Tuesday, Dec. 18, 2018

Festival Kalypso – Quatre chorégraphes, un même thème de création : cinq questions sur la soirée Loop

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30 novembre 2018

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Le Festival Kalypso, temps fort de la danse hip hop, bat son plein en décembre en région parisienne. Au programme notamment : la soirée Loop le mercredi 5 décembre au Carreau du Temple. L'idée ? Laisser créer quatre chorégraphes autour d'un même thème imposé et montrer au public les coulisses et le processus de création. Déborah Moreau, la directrice artistique du programme avec Feroz Sahoulamide, nous présente cette soirée qui promet des surprises. 

 

C’est quoi le concept de la soirée Loop ?

Quatre chorégraphes proposent une création de 8-10 minutes à partir des mêmes éléments. Un même thème d’abord, que le public découvre le soir du spectacle. Puis quatre mêmes interprètes, mais ils peuvent choisir la forme qu’ils veulent (solo, duo, etc). Et la même base musicale, qu’ils peuvent retravailler comme ils le veulent. Ce qui nous intéresse, c’est de voir comment, avec ces mêmes éléments de base, on peut arriver à voir sur scène quatre propositions très différentes. Au final, ce n’est pas forcément le propos le plus important, mais le point de vue que l’on pose sur un même sujet. Toutes les vérités sont envisageables, l’intérêt est de voir comment on les défend.

 

Comment avez-vous choisi les quatre chorégraphes, Francois Lamargot, Laura Nala & Brandon Malboneige Miel, Johanna Faye et Marion Motin ?

Ce sont des artistes qui sont tous et toutes programmées au Festival Kalypso et que l’on suit déjà depuis un moment, dont on connaît le travail. On a choisi des chorégraphes qui en sont à différents moments de leur carrière, qui travaillent de façon différente et qui ne vont pas avoir un même point de vue.

 

Ils ont eu une façon très différente de travailler le thème ?

On a choisi un thème qui peut avoir plein de niveaux de lecture, assez large, avec plein de possibles façons de l’interpréter. Il  peut ainsi être complètement intégré à l’actualité, ou au contraire être abordé de façon plus imaginaire ou onirique. Francois Lamargot a vraiment eu besoin de travailler sur le fond du propos, plus que sur la forme. Il n’arrivait pas à projeter des images, il avait besoin de réfléchir à son angle, son axe par lequel il allait traiter le sujet, avant d’y projeter des corps ou du mouvement. Marion Motin, au contraire, a eu besoin de travailler avec les corps, elle s’adapte beaucoup aux gens avec qui elle travaille, elle a eu besoin de sentir les interprètes et les personnalités avant de projeter quoi que ce soit. Johanna Faye a eu envie de traiter le sujet d’une façon différente, de se surprendre elle-même, de challenger un peu ses habitudes. Laura Nala & Brandon Malboneige Miel sont les plus jeunes chorégraphes. C’est la première fois qu’ils travaillent avec des danseurs et danseuses, ils créent d’habitude sur leur propre corps. Ils ne s’étaient pas donné de règle ou de méthodologie, ils avaient juste envie de voir ce qui allait se passer de façon très spontanée avec leurs interprètes, même s’ils avaient réfléchi au thème en amont.

Ce n’est pas forcément le propos le plus important, mais le point de vue que l’on pose sur un même sujet.

Sur le travail musical, il y aura aussi des surprises ?

Je pense que le public ne va pas savoir qu’il s’agit de la même musique ! Le compositeur Jean-Charles Zambo a envoyé une base musicale aux quatre chorégraphes, une musique qu’il avait créée par rapport au thème et ce que ça lui inspirait. Par rapport à ça, les chorégraphes ont voulu faire ressortir une piste de la musique, ou au contraire enlever plein de choses pour faire ressortir un petit élément. On arrive ainsi à des couleurs musicales très différentes d’un projet à un autre.

 

Au-delà du challenge pour les chorégraphes, la soirée Loop, c’est aussi une façon pour le public de plonger au coeur de la création ?

Notre idée de base était vraiment de donner à voir tout le processus créatif qui a lieu en coulisse, que le public puisse poser un autre regard, qu’il ait accès à quelque chose de plus vaste qu’un produit fini. En réalité, la création, c’est un vaste processus ! Nous voulons casser ce mur qu’il y a entre la scène et le public, rendre les choses plus accessibles et sortir du fantasme de la création. Aussi avoir accès à l’humain qu’il y a derrière le statut de chorégraphe et d’interprète pour poser un autre regard sur la pièce. Avant chaque création sera diffusée une vidéo qui montrera toutes les étapes de ces créations. On a d’abord rencontré les chorégraphes en juillet pour leur annoncer le thème, avoir leurs réactions à chaud. Puis on les a revu en septembre et on les a interrogés sur leur cheminement personnel. On les montre enfin en répétition. Chacun a eu deux jours pour préparer sa pièce avec les interprètes, fin novembre-début décembre. En deux jours, on ne peut pas arriver à une forme finie et aboutie dans tous les domaines. Il s’agit avant tout de voir les pistes empruntées et le point de vue choisi.

 

La soirée Loop à voir le mercredi 5 décembre au Carreau du Temple, dans le cadre du Festival Kalypso. Quelques images des vidéos des coulisses déjà à découvrir sur la page Facebook de l'événement.

 

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Amélie Bertrand

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