Quoi ? Un service pour aider le public ? Mais c’est énorme ! Il n’en fallait pas plus pour titiller mon âme de journaliste de terrain, prête à tester tout

Première approche positive
Il faut bien le dire, quelques jours avant le lancement de ce site, c’était un peu le jeu des mauvaises langues dans le Grand Foyer. Et que ça ne sera réservé qu’à certaines catégories, et qu’on ne pourra pas échanger les e-tickets, et que la commission sera énooooorme…
A l’arrivée, bonne surprise, tous les tickets sont vendables, sous toutes leurs formes, même à 10 euros à visibilité réduite, même avec un tarif spécifique (moins de 28 ans…). Pour la fameuse commission, elle est proportionnelle au prix du billet. Bonne ou mauvaise idée ? J’aurais tendance à dire que, vu la variété des prix des tickets, cela reste plutôt une bonne initiative. Une place à 170 euros se voit ainsi majorée d’une quinzaine d’euros, mais une place à 15 n’aura que 90 centimes en plus. Égoïstement parlant, moi qui suis plutôt intéressée par les petites places, je trouve ça plutôt bien.
Le site a visuellement la même tête que le site de l’Opéra, mais d’un point de vue navigation, cela n’a rien à voir. C’est simple, facile, instinctif, très explicite. Oui, oui, parfaitement. Enfin un site véritablement conçu par des internautes pour des internautes. A se demander pourquoi l’Opéra n’a pas déjà repris ce site pour sa propre billetterie, qui a urgemment besoin d’un grand nettoyage (il parait d’ailleurs que c’est en réflexion). Très bon travail en tout cas de Ze Pass, qui a conçu un site vraiment facile à utiliser.
Premier problème de confidentialité
Voulant tester le système, je veux me créer une alerte. Très simple là encore. Pour finaliser, il faut ensuite se créer un compte. Très simple… trop simple ? Votre identifiant, indiqué partout et visible de tout le monde une fois que vous vendez un billet, n’est pas créé par vous-même, mais par votre adresse mail.
Autrement dit, mon identifiant consistait en mon nom et mon prénom, sans que je puisse y faire quoi que ce soit. Plutôt moyen niveau politique de confidentialité.
Je contacte donc le support technique du site Ze Pass/Opéra, assez facilement accessible depuis mon profil personnel. Message envoyé à 11h30 un vendredi, réponse reçue à midi. Je peux changer mon identifiant, mais uniquement en passant par le support technique. A 16 heures, tout est réglé.
Mouai… Le support technique est très réactif, mais ça ne résout pas fondamentalement le problème.
On passe à la vente
Ne reculant devant aucun reportage sur le terrain, je me décide à mettre une place à la vente. Là encore, la procédure est ultra-simple et efficace. On peut choisir entre plusieurs mode de retrait du billet, de l’échange main à la main à plusieurs types de courriers (plus ou moins cher pour l’acheteur-se) ou par mail pour un e-ticket.
Différentes options payantes permettent également de mettre l’annonce plus en valeur. Un service pas vraiment utile à mon avis, lesdites annonces apparaissant tout à droite du site, dans un mauvais champ de vision.

Puis vient ce qui, je trouve, est le point fort de ce site : la sécurité du paiement. Lorsqu’un-e acheteur-se paye un billet, il-elle est débité-e, mais le vendeur ne touche rien. C’est uniquement après confirmation qu’il-elle sera crédité-e. Le site joue donc pleinement son rôle d’intermédiaire, d’autant plus sécurisant lorsqu’il s’agit d’une vente par voie postale.
La rapidité est en tout cas impressionnante. Je mets ma place en vente à 18h30, elle apparait sur le site à 19 heures (comme annoncé). A 19h38, je reçois un mail d’un acheteur.
Attention toutefois, il faut ensuite être rivé-e à ces mails. Le premier courriel vous avertit bien que, si vous ne répondez pas dans les 24 heures, la vente est annulée. Un peu anxiogène à lire (oui, moi aussi, c’est rare, mais cela m’arrive de passer plus d’une journée sans lire mes mails), mais finalement efficace. Cela évite à la vente de traîner.
Deuxième problème de confidentialité
Et c’est là qu’arrive le point le plus ennuyeux du site, à mon avis.
L’acheteur a choisi la vente main à la main, que je proposais. Je reçois un mail automatique du site me l’indiquant… avec en prime le prénom, le nom, l’adresse postale complète et le mail de l’acheteur. Ce qui me semble beaucoup trop pour une vente de visu.
En tant qu’acheteuse, si je choisie ce mode de transaction, c’est d’une part pour la facilité, d’autres part pour une certaine transparence. Pas besoin d’en savoir trop sur l’autre. Je n’ai pour ma part aucune envie qu’un-e parfait-e inconnu-e reçoive, et sans que cela me le soit à un moment notifié, mes coordonnées complètes.
Si ces données sont capitales pour une venter par voie postale, elles sont totalement inutiles pour une vente main à la main. Techniquement parlant, cela ne me semble pas trop dur à mettre en place de la masquer pour ce type de cas.
Pour le mail, il pourrait parfaitement être remplacé par une messagerie privée, dont disposent pas mal de sites marchands.
Et si l’on va jusqu’au bout du raisonnement, le nom et prénom de la personne ne sont même pas nécessaires pour un échange main à la main. La sécurisation de la transaction se fait par code confidentiel, que l’acheteur-se et le-la vendeur-se ont reçu, et qu’ils-elles doivent s’échanger lorsqu’ils se rencontrent.
Je teste donc de nouveau le support technique, dont la réponse arrive ½ heure après. Certes, je ne les ai pas mailé le dimanche à 4 heures du matin, mais en pleine journée de semaine, force est de constater que l’équipe reste extrêmement réactive.
Pour mon adresse postale, le support me conseille de "mettre à jour mon profil sans oublier de la remettre si je devais un jour acheter un billet par courrier". L’adresse est obligatoire dans le compte, on ne peut pas laisser le champ vide, mais on peut mettre n’importe quoi. Un peu bancal.
Pour le reste du message, "La Bourse de l'Opéra est basée sur un principe communautaire, et la transparence y est donc de mise, mais seulement lorsque acheteur et vendeur ont contractualisé ensemble, c'est à dire seulement après que l'acheteur ait payé sur le site et le vendeur accepté la vente. Avant ce moment, les coordonnées ne sont jamais diffusées, et une messagerie interne permet un échange de question et réponse entre acheteur et vendeur sans transmission d'email ni de coordonnées".
Peut-être que je l’ai raté, mais il n’existe pas à ma connaissance de messagerie privée (ou alors elle est bien cachée, ce qui est mal). Quand un-e acheteur-se pose une question à un-e vendeur-se, elle est visible par tout le monde, idem pour la réponse.
Je trouve aussi que leur vision communautaire est un peu simpliste. Ce n’est pas parce que j’ai accepté une transaction que je connais la personne à qui j’ai affaire, et encore moins envie qu’il-elle est accès à mes coordonnées dont il-elle n’a pas l’utilité. Ce n’est pas un problème de transparence, mais de fonctionnement de base sur le net.
Acheter un billet
Là encore, rien de plus simple. Pour chaque billet, l’emplacement précis est en général indiqué par le vendeur-la vendeuse. Le système d’alerte est très simple à utiliser et efficace. J’achète en ligne un billet un samedi, la vente est entièrement finalisée moins de 24 heures après, rien à redire.

Et la visibilité du site ?
Mis à part quelques problèmes de confidentialité, ce site est donc clairement une réussite… A se demander pourquoi l’Opéra le met si peu en valeur. Sur la page d’accueil du site de l’Opéra, il faut ainsi scroller plusieurs fois avant de tomber sur un lien, et dans la colonne de droite, manquant de visibilité.
Surtout, il n’y a aucune trace de ce système de bourse dans la partie la plus stratégique : la billetterie. Absolument aucun lien sur son espace personnel, ni sur les pages réservations de chaque spectacle. Le succès de ce genre de sites est pourtant lié à sa popularité. Plus de gens vont l’utiliser, plus il sera performant, car offrant plus de places. Aujourd’hui, qui connait ce site d’échange, à part quelques habitués-es ?
Si Ze Pass/Opéra a démarré doucement, il n’y a pas eu le boum que j’attendais avec la parution des distributions de La Bayadère. Je ne vois pas non plus comment les touristes lambda, les plus grosses victimes du marché noir (ce contre quoi est en priorité censé lutter Ze Pass, selon la communication de l’Opéra) peuvent entendre parler de ce site, vu le peu de communication.
Reste une billetterie de secours. On ne sait pas ce qu’on va trouver, pour quelle date et à quelle prix…. comme sur la billetterie officielle en fait. A la différence que le système d’alerte permet de savoir quand les places sont mises en vente. Dans certains cas, Ze Pass permet même d’avoir ses billets moins chers. Un "vrai" ticket de 20 euros cartonné coûtera 23 euros sur la billetterie officielle (le prix+ 3 euros de frais de transport), mais 21 euros 50 sur Ze Pass (1,50 euros de commission avec échange main à la main).
Et vous, vous avez déjà testé ce service ? Qu’en pensez-vous ?

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jeudi 31 mai,11:27
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