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Sylvie Guillem et l’hommage à Béjart

Je ne peux m’empêcher de revenir sur le spectacle Hommage à Béjart, sur la bassin de Neptune au château de Versailles, avec la grande Sylvie en guest star. Entrons cette fois-ci un peu plus dans les détails que ce que j’avais écris avant de partir en vacances. Et puis ce spectacle, on en parlera jamais assez.

Tout d’abord, il est impossible de parler de ce spectacle sans dire un mot sur le décor. La scène est à même le bassin, les danseurs arrivent par une petit parcelle. Le soleil se couche doucement sur le château que l’on voit en toile de fond. Les décors naturels ne mettent pas forcément en valeur tous les ballets. Mais ici, tout concorde parfaitement avec les chorégraphies de Béjart.

Le Sacre du Printemps par le ballet de Tokyo ouvre la soirée. Un rite originel, le sacrifice de deux jeunes gens aux Dieux dans une danse envoûtante. Et sur la sublime musique de Stravinski. C’est la première fois que je voyais ce ballet. J’ai été globalement captivée, mais je pense que c’est une œuvre que l’on apprécie au fur et à mesure qu’on le voit, découvrant à chaque fois de nouveaux détails. L’extrême homogénéité du corps de ballet était assez hypnotisante, mais aurait mis mal à l’aise certains spectateurs. Cela m’a donné envie de revoir ce ballet par un autre chorégraphe, Pina Bausch par exemple. Très bon moment.

Le ballet se retire pour laisser place à Sylvie Guillem, la star attendue de tous et vivement applaudie. Elle interprète La Luna, un solo de 8 minutes sur pointes, sans véritable trame. Idéal pour voir les lignes magnifiques de la danseuse et son sens du mouvement. Mais à part ça, pas grand chose à signaler. Evidement, les lignes de Guillem sont hors-normes et le moindre de ses développés est fascinant. Ceci dit, je doute que ça suffise. Et au bout des 8 minutes, l’ennuie commençait presque à poindre le bout de son nez.

Troisième ballet, et qui m’a laissé le plus perplexe, Bugaku. Je n’avais strictement rien trouvé sur la trame du ballet sur Internet, je l’ai donc complètement découvert en live. Et je n’ai pas vraiment tout suivit. 4 joueurs de football américain, des Japonaises en tenues traditionnelles, d’autres faisant des démonstrations dansées d’arts martiaux… Le Japon entre passé, présent et futur ? Mhhhmm, ça ne m’a pas vraiment convaincu, et j’ai passé pas mal de temps l’œil sur ma montre à regarder les 20 minutes passer.

Il faut dire que moi comme les 2 000 autres spectateurs, nous n’avions qu’une envie, voir le dernier ballet, Le Boléro.

La nuit était complètement tombée sur Versailles. Des appariteurs installent sur scène la célèbre table rouge. Les danseurs du ballet de Tokyo arrivent sur scène. Le silence et le noir se fond. On devine sa silhouette qui entre sur scène et grimpe sur la table. Le public sait déjà qu’il va assister à un grand moment.

La musique de Ravel démarre, un projecteur éclaire sa main qui monte doucement… Et la magie opère. Doucement mais sûrement, Sylvie entame sa danse, et prend le pouvoir sur les danseurs, en fait des pantins obéissants, qui ne bougent que sous son ordre. Et moi, je suis comme ces danseurs, hypnotisée, qui commence déjà à bouger les épaules sur le rythme qui s’accélère.

La chorégraphie s’emballe, Sylvie s’emporte et s’amuse, martèle constamment le rythme de ses pieds. Final éblouissant et puissant. Pause finale. La lumière s’éteint. Le silence pendant un millième de seconde. Et les acclamations du public. J’en avais mal aux mains à force d’applaudir.

Sylvie Guillem s’arrête quelques instants  devant le public qui part, et j’en profite pour lui faire signer mon programme. C’est marrant, en dehors de la scène, elle a l’air toute frêle, et sa frange lui mange les yeux.

A quand son prochain spectacle sur Paris ?

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