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Un avant-goût du Boléro de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet

Après la mythique version de Maurice Béjart, le Ballet de l’Opéra de Paris prépare un nouveau Boléro : celui de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet, une création pour la compagnie. Cette version sera donnée pour la première fois le 2 mai, au Palais Garnier, lors d’une soirée regroupant également L’Oiseaux de Feu de Maurice Béjart et L’Après-midi d’un Faune, dans les versions de Nijinski et Jerome Robbins.

Marina Abramovic, Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet

Marina Abramovic, Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet en répétition

Une répétition publique de ce nouveau Boléro a été organisée à l’Amphithéâtre Bastille, dirigée par Damien Jalet. Si l’unique distributions compte onze danseurs et danseuses, seule quatre étaient présent-e-s ce jour-là : Alice Renavand, Adrien Couvez, Alexandre Gasse et Marc Moreau. Ils étaient entourés de deux danseurs de Sidi Larbi Cherkaoui, qui ne seront pas sur scène mais participent aux répétitions.

Soucieux de se faire comprendre du public, Damien Jalet explique tout d’abord la vision de ce Boléro. Lui et Sidi Larbi Cherkaoui ont d’abord énormément écouté la musique, litanie de 20 minutes à la rythmique lancinante. Une forme est ressortie de leurs réflexions : la spirale, sur quoi repose toute la chorégraphie, à l’axe mouvant. Contrairement à la version de Maurice Béjart, il n’y aura pas dans ce Boléro un ou une soliste, mais onze danseurs et danseuses autour d’un centre. Mais si ce centre est vide, il n’en est pas moins vivant, agissant comme un aimant sur les artistes. Les danseurs et danseuses émergent, puis se rencontrent, s’attirent, sont attiré-e-s vers le centre, toujours en spirale, et le tout amène vers une sorte de transe.

Voilà pour les lignes directes, peut-être un peu abstraites à lire, mais finalement assez claires lors de la répétition. Damien Jalet fait d’abord répéter le début de la pièce aux danseurs, constitué d’une phrase chorégraphique de base, comme la mélodie. Le mouvement de la spirale se sent immédiatement. Les gestes sont beaux, fluides, se servant de la grâce naturelle des artistes de l’Opéra de Paris, pour un tout qui sonne finalement comme quelque chose d’assez classique. L’on comprends mieux la présence des deux danseurs de Cherkaoui. Les danseurs de l’Opéra ont retenu la chorégraphie, mais à ce stade des répétitions, ne l’ont pas encore forcément digérée, ne s’en sont pas tout à fait imprégnés. Les deux autres danseurs, eux, ont déjà toutes leurs sensations. Il y a d’un côté quelque chose en construction, et de l’autres ce à quoi pourrait ressembler le produit fini. L’un deux, James O’Hara, est particulièrement hypnotisant. Participer à toute l’étape de construction sans jamais monter sur scène, cela ne doit-il pas être un peu frustrant ?

Lors de cette première phrase chorégraphique, les danseurs et danseuses sont comme seul-e-s au monde. Au fur et à mesure que ce Boléro déroule, ils se rencontrent. Cela donne des duo, en face à face ou non. Damien Jalet introduit ensuite la deuxième phrase, comme le contre-chant de la musique. Elle peut se danser seule, en groupe, face à un danseurs se lançant dans la première phrase… Le langage est précis, cadré, mais il peut tout de même se modeler pour de multiples étapes et possibilités. Là encore, la chorégraphie frappe par sa certaine fluidité. Les gestes coulent, sans vouloir s’arrêter. La spirale amène vers la transe, la finalité de ce Boléro.

Répétition du Boléro de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet

Répétition du Boléro de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet

Damien Jalet fait ainsi danser plusieurs passages différents, montrant l’évolution du ballet, sans toutefois aller vers la fin pour laisser quelques surprises. On n’est pas vraiment dans le jeu d’une répétition publique, il ne fait pas répéter de mouvements, ne lance pas de correction, et montre visiblement les passages les plus aboutis. On était plus dans le genre de la conférence dansée, passionnante au demeurant. Reste une grande curiosité : le rôle de Marina Abramovic, scénographe de la pièce, finalement peu évoquée ou en termes assez flous. Ce sera la surprise du 2 mai.

Commentaires (4)

  • Joelle

    Mais cela a l’air bien intéressant ! On découvrira la semaine prochaine… 🙂
    Et les distributions ont été postées aujourd’hui… C’est byzance !!!
    Je vais aller voir le menu !

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  • Joelle

    Ouf! Deux (belles) distributions bien différentes pour les deux représentations prévues !!!

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  • petitvoile

    Et le résultat est bluffant, hallucinant voire -cinogène et de toute beauté. L’énorme succès de la Générale annonce une super 1ère…

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  • Estelle

    Euh… je connais pas grand chose à la manière de monter un spectacle, mais je me demande bien pourquoi on fait participer deux danseurs de Cherkaoui aux répétitions s’ils ne seront pas sur scène ???? Ont-il une fonction de remplaçant ? un rôle de modèle pour les danseurs de l’Opéra pas forcément habitués au style Cherkaoui ?

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