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vendredi 27 février 2009

Millénium 1 : Les hommes qui n'aiment pas les femmes

La trilogie des Millénium de feu Stieg Larsson était dans le peloton de tête des ventes à la Fnac, et toujours bien en vue dans les rayons depuis pas mal de temps. Sans compter que pas mal de gens en parlaient.
En gros, j'en avais entendu parler, mais sans avoir jamais la curiosité d'aller fouiner de plus près. Et puis je les ai reçus pour mon anniversaire.

Chose qui ne m'était pas arrivée depuis bien longtemps, j'ai ouvert ce livre sans savoir absolument de quoi traitait le livre, ni même de quel genre il était. Je n'avais entendu aucune bribe de l'histoire, et je n'avais pas lu la 4ème de couverture.

Fin juin, j'ai donc ouvert le premier tome,
Les hommes qui n'aiment pas les femmes, poussée par les mois d'été qui me donne toujours envie de lire de grandes sagas. J'ai lu une page, deux, trois... et me suis totalement laissée embarquer dans les aventures de Michael Blomkvist et Lisbeth Salander.



Voila pourquoi en 5 points.

1) C'est un excellent roman policier. Très bien écrit d'abord, ce qui n'est pas toujours le cas pour ce genre de roman. Et qui a une histoire savamment construite. Les ficelles du polar sont largement utilisées, mais sans que cela se voit à des kilomètres (comme chez Dan Brown). Bref, une histoire en elle-même très bien trouvée et très bien écrite.

2) Des personnages originaux auxquels on croit. Oubliez tout de suite la célibattante de New York chère à Higgins-Clark. Nous avons ici à faire à Michael Blomkvist et Lisbeth Salander. Le premier est le journaliste que l'on aimerait tous être. Intègre, pointilleux, il n'hésite pas à se lancer dans de longues enquêtes de plusieurs mois pour épingler le scoop du siècle en Une. Spécialisé dans l'économie, il a fondé le magazine Millénium, indépendant des grands groupes et reconnu dans toute la Suède pour son sérieux et son nombre impressionnant d'affaires peu scrupuleuses dévoilées. Bref, le journaliste modèle, qui apparait en plus comme l'un des rares de la Suède à l'être encore. Un modèle je vous dis. La deuxième est une personne chétive,  perturbée, violente. Elle est sous tutelle et a été très jeune enfermée dans un hôpital psychiatrique. Pourtant, il ne faut que quelques paragraphes pour comprendre qu'il s'agit d'une fille incroyablement intelligente et particulièrement douée en fouinage en tout genre.
Ce qui rend ces deux-là si intéressants, c'est qu'ils ont de l'épaisseur. Loin d'être parfaits ou caricaturaux, ils apparaissent très vite incroyablement vivants. Ce qui les rend très attachants. Alors forcément, nous croyons en leur histoire, et avons envie de les suivre dans leur enquête.

3) Une enquête elle aussi originale. Oubliez également les sombre affaires de meurtres pour héritage ou vengeance. Ici, on parle d'une disparition ayant eu lieu 30 ans plus tôt, mélangée à un inquiétant grand patron, avec une plongée assez vertigineuse dans des secrets de famille plus macabres les uns que les autres. Impression de nouveauté, de ne jamais avoir lu cette histoire ailleurs, d'être vraiment surpris... Encore un bon point.

4) La découverte de la Suède. C'est plus anecdotique, mais utile pour rendre l'histoire réelle et nous donner envie de continuer de lire. Stieg Larsson nous plante son roman dans son pays natal. Stockholm est passé au crible,  les différentes régions savamment décrites. Et puis surtout, à travers ses personnages qui sont des gens normaux, l'auteur nous fait découvrir le quotidien d'un Suédois. Un réalisme qui sert l'histoire, encore une fois.

5) Le féminisme. Assez inattendu, mais pourtant omniprésent. Chaque chapitre commence avec un chiffre, souvent effrayant, sur la violence envers les femmes en Suède. La victime est une femme qui s'est tu, le texte est ponctué de références aux problèmes d'inégalité hommes-femmes. Le féminisme est, je trouve, encore plus présent dans le second tome (dont je vais bientôt parler, l'ayant fini avant-hier), mais il représente déjà un sujet qui, apparemment, tenait au cœur de l'auteur.

En bref, je comprends très bien les lecteurs qui sont rebutés par tous les grands succès commerciaux. Je n'ai pas vraiment apprécié Amélie Nothomb, et n'ai jamais eu envie de goûter aux Marc Lévy. Mais contrairement à d'autres, Millénium a eu un succès bien mérité. N'ayez pas peur de foncer.

Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

Au fil des lectures sur différents blogs, je me suis aperçue que beaucoup avaient eu du mal avec le second volume de Millénium, intitulé sobrement La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette.
Suis-je une exception ? Parce que moi, au contraire, ce deuxième volet est mon préféré de toute la saga.

Un an a passé depuis les événements du premier livre. Lisbeth Salander et Michael Blomkvist ne se sont pas revus depuis. Pourtant, une nouvelle enquête, cette fois-ci sur un réseau de traite des femmes, va de nouveau les réunir.



Les ingrédients sont les mêmes : une sombre histoire policière décortiquée par ces deux personnages si différents. Sauf que petit à petit, le passé de Lisbeth se révèle étroitement lié à l'intrigue, tant et si bien qu'elle est bientôt désignée par tous les médias comme coupable d'un double meurtre.
Super Blomkvist ne peut qu'essayer de la sauver. Et en voulant résoudre l'enquête pour prouver l'innocence de Lisbeth, il va découvrir petit à petit son mystérieux passé, qui devient très vite la trame central du livre, au détriment de l'enquête initial.

Alors bien sûr, ceux qui ne se sont pas particulièrement attachés aux personnages lors du premier tome n'y auront peut-être pas trouvé un grand intérêt. Pour moi, qui avait adoré Lisbeth, j'ai été captivée par la plongée dans son passé, et la découverte, petit à petit, de son histoire. C'est justement ça qui apporte une profondeur supplémentaire à ce deuxième tome, et qui fait qu'il est devenu mon préféré.

Ceux qui n'aiment pas la théorie du grand complot, passez votre chemin, parce que là, vous êtes servis. La fin est particulièrement surréaliste. Mais un certain humour dans les dialogues maintient tout de même le tout à la réalité, du moins pour moi.

Et puis il y a tout ce qui fait la réussite de Millénium : des indices savamment distillés pour maintenir le suspens, une enquête qui sort de l'ordinaire des polars, des personnages secondaires toujours aussi intéressants. Et un ton féministe encore plus présent que lors du premier tome. De part l'enquête bien sûr, qui parle de traite des femmes, mais aussi par la description de scènes du quotidien où le sexisme est insidieusement présent, comme dans l'équipe de policiers où la seule femme au milieux d'une dizaine d'hommes a plus de mal à être considérée comme compétente et à faire entendre ses idées.

Pour finir, je réitère mon avertissement personnel : un livre qui cartonne n'est pas forcement qu'un coup marketing, il peut aussi être véritablement bon, comme c'est le cas avec les Millénium.

Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Dernier volet de la trilogie des Millénium (du moins en attendant que les 200 pages coincées dans le disque dur de Stieg Larsson soient publiées) avec La reine dans le palais des courants d'air.

Une chose est clair : ce troisième volet est globalement celui que j'ai le moins apprécié. Déjà parce que ce n'est pas une histoire à part entière, mais la suite direct du tome 2. L'épilogue final sur l'histoire mouvementée de Lisbeth Salander. Sauf que tout a déjà été découvert dans les livres précédents. Michael Blomkvist et ses acolytes ont dénoués tous les fils, ils ne leur restent plus qu'à se mettre à l'abris des services secrets qui veulent les empêcher de parler et trouver des preuves concrètes qui pourront tenir face à un tribunal. Moins d'actions, moins de mouvements, ce volume est clairement plus statique, tout en ayant plus de pages... d'où quelques longueurs par moment, ce qui n'était encore jamais arrivé précédemment.



Les allergiques au grand complot peuvent cette fois-ci carrément passer leur chemin, parce que ça vire au grand n'importe quoi à ce niveau, et perd tout contact avec la réalité. Pourtant, j'ai quand même accroché, peut-être parce que je m'étais beaucoup attachée à Lisbeth. Les 200 dernières pages sont d'ailleurs particulièrement savoureuses. Même si c'est du grand complot, je crois que n'importe quel lecteur qui a apprécié Lisbeth ne peut qu'adorer sa victoire et l'écrasante défaite de ses vilains ennemis.

L'action n'est donc pas le point fort de ce tome, mais les personnages restent pas contre bien croqués. Lisbeth apparaît de plus en plus complexe, mais aussi de plus en plus émouvante et vivante. Michael est un peu en retrait pour laisser place à sa comparse Erika Berger, beaucoup pus intéressante que lors des précédents ouvrages.

Si l'enquête policière se clôture vraiment à la fin du Millénium 3, les derniers paragraphes laissent quand même un arrière-goût d'inachevé. Parce que l'on sent bien que l'auteur veut nous amener sur une nouvelle enquête. Et qu'on sait très bien qu'il n'y en aura pas. Avant de mourir, Stieg avait déclaré qu'il avait de quoi faire 10 Millénium. Je pense qu'il savait déjà quelle suite allait avoir La reine dans le palais des courants d'air, et cela se ressent un peu.

Que contiennent les 200 pages dans son ordinateur ? Le début du tome 4 ? Des notes sur les 7 autres histoires ? Verdict si les légataires arrivent à se mettre d'accord.