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dimanche 20 mai 2012

Le petit bilan d'actu, S05 EP29

Cette semaine, on réserve pour aller voir Ouliana Lopatkina et prendre un cours avec Jérémie Bélingard, on regarde les variations du Concours d'entrée de l'Opéra de Paris ou on prend des nouvelles des danseuses du Crazy Horse. Avec toujours la revue de presse (Clairemarie Osta, Roméo et Juliette...) et l'agenda.

COTE ACTU

- Ouliana Lopatkina de retour à Paris

Alerte du spectacle à ne pas manquer ! La grande danseuse du Mariinsky Ouliana Lopatkina donnera un gala au Théâtre Montansier de Versailles, les 22 et 23 juin prochains, dans le cadre du festival Mois Molière. Le contenu précis de ce spectacle n'est pas encore connu, si ce n'est que ce sera un hommage à trois ballerines russes,  Anna Pavlova, Maya Plisetskaya et Galina Ulanova.

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Ouliana Lopatkina
est déjà venue dans ce festival, il y a deux ans, pour le même genre de spectacle. Elle était venue juste accompagnée d'un danseur du Mariinsky, avait dansé quatre pièces, et c'était un instant de grâce. Au-delà d'être une magnifique danseuse, Ouliana Lopatkina est une formidable musicienne et interprète. Quand elle danse La Mort du Cygne, son tube, ce n'est pas qu'elle joue un cygne. Elle est cygne, ses bras sont cygne, ses jambes sont cygnes. Son travail est d'une finesse comme j'en ai rarement vu, d'un très grand sens musical. En sortant de cette soirée, je m'étais que qu'elle n'était pas danseuse, mais musicienne. Sauf qu'au lieu d'apprendre le violon, elle avait décidé que son instrument de musique serait son corps.

Ce programme, au-delà d'être un très beau moment de danse, était aussi d'une grande intelligence. Ouliana Lopatkina avait choisi ses pièces avec beaucoup de soin, chacune démontrant à sa manière ce qu'était l'âme russe. C'était une démarche presque philosophique.

Le spectacle prévu pour juin irait a priori dans le même sens que celui vu il y a deux ans. Versailles n'est pas si loin que ça et les prix sont parfaitement accessibles, 25 euros la première catégorie ! S'il n'y a qu'un spectacle à voir en juin, vous l'aurez compris, c'est bien celui-là. Les réservations sont ouvertes sur le site du Théâtre Montansier.

- Le Concours d'entrée 2012 du Ballet de l'Opéra de Paris

En général, le Concours d'entrée pour le Ballet de l'Opéra de Paris a lieu début juillet. En raison d'une tournée d'une bonne partie de la troupe aux Etats-Unis à ce moment-là, le concours aura lieu cette année à la mi-juin. Le Concours Interne (réservé aux élèves de première division de l'Ecole de l'Opéra de Paris) aura lieu le mardi 12 juin. Le Concours externe, ouvert à tou-te-s les candidat-e-s, se tiendra le jeudi 14 juin.

Le Concours Interne sera composé d'un pas d'école et d'une variation imposée, le Concours externe d'un cours et de la même variations imposée. Les danseuses devront danser la sixième variation du pas de six des fées, extrait de La Belle au Bois Dormant. Les danseurs s'affronteront sur la variation du Grand pas classique. L'Opéra a mis en ligne une vidéo de ces deux variations. Et c'est Marie-Agnès Gillot, dans un extrait d'il y a de cela au moins 10 ans, qui a été choisie comme exemple pour les filles. Un véritable petit régal.

A priori, quatre places seront disponibles cette année.

- Jérémie Bélingard professeur de danse

Prendre un cours de danse avec Jérémie Bélingard, ça vous tente ? Depuis plusieurs années, le Centre National de la Danse de Pantin ouvre sa saison avec le week-end Danse Partagées : des cours de tous styles de danse, pour tous les niveaux, assurés par des grands noms de la danse. Traditionnellement, les cours de danse classique et l'échauffement sont assurés par un danseur ou une danseuse Etoile de l'Opéra de Paris. En 2012, ce sera donc Jérémie Bélingard le professeur.

Ce week-end aura lieu les 6 et 7 octobre. Chaque jours, trois séances d'échauffement, dirigées donc par Jérémie Bélingard, auront lieu à 13h30, 14h et 14h30. Les cours de danse classique auront lieu à 15h30 et 17h30. Une quantité d'autres cours est proposée, beaucoup d'ateliers de danse contemporaine, mais aussi de claquettes ou de comédie musicale. Le tout bien sûr à petit prix (12 euros le cours, échauffement offert). Le samedi, la journée se terminera par un spectacle à 19 heures, autour d’œuvres de quelque uns des professeur-e-s du jour. Réservation et programme complet sur le site du CND.

- Les danseuse du Crazy Horse en grève

Cela n'était jamais arrivé depuis la création du Crazy Horse, en 1951. Les danseuses se sont mises en grève plusieurs jours cette semaine, et deux soirées de spectacle ont dû être annulées. La troupe se plaint de trop bas salaires (2.000 euros brut pour six soirs par semaine), ne prenant pas en compte le fait qu'elles dansent nues (elles n'ont pas de droit à l'image) et d'une clause d'exclusivité, entre autres. Les danseuses ont expliqué leurs revendications au Nouvel Obs, tandis que Le Figaro résumait l'affaire.

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Après deux jours de grèves, les danseuses ont finalement obtenu une augmentation de salaire de 15 %, et d'une "flexibilité sur les opérations de promotion", selon l'un des propriétaires du Crazy Horse.


COTE MEDIA

- Le retour de La Meilleure Danse

Après un départ raté sur M6,La Meilleure Danse est finalement de retour, mais sur W9. Rendez-vous dès le mardi 22 mai, à 20h50, pour les premières 1/4 de finale. Il parait que la production aurait fait quelques changements au montage, pour laisser plus de place à la danse. A voir, en tout cas le livetweet est lancé !

- Les adieux de Clairemarie Osta

Le dimanche 13 mai dernier, Clairemarie Osta a fait ses adieux au Palais Garnier. Plusieurs blogs ont bien sûr fait un compte-rendu de cette très émouvante représentation, à lire sur Danse-Opéra, La Loge d'Aymeric et Une Saison à l'Opéra. Quelques jolies photos sont aussi à voir sur Rêves impromptus. Dans la presse plus institutionnelle, AltaMusica a pour l'instant été le seul à revenir sur cette soirée, dans une chronique signée de Gérard Mannoni, plus sobre que d'habitude.

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- Le Kabuki du Tokyo Ballet

Le Tokyo Ballet est au Palais Garnier jusqu'au 22 mai, pour présenter Kabuki de Maurice Béjart. Quelques compte-rendus, aux avis divers, sont à lire sur Envie d'ailleurs, Impressions londoniennes ou Dansomanie. Ce ballet n'a pas forcément plu à tout le monde, mais n'a en tout cas pas laissé indifférent. CultureBox a aussi mis en ligne un article sur le ballet, agrémenté de quelques vidéos d'archive.

- Roméo et Juliette de Sasha Waltz

Roméo et Juliette de Sasha Waltz a eu droit à ses dernières représentations cette semaine, qui ont donné lieu à des comptes-rendus dans Le Canard Enchaîné et chez AltaMusica. Les journalistes ont tous les deux bien aimé ce ballet, et ont beaucoup salué le retour sur scène de Hervé Moreau.

Le Petit Rat a vu pour sa part la deuxième distribution, Vincent Chaillet et Mélanie Hurel, et a aussi beaucoup apprécié sa soirée. Un petit sujet a également été diffusé dans l'émission Entrée Libre (France 5) le 14 mai. Attention, à défaut de voir ma tête, on y entend mon avis. Enfin l'Opéra de Paris a mis en ligne quelques belles photos de la première distribution. Dommage qu'il faille attendre les dernières représentations, et quand elles ne sont pas remplies, pour voir ce genre de diaporamas.

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- En vrac

Les Echos et ResMusica sont restés mitigés face au Cesena d'Anne Teresa De Keersmaeker. CultureBox a consacré un article à Blaze The Show, un spectacle de danse urbaine à la Broadway dont je n'ai pas eu le temps de faire la chronique. Terpsichore à Barcelona a passé un excellent moment face au groupe Incidence Chorégraphique (Stéphane Bullion, Agnès Letestu, Alice Renavand, Mathilde Froustey...) venu donner il y a quelques semaines un gala en Espagne. Enfin pour un petit voyage en coulisses, Une libanaise à Paris vous emmène dans les ateliers du Palais Garnier, tandis que Pink Lady s'est glissée derrière la scène de l'Opéra Bastille.


COTE AGENDA

- Sur scène

C'est assez calme cette semaine sur Paris pour voir de la danse. Le Tokyo Ballet est encore au Palais Garnier jusqu'au 22 mai, pour Kabuki. Pour espérer trouver des petites places, mieux vaut tenter le guichet le soir-même. Au Théâtre de la Ville, le collectif Grenade (groupe d'enfants et d'adolescents entre 8 et 19 ans) fête ses 20 ans, autour d'une pièce mélangeant des extraits de pièces signées Philippe Decouflé, Jean-Claude Gallotta ou Angelin Preljocaj.

Les élèves du Junior Ballet du CNSMDP passent également cette semaine leur Certificat d'interprétation, qui marque la fin de leurs études. Les classes classiques passent le lundi 21 mai à 19 heures, les classes contemporaines le lendemain, à la même heure. L'entrée est libre, réservation par mail pour y assister, reservation@cnsmdp.fr, ou directement sur place.

Enfin ne manquez pas les dernière représentation d'Avenue Q, comédie musicale savoureusement politiquement incorrect, à voir jusqu'au 26 mai au Théâtre Bobino. L'un de mes coups de coeur de ce printemps !

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- Rencontre

Le Théâtre de la Ville présente au public sa saison 2012-2013 le mercredi 23 mai, à 18h30. Les inscriptions sont pour l'instant closes, reste à tenter le coup le jour-même, devant le théâtre.

- Il est temps de réserver

La Cinémathèque de la Danse présentera, pour la première fois en France, le film Claude Bessy, lignes d'une vie de Fabrice Herrault. Ce documentaire consacrée à la célèbre danseuse est programmé pour le lundi 4 juin, à 20h00. Les réservations sont ouvertes sur le site de la Cinémathèque.

Enfin pour un joli spectacle en cette fin de saison, ne manquez par le retour de La Vie Parisienne de Jacques Offenbach, dans la mise en scène d'Alain Sachs. Un vrai régal de bonne humeur, inventif musicalement, sans jamais tomber dans le lourdingue. La pièce reprend dès le 1er juin, au Théâtre de Paris, avec de sympathiques promotions sur Internet.


COTE BLOG

A lire la semaine prochaine sur Danses avec la plume... A vrai dire, trop de choses en une semaine, entre l'actu chargée du moment et mes chroniques en retard, on ne pourra pas parler de tout. Articles à piocher parmi : une review du Kabuki de Béjart, un  compte-rendu du Certificat d'interprétation danse du CNSMDP, une rencontre avec Clairemarie Osta, le livetweet du prime de La Meilleure Danse, et les saison 2012-2013 du Ballet de Bordeaux, du Ballet du Capitole ou du Théâtre de la Ville. Bonne semaine tout le monde !

mercredi 22 décembre 2010

Le Lac des Cygnes, épisode 2

Sous-titré : Ode à Ouliana Lopatkina.

La soirée du mardi 21 décembre, qui réunissait dans Le Lac des Cygnes à l'Opéra Bastille l'artiste invitée Ouliana Lopatkina, José Martinez et Stéphane Bullion, est bien partie pour remporter la Plume d'Or du spectacle de l'année. Ce fut un véritable enchantement tout du long, touchant, musical, parfois surprenant, hypnotique... Une Belle Soirée, tout simplement.

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Le tout avait bien commencé dès avant le spectacle, par une rencontre blogueuse. Les signes de reconnaissance ont bien fonctionné dans la foule de Bastille, Mimy la souris, Cams, Fab, Pink Lady, moi-même, et un peu plus tard Le Petit Rat avons fait connaissance IRL, comme on dit. Quel plaisir de mettre un visage sur un pseudo, et de continuer en vrai nos conversations webesques. Je vous invite d'ailleurs à aller lire leurs compte-rendus qui ne devraient plus tarder, nous n'avons pas toutes été d'accord sur ce que nous avons vu.

Premier acte. Magnifique corps de ballet. Je ne sais pas s’ils étaient transcendés par la venue d'Ouliana Lopatkina, mais j'ai trouvé ça beaucoup moins froid que lors de la Première. Bien sûr, c'est très solennel, mais ça présage bien de l'histoire, et ne fait que plonger le spectateur dans le drame qui s'apprête à se dérouler. Les déplacements et alignements sont un vrai casse-tête, mais quelle belle scénographie. J'avais lu le programme avant, et fait attention à pas mal de petites choses qui sont autant de symboles, comme la danse des chevaliers dansée uniquement par des hommes.

Au milieu de toute cette gravité, le pas de trois apparait comme une bulle de champagne. Eve Grinsztajn et Ludmila Pagliero sont délicieuse dans leur variation respective. Emmanuel Thibault transporte le public, comme à son habitude. Peut-être qu'il ne sait faire que ça, des pas de trois très brillants, mais OhMonDieu qu'est-ce qu'il le fait bien.

José Martinez n'apparait pas comme un prince torturé, mais plutôt complètement dans la lune. Son rêve le hante, il se demande où est la réalité. C'est très différent de la vision de Karl Paquette, mais pas moins intéressant. Stéphane Bullion, un peu en demi-teinte après sa prestation époustouflante de la première, apparait plus en retrait. Un peu moins dominateur, il faut preuve de plus de tendresse. Leur pas de deux n'en reste pas moins totalement gay friendly, peut-être même plus que dans la version dominant/dominé. Très belle variation de José Martinez, tout en élégance, pour clôturer cette première partie.

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Deuxième acte. là encore, je ne sais pas si c'était la présence d'Ouliana Lopatkina, mais le corps de ballet était excellent. Les parfaits alignements étaient toujours là, l'émotion et le geste habité en plus.

Quand à Ouliana Lopatkina, c'est le plus beau cygne blanc que j'ai vu
. Au delà de sa technique, de sa ligne de jambe, de ses bras incroyables, de sa fluidité - tout est legato chez elle, il n'y a aucune cassure -, c'est une Artiste. C'est à dire que le moindre de ses gestes, le moindre dégagé, le moindre mouvement de bras, le moindre penché de tête, le moindre battement de cils, a une raison d'être. Elle les faits, car ils sont nécessaire à l'histoire, ils font partie intégrante de son personnage. Tout, chez elle, est porté par une intention, une émotion. Tout est signifiant. ça n'est pas le cas de tout le monde, mais j'ai en plus beaucoup aimé sa posture un peu cambrée, et ses bras en arrière.

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Le pas de deux avec José Martinez était très touchant, et m'a émue au plus profond de moi. Seul regret (et plus qu'un regret), le violon solo apparemment incapable de jouer juste. Quelle honte, tout de même.

Au niveau des solistes, les quatre petits cygnes ont été comme pour la première un vaste portnawouak, pressants à tout va. Les quatre grands cygnes étaient impérieux.

Troisième acte. Après cette parenthèse enchantée, retour au palais pour la série des danses de caractère, pas mal du tout (même si ce n'est pas la partie que je préfère). J'attends avec impatiente le cygne noir d'Ouliana Lopatkina. Et il est très étrange, mais très intéressant.

La danseuse a pris le parti de faire beaucoup ressembler Odette et Odile. Les bras et les postures sont ainsi exactement les mêmes. Seuls changement, les expressions du visage, et quelques gestes de rejet. Et c'est très troublant. Car dès son arrivée, le public se pose les mêmes questions que Siegfried : mais qui est cette étrange personne, qui ressemble bizarrement à Odette ? Si le prince tombe dans le panneau, le-la spectateur-rice se rend bien compte qu'il y a un problème. Le pas de trois était à cet égard très intéressant, et très différent de ce que j'avais pu voir jusqu'à présent. Seule la variation d'Odile m'a gênée, trop habituée à y trouver du poison à haute dose. Mais quel intéressant parti-pris.

La coda a été gâchée par l'orchestre, qui a fait une énorme bourde de rythme, prenant trop vite au début, et ralentissant à fond après. Dommage, même si les 32 fouettés ne sont pas forcément ce qu'Ouliana Lopatkina réussit de mieux. La fin, comme à son habitude m'a saisi. La musique, la perfidie de Rotbbart - malgré sa variation un peu ratée que je passerais sous silence -, l'intensité dramatique, me saisissent à chaque fois.

Quatrième acte. Et là, nous avons touché au Sublime... Un véritable moment de grâce. La danse des 32 cygnes, pétrie de mélancolie, est magnifique.

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Ouliana Lopatkina est redevenue un cygne blanc, faite de désespoir, de résignation, d'amour et de pardon. Le pas de deux avec José Martinez est bouleversant. L'intensité dramatique monte, je sens une boule dans ma gorge, jusqu'à ce qui a été pour moi le point culminant de cette représentation : Odette, en haut des marches, mourant à petit feu, en train de regarder Rotbbart et Siegfried se livrer une dernière bataille.

Noir. Les applaudissements crépitent en même temps que les flashs des appareils photos (qui n'ont d'ailleurs pas arrêté durant toute la représentation, malgré de nombreuses demandes). Même quand la lumière revient, les applaudissements continuent. Grande dame de la danse jusqu'au bout des saluts, Ouliana Lopatkina s'incline face au corps de ballets, dans une sublime et éminemment respectueuse révérence.

Après s'être échangées leurs impressions respectives, les blogueuses se transforment en groupies, et se plantent dans l'entrée des artistes. Qui mettront d'ailleurs du temps à venir. Mimy renonce. José Martinez arrive, il dansera avec Emilie Cozette à la place d'Agnès Letestu les 24 et 27 décembre. Le Petit rat bat en retrait également. Trois minutes plus tard, Ouliana Lopatkina arrive enfin, et prend le temps de signer les programmes des quelques balletomanes qui restent. Déjà mon deuxième pour moi, mais quand on aime, on ne compte pas.

dimanche 19 décembre 2010

Le petit bilan d'actu, S04 Ep13

Cette semaine, du Lac des Cygnes, du Lac des Cygnes et encore duLac des Cygnes (je suis sûre que vous étiez en manque), des nouvelles de José Martinez, des tournée futures de la compagnie et du Ballet de Bordeaux.

- Ouliana Loptkina, J-3

Ou J+1 pour certaine-e-s, mais je suis égoïste.

Mardi, donc, je serais à Bastille. Pour voir Ouliana Loptkina dans son plus beau rôle, dans le plus beau ballet du monde, et applaudir pour une des dernières fois José Martinez. C'est peu dire que j'attends cette soirée avec impatience. J'aurais voulu me retenir de lire le moindre commentaire, mais je suis faible, j'ai parcouru les forums en diagonale. Je garde un tellement beau souvenir du gala de cette danseuse en juin dernier... Quelle interprète !

Je préviens par contre la RATP : s'il y a le moindre problème sur la ligne 1 entre 18h45 et 19h28 mardi, je massacre un contrôleur.

Sinon, j'ai cru comprendre que nous serions plusieurs blogueur-se-s à être à cette soirée. Pourquoi ne pas se retrouver un peu avant ? Je propose 19h10 à la librairie du rez-de-chaussé de Bastille. Mon signe distinctif : un sac à main plutôt grand, fushia verni, le plus beau sac subjectivement parlant que l'on n'ai jamais vu à l'Opéra. Si cela vous tente, n'hésitez pas à l'indiquer en commentaire.

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- Et sinon, c'est l'hécatombe chez Odette/Odile

Les distributions du Lac des Cygnes n'étaient déjà pas forcément des plus emballantes, cela s'est empiré avec les dernières blessures. Les deux Odette/Odile les plus attendues - sans compter Ouliana Loptkina -, à savoir Agnès Letestu et Dorothée Gilbert, ont dû toutes les deux déclarer forfait.

Dorothée Gilbert avait été retiré des distributions d'Apollon il y a quelques jours. Son pied l'oblige finalement à trois semaines d'arrêt, ce qui suffit à la priver du Lac. Nicolas Le Riche pour sa part va très bien, merci pour lui. Mais il a préféré se retirer du ballet plutôt que de danser avec une autre partenaire. Le couple est remplacé par Cozette/Paquette et Gillot/Bullion.

Agnès Letestu s'est pour sa part blessée en plein 3e acte. Elle est remplacée par Marie-Agnès Gillot dans Apollon, et probablement par Ludmila Pagliero, qui avait pris sa place au pied levé pour cette représentation, et/ou Emilie Cozette dans Le Lac. Ne cherchez pas les distributions sur le site de l'Opéra, elles ne sont pas à jour, et puis quoi encore ?

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- Des nouvelles de José Martinez

Son nom courait depuis quelques semaines. C'est désormais officiel : José Martinez sera dès le 1e janvier prochain le directeur de la Compañía Nacional de Danza, en remplacement de Nacho Duato, qui s'en va diriger le théâtre Mikhaïlovski à Saint-Pétersbourg. Pour le danseur, c'est un défi de taille. Si l'Espagne a donné beaucoup d'excellent-e-s danseur-se-s, le ballet classique y est quasiment inexistant. La Compañía Nacional de Danza est ainsi à forte dominance contemporaine. Aura-t-il les moyens humains et financiers pour retourner vers le ballet classique ?

Cette génération de danseurs est en tout cas en train de prendre le pouvoir en Europe, après Manuel Legris à Vienne et probablement Laurent Hilaire dans un ou deux ans à l'Opéra de Paris. Une question : et les danseuses, que deviennent-elles ?

Le retour de José Martinez en Espagne fait en tout ressortir un vieux serpent de mer : ses adieux. Il y a d'abord eu la rumeur Coppélia, puis la rumeur Enfants du Paradis - démentie par le danseur sur son site -, puis la rumeur septembre 2011 dans Onéguine.

La rumeur Coppélia est soudainement ressortie après qu'un membre du forum Dansomanie ait révélé qu'un Défilé était organisé pour la dernière. Du côté de service de presse, on m'assure qu'il "n'y a aucune info pour le moment". Traduction en langage com' : ils sont au courant de tout, mais ne peuvent rien dire. Il m'a par contre assuré que la retraite de José Martinez aurait bien lieu cette saison. Donc le coup de la dernière de Coppélia, ça semble plausible, même si le Défilé pourrait être organisé pour un autre événement (la retraite de Patrice Bart, ça vous semble totalement saugrenue comme idée ?).  Néanmoins, José Martinez dansera Bernarda un peu plus tard dans la saison.

EDIT LUNDI : il semblerait bien que le Défilé de Coppélia soit organisé pour les adieux de Patrice Bart.

- Le Ballet de l'Opéra de Paris hors les murs

On ne sait toujours rien de sûr pour la saison 2011/2012. Par contre, niveau tournée, tout est OK. Je vous en avais parlé la semaine dernière, une bonne partie de la troupe sera à Biarritz en octobre prochain. C'est apparemment un véritable événement pour la région, le journal Sud-Ouest consacre ainsi un nouvel article, plutôt intéressant, sur les premiers préparatifs, et les questions techniques.

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Le Ballet
de l'Opéra de Paris sera également en tournée en juin 2012 aux Etats-Unis. Une tournée apparemment assez importante, puisqu'elle concernera trois villes, dont Chicago pour la première fois. La compagnie devrait prévoir un grand ballet et une soirée, sûrement la Lifar/Petit/Béjart donnée à Biarritz.

- Mais il n'y a pas que Paris dans la vie

Pour terminer, dirigeons nous vers Bordeaux. Et oui, même si on l'aime beaucoup, il n'y a pas que le Ballet de l'Opéra de Paris dans la vie. Le Ballet de Bordeaux, compagnie ne disposant certes pas des mêmes moyens, mais à plutôt bonne réputation, donne Roméo et Juliette pour les fêtes, dans la version de son directeur, Charles Jude. A lire dans la presse régionale, un reportage dans les coulisses et la vie quotidienne du ballet, ainsi que l'interview des trois interprètes de Juliette. 

© Photos 2 : Anne Deniau / Opéra national de Paris

lundi 29 novembre 2010

Le Lac des Cygnes : qui voir danser sur scène ?

A tout juste quelques heures de la première du Lac des Cygnes, il est temps de se plier à la traditionnelle revue des effectifs.

Distributions qui doivent rester en suspend, puisque le forum Dansomanie vient de l'annoncer, José Martinez s'est blessé lors de la générale, et n'assurera pas la première. C'est probablement Karl Paquette qui le remplacera. Grosse pensée pour l'étoile, en espérant qu'il se rétablira vite (et la question, déjà : qui pour danser avec Lopatkina ?).

Agnès Letestu (Odette/Odile) et Karl Paquette (le Prince) : le 29 novembre

Bon, on va faire comme si, je vous tiendrais au courant via Twitter de qui sera Siegfried ce soir.

Et bien, là, comme ça, je ne sais pas trop quoi en dire. Karl Paquette va encore nous la jouer Superman et sauver une représentation hyper attendue à la dernière minute, el un super héros déchirant sa chemise avec le costume tout près en dessous. C'est dans ce rôle là qu'il est le meilleur, avouons-le. Je venais de toute façon plus pour Reine Agnès et la magie générale de ce ballet que pour le premier rôle masculin. Couple surprise, bonne surprise ? J'y crois !

Agnès Letestu (Odette/Odile) et José Martinez (le Prince) : les 12 et 15 décembre

Là encore, faisons comme ci. Ce couple, c'est un peu le duo très attendu de cette distribution, la référence. Même si José m'avait beaucoup déçu dans sa Bayadère en juin dernier, ce couple reste encore l'une des valeurs plus que sûres de cette maison. Il se passe toujours quelques chose avec eux. J'aime la noblesse de José, son élégance, ses sauts racés. J'aime la musicalité et l'interprétation de Reine Agnès. Les deux ensemble, c'est souvent magique. Ce Lac, ils l'ont énormément dansé, et c'est leur dernier ensemble. Ce Lac, c'est en général une de leurs dernières représentations tous les deux. Même s'il se rétablit, je ne pourrais pas assister à ces dates. Vous me raconterez.

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Emilie Cozette (Odette/Odile) et Karl Paquette (le Prince) : les 2, 5 et 13 décembre

Malgré la tendance qui veut qu'Emilie Cozette soit revenue en odeur de sainteté, je ne suis pour ma part toujours pas convaincue. Et reste plus que dubitative sur son association avec Karl Paquette, qui a un peu besoin de quelqu'un pour le tirer vers le haut. En même temps, ce ballet, c'est tellement beau, la musique est tellement belle, que cela pour transcender n'importe qui. Mais tout de même, j'ai beaucoup de mal à associer Emilie Cozette à la profondeur et au lyrisme d'Odette.

Ludmila Pagliero (Odette/Odile) et Christophe Duquenne (le Prince) : le 10 décembre

C'est un peu la distribution des seconds couteaux. Mais il faut bien que les premier-ère-s danseur-se-s se fassent la main de temps en temps, et c'est parfois l'occasion de quelques révélations. J'étais assez dubitative sur Ludmila Pagliero. Mais, il faut le reconnaitre, elle était pas mal dans Le Loup, et les avis sur sa Paquita était plutôt enthousiastes. Evidemment, Odette/Odile, c'est une autre paire de manche niveau interprétation. Mais cette représentation peut énormément jouer sur sa nomination, si elle l'a passe avec succès. Quant à Christophe Duquenne, j'avoue ne l'avoir jamais vu dans un grand rôle, peut-être l'occasion.

Laetitia Pujol (Odette/Odile) et Mathieu Ganio (le Prince) : les 16, 18 et 23 décembre

Voila une distribution qui me plait d'emblée. Pour Laetitia Pujol, ce sera une prise de rôle, après une longue absence de la scène. C'est une danseuse qui ne me plait pas forcément à tous les coups, mais qui a su de nombreuses fois me toucher, et je serais très curieuse de la voir à l'oeuvre. Quant à Mathieu Ganio, il semble de plus en plus reprendre confiance, et ce genre de grand rôle classique est taillé pour lui. Pour le couple, on ne pense pas d'emblée à l'association de ces deux danseur-se-s, mais après tout, pourquoi pas ? Vive les changements d'habitude. 

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Ulyana Lopatkina (Odette/Odile) et  José Martinez  ? (le Prince) : les 18 et 21 décembre

Faisons comme ci, faisons comme ci. Je ne m'étendrais pas plus sur cette distribution, j'en ai déjà largement parlé pour que vous sachiez avec quelle impatience je l'attends. Depuis mon coup de coeur en juin dernier pour Lopatkina, j'attends fébrilement de la voir dans un rôle entier. Ceci-dit, si le partenaire pouvait être sur pieds, ce serait pas mal non plus.

Dorothée Gilbert (Odette/Odile) et Nicolas Le Riche (le Prince) : les 24 et 27 janvier, le 3 janvier

Sur le papier, voila le couple qui m'enthousiasme le plus. Parce que c'est Nicolas Le Riche, qu'il est tellement au dessus des autres. Parce que c'est Dorothée Gilbert, qui progresse et prend de l'ampleur à chaque pas sur scène. Parce que sont deux danseur-se-s à part, lui, c'est sûr ; elle, en train de le devenir. Parce qu'il-elle ont la joie de danser et le feu sacré. Et parce que j'avais bien aimé leur couple, dans un tout autre genre, dans La Fille mal Gardée.

Marie-Agnès Gillot (Odette/Odile) et Stéphane Bullion (le Prince) : les 26 et 31 décembre, le 5 janvier

Curieuse, je suis, face à ce couple. La direction a enfin renoncé à associer MA Gillot à Paquette, ça ne peut qu'être mieux. Beaucoup pensent que physiquement, Marie-Agnès Gillot n'est plus faite pour ce rôle. C'est peut-être vrai. Mais elle a toujours cette présence et cette implication dans ses interprétations, et j'avoue que son Odile me fait furieusement envie. Après quelques circonspections, Stéphane Bullion me surprend, et surtout me touche, de plus en plus. Cela pourrait être la bonne surprise de ces distributions.

Laetitia Pujol (Odette/Odile) et Mathias Heymann (le Prince) : le 29 décembre et le 4 janvier

J'avoue être assez dubitative sur ce couple, même s'il réunit deux danseur-se-s que j'apprécie. Mais les deux ensemble, je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée. Le jeune fougueux bondissant a en tout cas du mal à se trouver une partenaire stable. Et sa blessure qui l'éloigne de la scène depuis la rentrée me fait craindre un forfait à la dernière minute. J'ai encore du mal à lui trouver une stature de prince, mais il est tellement enthousiasmant dans sa danse qu'il peut remporter la partie. Et c'est en dansant des rôles un peu plus profonds qu'il va acquérir une maturité artistique. Si j'y arrive, j'irais le voir avec plaisir.

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