ballet que Béjart a glissé dans sa chorégraphie.

Ma déception de l'année : Marie-Agnès Gillot dans Raymonda. Raymonda était mon seul grand ballet classique de l'année. Et j'ai été déçue. Trop de clinquant, trop de techniques, trop de tout... Je suis passée un peu à côté. Et Marie-Agnès Gillot m'a laissé assez indifférente, alors qu'elle a plutôt tendance à me laisser bouche-bée dès qu'elle rentre en scène.

Le ballet spécial bonne humeur de l'année : J'ai l'impression que je n'ai pas assez parlé ici de La Fille mal gardée. Je vous ai déjà dit combien ce ballet était un petit régal d'humour, un délice rafraîchissant, un moment aussi léger qu'une bulle de savon ? Oui ? Bon, je le redis une deuxième fois, histoire que ça rentre bien dans les têtes.


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