Tuesday, Oct. 22, 2019

Créations en province

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19 octobre 2011

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Pour des raisons pratique, je ne parle ici quasiment que de la danse à Paris. Pourtant, même si les compagnies classiques sont moins florissantes que dans les pays anglo-saxons, il existe aussi de belles troupes de ballet en province.

Pour preuve, le Ballet de Bordeaux et le Ballet du Capitole de Toulouse créent tous les deux l'événement en ce mois d'octobre. Le premier présente Carmina Burana de Mauricio Wainrot, pour la première fois en France, s'appuyant sur tous les artistes du Théâtre. Le deuxième donne une création, La Reine morte, de Kader Belarbi, futur directeur de la compagnie.

Carmina Burana

La musique de Carl Orff Carmina Burana, tout le monde la connaît. Si, si, tapez son non sur Youtube, vous allez vite reconnaître. De nombreux chorégraphes ont créé des ballets sur ce thème, dont Mauricio Wainrot. Actuellement directeur artistique du Ballet Contemporáneo du théâtre San Martin de Buenos Aires, il a fait pas mal de chorégraphies pour le Ballet Royal des Flandres, dont Carmina Burana, en 1998.

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Mauricio Wainrot a cette année décidé de faire danser son œuvre par le Ballet de l’Opéra de Bordeaux, avec qui il a déjà collaboré, à la demande de Charles Judes. "La ligne artistique néo-classique correspond parfaitement à notre compagnie", explique le directeur du Ballet. "La conception de ce ballet rappelle celle du Messie et permet de rassembler à nouveau toutes les forces artistiques de l’Opéra National de Bordeaux". En effet, si la partition est une version réduite (deux pianos, timbales et percussions), le chœur du Théâtre est omniprésent, permettant un vrai mélange du chant et de la danse.

Ce Carmina Burana est présenté pour la première fois en France. La soirée est complétée par un autre ballet de Mauricio Wainrot, Chopin numero uno, qui fait également son entrée au répertoire du Ballet de Bordeaux.

Soirée Mauricio Wainrot, 10 représentations, depuis le 18 octobre et jusqu’au 28 octobre au Grand Théâtre de Bordeaux. Places de 8 à 40 euros.

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La Reine morte

Entre Kader Belarbi et le Ballet du Capitole, c’est une histoire qui commence à durer. L’année prochaine, l’ancien danseur de l’Opéra de Paris sera le directeur de la compagnie. Il a déjà auparavant créé des chorégraphies pour la troupe. Cette fois-ci, il se lance dans la création d’un ballet long, La Reine morte.

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L’histoire vient du livre de Henry de Montherlant, qui s’est lui-même inspiré d’un fait réel. Pedro, le fils du roi du Portugal Alphonse IV (1325-1357) épouse Constance, l’Infante de Castille. Mais il tombe amoureux de l’une de ses suivantes, Ines. Après la mort de sa femme, Pedro s’affiche clairement avec Ines, et ils ont plusieurs enfants. Mais le roi ne le voit pas de cet œil, et fait assassiner la suivante. Pedro perd quelque peu les pédales suite à cette mort, et met sa région à feu et à sang. Lorsqu’il parvient sur le trône, il fait tuer cruellement les meurtriers de sa bien-aimée. Il part ensuite exhumer le corps d’Ines, la couronne et ordonne à tous ses courtisans de lui baiser la main.

Un peu gore comme histoire, je vous l’accorde. L’argument du ballet, tout comme celui du livre, est un peu moins trash et plus poétique. On y retrouve les arguments des grands ballets : l’amour plus fort que la mort, la trahison, la folie (un acte blanc se laisse d’ailleurs dessiner dans le synopsis).

Pour la chorégraphie, Kader Belarbi compte s’appuyer sur ses racines classiques. "J’ai le sentiment de créer pour la première fois un ballet totalement classique qui utilise avec évidence tous les ingrédients du ballet académique", explique-t-il. "Même si je dérive vers un néoclassicisme, voire une sensibilité plus contemporaine, dans le sens d’actuel, je reviens vers une chose que je connais, que je reconnais peut-être plus facilement maintenant".

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Quant à la musique, Kader Belarbi a choisi des extraits d’œuvres de Tchaïkovski.

La Reine morte, 6 représentations du 26 au 30 octobre au Théâtre du Capitole. Places de 8 à 50 euros. Une rencontre avec Kader Belarbi est organisée le 24 octobre à 18 heures.

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Amélie Bertrand

(6) commentaires

  1. cécile
    28 octobre 2011 at 12:03

    Quelle chance pour Toulouse de recevoir l'immense artiste Kader Belarbi!

  2. Fabien
    29 octobre 2011 at 01:40

    Quelle chance pour Kader Belarbi de travailler avec l'excellente compagnie du Ballet du Capitole de Toulouse !

  3. Marie-Charlotte
    29 octobre 2011 at 23:44

    Heu...Sans vouloir être désagréable, Kader a une réputation plus grande que celle de Toulouse...qui n'est pas (encore) une grande compagnie.

  4. Amélie
    30 octobre 2011 at 22:40

    @ Cécilé et Fabien : un partout la balle au centre ;)


    @ Marie-Charlotte : C'est difficile de répondre, car je n'ai jamais vu cette troupe en vrai. Mais je crois que la compagnie mériterait une médiatisation même sans ballet de Kader Belarbi. Nanette Glushak a fait un travail de titan avec cette compagnie, qui était presque au point mort il y a 20 ans. 

  5. Fabien
    1 novembre 2011 at 05:41

    Après avoir vu la représentation je reconnais que Kader Belarbi a du talent et a su proposer un très beau ballet =D>

    @ Amélie : Je viens de faire un déplacement à Paris pour voir l'ONP, n'hésitez pas à en faire un dans la ville rose ;)

  6. Amélie
    3 novembre 2011 at 17:48

    @Fabien:Ce serait avec plaisir ! Et faisable avec des journées de 48 heures pour l'instant :)

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