Tout d'abord, commençons par le commencement : mais qu'est-ce donc que l'AROP ?
L'Association pour le Rayonnement de l'Opéra de Paris. Sous-titré Les Amis de l'Opéra
Bien, vous n'êtes pas plus avancés.
En clair, l'AROP est une entreprise de mécénat, qui regroupe 3.000 particuliers et entreprises, et qui collecte assez d'argent pour organiser, par exemple, des tournées du ballet à l'étranger.
Pour ceux et celles qui en ont les moyens, ce sont des facilités de réservation, des galas et autres rencontres plutôt mondaines entre gens de bonne compagnie.
Mais l'AROP, c'est également pour les passionné(e)s, les vrai(e)s, pouvoir assister à des séances de travail, des générales, et des rencontres avec les artistes. C'est aussi un abonnement jeune, pour le coup vraiment très abordable. Et c'est en plus un groupe qui considère comme "jeune" toute personne de moins de 30 ans (contrairement à ces radins de l'Opéra qui s'arrêtent à 28) (et je ne parle même pas de la SNCF). Rien que pour ça, je les aime.
J'ai tenté le coup cette saison, et pour l'instant, j'en suis plutôt contente, puisque j'ai pu assister à plusieurs séances de travail très intéressantes.
Il y a deux semaines, j'ai donc testé un autre volet de l'AROP : les remises de prix, avec la petite soirée qui va avec. Les membres élisent deux espoirs dans l'Atelier Lyrique, et deux jeunes danseur(se)s du ballet.
Commençons d'abord avec le Prix lyrique de l'AROP, le 4 novembre dernier.
J'avais invitée A, qui avait reçu un appel surprise (c'est le moins que l'on puisse dire) le matin même du directeur de l'Atelier Lyrique. Le hasard ferait-il bien les choses ? (au fait, A., si tu passes par là, ça en est où ?).
La soirée n'était pas à l'Opéra, mais au Grand Hôtel. Etablissement un peu planqué derrière Garnier, mais vraiment magnifique ! La réception avait lieu au Salon Opéra, grandiose, je me suis dévissée le coup à vouloir tout observer. C'est peut-être snob, mais écouter de la belle musique dans un lieu superbe en buvant une coupe de champagne, ça me plait. C'est mon côté épicurienne qui parle.

Les Prix ont été remis à Alisa Kolosova et à Stanislas de Barbeyrac (qui, visuellement, ressemble tout à fait à l'image que l'on se fait d'un ténor).
On n'échappe aux discours. Le président de l'AROP fait une petite bio des récompensé(e)s, avant de leur remettre leur diplôme, un beau bouquet de fleurs et leur chèque (6.000 euros tout de même). Les lauréat(e)s ne prennent pas le micro, ils vont chanter plutôt. Place en effet à un petit récital, avec quelques autres membres de l'atelier lyrique.
La qualité de l'acoustique est inversement proportionnelle à la beauté des lieux, et l'épaisse moquette n'arrange pas les autres. Mais les jeunes chanteurs s'en sortent bien. Même si j'ai commencé par le lyrique avant de m'intéresser à la danse, voila longtemps que je ne suis plus trop ce monde. Et j'ai décidé d'y remédier. C'est donc avec un vrai plaisir que j'écoute ces différentes voix. La lauréate Alisa Kolosova en particulier m'impressionne beaucoup. Je suis vraiment touchée par son dernier air, La Fiancée du Tsar, de Rimski-Korsakov. Certes, c'est un morceau pas vraiment récital, mais qui fait du bien au milieu de tous ces La fleur que tu m'avais jetée et autres Lakmé.
Place ensuite au buffet, apparemment la partie attendue par toute le monde vu la ruée à laquelle j'ai assisté. Les gens de bonne compagnie peuvent parfois virer guérillos face un plateau de petits four. De guerre lasse avec A., on se remplit une assiette de tartelettes au citron que nous allons déguster à l'écart de la foule, dans de confortables fauteuils rouges. J'aurais voulu féliciter Alisa Kolosova, je ne l'ai plus recroiser.
Quelques jours plus tard, direction le Foyer du Palais Garnier pour le Prix AROP de la danse, remis à Charline Giezendanner et Marc Moreau. La cérémonie est plus courte, pas de spectacle bien entendu (quoi, ils/elles ne sortent pas leurs chaussons sur ce parquet si bien ciré ?).

Le directeur de l'AROP fait son habituel petit discours, Brigitte Lefèvre retrace le parcours dans candidats. Contrairement aux chanteur(se)s, les danseur(se)s prennent le micro. Charline Giezendanner remercie d'abord la direction de la danse, Marc Moreau les membres de l'AROP. Petite indication sur ce quoi il/elle misent pour la suite de leur carrière (humour). Marc Moreau a l'air vraiment ému, c'est qu'il va nous tirer une larme, le garçon. Les deux sont en tout cas ravi(e)s d'être là. Et on les comprend, lorsque l'on regarde la liste des précédant(e)s lauréat(e)s, comprenant un nombre impressionnant de premier(ère)s danseur(se)s et d'étoiles.
Beaucoup de danseur(se)s dans la salle, l'une avec sa nouvelle coupe adorable, l'autre accaparé par l'AROP, le troisième un peu planqué dans un coin. Beaucoup de la jeune génération venu(e)s saluer leurs ami(e)s récompensé(e)s. Je croise S, je n'ose pas lui dire que j'ai beaucoup aimé sa prestation du concours de peur de remuer le couteau dans la plaie.
Le buffet est ce soir nettement plus accessible, dans une note très "régime pré-Noël" : coquilles Saint-Jacques, saumon marinée, maki, jus de fraise, champagne et macarons. Un petit régal.
J'essaye de trouver quelques blogueuses qui doivent se trouver là ce soir. Pas facile, vu que je ne connais pas leurs têtes (celle-là, elle n'a pas un air à s'appeler Cams ?). Je retrouve par contre assez vite Palpatine et Mimy, où nous discutons de la différence entre une balletomane et une balletomaniaque. Mimy et moi appartenons à la première catégorie, et apparemment, cela vaut mieux comme ça. Quoique je n'étais pas loin de changer de camps quand j'ai affirmé qu'il y avait un complot anti-blogueur(se) de la part de la direction. Depuis septembre, impossible d'avoir la moindre 3G à Garnier, je ne peux même plus twitter entre deux actes à l'amphi, c'est horriblement énervant. Palpatine confirme d'ailleurs malgré lui mes propos, en vadrouillant à travers tout le foyer pour capter et me monter un mail (complot anti-blogueur(se, je vous dis).
Mon emploi du temps me faisant lever aux aurores le lendemain (plus tôt en fait, quand j'arrive au taf, il fait encore nuit), je parts assez vite. La salle est encore pleine lorsque je vide les lieux. Mis à part le Foyer, Garnier est désert. J'ai comme une envie de monter les étages et d'explorer toute seule la maison vide de spectateur(rice)s.





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