TOP

Amor – Josette Baïz (Compagnie Grenade)

Pour sa compagnie Grenade, composée de jeunes interprètes, la chorégraphe Josette Baïz élabore depuis quelques années différents programmes à partir du répertoire contemporain. Avec Amor, elle continue d’explorer cette idée  en juxtaposant des extraits de pièces de chorégraphes confirmés comme Claude Brumachon & Benjamin Lamarche ou Angelin Preljocaj et d’autres issus de la nouvelle génération, comme le duo Claire Laureau/Nicolas Chaigneau ou Sharon Fridman. Un kaléidoscope autour du sentiment amoureux qui permet un séduisant parcours parmi près de trois décennies de création chorégraphique.

Amor – Compagnie Grenade

La soirée démarre avec Khallini Aïch de Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou, un duo qui explore l’intimité du couple. En dix minutes, cette pièce offre un instantané de situations qui jalonnent le quotidien amoureux : la complicité, l’agacement, la tentation de la solitude ou de la fusion… Expansif, le langage chorégraphique traduit cette conversation avec un pragmatisme teinté de poésie.

Un quatuor chasse le duo. Josette Baïz a su très bien enchaîner les écritures pour créer la surprise. Elle a aussi eu la bonne idée de choisir Les déclinaisons de Navarre, petit opus de Nicolas Chaigneau et Claire Laureau en guise d’interludes. En plus d’apporter une pointe d’humour et de décalage, ces séquences courtes offrent des respirations très habiles. Dans Unitxt, on se retrouve happé.e.s par le style de Richard Siegal très inspiré de William Forsythe dont il a été le collaborateur. En collants noirs sans pieds et pointes acérées, les danseuses lacèrent l’espace de leur mouvements de jambes. Cette chorégraphie demande une précision quasi chirurgicale que les interprètes défendent avec éclat.

Suivent Hasta Donde… ? un duo de Sharon Fridman et un extrait de Clash de Patrick Delcroix pour dix interprètes. Le premier met en scène deux jeunes hommes qui s’empoignent avec force et ne se lâchent pas d’un millimètre, telles deux faces d’une même médaille. Cette danse-contact offre à cette gémellité de se développer entre douceur et fermeté. Le second explore la thématique des rapports entre masculin et féminin, de manière plus formelle. Comme une transition avant un autre duo. Vingt ans séparent les deux pièces, mais la filiation est saisissante. Créée en 1992 et souvent transmise à de jeunes danseurs, Les Indomptés de Claude Brumachon confrontent aussi deux hommes dans une rencontre faites d’élans, d’hésitations, d’étreintes et de séparations.

Amor – Compagnie Grenade

Les extraits des pièces Noces d’Angelin Preljocaj et Welcome to Paradise de Joëlle Bouvier et Régis Obadia, toutes deux créées en 1989, bouclent la soirée et apportent la démonstration de la pertinence de ces reprises. Et du travail qu’a nécessité ce passage de témoin à une jeune génération qui s’approprie ces chorégraphies avec fougue, respect et engagement. Il faut voir ces jeunes interprètes se couler dans les pas de leurs illustres aînés et donner à ces pièces une nouvelle jeunesse ! La poésie crépusculaire de Welcome to Paradise apporte une conclusion magistrale à ce programme qui met à l’honneur  un patrimoine chorégraphique vivace et incarné.

Amor – Compagnie Grenade

 

Amor de Josette Baïz au Pavillon noir d’Aix-en-Provence. Avec Angélique Blasco, Aldredo Bottardi, Brian Caillet, Camille Cortez, Lola Cougard, Danaël Darnaud, Kim Evin, Aline Lopes, Marie Pastorelli, Anthony Velay. Lundi 9 octobre 2017. En tournée à partir du 30 janvier 2018.

 

Poster un commentaire