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lundi 21 mai 2012

Kabuki de Maurice Béjart par le Tokyo Ballet

Vendredi 18 mai 2012. Kabuki de Maurice Béjart, par le Tokyo Ballet, au Palais Garnier. Avec Naoki Takagishi (Yuranosuke) et Mizuka Ueno (Kaoyogozen).

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Avec Kabuki, Maurice Béjart voulait rendre hommage à la culture nippone. Je ne sais pas si le peuple japonais se sent honoré, ou s’il trouve qu’il ne s’agit là que d’une grossière caricature par un Européen, mais visuellement, le spectacle tient toutes ses promesses.

Pourtant, au début, le ballet fait un peu peur. Musique disco, gestes saccadés, jeunes cadres dynamiques courant partout, nous sommes visiblement de retour dans les années 1980. C’est terrifiant comme ce prologue a mal vieilli… Heureusement, dès que le personnage principal touche l’épée sacrée, le voilà de retour à l’époque des samouraïs, et le public avec.

Un mélange entre la danse classique et la culture ancestrale japonaise… Sur le papier, l’assembla peut sembler étrange. Pourtant, sur scène, il faut bien reconnaître que le mélange fonctionne.

La danse est sans conteste académique, sur pointes pour les femmes, avec même de belles variations pour les rôles principaux. Les danseurs et danseuses du Tokyo Ballet dévoilent d’ailleurs sous leurs costumes imposants de parfaits physiques d'artistes classiques. Mizuka Ueno en particulier, qui interprète le personnage principal féminin, a une ligne de jambe à faire pâmer n’importe quelle Etoile.

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Visuellement, nous sommes par contre bien au Japon. Les costumes font penser sans difficulté aux kimono colorés d’antan, en tout cas tel que nous en avons la vision à Paris. Les pantomimes sont très travaillées, les expressions sont précises, la gestuelle bien définie.

Kabuki reste en fait un ballet très visuel, grâce à ce mélange. Les lignes classiques assorties aux décors imaginatifs et costumes évocateurs laissent de très belles images dans les yeux, à défaut peut-être d’être bouleversé par l’émotion.

Car l’histoire, expliquée avant la première, n’est décidément pas évidente à suivre. Ce n’est pas qu’il faille lire le synopsis avec attention, c’est qu’il faut l’apprendre par cœur. La trame des 47 Samouraïs voulant venger leur maître n’est en soi pas compliquée à comprendre. Ce qu’il est plus, ce sont les rôles de la vingtaine de personnages apparaissant et disparaissant au premier acte (sans que cela joue fondamentalement sur le dénouement final).

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Même avec lecture de Wikipédia, même avec révision du programme en compagnie de Pink Lady,  le premier acte m’a ainsi laissée perplexe. Mais en fait, le deuxième couple, c’est qui ? Et le personnage de toutes les couleurs, il fait quoi ? Oh, un sanglier sur scène ! Ah, une bande de geisha (forcément, nous sommes au Japon, impensable de ne pas avoir de geisha).

Au final, nous avons plusieurs suicides, quelques meurtres, un tué par erreur, mais en fait si, mais en fait non, des parents, une veuve éplorée, et une jeune femme sacrificielle que l’on va prendre au plus offrant. Alors à défaut de suivre, on regarde la belle mise en scène, les décors intelligents, et on se laisse bercer par l’ambiance générale.

Le deuxième acte, débarrassé de toutes ces intrigues secondaires, et heureusement plus facile à suivre. Et très impressionnant au niveau de la chorégraphie. Maurice Béjart y déploie ce qu’il savait peut-être faire de mieux : les danses de groupe, portées par l’énergie collective. Les 47 Samouraïs offrent ainsi un magnifique final, empreint de vengeance et de dignité, une longue danse-combat qui amène à la mort. 

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A l’arrivée, le Tokyo Ballet a été plus que chaleureusement applaudi. Sur scène, un gros bouquet de roses rouges envoyé par Gil Roman remerciait toute la troupe, et une partie du public était debout aux derniers applaudissements. Reconnaissants, les danseurs et danseuses ont lancé dans le public une centaine d’écharpes japonaises. A quand de retour sur Paris ?

vendredi 18 mai 2012

Un petit avant-goût du Kabuki du Tokyo Ballet

Le Tokyo Ballet est la compagnie invitée de cette saison à l’Opéra de Paris. La troupe y présentera, du 18 au 22 mai au Palais Garnier, le ballet Kabuki, signé de Maurice Béjart. Qui est cette troupe ? Que raconte le ballet ? Mais c’est quoi un Kabuki ? Décryptage du spectacle à quelques heures de la première. 

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Le Tokyo Ballet, c’est qui ?

Le Tokyo Ballet est une troupe japonaise, créée en 1964. Le premier ballet présenté par la compagnie est Le Lac des Cygnes, c’est dire que la troupe est d’inspiration classique. Aujourd’hui, le Tokyo Ballet danse tous les incontournables du répertoire, tout en s’ouvrant au néo-classique et à la danse contemporaine, avec des œuvres de Balanchine, John Neumeier, Jiří Kylián ou Maurice Béjart.

Qu’est-ce qui liait Maurice Béjart au Tokyo ballet ?

Beaucoup de choses ! Maurice Béjart était en fait fasciné par la culture nippone. "Au Japon, j’ai d’emblée eu l’impression de me trouver chez moi. C’est l’un des rares endroits du monde où la manière d’être, de vivre n’a pour moi rien d’exotique mais me paraît au contraire familière, parfaitement naturelle", disait ainsi le chorégraphe.

Maurice Béjart a légué 12 de ses chorégraphies au Tokyo Ballet, dont les célèbres Boléro ou Le Sacre du Printemps. Le chorégraphe a également réalisé trois créations pour la compagnie, dont Kabuki, en 1986. Quelques mois après a première, la troupe était d’ailleurs à Paris pour la présenter au Palais Garnier.

Le Kabuki, c’est quoi ?

Le Kabuki est un art ancestrale japonais, apparu au XVIIe siècle. C’est la forme épique du théâtre japonais. Centré sur un jeu d'acteur à la fois spectaculaire et codifié, il se distingue par le maquillage élaboré des acteurs et l'abondance de dispositifs scéniques destinés à souligner les paroxysmes et les retournements de la pièce.

Les trois idéogrammes du mot signifient : chant (ka), danse (bu) et habileté technique (ki).

Si le ballet Kabuki de Maurice Béjart s’appelle comme ce genre théâtrale, il raconte en fait une histoire bien particulière, celle de Chushingura. Comme beaucoup de pièces de kabuki, Chushingura parle d’un sujet contemporain à son époque (XVIIe siècle), mais en le situant plus tôt dans l'Histoire (XIIIe siècle), pour éviter la censure du moment.

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Et donc Chushingura, ça parle de quoi ?

Chushingura est l'histoire des 47 rōnin. Elle se base sur des faits historiques japonais, qui inspirent encore aujourd’hui de nombreux films ou œuvres d’art au Japon.

En 1701, dans la région d’Akô, Enya Hangan est accusé d’avoir volontairement blessé au visage le maître des cérémonies de la maison du shogun, Kô no Moronō, qui l’avait insulté. Enya Hangan est obligé de se soumettre au seppuku, un suicide sou forme d’éventration et soigneusement ritualisé (oui, on ne plaisantait pas avec l’honneur à l’époque).

Enya Hangan était le chef de 47 samouraïs. Dans son dernier souffle, il demande à l’un d’entre eux, Ōboshi Yuranosuke, de le venger. ce dernier qui va prendre cette mission très à cœur.

Pendant deux ans, Ōboshi Yuranosuke prépare soigneusement sa vengeance, en compagnie de ses compagnons d’armes, appelés désormais les 47 rōnin (samouraïs sans maître). Un soir, ils pénètrent dans la demeure d’Kô no Moronō, le capturent, le tuent, et apportent sa tête sur la tombe de leur maître défunt.

Les 47 rōnin vont ensuite se rendre, et se soumettre tous ensemble au seppuku (quand je disais qu’on ne plaisantait pas avec l’honneur à ce moment-là).

L’histoire est agrémentée de nombreux personnages et détails, à lire par ici. Argument assez complexe, que je vous conseille de lire avant de découvrir le spectacle, même si le ballet ne suit pas forcément la trame. A note que le ballet de Maurice Béjart démarre par un prologue se déroulant dans le Tokyo d’aujourd’hui. Un jeune homme trouve un ancien sabre japonais. Lorsqu’il le touche, il se retrouve transporté dans l’histoire et l’époque de Chushingura.

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Alors, on y va ou pas ?

En voilà une excellente question. Pour ma part et tout à fait personnellement, j’étais au début assez réticente à aller voir ce ballet. En 2008, j’avais vu un autre essai de Maurice Béjart sur la culture nippone, Bugaku, toujours avec le Tokyo Ballet. Soit 20 minutes d’un ennui profond, à ne rester que parce que juste après, il y avait Sylvie Guillem dans Le Boléro.

Mais Kabuki semble très différent. Je reste en tout cas curieuse de découvrir la démarche artistique de Maurice Béjart sur cette œuvre, qui ne m’a pas forcément parue très clair dans les différents papiers que j’ai pu lire sur le sujet. Il s’agirait à la fois d’une adaptation (l’œuvre dure 10 heures, le ballet deux), une vraie relecture façon ballet (les danseuses sont sur pointes), tout en respectant les codes esthétiques du kabuki, genre extrêmement codifié. Verdict vendredi soir.

jeudi 5 avril 2012

Le Béjart Ballet Lausanne fête ses 25 ans à Paris

Mardi 3 avril 2012. Le Béjart Ballet Lausanne au Palais des Congrès.

Dionysos de Maurice Béjart, avec Oscar Chacon (Dionysos), Marco Merenda (Le Grec), Julien Favreau (Zeus), Katia Shalkina (Semele) et Daria Inavona (Manoula mou).

Aria de Gil Roman, avec Lui (Julio Arozarena), Julien Favreau (L’autre), Elisabet Ros, Daria Ivanova et Katia Shalkina (les Arianes), Simona Tartaglione (la jeune fille) et Valentin Levalin (le Torero).

Le Boléro de Maurice Béjart, avec Elisabet Ros (la Mélodie), Keisuke Nasumo et Marco Merenda (le rythme).

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La compagnie du Béjart Ballet Lausanne fête ses 25 ans cette année, dont cinq sans son créateur. Pour cet anniversaire, la troupe s’est posée à Paris début avril, pour un programme se voulant un résumé de ce qu’elle est aujourd’hui : Le Boléro, sûrement l’œuvre la plus connue de Maurice Béjart ; Dionysos, un ballet moins connu du chorégraphe mais qui résume bien sa façon de danser ; Aria, l’une des dernières créations de Gil Roman, ancien élève de Béjart et maintenant directeur de la troupe.

Dionysos démarre la soirée. La pièce évoque la Grèce, ses dieux, ses déesses et sa mythologie, des thèmes qui reviennent souvent dans l’œuvre de Maurice Béjart. Un étudiant invite le public à observer les habitué-e-s d’une taverne. Et si, derrière ses regards banals, se cachaient les Dieux d’autrefois ? Sur des danses grecques, le quotidien s’en va petit à petit pour faire place à des danses bacchanales, portées par un final explosif de joie de danser. 

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Créé en 1984, la chorégraphie marque néanmoins souvent le poids des années. Ce n’est pas que Dionysos ait mal vieilli, mais certains passages semblent irrémédiablement marqués par le sceau des années 1980 (bonjour les académiques blancs, bonjour le danseur qui se met à déclamer l’histoire), sans avoir cette fraîcheur d’intemporalité qu’ont les oeuvres qui traversent les époques. Il n’en reste pas moins de très beaux ensembles, de fortes images visuelles, et cette énergie de groupe que rien ne semble pouvoir arrêter.

Aria a été plus intéressant que je ne le pensais. Gil Roman n’a pas ici une place facile, tiraillé entre deux attitudes : rendre hommage au Maître ou imprimer sa propre personnalité ? L’idéal étant bien sûr d'avoir les deux, ce que le chorégraphe réussit, mais pas toujours.

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Premier hommage bien visible, Gil Roman s’est inspiré pour Aria d’un mythe grec, celui du Minotaure. La première partie peine à peu à trouver ses marques. Le chorégraphe semble écrasé par le maître, sans en avoir l’originalité, et ne sait visiblement pas quoi faire avec une grande fille sur pointes.

Mais tout change lorsque la vingtaine de villageois-es, désigné-e-s pour être sacrifié-e-s au Minotaure, fait son apparition. Gil Roman sait vraiment y faire avec la dynamique de groupe, donnant à voir de belles scènes, fortes, et avec une histoire très lisible, toujours agréable pour un ballet narratif. Les combats sont aussi des moments très intéressants, notamment celui entre le Minotaure et une villageoise. L’inspiration Sacre de Bausch n’est pas très loin, mais le tout fonctionne très bien, et l’on retient sous souffle face au regard déterminé et apeuré de la jeune femme. 

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Aria n’est en bref pas forcément parfait, le chorégraphe ne sait pas (encore) où il veut forcément aller, mais cela se tient bien au final, et laisse de belles images dans les yeux du public.

Le Boléro de Maurice Béjart ne pouvait arriver qu’à la fin de la soirée. Car il est impossible, aussi bien pour les danseurs que pour le public, de faire/voir autre chose après ce déferlement. 

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C’est étrange Le Boléro. A chaque fois, l’on sait à quoi s’attendre, mais la surprise est toujours là. Parce qu’il n’y a pas un-e interprète pour faire comme l’autre.

La dernière fois que j’avais vu Le Boléro, c’était en 2008 avec Sylvie Guillem. Déesse Guillem, qui hypnotisait tout le monde. Elisabet Ros en a fait quelque chose de très différent, mais tout aussi puissant. Elle est avant tout humaine. Ce n’est pas une déesse, une force supérieure. C’est avant tout une femme, débordande de sensualité, qui attire les hommes qui n’osent pas l’approcher.

Mais au fur et à mesure, la femme ultra-femme se transforme en guerrière. C’est une lutte, contre la musique, contre les pas, contre les corps. Et les hommes l’encouragent en tournant autour d’elle. Elisabet Ros est une combattante de la danse qui invoque son armée, qui galvanise son monde, et qui finit par s’effondrer dans un dernier élan d’une débordante séduction.

Le Béjart Ballet Lausanne, jusqu'au 7 avril au Palais des Congrès de Paris.

samedi 29 janvier 2011

Octopus, ou l'imagination débridée de Philippe Decouflé

J'ai décidément plus de mal à me lancer dans mes comptes-rendus de danse contemporaine que de ballets classiques. Ma découverte d'Octopus de Philippe Decouflé, sur la scène du Théâtre de Chaillot, remonte déjà au 13 janvier, et je ne m'y mets que maintenant. Mais je ne sais jamais par où commencer.

Octopus m'a pourtant globalement beaucoup plu. Je ne dirais pas que j'ai été transcendée durant toute l'heure 1/2 du spectacle, mais j'ai souvent été interpellée, et constamment surprise visuellement. Un geste, un duo, un costume, une vidéo... Le chorégraphe sait surprendre son public, et on ne savait jamais à quoi s'attendre.

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Le spectacle est composé de huit petits ballets, nommés Shiva pas, Hélas tique ou L'argothique. Ils parlent d'amour, du rapport entre les gens, ou de grands et petit délires. Ils n'ont pas vraiment de liens entre eux, ils pourraient très bien être dansés séparément. Ce qui les unis reste en fait la musique - géniale, somptueuse musique - signée Labyala Nosfell et Pierre Le Bourgeois. Philippe Decouflé explique que ces "poèmes chorégraphiques" ont été conçus comme un album. Et c'est complètement ça. Ce sont des chansons, mises en scène, et liée par la musique. Cette dernière est rock, électro, faite de compositions ou de reprises de classiques.

La musique est véritablement l'atout de ce spectacle. Elle emporte le tout, elle transcende, elle est d'une puissance folle et m'a donné envie de me lever durant tout le spectacle pour aller danser avec les artistes. La danse sur l'énergie du rock, c'est rarement utilisé, et c'est bien dommage parce que j'adore ça. Elle était en plus jouée en live par les deux musiciens, un chanteur et un homme à tout faire-violoncelliste complètement barge.

Les huit pièces m'ont ensuite plus ou moins plus. Passé la première surprise visuelle, certaines m'ont fait regarder ma montre. D'autres m'ont fait rire, touchée, et vraiment enthousiasmée. Je retiens le début, avec cette danseuse mi-homme mi-femme dans son drôle de costume. Le fameux Shiva pas, fait d'un duo étrange entre une femme blanche et un homme noir qui s'entremêlent. Ce récit d'un rapport sexuel raconté de façon complètement délirante. Ce jeu des lumières et vidéo avec une corde.

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Les deux ballets finals m'ont le plus plu. Il y a d'abord Talons aiguilles, celui dont tout le monde a parlé, mais vraiment drôle et hypnotique. Et surtout, et c'est vraiment l'image que je retiens de ce spectacle, le Boléro. C'est une relecture de la version de Béjart, dans un hommage au célèbre chorégraphe. Il y a la rengaine rythmique, génialement réinterprétée par les musiciens, la table au milieu et un danseur dessus (qui a d'ailleurs beaucoup dansé la version originale). C'est beau, envoûtant, puissant, et avec une pointe d'humour totalement irrésistible.  

Le spectacle a lieu jusqu'au 4 février. Même si vous n'êtes pas fan de Decouflé, n'hésitez pas à aller y faire un tour, rien que pour la surprise visuelle.

© Photos : Xavier Lambours

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