Sunday, Oct. 20, 2019

Étudianse, op. 4 – CNSMDP

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17 mai 2016

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Les élèves d'Étudianse, le cycle qui remplace le Junior Ballet au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), ont donné un dernier spectacle dans les locaux du Conservatoire. L'occasion de voir une dernière fois ces (grands) élèves avant qu'ils ne se lancent véritablement dans la vie professionnelle.

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La Mort du cygne de Thierry Malandain

Les élèves Étudianse danse classique ont eu droit à deux belles oeuvres néo-classiques : La Mort du cygne de Thierry Malandain et des extraits de Lieder eines fahrenden Gesellen de Jiří Kylián. Deux oeuvres admirablement remontées, qui mettaient surtout en valeur les danseuses (même si, dommage pour un cursus classique, aucune des pièces n'était sur pointes).

Trois filles se sont d'abord attaquées à La Mort du cygne dans la version de Thierry Malandain (créé en 2002), une relecture hommage au ballet Michel Fokine sans en oublier un certain humour. Chaque danseuse propose sa propre interprétation une à une, dans une sorte de variation autour de la Mort du Cygne. Chacune d'entre elles a droit à une chorégraphie différente, même si de nombreux éléments sont communs aux trois passages. Les trois interprètes peuvent ainsi laisser libre cours à leur imagination et proposer leur propre interprétation. Dans cet exercice, Marie Breuilles s'y révèle d'une grande sensibilité, jouant des accents de la chorégraphie, qui oscille entre lignes épurées néo-classiques et mouvements plus animal. En guise de final, les trois danseuses interprètent ensemble leur propre variation, qui s'imbriquent comme par magie (l'effet scénique est particulièrement efficace) pour un joli trio.

La Mort du cygne de Thierry Malandain

La Mort du cygne de Thierry Malandain

Place ensuite à des extraits de Lieder eines fahrenden Gesellen de Jiří Kylián, sous forme de duos, sur la superbe musique de Gustav Mahler. l'enjeu du ballet : l'écoute de l'autre, le partenariat, la musicalité, la précision. Si les élèves n'ont forcément pas encore le poids de la maturité que peut demander ce genre de pièce, le pari est réussi. Chaque interprète propose une danse intelligente et fine, faisant parfois preuve d'un certain lyrisme. Un style dans lequel les élèves du CNSMDP sont décidément à l'aise.

L'enjeu était tout autre pour les élèves de danse contemporaine. Plutôt que de travailler sur le répertoire, ils ont eu droit à la confrontation aux chorégraphes, puisque les deux pièces données étaient des créations pour les élèves Étudianse. Un travail différent, forcément passionnant pour les élèves, même si plus inégal dans le résultat. Avec Reaction game, Olivia Grandville teste la réactivité des élèves. La chorégraphie correspond en fait à une partition indiquée en  temps réel aux élèves via des casques audio. Les gestes travaillent sur l'espace, l'écoute de l'autre, le groupe. Au final, cela donne comme une résurgence de Merce Cunningham, les académiques inclus. Le travail d'ensemble et de cohérence est profond, mais la gestuelle demande une intense précision que les élèves n'ont pas encore. Résultat : la pièce semble comme manquer de tranchant, d'aboutissement.

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Lieder eines fahrenden Gesellen de Jiří Kylián

Lifelike de Carl Knif, la deuxième création, est plus abouti. Il y a là aussi un travail sur le groupe, la force de l'ensemble tout en sachant exister par soi-même. L'énergie est plus brut, plus moderne aussi. Les élèves y trouvent un vaste champ d'expression, une forme de liberté, qui donne à la pièce un élan séduisant.

 

Étudianse, op. 4 au CNSMDP. La Mort du cygne de Thierry Malandain et Lieder eines fahrenden Gesellen de Jiří Kylián, avec Marie Breuilles, Manon Kolanowski, Francesca Masutti, Hortense Quentin de Gromard, Léa Pougheon, Léa Salomon, Robin Chaput, François Doré et Donovan Delis-McCarthy. Reaction game d'Olivia Grandville et Lifelike de Carl Knif, avec Manon de Matauco, Justine Lebas, Marie Leblanc, Elsa Proudhon, Antoine Arbeit et Jean-Baptiste Martinez. Lundi 2 mai 2016. 

 

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Amélie Bertrand

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