Tuesday, Jul. 7, 2020

Cinq questions à Pia de Brantes, vice-présidente des Étés de la Danse

Ecrit par :

17 juin 2020

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Le festival Les Étés de la Danse vient d’annoncer le report de son édition 2020 à 2021. Cendrillon de Christopher Wheeldon par le Het Nationale Ballet sera ainsi présentée du 2 au 10 juillet 2021, tandis que Giselle d'Akram Khan par l’English National Ballet sera à voir du 6 au 14 septembre 2021, toujours au Théâtre du Châtelet. Pia de Brantes, la vice-présidente des Étés de la Danse, nous explique ce choix et comment elle espère que ce festival, qui vit sans subvention, tienne le choc pendant cette crise inédite.

Giselle d'Akram Khan par l'English National Ballet

Les deux spectacles des Étés de la Danse 2020 sont reportés à 2021, et non pas annulés. C’était important pour le festival ?

C’est ce pour quoi nous avons oeuvré ces trois derniers mois. Cendrillon comme Giselle étaient deux spectacles très attendus, on avait déjà pas mal de billets de vendus. Les choix des compagnies se font longtemps à l’avance, cela demande beaucoup de travail et ça aurait été dommage de tout annuler.

 

Pourquoi ce choix de reporter les spectacles en juillet et septembre 2021 ?

Nous avons reçu énormément de messages de la part du public, qui espérait que l’édition 2020 pourrait avoir lieu. Nous avons vite compris que ce ne serait pas possible et il n’y avait aucune possibilité de décaler les spectacles à l’automne, d’autant plus que le Châtelet ne sait pas dans quelles conditions et quand la salle pourra rouvrir. L’édition 2021 des Étés de la danse se fera finalement en deux parties. Le Het Nationale Ballet était disponible en juillet 2021, mais pas l’English National Ballet, qui par contre pouvait venir en septembre. Et le Théâtre du Châtelet avait des disponibilités jusqu’au 23 septembre.

 

Comment vont se passer les demandes de remboursement de cette édition 2020 des Étés de la Danse ?

Nous sommes en train de travailler sur les procédures, ce sont des démarches très lourdes et compliquées à gérer. Les spectateurs et spectatrices auront une date de report proposée : s’ils ont pris la première de Cendrillon, nous leur proposerons à nouveau la première de Cendrillon en 2021, etc. Bien sûr si la date de report automatique ne leur convient pas, ils auront la possibilité de choisir une autre date, de se faire rembourser, ou de ne pas se faire rembourser et de verser un don aux Étés de la Danse.

Cendrillon de Christopher Wheeldon - Het Nationale Ballet

Les Étés de la Danse est un festival qui fonctionne sans subvention. Comment vous en sortez-vous ?

Financièrement, c’est très violent ! Nous avons la chance de reporter les deux mêmes compagnies, cela limite les coûts. Notre structure est légère : nous n’avons qu’un seul salarié et un loyer faible, nous gardons des coûts les plus bas possible et nous allons encore nous serrer la ceinture. Et nous avons des choses qui nous ont aidés : des campagnes publicitaires que nous avions achetées et qui n’ont pas été diffusées nous ont été remboursées, des mécènes américains qui devaient venir cette année nous ont laissé leur participation. Concernant les aides de l’État, nous avons eu droit au chômage partiel et nous espérons, après les élections, avoir des déblocages de subvention de la ville de Paris pour aider les festivals. Nous sommes justes, mais nous pourrons tenir le choc jusqu’au 31 décembre. Nous espérons mettre en place dès septembre la billetterie des Étés 2021, et qu’il y aura une volonté de la part du public d’acheter ses billets dès l’automne. Cela nous permettrait de bien démarrer l’année.

 

Pourquoi avoir choisi ces deux spectacles, Cendrillon de Christopher Wheeldon et Giselle d'Akram Khan ?

L’idée était d’avoir d’un côté un spectacle grand public et familial et de l’autre un spectacle un peu plus pointu. La Cendrillon de Christopher Wheeldon est une pure merveille, un petit bijou. Quant à Giselle d’Akram Khan, cela m’avait coupé le souffle quand je l’ai découvert il y a deux ans. Je suis sortie du théâtre en disant : "Ce ballet, il va falloir qu’on le montre à Paris !".

 




 

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Amélie Bertrand

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