Tuesday, Oct. 22, 2019

Le Purgatoire, l’Enfer et le Paradis par les 7 Doigts de la main

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16 novembre 2011

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Mardi 8 novembre 2011. La Vie, par les 7 Doigts de la main, au Cabaret Sauvage. Avec Emilie Bonnavaud (chaînes aériennes et acrobatie), Isabelle Chassé (contorsion), Krin Haglund (tissu), Patrick Léonard (diabolo), DJ Pocket (DJ), Sébastien Soldevila (Maître de cérémonie) et Samuel Tétreault (équilibre).

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Le "Cirque contemporain"… L’expression a fait son apparition il y a une dizaine d’années. Elle désigne ces spectacles qui se basent sur les disciplines circassiennes traditionnelles, mais en les enveloppant d’une histoire, et en sortant du cadre "fanfare-dressage de lions-costumes à paillettes".

Les 7 Doigts de la main, compagnie canadienne créée en 2002, correspond exactement à cette définition. Avec tout ce qu’il faut de poésie, de surprise et d’humour. Sommes-nous au cirque, devant un ballet, une pièce de théâtre ? Un peu tout ça à la fois.

La salle, celle du Cabaret Sauvage, se prête on ne peut mieux à ce spectacle, intitulé La Vie. Un chapiteau, des sièges rouges, et une scène en rond, le tout en version minuscule. Le praticable ne doit pas excéder les 10 mètres carrés, le dernier rang du public doit se trouver au maximum à 5 mètres des artistes. Un cirque version de poche, que c’est agréable.

Mais le voyage est bien différent des spectacles de notre enfance. Le Maître de Cérémonie nous avertit tout de suite : nous sommes mort-e-s. Et comme ça a l’air de beaucoup l’amuser, le public rit aussi. Ce n’est pas encore l’enfer, pas non plus le Paradis, mais le Purgatoire. Lieu entre-deux, qui oblige à une réflexion sur sa vie passée pour savoir de quel côté aller. Au début, ça a l’air d’être un joyeux lieu de débauche. Mais les mauvaises actions ne seront pas oubliées.

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Et les mort-e-s du jour, au-delà du public qui s’habitue très vite de cette situation, ne sont pas forcément des anges. Il y a ce Léonard, complètement perdu au milieu de cette foule hystérique, mais aux tendances légèrement exhibitionnistes (pourquoi je dis légèrement ? Il finit à poil !). Il y a ce constructeur d’avion si avare qu’il les monte en matériaux poreux, et s’écrase avec eux. Il y a cette femme, morte étouffée pendant un rendez-vous galant, une folle on-ne-sais-pas-trop-pourquoi, une secrétaire 60 ‘s, et ce fameux Maître de cérémonie, qui cache bien ses failles amoureuses au milieu de son humour grinçant. Sans oublier le musicien.

Si les numéros sont traditionnels (contorsion, trapèze, diabolo…), aucun n’est là par hasard. Chaque artiste défend un personnage, avec son caractère, et leurs acrobaties ne sont là que pour raconter leur histoire.

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La première partie passe ainsi à toute vitesse, entre rires, des "oh" d’admiration et des bouches bées devant l’imagination des artistes qui semble sans limite. Un formidable numéro de diabolo à quatre mains la conclue, magique. La deuxième est plus fantasmagorique, plus décousue aussi. Les numéros sont encore plus recherchés, mais semblent avoir un peu plus de mal à trouver leur place dans l’histoire du spectacle. Cela commence à partir dans tous les sens, rattrapé juste à temps par un duo d’acrobatie-musique rock, étonnant de drame.

Finalement, Enfer ou Paradis, on ne sera pas bien où ira ce Léonard (qui s’est rhabillé entre temps. Est-ce à cause de sa courte nudité que le spectacle est déconseillé aux moins de 14 ans ? Un gamin de 10 ans a beaucoup ri en tout cas, même si je ne suis pas sûre qu’il ait tout compris aux nombreuses allusions cul qui émaillent le spectacle).

La fin tombe peut-être comme un cheveu sur la soupe, alors que le début est très bien construit, mais ce n’est pas très grave. Reste un spectacle bouillonnant d’imagination, véritablement original, et avec ce qu’il faut d’impressionnant pour se laisser aller à battre des mains comme quand on était petit-e.

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La Vie est présentée jusqu’au 20 novembre (soit la fin de la semaine, dépêchez-vous). La troupe sera ensuite à la Grande Hall de la Villette avec un autre spectacle, Psy, jusqu’à la fin de l’année. Si ce deuxième lieu a assurément moins de charme que le Cabaret Sauvage (je me répète, mais quelle bonne idée de l’avoir mis là), le thème de ce deuxième show ("Un homme entend des voix lui ordonner de se suspendre par les orteils à un trapèze dans le bureau de son psy") me semble tout aussi alléchant.

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Amélie Bertrand

(2) commentaires

  1. Fred
    20 novembre 2011 at 13:40

    J’ai ADORE ! C’est exactement le genre de spectacle circo-théâtral que j’aime. Il y a des airs d'un James Thierrée je trouve avec ce mix de spécialités. Superbe moment de danse avec un tango follement endiablé. L’idée de l’entrée au purgatoire, servant de fil conducteur est cohérente et bien menée du début à la fin. Un super moment. Bref très impatient de découvrir Psy.
    NB : je me suis également posé la question sur l’âge limite à avoir :)

  2. Amélie
    24 novembre 2011 at 14:27

    @Fred:On sent que les programmateur-rice-s ont eu peur, un mec à poil, ça fait forcément fuir les enfants :lol: . Je vais rater Psy avec regret.

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