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lundi 4 avril 2011

Les Saisons Russes du XXIe siècle

Les Saisons Russes du XXIe siècle se sont posées au Théâtre des Champs-Élysées la semaine dernière. Troisième année consécutive pour le projet, mais première fois que j'allais le voir, le 1er avril dernier.

Rappel du concept : remonter dans la version d'origine des pièces présentées par les Ballets Russes, il y a un siècle, dans ce même théâtre. L'idée est plutôt séduisante, même si deux questions me viennent à l'esprit. 1) Tous les ballets peuvent-ils bien vieillir ? Et 2) Ça ne fait pas un peu pièce de musée tout ça ? Bilan de la soirée, les trois chorégraphies présentées de Michel Fokine ont bien vieilli, mais oui, cela fait parfois pièce de musée.

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Le spectacle démarre avec Petrouchka. Très bon choix pour débuter. Les décors et costumes sont très beaux, chatoyants, et la scène de fête très réussie, avec beaucoup de couleurs, de mouvements. Il n'y avait pourtant pas d'effet de surprise, mais ce ballet garde un charme indéniable dont je ne me lasse pas. La poésie peut-être, voila quelque chose qui ne vieillit pas. Mon enthousiasme retombe un peu pourtant au fil du ballet. Je trouve les scènes chez le Mage un peu longuettes. Je ne trouve rien à reprocher à Vladimir Dervianko, qui interprète Petrouchka, mais il a comme un léger goût de naphtaline. Tout petit, à peine perceptible, mais pourtant bien là. Le deuxième tableaux du village est sympathique aussi, avec de jolies danses de caractère (je veux me remettre à la danse de caractère). Et le final, irrémédiablement, me serre toujours le cœur (je suis un public facile). Il y avait pourtant dans ce joli moment quelque chose de figé, un peu pièce de musée justement. Il s'en est fallu de peu.

Un coup de cœur tout de même pour Alexandra Timofeïeva qui interprétait une très jolie-mécanique et touchante Poupée.

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Deuxième ballet, Chopiniana, plus connu sous le nom des Sylphides. Visuellement, il reste le moins surprenant, les longs tutus romantiques, le décors de forêt et la musique de Chopin, je connais. Quoique je connaissais un peu moins la version grésillante (siège à côté des enceintes) (aoutch). Visuellement, esthétiquement, c'est très beau. Le corps de ballet du Kremlin est très en place, avec de jolies lignes, les solistes sont en forme. Rien ne dépasse, surtout pas l'émotion, et je trouve ça très froid. Seule une soliste remporte mes suffrages. Elle est blonde, une silhouette plantureuse pour une ballerine classique, et surtout une véritable musicalité.

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Troisième et dernier ballet, Les Danses Polovtsiennes. Curieusement, mon moment préféré de la soirée. Je dis "Curieusement", car c'était plutôt mal parti à la première impression. Un décor tout droit sorti d'Aladin de Disney, une musique qui ne m'inspire pas des masses (surtout grésillante), des costumes pailletés-technicolors, des femmes effarouchées devant de virils guerriers et un esthétisme global qui me fait vaguement penser à Lawrence d'Arabie. Mais voila les mystères de la danse. Quand tout ça se met en place, ça rend drôlement bien, je peux même dire que c'est un chouette moment. Il n'y a pas à chercher bien loin, ça danse, ça danse bien, et l'énergie est communicative. Mention spéciale la soliste Ilzé Liepa, sublime et débordante de sensualité.

© Emmanuel Donny

jeudi 3 mars 2011

La vidéo-danse du jeudi S03 EP13

Cette semaine, partons voyager un peu avec un extrait de Petrouchka, pièce emblématique des ballets russes. Niveau distribution, c'est là encore du mythique : Rudolf Noureev, Noëlla Pontois Charles Jude et Serge Peretti.



Le début de ce ballet est certainement l'extrait musical de cette pièce le plus connu. Un Maure, une poupée et Petrouchka prennent soudain vie grâce au charlatan. Mais s'ils/elle font rire le public, une fois la nuit tombée, la vie est moins drôle sous les ordres du magicien. Et même s'il n'est qu'un pantin, Petrouchka ressent des sentiments bien humains, surtout envers la ballerine (qui préfère le Maure, même dans le monde des jouets, c'est Les Feux de l'amour).

Entre sa pantomime très marquée, ses costumes chatoyants et ses maquillages outrés, Petrouchka pourrait vite sombrer dans le too much. Mais ses interprètes en font un véritable moment de poésie. Et, s'il fallait encore le prouver, Noureev n'avait pas besoin de sauter partout pour émouvoir le public. 

Petrouchka : Rudolf Noureev
La Poupée : Noëlla Pontois
Le Maure : Charles Jude
Le Charlatan : Serge Peretti
Compagnie : Ballet de l'Opéra de Paris
Cho­­­­­­­ré­­­­­­­gra­­­­­­­phie : Michel Fokine, remontée par Serge Golovine et Bronislava Nijinska
Musique : Igor Stravinsky

vendredi 27 mars 2009

Ce que nous réserve l'Opéra de Paris pour la saison 2009/2010

En tout cas pour les ballets !

La programmation 2009/2010 vient de paraître, même si les grandes lignes étaient connues depuis déjà quelques semaines.

Vais-je de nouveau faire chauffer mon Pass' Jeune ? Et bien, il y a des chances. Tout n'est pas parfait, certains choix me paraissent assez étranges, et pas forcément des plus intéressants. Mais dans l'ensemble, la saison de ballet 2009/2010 de l'Opéra de Paris est plutôt tentante, très tentante. Quelques grands classiques, de bonnes soirées pots-pourris, une grande création, une entrée au répertoire... De belles choses en perspectives.


- Giselle (Jean Coralli et Jules Perrot)
Ah ouiiiiiii ! J'ai beau avoir comparé Giselle à la gourdasse du village, ce ballet n'en reste pas moins l'un de mes préférés. De l'amour, du drame, des frissons... Tous les ingrédients d'une histoire capable de vous tirer quelques larmes, l'archétype du romantisme. Et puis Giselle, c'est une variation mythique, un acte blanc hypnotisant, et tout un tas de trucs un peu stéréotypes du ballet classique, mais que j'aime bien quand même. Je croise les doigts pour Aurélie Dupont et Mathieu Ganio dans les rôles principaux.


- Joyaux (George Balanchine)
Je l'avais vu il y a très longtemps, mais ce ballet m'avait laissé un très bon souvenir, tout comme les magnifiques costumes de Christian Lacroix. Cela demande des danseur(se)s et un corps de ballet à la pointe de la virtuosité, puisqu'il n'y a après tout que ça à défendre dans Joyaux. Mais je me rappelle m'être très facilement laisser prendre au jeu.


- Amoveo/Répliques/Genius (Benjamin Millepied/Nicolas Paul/Wayne McGregor)
Mouai, bof, cette soirée contemporaine me tente assez moyen. Si j'avais plutôt bien apprécié Millepied au début de cette saison, sans non plus en tomber à la renverse, McGregor ne m'emballe pas vraiment. A noter que le deuxième ballet est une création.


- Casse-Noisette (Rudolf Noureev)
Mouai, là aussi, pas de grand emballement de ma part. J'avais beaucoup aimé le voir il y a deux ans, mais quitte à voir un grand ballet, j'aurais préféré un qui n'est pas représenté depuis longtemps, comme La Belle au Bois Dormant ou Roméo et Juliette. Ou alors, quitte à reprendre Casse-Noisette pour les fêtes, pourquoi ne pas monter une autre version, plutôt que celle de Noureev ? A noter, je commence à faire une légère overdose de Noureev.


- Ballets Russes (Massine, Fokine, Nijinski)
Sûrement une des soirées qui me tentent le plus cette saison ! Que des ballets mythiques, que je n'ai pas encore vu si ce n'est par Youtube, et que j'ai hâte de découvrir en vrai (Le Tricorne, Le Spectre de la Rose, L'après-midi d'un Faune, Petrouchka). Idéal aussi pour voir les Etoiles masculines seuls en scène. Ça me donne vraiment bien envie.


- Béjart Ballet Lausanne
A priori, pourquoi pas. J'aime beaucoup Béjart, et quoi de mieux que de voir ses œuvres interprétés par sa propre compagnie ? Les ballets présentés sont assez peu connus, du moins par moi. Une soirée un peu élitiste si l'on peut dire, avec des ballets pas vraiment grand public, et sur de la musique contemporaine. Pas un grand emballement à première vue, pourquoi pas à deuxième vue.


- La Dame aux Camélias (John Neumeier)
Egoïstement, je suis plutôt contente. J'ai raté ce ballet durant ces dernières programmations, alors qu'il me faisait bien envie. J'espère ne pas rater le coche cette année. Je pense juste aux habitués qui doivent commencer à faire une légère overdose de Dame aux Camélias. Quatrième programmation en cinq/six ans, si je ne me trompe pas. Quand on pense à la richesse du répertoire de l'Opéra... Pourquoi toujours ressortir les même choses ?


- Siddharta (Preljocaj)
Une création, des choses neuves, yes ! J'ai découvert Preljocaj récemment avec son Parc, et j'ai hâte d'en voir plus. Selon l'Opéra, ça parlera du mythe fondateur de celui qui deviendra Bouddha. Selon un forum, il devrait y avoir de la guitare électrique. Mouarf, ça s'annonce bien tout ça, surprenant tout du moins, mais ça ne fait pas de mal.


- Hommage à Jerome Robbins
L'exacte répétition de la soirée du début de cette saison. Là encore, ça me laisse perplexe. Pourquoi ne pas présenter une autre œuvre de Robbins, histoire de varier un peu le répertoire ? Pourquoi faire toujours la même chose quand on peut faire différent...


- La Bayadère (Rudolf Noureev)
Ouiiiiiiiiii ! Ce ballet, je le connais presque par cœur grâce à Youtube. Mais je ne l'ai encore jamais vu en vrai ! Et j'ai vraiment hâté, les quelques extraits me font vraiment envie. Sûrement la soirée qui me tente le plus avec la soirée Ballets Russes et la création de Preljocaj.


- Kaguyahime (Jiří Kylián)
Une entrée au répertoire, ça ne fait jamais de mal ! Surtout que je connais très mal Kylián, je me plongerais donc dans son univers avec grand plaisir. Selon le topo, c'est une œuvre qui "entremêle musique traditionnelle japonaise et occidentale pour dévoiler un univers fantastique où s’expriment états d’âme et émotions". Tout un programme.


- La petit danseuse de Degas (Patrice Bart)
J'avais vu ce ballet lors de sa création il y a pas mal de temps. C'était un très joli ballet narratif... mais qui n'avait que le mot de "joli" comme qualitatif. Il ne m'avait pas vraiment laissé un souvenir impérissable. A voir...


Comme chaque année, il y aura bien sûr les Démonstrations de l'Ecole de Danse, ainsi que son spectacle (avec entre autres du Béjart et une entrée au répertoire).