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vendredi 16 décembre 2011

Merce Cunningham Dance Company : clap de fin

Jeudi 15 décembre 2011. Legacy Tour de la Merce Cunningham Dance Company, au Théâtre de la Ville. Soirée composée de Suite for five (1956-1958), Quartet (1982) et XOVER (2007).

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L’ambiance était particulière au Théâtre de la Ville. Car Legacy Tour,cette tournée de la Merce Cunningham Dance Company n’est pas une tournée comme les autres. C’est la dernière. Le 31 décembre 2011, la troupe cessera d’exister, comme l'a souhaité son fondateur Merce Cunningham, décédé le 26 juillet 2009.

Selon sa volonté, la troupe est partie en tournée un peu partout dans le monde pendant deux ans. Paris est sa dernière étape, avant une ultime représentation à New York, le soir de la Saint-Sylvestre. Ces dates françaises sont donc les dernières chances pour le public de voir des œuvres de Cunningham dansées par sa propre troupe, qu’il a façonné pendant presque 60 ans.

Avant même le lever de rideau, les danseur-se-s avaient acquis les spectateur-rice-s à leur cause. Mais là n’était pas vraiment la question. Plus qu’une soirée inventive ou surprenante, il s’agissait surtout de rendre un dernier hommage au chorégraphe, de montrer sa façon de faire, de travailler. Ce spectacle était avant tout une leçon d’histoire de la danse.

La première pièce présentée, Suite for five, est ainsi un véritable testament de Merce Cunningham. La façon dont elle a été créée est en soi un parfait résumé de son mode de fonctionnement. Le chorégraphe a inventé son ballet de son côté. John Cage, le compositeur avec qui il a énormément collaboré, a composé la partition du sien. La première rencontre entre les deux s’est passée sur scène.

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Plus de 50 ans après la création, Suite for five ne résonne forcément plus de la même façon. Les danseur-s-es respirent maintenant avec cette musique, et il est étonnant de constater à quel point ces deux forces font maintenant corps. Il faut également s’imaginer le certain choc esthétique qu’a dû provoquer cette pièce lors de sa création, avec cette gestuelle si particulière, ce positionnement, presque cette économie de mouvement. Mais en soi, Suite for five n’a pas forcément bien vieilli, et reste visuellement datée (pas aidé par les costumes, il faut le dire, mais c’est un parti-pris).

Quartet, la deuxième pièce présentée, créée en 1982 sur une musique de David Tudor, possède ainsi plus de force. Contrairement à Suite for five, qui était une véritable (et formidable - mais seulement-) étude de style, Quartet possède un minimum de propos. Cinq danseur-se-s forment tour à tour des groupes et des individus. Comment interagit l'ensemble face à la personne, comment cette dernière essaye de s’intégrer, ou de vivre sa vie à côté ? Les artistes se mêlent et de démêlent, toujours porté-e-s par ce style si propre au chorégraphe américain.

XOVER, l’avant-avant dernière pièce de Merce Cunningham (créée en 2007), boucle la boucle de cette soirée. La gestuelle, la façon de travailler, la musique (celle de John Cage, encore et toujours), le style des costumes n’ont pas changé. Pourtant, cette pièce ne ressemble à aucune des deux autres. Voilà le propre des chorégraphes : savoir se renouveler constamment, tout en gardant une ligne directrice d’une logique implacable en plus de 60 ans de création. 

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Intellectuellement, cette soirée Cunningham fut indéniablement intéressante. Émotionnellement, je reste plus sensible aux bondissements de Forsythe qu’à la certaine austérité de feu Merce Cunningham.

Merce Cunningham Dance Company au Théâtre de la Ville. 1er programme jusqu’au 18 décembre. 2e programme (RainForest, Duets et BIPED du 20 au 23 décembre). Une journée autour de Merce Cunningham sera également organisée le dimanche 18 décembre, avec ateliers pour enfants, cours de danse, rencontres et projections.

A noter que Merce Cunningham sera au programme de la saison 2012-2013 du Ballet de l’Opéra de Paris. Un Jour ou deux devrait être programmé en novembre prochain, lors d’une soirée mixte avec a priori une création de Marie-Agnès Gillot, ainsi que peut-être Suite for five.

jeudi 30 juillet 2009

La vidéo-danse du jeudi (16)

Place aujourd'hui à un peu de danse contemporaine, avec un extrait du ballet Véronique Doisneau de Jérôme Bel.



Ce "ballet" est on ne peut plus particulier. Je mets le mot "ballet" entre guillemets, car il n'y a dans ce spectacle aucune pure création chorégraphique. Dans les crédits de l'Opéra, il est d'ailleurs indiqué "Conception" et non" Chorégraphie".

Véronique Doisneau est un Sujet dans le corps de ballet de l'Opéra de Paris. Dans 8 jours, elle prend sa retraite et quitte la scène. Dans ce spectacle, qui dure une trentaine de minutes, Véronique Doisneau se raconte au public. Elle arrive, seule en scène, en tenue de travail, un tutu sous le bras. Et elle raconte. Son amour pour la Danse, ses rôles préférés, ceux qu'elle n'a jamais pu danser, ses modèles. Elle danse quelques variations qu'elle a beaucoup aimées. Elle raconte aussi son envie de hurler lorsqu'elle passe tout un acte du Lac des Cygnes en décor humain au milieu de 31 autres cygnes immobiles, ses frustrations en tant que non-Etoile.

Certains ont hué à la vue de ce spectacle. Pour moi, c'est l'un des plus beaux hommages rendus à ceux et celles auquel(le)s on ne fait pas attention, les danseurs et danseuses du corps de ballet, mais sans qui aucun spectacle ne pourrait jamais exister.

J'ai choisi le deuxième extrait. Véronique Doisneau danse un passage de Points in Space de Merce Cunningham, chorégraphe décédé il y a quelques jours, et une variation de la Giselle classique. On y voit aussi un extrait de la Giselle contemporaine vue par Mats Ek.

lundi 27 juillet 2009

Après Pina Bausch, Merce Cunningham s'en est allé

Décidément, l'été 2009 est bien triste pour le monde de la Danse. Pina Bausch est partie le 30 juin dernier, brusquement. Merce Cunningham est quant à lui décédé aujourd'hui, le 27 juillet 2009. Un peu moins brutalement, certes, il avait 90 ans. Mais tout comme la chorégraphe allemande, il s'agit ici d'une des figures clé de la danse contemporaine, de la Danse tout court, qui a su révolutionner les codes. D'ailleurs, la technique Cunningham est l'une des plus apprises dans les cours de danse moderne et contemporaine.

Merce Cunningham a débuté chez Martha Graham, avant de voler de ses propres ailes. C'est pour ça que l'on dit souvent en parlant de lui qu'il est le lien entre la danse moderne et contemporaine. Martha Graham créait une danse à l'instinct, voulant retrouver les émotions primaires. Merce Cunningham laissait lui sa Danse au hasard de pièces jetées sur le sol, laissant le(la) danseur(se) évoluer dans son propre espace. Chacun ressentait ce qu'il voulait face à ses ballets.

Tout comme pour Pina Bausch, je dois avouer que je connais assez mal Merce Cunningham. Mais son nom m'inspire un grand respect, un grand monsieur de la Danse.

Connaissant trop mal son œuvre, j'ai choisi une vidéo mêlant interviews et extraits de ballets.