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Un éclat de rire dansé

Pour son deuxième épisode de La Fille mal gardée – Muriel Zusperreguy (Lise), Florian Magnenet (Colas), Aurélien Houette (Mère Simone) et Allister Madin (Alain) – Danses avec la plume a décidé de s’amuser au jeu du déguisement. 3…2…1… Transformation en chroniqueur danse français. 

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Après son entrée au répertoire en 2007, La Fille mal gardée est de nouveau donnée au Palais Garnier. Et quoi de mieux pour finir cette si merveilleuse saison que ce ballet si irrésistible ? Technique époustouflante, jeux de scène drolatiques et jeunes talents à foison, le Ballet de l’Opéra de Paris a une fois de plus assumé, s’il en était encore besoin, son statut de meilleure compagnie classique du monde.

Les distributions se suivent sur La Fille mal gardée avec le même enchantement. Après la si juste nomination de Myriam Ould-Braham, c’était au tour de Muriel Zusperregie et Florian Magnenais de rentrer en scène, respectivement dans les rôles de Lise et Colas. Et que l’on ne s’y trompe pas, si aucun des deux n’a (encore) le titre suprême, ils en ont chacun véritablement l’indéniable talent.

Murielle Zusperreguy campe ainsi une Lise espiègle et mutine, à l’allure pimpante et aux mollets frétillants. Ses mimiques font rire toute la salle, et sa danse, d’une superbe finesse, laisse enchanté à chacune de ses apparitions. Son partenaire Florient Magnenet n’est cependant pas en reste. Non seulement sa technique est brillante, mais son interprétation laisse pantois. Un vrai garçon de ferme bondissant et nerveux comme on n’en voit peu ! Brigitte Lefèvre a décidément eu de l’inspiration en lui confiant de plus en plus de rôles ces dernières années. Elle a su sans aucun doute repérer un grand talent, et ce garçon n’est, à n’en point douter, l’un des danseurs d’avenir de la compagnie.

Aurélie Houette nous enchante pareillement en sa fardée Mère Simone, d’une expressivité confondante et d’un humour ravageur. Allister Maddin complète cette distribution de rêve, à l’abattage certain et aux sauts éblouissants. Chacun a parfaitement compris son rôle avec intelligence, et assume son personnage avec beaucoup de drôlerie, sans jamais sombrer dans la facilité et la vulgarité.

Et pourtant, au vu de la chorégraphie,ce n’était pas chose aisée. Mais quelle idée d’aller chercher la si lourde version de Frederick Ashton ! Peut-être est-ce l’humour anglais qui ne parvient pas jusqu’à nous, ou qui n’est pas fait pour les finesse des ors de Garnier. La danse des sabots laisse de marbre, la niaiserie générale laisse présager de longs soupirs, tandis que la consternation s’abat à l’arrivée des poules géantes. Quel regret, alors que des chorégraphes maison auraient pu rendre un si bel hommage à l’œuvre originale. On se souvient encore de celle remontée par Claude Bessy il y a quelques années pour l’Ecole de Danse, moment inoubliable.

Il n’en faut que plus saluer l’incroyable travail du corps de ballet, qui avec son entrain et sa perfection habituelle, font de ces quelques lourdeurs un véritable enchantement. Encore une fois, rendons grâce à la Direction qui sait si bien guider ces danseurs depuis presque 20 ans. Outre un grand moment d’allégresse, cette Fille mal gardée fut décidément une assurance pour le futur.

Commentaires (11)

  • Aurelie

    Plus vrai que nature ! 😆

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  • Véronique

    Sans oublier la standing ovation du public ! For-mi-dable !! 😉

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  • missmoon003

    J’imagine que le ‘Magnenais’ est là pour faire plus vrai que nature?!
    🙂

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  • Obs

    Oui, ce ballet est une très belle manière de finir la saison. Du souffle, de l’inspiration et de l’envie… Pas mal pour terminer la saison. La tournée aux Etats Unis de la troupe donnerait elle des ailes à tous ceux qui respirent cet air de Paris où l’été se fait un peu attendre. Uns chose qui frappe dans cette interprétation est la fraicheur de tous les interprétes, solistes qui donnent vraiment beaucoup dans cette pièce, mais comme vous le soulignez le corps de ballet (la plus faible moyenne d’age de toutes les représentations de l’année).
    En ce jour de visite présidentielle à Londres, je vous trouve bien sévère avec l’humour anglais (pas si mal le parapluie tout de même) et, surtout, avec les poulettes… l’humour n’est si fréquent dans les ballets. Oui, il faut y retourner !

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  • a.

    @Obs : je crois que ce billet avait l’intention de se moquer des critiques… je ne crois pas que Danse avec la plume trouve réellement Ashton balourd… non? sans quoi on ne comprendrait pas l’enthousiasme initial…

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  • Diony

    J’ai a-do-ré ce billet ! Il fait du bien aux zygomatiques !!! Merci et bonnes vacances !

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  • Vraiment tres sympa, j’adore (en pqrticulie, les noms ecorches!)

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  • Sissi

    Merci pour ce billet très très drôle ! Quel plaisir à lire, les fautes sur les noms, les remerciements pour la direction, … tout y est et plus vrai que nature !!!
    J’ai assisté également à cette représentation et j’ai vraiment beaucoup apprécié.

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  • melodiz

    Plus sérieusement, j’ai vu également cette distribution (la seule en fait), et elle m’a enchantée (tout comme ce ballet que je découvrais) ! Vivement septembre…!

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  • elendae

    Gégé, sors de ce corps !!!!
    Tu as oublié le point people : y avait pas ce soir-là de l’ancien ministre ou du sous-secrétaire d’état à qui passer la brosse à reluire, aussi ?…

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  • @ Missmoon003 et Une Passionnée : Toutes les fautes de cet article sont entièrement non-fortuites 😉

    @ Obs : Comme l’a dit A., il s’agit d’un billet voulant se moquer des travers des critiques français, d’un en particulier, qui en général adore ce que fait l’Opéra de Paris et déteste tout ce qui vient d’ailleurs. Non mais j’adore Ashton et sa volailles, ne vous y trompez pas 😉

    @ Sissi et Melodiz : Pour ma part, je suis un peu plus réservée sur cette distributions, c’était dur de passer après Myriam Ould-Braham et Josua Hoffalt. Seule exception : le Alain d’Allister Madin, sincèrement touchant en clown triste, il m’a beaucoup émue.

    @ Elendae : Arrgg, je n’ai pas pensé à l’ultime touche pipole pour perfaire le tout !

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