Saturday, May. 21, 2022

[Prix de Lausanne 2022] Rencontre avec la candidate Alice Hidalgo

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1 février 2022

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Alice Hidalgo (305), 17 ans, fait partie des candidates retenues au Prix de Lausanne 2022. Élève au CNSMDP, elle s'est préparée cette semaine avec sa professeure, Isabelle Ciaravola. DALP a pu discuter avec elle le dimanche 30 janvier, au soir du tout premier jour du Prix. Elle nous raconte ses premières impressions à Montreux, ses ambitions au Prix de Lausanne et ses rêves de danseuse.

Prix de Lausanne 2022 - La candidate Alice Hidalgo (305) avec ses camarades du CNSMDP

Le Prix de Lausanne 2021 s'est déroulé en vidéo. L'édition 2022 se déroule quant à elle, finalement, en présentiel. Quel effet cela fait-il d'être sur place, en "vrai" ?

Quand j'ai reçu le mail du Prix de Lausanne nous annonçant que la semaine serait sur place, ça a été un vrai soulagement. On a tellement travaillé ! Le fruit de notre travail est d'aller là-bas, de montrer ce que l'on a appris. Y être, c'est incroyable !

 

Comment s'est passé votre première journée, ce dimanche 30 janvier ?

La journée commence tôt : nous étions à 8h45 au théâtre. Après avoir scanné le pass sanitaire et les tests négatifs, ce qui prend un certain temps (ndlr : il y a 70 participant.e.s cette année), nous nous sommes retrouvés dans la salle d'échauffement. Le staff est ensuite venu nous chercher pour visiter le théâtre de Montreux. C'est un théâtre moderne, grand. Deux studios de danse ont été créés : le studio 1, et le studio 2 avec des gradins pour le jury, quand il assiste et note les cours. Nous sommes ensuite allés nous asseoir dans l'auditorium où se passeront les épreuves, regroupés par nationalité. La directrice du prix Kathryn Bradney nous a présenté la semaine, nous a rassurés, nous disant que c'était une expérience à prendre, que nous étions déjà gagnants d'y être, qu'il fallait prendre du plaisir. Je pense que cela nous a tous détendus ! Puis nous sommes montés un par un sur scène pour avoir notre sac, avant de nous faire mesurer en coulisse. Après le déjeuner, nous nous sommes échauffées pour le cours de danse classique de 14h avec Élisabeth Platel, filles A et B ensemble.

 

Comment s'est passé ce tout premier cours de danse ?

Élisabeth Platel nous a appris les exercices que nous allons faire durant la semaine, même s'ils vont se compliquer au fil des jours. Son cours est très carré, très simple. Mais c'est cette simplicité qui devient difficile. AU CNSMDP, en DNSP3, je suis avec Isabelle Ciaravola, qui nous fait des exercices incroyables, comme de vraies chorégraphies. Passer de ça à quelque chose de plus carré a pu faire bizarre, mais elle nous avait préparé à ce type d'exerciced. Et puis nous apprenons l'école française avec elle, nous avons donc retrouvé des exercices similaires, à la barre ou pour la petite batterie. Cela ne nous dépayse donc pas beaucoup. Le niveau est haut, mais on s'y attendait. Je ne me suis pas trop posée la question de mon niveau par rapport aux autres. Le premier jour, il faut un peu d'adaptation pour se mettre sur ses jambes. On verra au fur et à mesure de la semaine.

 

Quelles variations avez-vous choisies de présenter ?

J'ai choisi Giselle en classique et Solo de Rossini Cards de Mauro Bigonzetti en contemporain. Pour Giselle, tout simplement, j'adore cette variation. On est vraiment dans l'interprétation, on joue un personnage, on doit s'imaginer sa mère à un endroit, le prince à un autre.... L'on doit jouer par rapport à ça durant toute la variation. Giselle est innocente, jeune. Tout ce qu'elle veut, c'est danser. Je peux ainsi montrer le plaisir qu'une danseuse peut avoir sur scène, et aussi dans la technique toute dans les nuances musicales. La partie la plus dure pour moi dans cette variation, même si j'essaie de me dire que je n'ai peur à aucun moment, reste celle des tours attitude. Nous avons gardé le tempo du Prix de Lausanne, qui est un peu particulier : il est très rapide au début et ralentit aux sautés sur pointes et pour le manège, ce qui est souvent l'inverse ! Il faut enchaîner dans le mouvement, mais à force de la travailler, ça va. Quant à la diagonale de sautés sur pointes, j'ai des facilités pour ce genre de chose, ce n'est donc pas ce qui m'inquiète le plus, même s'il faut rester tenue avec la fatigue. J'aime beaucoup le final de cette variation d'ailleurs, avec cette diagonale et le manège. Il y a une grande technique du bas de jambe, mais le haut reste très calme. Et j'aime le fait d'avoir une variation très dansée, je suis à l'aise avec son interprétation.

Pour la variation contemporaine, j'ai toujours beaucoup aimé Solo de Rossini Cards que je voyais lors des précédentes éditions. Je l'ai essayé un jour, cela m'allait dans la coordination, je me sentais bien dedans. Le personnage y est très fort, ça contraste donc beaucoup avec Giselle. Elle est un personnage joyeux, innocent, pur. Alors que chez Mauro Bigonzetti, le rôle est un monstre, très dans le dos rond, dans les mains. C'est intéressant de pouvoir montrer deux facettes de moi.

Prix de Lausanne 2022 - La candidate Alice Hidalgo (305)

Comment vous êtes-vous préparé pour ce Prix ?

Nous avons vraiment été bien préparées, Isabelle Ciaravola et le Conservatoire nous ont vraiment accordé beaucoup de temps. Cédric Andrieux, le Directeur des études chorégraphiques du CNSMDP, a aménagé nos emplois du temps pour préparer ce gros concours comme il se doit. Nous sommes trois de la classe des DNSP3 (ndlr : avec Naia Dobrota et Félicie Cunat) à nous présenter, c'est une première. Nous avions des heures de coaching en cours particulier, que nous divisions en trois temps. Au début de notre préparation, nous avions une répétition presque tous les jours avec Isabelle Ciaravola. Vers la fin, on prenait un créneau de 30 minutes et on filait chacune nos variations.

J'ai travaillé la variation contemporaine avec Raphaëlle Delaunay, qui a rejoint l'équipe pédagogique du Conservatoire il y a peu de temps.

 

S'il n'y a qu'un conseil à retenir sur votre travail avec elles, lequel retenez-vous ?

"Calme !" pour Isabelle Ciaravola. Je dois rester calme, j'y pense toujours. Raphaëlle Delaunay m'a pour sa part conseillé de ne pas mettre trop de force dans ma variation contemporaine. Il faut y montrer quelque chose de bestial, mais il ne faut pas trop en mettre inutilement non plus.

 

Qu'est-ce qui vous a amené au CNSMDP ? Quel est votre parcours de danseuse ?

J'ai commencé la danse en éveil à 3 ans et demi, chez moi à Caen. J'ai démarré la danse classique au Conservatoire de Caen, vers 8-9 ans. Et j'ai continué. La danse, ça a toujours été une évidence, j'ai toujours aimé ça. Je regardais beaucoup de ballets et je trouvais ça incroyable. Et puis ça a toujours été satisfaisant pour moi de réussir des choses en dansant, c'était un sentiment que j'adorais. J'ai continué à travailler, pour acquérir de plus en plus de technique. Danser me rendait heureuse, tout simplement.

En voyant que je progressais plutôt bien, j'ai passé le Concours Nijinsky à Deauville, à 11 ans, en 2015. C'était mon premier concours et j'ai gagné la médaille d'or. Je ne m'en rendais pas compte ! Le jury m'avait beaucoup encouragé pour continuer. J'ai donc auditionné à l'École de Danse de l'Opéra de Paris, et j'ai été prise pour le grand stage d'un an, à 12 ans. Mais l'École ne m'a pas gardée à l'issue de ce stage, c'était difficile sur le coup. Je suis partie un an au CRR de Boulogne. Puis j'ai auditionné au CNSMDP et j'ai été prise. Et depuis, ça a été génial ! Toutes mes années au CNSMDP ont été vraiment super. J'ai travaillé deux ans avec Nolwenn Daniel, dont l'année du confinement. J'ai ensuite fait un an avec Anne Salmon, avant d'être maintenant dans la classe d'Isabelle Ciaravola. Et c'est une professeure incroyable ! Elle est là, à 100 % pour nous, pour nous aider, elle se donne tout le temps à fond. Elle voit ce qui ne va pas dans la seconde, elle a une capacité à capter tout ce qui ne va pas très vite. Ses exercices sont incroyables, elle nous apprend le mouvement, à danser. C'est le bonheur cette année !

 

Qu'est-ce qui vous plaît dans cet enseignement, plus généralement, au CNSMDP ?

Je suis bien au CNSMDP d'abord par la qualité de l'enseignement. Nous avons des professeurs incroyables. Nous avons aussi beaucoup de cours variés, on a des projets comme le Trisha Brown X 100 cet automne, on fait pas mal de choses différentes et découvrir d'autres vocabulaires. Et puis nous avons parfois des cours avec les élèves du cursus de danse contemporaine, qui est un monde différent. Et c'est parfois reposant de ne pas être tout le temps et uniquement dans le monde du classique, plus compétitif. Les contemporains vivent les choses plus simplement.

 

En tant que danseuse, quels sont vos points forts ? Qu'est-ce qui peut vous démarquer au Prix de Lausanne ?

Je suis quelqu'un de très volontaire. Je travaille beaucoup. Même quand je me sens un peu moins bien ou que je suis fatiguée, j'essaye toujours, j'arrive toujours à me pousser, à me dire que je ne peux pas ne pas me donner à fond. J'ai toujours besoin de faire au mieux.

Prix de Lausanne 2022 - La candidate Alice Hidalgo (305)

Quelles sont vos ambitions au Prix de Lausanne ? Qu'aimeriez-vous retenir de cette semaine ?

Concrètement, je vise une année dans une compagnie, même si, si on me propose une dernière année dans une grande école, j'y vais (sourire). Mais au fond, j'ai le sentiment d'avoir eu tout l'enseignement que je pouvais avoir, même s'il y a toujours tellement de choses à apprendre et à travailler ! Ce qui me manque maintenant, c'est de danser sur scène, c'est le moment d'entrer en compagnie. Beaucoup de compagnies me font rêver. J'aimerais bien aller en Allemagne, par exemple au Stuttgart Ballet. Je les suis beaucoup sur les réseaux sociaux. Je trouve qu'il y a beaucoup de danseurs et danseuses inspirantes dans cette troupe. Ils ont un répertoire varié, toutes les œuvres de John Cranko, j'adore ce genre de chose. Aussi le Royal Ballet, l'Opéra de Paris, le Het Nationale Ballet, le Ballet de Berlin...

Plus généralement, j'aimerais retenir de cette semaine au Prix de Lausanne une très belle expérience, avoir appris plein de choses, retenir chaque particularité des professeurs. Et l'expérience d'être sur scène, seule, dans une variation de répertoire, devant le monde entier ! j'espère avoir de belles opportunités. Je prends tout ce qu'il y a à prendre, j'aurais sûrement des surprises.

 

Quel est votre état d'esprit en quelques mots ?

Ouverte, positive et vraiment excitée devant cette semaine !

 



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Amélie Bertrand

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