Tuesday, Sep. 18, 2018

Rencontre avec Lloyd Mayor, Soliste de la Martha Graham Dance Company

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4 septembre 2018

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La Martha Graham Dance Company se pose au Palais Garnier pour une semaine de spectacles, jusqu'au 8 septembre. L'occasion de rencontrer Lloyd Mayor, l'un des solistes de la compagnie. Plus jeune danseur à intégrer la Martha Graham Dance Company en 2012, Lloyd Mayor, 25 ans dans quelques jours, foule la scène du Palais Garnier pour la première fois. Et pour cause : la dernière visite de la troupe américaine à l’Opéra de Paris remonte aux débuts des années 1980 ! Lauréat des Clive Barnes Awards en 2014, prix récompensant les jeunes talents émergeants en théâtre et en danse, ce jeune homme né en Genève, d’une mère anglaise et d’un père suisse, évoque comment entrer dans cette illustre compagnie l’a révélé en tant que danseur.

Lloyd Mayor, Soliste de la Martha Graham Dance Company

La Martha Graham Dance Company ouvre la nouvelle saison de l’Opéra de Paris. Qu’est-ce que cela signifie pour un jeune danseur de se produire à Paris ?

Nous sommes tous très heureux et très reconnaissants de cette invitation. Paris est une ville très inspirante d’un point de vue artistique. Et je n’oublie pas que c’est ici, au Théâtre des Champs-Elysées que Le Sacre du printemps, dont nous dansons la version de Martha Graham, a été créé il y a plus d’un siècle.

 

Qu’allez-vous danser dans ce programme ?

Deux rôles. Le premier est le rôle du mari dans Appalachian Spring, un ballet créé en 1944. Il raconte l’histoire d’un jeune couple le jour de son mariage. J’ai eu le plaisir de le danser avec Aurélie Dupont, le 18 avril 2016 à New York lors de la commémoration du 90e anniversaire de la compagnie. C’est mon rôle préféré, basé sur le jeu d’acteur. Martha Graham s’est beaucoup inspiré de son propre entourage pour imaginer son personnage, notamment du danseur Erick Hawkins, son mari à l’époque.

Lloyd Mayor dans Appalachian Spring de Martha Graham avec Aurélie Dupont

Comment se prépare-t-on à un rôle comme celui-ci ?

Le processus est très long, il faut être très patient. Il requiert une grande profondeur. S’approprier le style Martha Graham consiste en un un subtil dosage entre simplicité et complexité.

 

Et vous dansez aussi dans The rite of spring ?

Oui, c’est une performance incroyable qui nécessite beaucoup d’endurance. Le mouvement est très physique. C’est comme si l’on demandait aux danseurs et danseuses d’aller au bout d’eux-mêmes, comme si l’on dansait à notre propre mort.

 

Il existe plus de 200 versions du Sacre du printemps qui a inspiré de très nombreux chorégraphes. Quelle est la singularité de celle imaginée par Martha Graham ?

La géométrie ! Le groupe dessine des figures complexes faites d’angles et de diagonales. C’est très impressionnant en tant que danseur de se frotter à cette musique, à cet emblème artistique qu’est le Sacre du printemps.

 

On qualifie son œuvre d’intemporelle, d’inoxydable. Comment expliquer qu’elle touche toujours autant le public ?

Ce qui marque les gens, c’est l’émotion honnête et authentique qu’elle met sur scène, une pureté indéniable.

Lloyd Mayor, Soliste de la Martha Graham Dance Company

Vous êtes dans la compagnie depuis 2012. Est-ce que cela prend du temps de s’approprier le style Graham ?

C’est une question que l’on se pose tout le temps, celle d’être au niveau. Comment toucher aux racines de cette authenticité ? Il a quelques années, j’étais un danseur qui voulait juste danser, se régaler, savourer le mouvement. Aujourd’hui, je cherche une forme de dépouillement. À un moment, il faut commencer à désapprendre pour atteindre sa propre vérité de danseur. Tout ce qui nous constitue est bienvenu pour enrichir son travail d’interprète. Il ne faut pas être un danseur anesthésié si l’on veut danser du Martha Graham.

 

Comment cette dame est-elle entrée dans la vie d’un jeune garçon d’abord féru de hip-hop et de gymnastique artistique ?

J’étais à un moment où j’avais besoin de quelque chose qui me réveille, me secoue et j’ai vu quelques-unes de ses pièces en vidéos. Elle m’a littéralement révélée à moi-même.

Il ne faut pas être un danseur anesthésié si l’on veut danser du Martha Graham.

Comment vous projetez-vous dans les années qui viennent ?

Je garde un pied en Europe et reviens en Suisse quand mon emploi du temps me le permet. Pour l’instant, je suis heureux dans cette compagnie. Mais il y a aussi beaucoup de chorégraphes que j’admire, notamment des femmes comme Marie Chouinard ou Crystal Pite. Il faut laisser du temps au temps.

 

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