Sunday, Nov. 17, 2019

Circa – Une Chambre des merveilles un peu froide

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28 novembre 2012

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Mardi 27 novembre 2012. Wunderkammer (La Chambre des merveilles) par la compagnie Circa, à la Grande Halle de La Villette. Avec Lewis West, Freyja Edney, Scott Grove, Valérie Doucet, Jarred Dewey, Todd Kilby et Alice Muntz.

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Après les 7 Doigts de la main en 2011, c'est de nouveau une troupe de cirque internationale qui se charge des spectacles de fin d'année de La Villette : Circa, une compagnie australienne. Ses sept artistes multiformes se sont posées à la Grande Halle pour leur spectacle Wunderkammer (traduire par La Chambre des merveilles), soit 1 heure 30 d'acrobaties et de torsions sur fond de cabaret.

En général, le crique contemporain s'évertue à gommer l'aspect exercice des numéros. Une histoire enrobe le tout qui ressemble plus à de la danse, quand le geste est là pour dire quelque chose, et non pour la performance. Si le ton de Circa se veut résolument contemporain, le fond du son spectacle reste finalement assez traditionnel. Les numéros s'enchaînent - trapèze, mât chinois, acrobaties - avec la volonté finale de repousser les limites physiques et d'impressionner le public, à défaut peut-être de l'émouvoir.

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En guise de chapiteau, une scène, un simple carré, la fameuse Chambre des merveilles. Les filles et garçons sont sexy, jouant à l'effeuillage entre les numéros, sur talons aiguilles rouges vertigineux pour elles. C'est hot... mais le tout reste paradoxalement assez austère. Car sous leurs atours glamour, les acrobates semblent torturé-e-s, les visages sont fermés. Wunderkammer a peut-être pris le mauvais côté de la danse contemporaine, à savoir un état esprit intellectualisant qui veut compliquer chaque chose simple. L'on reste finalement dans une forme qui se veut complexe, mais le fond ne veut pas dire grand chose et manque de consistance. Avec surtout un oublié considérable pour un spectacle de cirque : la fantaisie.

C'est d'autant plus dommage que la troupe est en soi excellente. Ses artistes savent tout faire, se tordre dans tous les sens et réinventer parfois l'acrobatie traditionnelle. Les filles deviennent porteuses, les garçons cordes à sauter. On rit devant un numéro de trapèze à trois, on pouffe face à une contorsionniste qui attrape son micro de toutes les façons possible, on frissonne face à un très beau duo sur mât chinois, peut-être l'instant le plus poétique. Le reste est très technique et plus distancié, et le public se fatigue un peu face à certaines longueurs et l'austérité ambiante. Il manque décidément à cette Chambre des merveilles un petit grain de folie.

Wunderkammer jusqu'au 30 décembre à la Grande Halle du Parc de la Villette.

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Amélie Bertrand

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