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lundi 16 novembre 2009

Soirée Amoveo/Répliques/Genius à l'ODP ou une vraie soirée de danse contemporaine

Chorégraphie désarticulée, écran vidéo en fond de scène, costume minimaliste, décor conceptuel, pénombre en guise de lumière et musique de Ligeti. Tous les clichés que l'on peut se faire sur la danse contemporaine sont réunis lors de la soirée Amoveo/Répliques/Genius donnée en ce moment au Palais Garnier, par le ballet de l'Opéra de Paris.

Mais laissons tout de même tomber nos préjugés, oublions les résumés philosophique sur les programmes et les discours à rallonge des chorégraphes dans la presse, et lançons-nous joyeusement dans le monde parfois déroutant mais pourtant chargé en émotion : la danse contemporaine.

Premier ballet : Amoveo de Benjamin Millepied, le nouveau chorégraphe star que tout le monde s'arrache. J'ai eu un peu la même impression qu'il y a deux ans, quand j'ai découvert pour la première fois une œuvre de Millepied : je passe un bon moment sans être totalement transportée. J'aime en tout cas beaucoup ce style de danse, très déliée, très libérée, inspirée de la danse américaine. Voila ici un groupe de huit danseur(se)s qui se croisent et se recroisent dans des lignes tranchantes de couleurs. Et au milieu, un couple. Nicolas Le Riche et et Clairemarie Osta. Si je suis le site de l'Opéra, Benjamin Millepied veut montrer "les métamorphoses d’une histoire d’amour". Pour ma part, j'y ai surtout vu l'attraction sexuelle d'un couple en total osmose. Les deux passages du pas de deux étaient pour moi clairement au dessus du reste, et faisaient pour beaucoup dans l'intérêt d'Amoveo. Il y avait une autorité partagée entre les deux interprètes et une vraie complicité qui a masqué les quelques faiblesses d'Osta dans les portés. J'aurais aimé revoir ça avec un autre couple, mais hasard du calendrier, je ne pourrais pas. Un moment intéressant en tout cas, mais il manquait un je-ne-sais-quoi dans les passages de groupe pour que j'y adhère totalement.


Deuxième ballet : Répliques de Nicolas Paul. Danseur du ballet, Nicolas Paul est chorégraphe depuis peu, et Répliques est l'une de ses toutes premières créations. Objectivement parlant, Répliques est construit, très réfléchit, et parfois impressionnant de maturité pour un presque débutant en la matière. Subjectivement parlant, je me suis ennuyée à mourir du début à la fin. Voila tout ce que je n'aime pas dans la danse contemporaine : quelque chose de tellement intellectualisée que l'émotion n'arrive jamais à percer. Il est vrai que, pour des ballets modernes (comme pour la musique), il faut parfois une petite préparation en amont pour vraiment profiter du spectacle. Mais je déteste l'idée d'étudier une œuvre dans les moindres détails pour arriver à saisir une étincelle. Toujours subjectivement parlant, la musique de Ligeti ne m'a pas vraiment aidée à apprécier le tout. Voila tout le paradoxe de la spectatrice : reconnaître qu'une œuvre n'est pas vide, bien au contraire, mais ne pas aimer. Sur les huit danseur(se)s, pas un ne sortait du lot. Je crois que c'était voulu par Nicolas Paul, qui recherchait, je pense, une certaine homogénéité entre ses interprètes. Cela ne me gêne pas si c'est compensé par des ensembles enlevés, ce qui n'était pas vraiment le cas. Là encore, j'aurais été curieuse de voir si cela m'aurait fait le même effet avec Isabelle Ciaravola.


Troisième et dernier ballet de cette soirée : Genus de Wayne McGregor. Si le premier voulait explorer un couple amoureux et le deuxième l'espace, ce troisième chorégraphe se penche plus particulièrement sur le corps humain et ses limites. Et avec les qualités physiques des danseur(se)s de l'Opéra de Paris, il est plutôt bien servi. Voila ici mon ballet préféré de la soirée, et ses 44 minutes sont passées décidément bien plus rapidement que les 23 de Répliques. La danse est très sèche, à la limite de la cassure. Ce n'est pas forcément ce que j'apprécie, mais là, j'ai beaucoup aimé. La force des interprètes n'y est sûrement pas pour rien. Audric Bezard arrive sur scène, et il ne lui suffit que de quelques gestes pour que j'entre de fait dans l'univers étrange de Wayne McGregor. Contrairement à Amoveo, j'ai ici beaucoup plus apprécié les passages de groupe que les duos, même si beaucoup de personnalités ressortent. Marie-Agnès Gillot m'avait tellement époustouflée dans le film La Danse que je devais peut-être être forcément un peu déçue. Néanmoins, elle est totalement faite pour ce ballet, et multiplie les prouesses sans tomber dans l'exercice de style. Et avec toujours cette emprise de la scène qui est sa marque de fabrique. Mais les deux artistes qui pour moi étaient clairement au dessus des autres restaient, et avec surprise, Mathias Heymann et Dorothée Gilbert. Ces deux danseur(se)s pourtant très classiques maîtrisaient totalement la chorégraphie et le style, avec une autorité froide incroyable qui allait parfaitement au ballet. La demoiselle surtout m'a laissé sans voix. A l'inverse, Agnès Letestu et Myriam Ould-Braham étaient plus en retrait. Non pas qu'elles manquaient d'investissement, mais elles faisaient trop pures ballerines classiques perdues dans le monde ardu du contemporain. J'avais même l'impression que Myriam s'abîmait plus qu'autre chose dans cette chorégraphie. Tout le monde ne peut pas tout danser. Et les artistes qui, comme Nicolas Le Riche, se glissent aussi facilement dans Giselle que dans Millepied, ne sont pas si courants.


Pour ceux à qui ce résumé aurait donné des envies de découverte, la soirée Amoveo/Répliques/Genius est donnée jusqu'à la semaine prochaine. Et oui, il reste encore plein de places. Et non, je ne suis pas sponsorisée en cachette par l'ODP.

Sinon, en passant, rien à voir, la finale de l'Open de Bercy était géniale, malgré la défaite de Monfils. Et tout aussi rien à voir, j'ai un taf !

mercredi 11 novembre 2009

Soirée Amoveo/Répliques/Genius à l'ODP : qui sera sur scène

Première soirée contemporaine de la saison, avec une création. Amoveo/Répliques/Genius a commencé samedi à l'Opéra de Paris, et vu le nombre de places encore disponibles, je crois que je pourrais tenter le coup de plusieurs distributions.

Amoveo de Benjamin Millepied

Nicolas Le Riche et Aurélie Dupont : le 13, 14, 15, 20 et 21 novembre
Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta : le 11, 14, 19, 21 et 22 novembre

Benjamin Millepied, le nouveau chorégraphe star que tout le monde s'arrache en ce moment. Je l'ai découvert l'année dernière dans la soirée Robbins. Et sans être totalement transcendée, j'avais bien aimé. J'ai donc hâte d'en découvrir un peu plus, surtout que d'après ce que j'ai lu, les références à la danse américaines sont nombreuses.
Niveau distrib, Nicolas Le Riche fait toutes les dates, whaa. J'avoue que j'aime beaucoup les deux couples, même si cela donne quelque chose de différent sur scène. Je suis curieuse de me faire une idée sur ce ballet.


Répliques de Nicolas Paul

Nicolas Paul et un danseur du corps de ballet, qui se voit là l'occasion de montrer ses talents de chorégraphe. A ce sujet, la direction offre régulièrement à des danseurs de se lancer dans la chorégraphie, mais quand est-il des danseuses ? Je suis sûre que ce n'est pourtant pas ni le talent ni les idées qui manquent du côté féminin.

Niveau distrib, cela donne :
Emilie Cozette, Caroline Bance, Caroline Robert, Amandine Albisson, Vincent Chaillet, Adrien Couvez, Alexis Renaud, Daniel Stoke : le 11, 14, 19,20 et 21 novembre
Isabelle Ciaravola, Muriel Zusperreguy, Christelle Granier, Charlotte Ranson, Stéphane Bullion, Josua Hoffalt, Bruno Bouche, Jean-Christophe Guerri : le 13, 14, 15, 21 et 22 novembre.

Là encore, deux distributions qui me font très envie, avec beaucoup de danseur(se)s peu distribué(e)s dans des rôles principaux. Pour la première, j'ai assisté à la Rencontre du ballet avec Albisson et Chaillet, j'ai donc bien envie de voir ce que ça donne sur scène, après plus de travail. Je suis curieuse aussi de voir Emilie Cozette dans quelque chose de bien contemporain. Cette danseuse est un peu victime d'un lynchage en ce moment sur le net. Personne ne l'aime et tout le monde voudrait voir Myriam Ould Braham à sa place d'Etoile. Le monde du web est cruel. Ce n'est pas qu'Emilie Cozette m'ait vraiment transcendée à chaque fois que je l'ai vu, mais elle commence un peu à me faire de la peine. Beaucoup de gens que j'aime bien aussi dans la seconde distribution -Ciaravola, Bullion, Hoffalt- et pas mal que j'aimerais bien découvrir un peu plus. Là aussi , je suis curieuse de découvrir cette création.


Genus de Wayne McGregor

Ce ballet ne me disait rien de spécial jusqu'au film La Danse, qui en diffuse de nombreux extraits très forts et très impressionnants. Apparemment, soit on adore, soit on déteste.

Agnes Letestu/Audric Bezard, Marie-Agnès Gillot/Benjamin Pech, Simon Valastro, Mathias Heymann, Julien Meyzindi, Dorothée Gilbert, Myriam Ould Braham, Laurene Levy : le 11, 14, 15, 19, 20 et 21 novembre.
Alice Renavand/Stéphane Phavorin, Stéphanie Romberg/Christophe Duquenne, Simon Valastro, Grégory Gaillard, Audric Bezard, Isabelle Ciaravola, Charline Giezendanner, Laurene Levy : le 13, 14, 21 et 22 novembre.

Pour le coup, la première programmation me tente beaucoup plus. Je cède à la distribution multi-étoilée, je suis faible. Dans les extraits diffusés par La Danse, c'était surtout MA Gillot qui était à l'honneur. Et entre hypnotisante, impressionnante et saisissante, j'hésite un peu sur quel terme choisir pour la décrire. Ses passages étaient juste énormes, et j'ai vraiment très très très envie de voir ça en vrai. Je suis aussi curieuse (c'est le mot de cette soirée pour moi) de voir Mathias Heymann, Dorothée Gilbert et Myriam Ould Braham dans un rôle contemporain, alors que je les connais surtout en classique. D'ailleurs, pourquoi faut-il attendre un ballet moderne pour voir danser Ould Braham cette année, je me le demande.


© Laurent Philippe - http://www.fedephoto.com

vendredi 27 mars 2009

Ce que nous réserve l'Opéra de Paris pour la saison 2009/2010

En tout cas pour les ballets !

La programmation 2009/2010 vient de paraître, même si les grandes lignes étaient connues depuis déjà quelques semaines.

Vais-je de nouveau faire chauffer mon Pass' Jeune ? Et bien, il y a des chances. Tout n'est pas parfait, certains choix me paraissent assez étranges, et pas forcément des plus intéressants. Mais dans l'ensemble, la saison de ballet 2009/2010 de l'Opéra de Paris est plutôt tentante, très tentante. Quelques grands classiques, de bonnes soirées pots-pourris, une grande création, une entrée au répertoire... De belles choses en perspectives.


- Giselle (Jean Coralli et Jules Perrot)
Ah ouiiiiiii ! J'ai beau avoir comparé Giselle à la gourdasse du village, ce ballet n'en reste pas moins l'un de mes préférés. De l'amour, du drame, des frissons... Tous les ingrédients d'une histoire capable de vous tirer quelques larmes, l'archétype du romantisme. Et puis Giselle, c'est une variation mythique, un acte blanc hypnotisant, et tout un tas de trucs un peu stéréotypes du ballet classique, mais que j'aime bien quand même. Je croise les doigts pour Aurélie Dupont et Mathieu Ganio dans les rôles principaux.


- Joyaux (George Balanchine)
Je l'avais vu il y a très longtemps, mais ce ballet m'avait laissé un très bon souvenir, tout comme les magnifiques costumes de Christian Lacroix. Cela demande des danseur(se)s et un corps de ballet à la pointe de la virtuosité, puisqu'il n'y a après tout que ça à défendre dans Joyaux. Mais je me rappelle m'être très facilement laisser prendre au jeu.


- Amoveo/Répliques/Genius (Benjamin Millepied/Nicolas Paul/Wayne McGregor)
Mouai, bof, cette soirée contemporaine me tente assez moyen. Si j'avais plutôt bien apprécié Millepied au début de cette saison, sans non plus en tomber à la renverse, McGregor ne m'emballe pas vraiment. A noter que le deuxième ballet est une création.


- Casse-Noisette (Rudolf Noureev)
Mouai, là aussi, pas de grand emballement de ma part. J'avais beaucoup aimé le voir il y a deux ans, mais quitte à voir un grand ballet, j'aurais préféré un qui n'est pas représenté depuis longtemps, comme La Belle au Bois Dormant ou Roméo et Juliette. Ou alors, quitte à reprendre Casse-Noisette pour les fêtes, pourquoi ne pas monter une autre version, plutôt que celle de Noureev ? A noter, je commence à faire une légère overdose de Noureev.


- Ballets Russes (Massine, Fokine, Nijinski)
Sûrement une des soirées qui me tentent le plus cette saison ! Que des ballets mythiques, que je n'ai pas encore vu si ce n'est par Youtube, et que j'ai hâte de découvrir en vrai (Le Tricorne, Le Spectre de la Rose, L'après-midi d'un Faune, Petrouchka). Idéal aussi pour voir les Etoiles masculines seuls en scène. Ça me donne vraiment bien envie.


- Béjart Ballet Lausanne
A priori, pourquoi pas. J'aime beaucoup Béjart, et quoi de mieux que de voir ses œuvres interprétés par sa propre compagnie ? Les ballets présentés sont assez peu connus, du moins par moi. Une soirée un peu élitiste si l'on peut dire, avec des ballets pas vraiment grand public, et sur de la musique contemporaine. Pas un grand emballement à première vue, pourquoi pas à deuxième vue.


- La Dame aux Camélias (John Neumeier)
Egoïstement, je suis plutôt contente. J'ai raté ce ballet durant ces dernières programmations, alors qu'il me faisait bien envie. J'espère ne pas rater le coche cette année. Je pense juste aux habitués qui doivent commencer à faire une légère overdose de Dame aux Camélias. Quatrième programmation en cinq/six ans, si je ne me trompe pas. Quand on pense à la richesse du répertoire de l'Opéra... Pourquoi toujours ressortir les même choses ?


- Siddharta (Preljocaj)
Une création, des choses neuves, yes ! J'ai découvert Preljocaj récemment avec son Parc, et j'ai hâte d'en voir plus. Selon l'Opéra, ça parlera du mythe fondateur de celui qui deviendra Bouddha. Selon un forum, il devrait y avoir de la guitare électrique. Mouarf, ça s'annonce bien tout ça, surprenant tout du moins, mais ça ne fait pas de mal.


- Hommage à Jerome Robbins
L'exacte répétition de la soirée du début de cette saison. Là encore, ça me laisse perplexe. Pourquoi ne pas présenter une autre œuvre de Robbins, histoire de varier un peu le répertoire ? Pourquoi faire toujours la même chose quand on peut faire différent...


- La Bayadère (Rudolf Noureev)
Ouiiiiiiiiii ! Ce ballet, je le connais presque par cœur grâce à Youtube. Mais je ne l'ai encore jamais vu en vrai ! Et j'ai vraiment hâté, les quelques extraits me font vraiment envie. Sûrement la soirée qui me tente le plus avec la soirée Ballets Russes et la création de Preljocaj.


- Kaguyahime (Jiří Kylián)
Une entrée au répertoire, ça ne fait jamais de mal ! Surtout que je connais très mal Kylián, je me plongerais donc dans son univers avec grand plaisir. Selon le topo, c'est une œuvre qui "entremêle musique traditionnelle japonaise et occidentale pour dévoiler un univers fantastique où s’expriment états d’âme et émotions". Tout un programme.


- La petit danseuse de Degas (Patrice Bart)
J'avais vu ce ballet lors de sa création il y a pas mal de temps. C'était un très joli ballet narratif... mais qui n'avait que le mot de "joli" comme qualitatif. Il ne m'avait pas vraiment laissé un souvenir impérissable. A voir...


Comme chaque année, il y aura bien sûr les Démonstrations de l'Ecole de Danse, ainsi que son spectacle (avec entre autres du Béjart et une entrée au répertoire).