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mercredi 17 novembre 2010

J'ai testé pour vous : les remises des Prix de l'AROP

C'est ça la spécificité de ce blog : faire les mêmes articles que tout le monde, mais quinze jours après.

Tout d'abord, commençons par le commencement : mais qu'est-ce donc que l'AROP ?

L'Association pour le Rayonnement de l'Opéra de Paris. Sous-titré Les Amis de l'Opéra

Bien, vous n'êtes pas plus avancés.

En clair, l'AROP est une entreprise de mécénat, qui regroupe 3.000 particuliers et entreprises, et qui collecte assez d'argent pour organiser, par exemple, des tournées du ballet à l'étranger.

Pour ceux et celles qui en ont les moyens, ce sont des facilités de réservation, des galas et autres rencontres plutôt mondaines entre gens de bonne compagnie.

Mais l'AROP, c'est également pour les passionné(e)s, les vrai(e)s, pouvoir assister à des séances de travail, des générales, et des rencontres avec les artistes. C'est aussi un abonnement jeune, pour le coup vraiment très abordable. Et c'est en plus un groupe qui considère comme "jeune" toute personne de moins de 30 ans (contrairement à ces radins de l'Opéra qui s'arrêtent à 28) (et je ne parle même pas de la SNCF). Rien que pour ça, je les aime.

J'ai tenté le coup cette saison, et pour l'instant, j'en suis plutôt contente, puisque j'ai pu assister à plusieurs séances de travail très intéressantes.

Il y a deux semaines, j'ai donc testé un autre volet de l'AROP : les remises de prix, avec la petite soirée qui va avec. Les membres élisent deux espoirs dans l'Atelier Lyrique, et deux jeunes danseur(se)s du ballet.

Commençons d'abord avec le Prix lyrique de l'AROP, le 4 novembre dernier.

J'avais invitée A, qui avait reçu un appel surprise (c'est le moins que l'on puisse dire) le matin même du directeur de l'Atelier Lyrique. Le hasard ferait-il bien les choses  ? (au fait, A., si tu passes par là, ça en est où ?).

La soirée n'était pas à l'Opéra, mais au Grand Hôtel. Etablissement un peu planqué derrière Garnier, mais vraiment magnifique ! La réception avait lieu au Salon Opéra, grandiose, je me suis dévissée le coup à vouloir tout observer. C'est peut-être snob, mais écouter de la belle musique dans un lieu superbe en buvant une coupe de champagne, ça me plait.  C'est mon côté épicurienne qui parle.

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Les Prix ont été remis à Alisa Kolosova et à Stanislas de Barbeyrac (qui, visuellement, ressemble tout à fait à l'image que l'on se fait d'un ténor).

On n'échappe aux discours. Le président de l'AROP fait une petite bio des récompensé(e)s, avant de leur remettre leur diplôme, un beau bouquet de fleurs et leur chèque (6.000 euros tout de même). Les lauréat(e)s ne prennent pas le micro, ils vont chanter plutôt. Place en effet à un petit récital, avec quelques autres membres de l'atelier lyrique.

La qualité de l'acoustique est inversement proportionnelle à la beauté des lieux, et l'épaisse moquette n'arrange pas les autres. Mais les jeunes chanteurs s'en sortent bien. Même si j'ai commencé par le lyrique avant de m'intéresser à la danse, voila longtemps que je ne suis plus trop ce monde. Et j'ai décidé d'y remédier. C'est donc avec un vrai plaisir que j'écoute ces différentes voix. La lauréate Alisa Kolosova en particulier m'impressionne beaucoup. Je suis vraiment touchée par son dernier air, La Fiancée du Tsar, de Rimski-Korsakov. Certes, c'est un morceau pas vraiment récital, mais qui fait du bien au milieu de tous ces La fleur que tu m'avais jetée et autres Lakmé.

Place ensuite au buffet, apparemment la partie attendue par toute le monde vu la ruée à laquelle j'ai assisté. Les gens de bonne compagnie peuvent parfois virer guérillos face un plateau de petits four. De guerre lasse avec A., on se remplit une assiette de tartelettes au citron que nous allons déguster à l'écart de la foule, dans de confortables fauteuils rouges. J'aurais voulu féliciter Alisa Kolosova, je ne l'ai plus recroiser.

Quelques jours plus tard, direction le Foyer du Palais Garnier pour le Prix AROP de la danse, remis à Charline Giezendanner et Marc Moreau. La cérémonie est plus courte, pas de spectacle bien entendu (quoi, ils/elles ne sortent pas leurs chaussons sur ce parquet si bien ciré ?).

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Le directeur de l'AROP fait son habituel petit discours, Brigitte Lefèvre retrace le parcours dans candidats. Contrairement aux chanteur(se)s, les danseur(se)s prennent le micro. Charline Giezendanner remercie d'abord la direction de la danse, Marc Moreau les membres de l'AROP. Petite indication sur ce quoi il/elle misent pour la suite de leur carrière (humour). Marc Moreau a l'air vraiment ému, c'est qu'il va nous tirer une larme, le garçon. Les deux sont en tout cas ravi(e)s d'être là. Et on les comprend, lorsque l'on regarde la liste des précédant(e)s lauréat(e)s, comprenant un nombre impressionnant de premier(ère)s danseur(se)s et d'étoiles.

Beaucoup de danseur(se)s dans la salle, l'une avec sa nouvelle coupe adorable, l'autre accaparé par l'AROP, le troisième un peu planqué dans un coin. Beaucoup de la jeune génération venu(e)s saluer leurs ami(e)s récompensé(e)s. Je croise S, je n'ose pas lui dire que j'ai beaucoup aimé sa prestation du concours de peur de remuer le couteau dans la plaie.

Le buffet est ce soir nettement plus accessible, dans une note très "régime pré-Noël" : coquilles Saint-Jacques, saumon marinée, maki, jus de fraise, champagne et macarons. Un petit régal.

J'essaye de trouver quelques blogueuses qui doivent se trouver là ce soir. Pas facile, vu que je ne connais pas leurs têtes (celle-là, elle n'a pas un air à s'appeler Cams ?). Je retrouve par contre assez vite Palpatine et Mimy, où nous discutons de la différence entre une balletomane et une balletomaniaque. Mimy et moi appartenons à la première catégorie, et apparemment, cela vaut mieux comme ça. Quoique je n'étais pas loin de changer de camps quand j'ai affirmé qu'il y avait un complot anti-blogueur(se) de la part de la direction. Depuis septembre, impossible d'avoir la moindre 3G à Garnier, je ne peux même plus twitter entre deux actes à l'amphi, c'est horriblement énervant. Palpatine confirme d'ailleurs malgré lui mes propos, en vadrouillant à travers tout le foyer pour capter et me monter un mail (complot anti-blogueur(se, je vous dis).

Mon emploi du temps me faisant lever aux aurores le lendemain (plus tôt en fait, quand j'arrive au taf, il fait encore nuit), je parts assez vite. La salle est encore pleine lorsque je vide les lieux. Mis à part le Foyer, Garnier est désert. J'ai comme une envie de monter les étages et d'explorer toute seule la maison vide de spectateur(rice)s.

dimanche 31 octobre 2010

Le petit bilan d'actu, S04 Ep07

Au programme, des nouvelles des lauréat(e)s du Prix de l'AROP 2010, une petite revue de presse, et les tous nouveaux modèles des ballerines Repetto.

L'ACTU COTE DANSE

- Charline Giezendanner et Marc Moreau, Prix de l'AROP 2010

Aux dernières nouvelles, Charline Giezendanner et Marc Moreau seraient les deux lauréat(e)s du Prix de l'AROP 2010 (pas encore confirmée par l'AROP elle-même). J'avais pour ma part voté pour Audric Bezard et Héloïse Bourdon. Le premier m'avait fortement impressionné dans Triadeet La Bayadère. La seconde parce qu'elle rayonne en scène, et s'impose comme l'une des espoirs de la compagnie. Concernant les deux prétendus lauréats de cette année, je dois dire que je connais assez peu Charline Giezendanner. La direction semble en tout cas l'apprécier, puisqu'elle lui donne de temps en temps des rôles principaux (La Petite Danseuse de Degas dernièrement). Si Marc Moreau ne démérite pas, il m'avait fait plus forte impression il y a quelques temps. Lui remettre le prix l'année dernière aurait peut-être été plus juste qu'en 2010. Les garçons ont du mal à faire l'unanimité en ce moment, aucune personnalité n'arrive vraiment à se dégager du lot.

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- Le Ballet du Théâtre Mariinski est à Paris

Et pour une seule date ! La troupe danse en effet Le Petit Cheval Bossu, au Théâtre au Châtelet le lundi 1er novembre. S'il n'est plus possible de réserver sur Internet, le spectacle n'était pas complet samedi, vous pouvez donc tenter votre chance aux guichets. Moi qui ne suis pas spécialement une balletomane voyageuse, c'est la première fois que je vais voir cette troupe mythique sur scène. Nous aurons droit dans les rôles principaux à Alina Somova (passablement critiquée sur le net) et Leonid Sarafanov (passablement encensé dans ce même lieu).

- Les magazines Danser
et Danse du mois d'octobre sont en kiosque

Les deux magazines ont tous les deux fait leur couv sur Paquita. Même si dans Danser, il faut attendre pas mal de pages avant d'entendre parler du ballet. L'article évoque la longue création, puis retrouvailles de ce ballet. "Cela nous fait tous du bien de danser ce ballet", y dit Laurent Hilaire. Pas sûr que la troupe soit de son avis, elle a surnommé le ballet "Paquitue", en référence aux nombreuses blessures que ce spectacle engendre à chaque fois. L'article est entrecoupé de témoignages de danseur(se)s, assez lisses, si ce n'est Elisabeth Platel qui explique la complication de la Polonaise pour ses Petits Rats. A lire également dans Danser, un article sur la dernière création de Preljocaj, un reportage assez bizarre sur les animaux dans les ballets, et un reportage sur le festival Le temps d'aimer, avec une chouette photo d'un cours public au bord de la mer. Je veux y participer !

Les énormes efforts de la direction pour tenter de donner un peu crédibilité à Emilie Cozette dans son titre d'Etoile ont atteint le magazine Danse. Le magazine fait sa couv avec elle et Bullion dans Paquita. Je trouve pour ma part cette photo assez moche et très disgracieuse. Je n'ai pas encore trouvé cette revue. Selon le blog A petits pas, on y trouve une critique enthousiaste de l'œuvre (en même temps, c'est Danse), un gros teasing sur un futur article sur Stéphane Bullion, et une critique des soirées Hommage à Roland Petit.

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L'ACTU COTE MODE

- Repetto et sa collection printemps-été 2011

Repetto a dévoilé sur sa page Facebook les modèles de sa collection printemps-été 2011. Je craque personnellement pour la paire de babies rouge ketchup, et le modèle Infante en bleu, même si la hauteur du talon me fait un peu peur. Ces modèles sont à retrouver dès le 8 novembre sur l'e-boutique, et petit à petit dans les magasins. Et vous, quels sont les modèles qui vous tentent ?

L'ACTU COTE FEMINISME

- le Festival MEUF'ELLES du 29 octobre au 14 novembre à Paris

"Je ne suis pas infâme, je suis une femme", tel est le slogan de ce festival féministe. Exposition, spectacles, performances, projections, concerts, tournage interactif, conférences-débats, MEUF'ELLES reste multi-carte, avec comme thème la femme par les femmes. Il a commencé vendredi, il se termine le 14 novembre, et il a lieu au Carrosse, dans le 20ème arrondissement de Paris.

vendredi 27 février 2009

Soirée Robbins au Palais Garnier

Premier ballet de la saison (je dis premier parce que j'espère que ça ne sera pas le dernier tout de même), avec l'Hommage à Jerome Robbins par le ballet de l'Opéra de Paris, hier soir à Garnier.

Je lis des critiques extrêmement variées sur le web. Pour ma part, j'ai passé une très bonne soirée, même si tout ne m'a pas plus complètement.

Au programme : 3 ballets de Robbins qui montrent les différentes facettes du chorégraphe, et une création de Benjamin Millepied, qui a beaucoup travaillé avec lui.

1er ballet : En sol
En sol, car sur un concerto de Ravel en sol majeur. Cela se passe au bord de la mer, mais il n'y a pas vraiment d'histoire dans ce ballet pour 14 danseurs. C'est une chorégraphie enjouée, solaire, et très inspirée du style de Broadway. Robbins n'est pas le chorégraphe de West Side Story pour rien.
Malgré l'énergie de la troupe, j'avoue que j'ai moyennement apprécié. Et pourtant, la soliste était Marie-Agnès Gillot. Et Dieu sait que j'aime beaucoup (énormément) Marie-Agnès Gillot. Mais mis à part la troisième partie où elle était rayonnante, elle ne m'a ni séduite, ni surprise. Une soliste comme les autres. Je dois même avouer que je me suis un peu ennuyée durant le fameux pas de deux. Ce qui m'a finalement vraiment plus dans En Sol, ce sont les passages du corps de ballet, en fait composé de 12 demi-solistes. Enthousiastes, enjoués et ensemble, j'ai beaucoup aimé leurs passages où l'inspiration comédie musicale se faisait bien sentir. Mathilde Froustey ressort encore une fois du lot, j'aurais bien aimé la voir en soliste sur cette pièce.



2ème ballet : Triade, la création de Millepied

Un ballet sans histoire là aussi, sur la rencontre et la confrontation de 4 personnages, deux femmes et deux hommes. Marie-Agnès Gillot, Laëtitia Pujol, Audric Bezard, Marc Moreau.
Et là, j'ai tout de suite pardonné à Gillot l'ennuie qu'elle m'avait procuré dans le premier ballet. Dans Triade, dès son arrivée sur scène, elle jauge ses comparses, prend tout l'espace, hypnotise les spectateurs. Sans faire un pas, juste par le regard, elle a déjà pris le pouvoir.
J'ai bien aimé son jeu avec Pujol. Ce sont deux danseuses très différentes physiquement, mais avec une forte personnalité, et qui se complétaient bien. Difficile pour les deux garçons à côté de faire le poids, ils jouaient plus le rôle d'accompagnateurs que de véritables partenaires. Mais ils s'en sont sortis bien plus qu'honnêtement, et Marc Moreau a plus particulièrement retenu mon attention. A suivre  de près.
J'ai mis un peu de temps avant de rentrer dans le ballet, je ne voyais pas trop où le chorégraphe voulait en venir. Mais le rythme s'est accéléré petit à petit jusqu'à un final superbe. Le solo de Laëtitia Pujol était inoubliable, très court mais éblouissant de virtuosité. Et quelle allure dans sa tunique rouge ! Et je ne parle même pas du manège de grands jetés de Gillot.
Malgré le manque d'intensité du début, j'ai applaudi vivement à la fin, et je n'étais pas la seule.



3ème ballet : In the Night

Sur des magnifiques Nocturnes de Chopin. 3 couples, 3 pas de deux, 3 étapes de la vie.
Le premier couple est le romantique, la jeunesse qui découvre l'amour, encore tout étonnée de ce qui lui arrive, et qui au fond croit encore au prince charmant/à la princesse à réveiller. Très bien dansé par Osta et Pech, très justes. Le deuxième couple est le mondain. Les années ont passé, et le couple s'est embourgeoisé, il doit être de bonne présentation en société. Même si l'amour, on le sent, reste toujours présent entre les deux, et apparaît à quelques moments. Letestu est juste sublime dans ce rôle, une danse qui mélange l'élégance et la retenu, une beauté glacée qui se laisse de temps en temps porter par les élans du cœur. Elle était tellement bien que j'ai à peine fait attention à son partenaire, Stéphane Bullion, qui pourtant n'avait pas l'air d'avoir démérité. Le troisième couple représente la passion, la fougue parfois déraisonnée. Delphine Moussin ne démérite pas, mais c'est Nicolas Le Riche qui m'a déçu (alors que lui aussi, d'habitude, je l'adore). Malgré ses portés virtuoses, j'ai trouvé qu'il en faisait trop, qu'il surjouait. Et son couple passionné était plus drôle qu'émouvant.
Mais je suis un peu pointilleuse, car globalement, j'ai vraiment beaucoup aimé ce ballet. Tout était en harmonie, la musique, les danseurs, la chorégraphie, les costumes, l'esprit. Un vrai tout, et plus profond qu'il n'y paraît.



4ème ballet : The Concert

J'ai rarement autant ri en allant voir un ballet. Toujours sur du Chopin, l'œuvre met en scène un public d'un concert et ses rêveries. Mais c'est surtout l'occasion de se moquer du ballet classique, et plus particulièrement du Lac des cygnes, ses grands élans romantiques et ses ensembles parfaits. Et moi, quand l'Opéra se moque de l'Opéra, j'adore, c'était vraiment très drôle. Tout le monde cite Dorothée Gilbert, géniale dans le rôle principal de la Ballerine, mais tous les danseurs sont excellents, et prennent à vrai plaisir à la dérision. Même la pianiste joue le jeu jusqu'au bout. Un vrai petit bijou de fantaisie !
Mais tout de même, même si tout le monde était très bien, je vais quand même mettre Dorothée Gilbert en avant. Parce que j'aime bien sa spontanéité, la façon dont elle a de prendre son titre d'Etoile sans se prendre la tête, avec naturel, la fraîcheur qu'elle insuffle à la compagnie, son bonheur de danser. Sans complexe. Et ça fait plaisir à voir.