Tuesday, Sep. 17, 2019

Hermes Gaido – Un Poyo Rojo

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24 septembre 2015

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Commençons cette chronique par un peu de traduction. "Un Poyo Rojo", ça se traduit par "Un coq rouge". Ne cherchez pas l'image du gallinacé, plutôt celui de l'homme gonflant sa poitrine pour intimider son adversaire. Gros succès en Argentine depuis plusieurs années, Un Poyo Rojo s'installe au Théâtre du Rond-Point, mêlant acrobatie et absurdité.

Un Poyo Rojo

Un Poyo Rojo

Un Poyo Rojo, c'est d'abord une ambiance vestiaire d'hommes. Ça sent la transpi, les débardeurs années 1980, la virilité mâle et un ton juste ce qu'il faut de gayfriendly. Dans ce vestiaire, deux acrobates. Ils se jaugent d'un regard d'abord. Puis ça se lance dans l'intimidation. Une pirouette, un jeté au sol, un saut périlleux. J'en ai une plus grosse d'abord, et toc, pfff même pas mal. Enfin le combat, parce qu'il faut bien décider de qui est le plus fort. La lutte se fait par les corps, par la virtuosité, par un poste de radio aussi, à celui qui tiendra le plus longtemps sur sa fréquence jouée en direct. Mais entre l'amour et la haine, il n'y a parfois qu'un pas. Et si ce combat n'était en fait qu'une bonne occasion de se rouler une pelle ? Cette lutte de mâles voulant prouver leur virilité se transforme en un étrange jeu de séduction, et de passage à l'acte.

Hermes Gaido sait très bien jouer avec les frontières des genres dans Un Poyo Rojo, la virtuosité est aussi dans le ton. C'est kitch sans franchir la barrière du ringard, c'est virtuose sans être purement du cirque, c'est drôle sans être lourd. La frontière est souvent foulée, parfois un pied y passe, mais jamais le cap n'est franchi. Et le ton, définitivement burlesque et barré, emmène le tout un peu ailleurs. Même si comme moi l'humour burlesque ne vous fait pas grand-chose. Un jour, je parlerai d'ailleurs de cette étrange fascination de voir une salle se bidonner de rire et rester de marbre (une pensée à mon voisin de gauche dans la même situation).

Un Poyo Rojo

Un Poyo Rojo

 

Un Poyo Rojo de Hermes Gaido au Théâtre du Rond-Point. Avec Alfonso Barón, Luciano Rosso et un poste de radio. Vendredi 18 septembre 2015.

 

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Amélie Bertrand

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