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[Prix de Lausanne 2023] Les sélections

Après quatre jours de compétition, entre cours de danse classique et contemporaine, coaching et passage en scène, les 82 candidats et candidates du Prix de Lausanne sont passées devant le public et le jury pour danser leurs deux variations, sur la scène du Théâtre de Beaulieu. À l’issue des épreuves, mais aussi de toute la semaine du Prix où le jury a pu voir leur progrès, 22 jeunes danseurs et danseuses ont été sélectionnées. La finale a lieu le samedi 4 février.

Prix de Lausanne 2023

Il y a d’habitude seulement 20 finalistes au Prix de Lausanne, pour sept ou huit bourses d’étude ou d’apprentissage. Mais pour marquer ses 50 ans, le Prix de Lausanne a agrandi un peu la jauge, avec 22 sélectionné-e-s pour onze bourses.

 

Les 20 danseurs et danseuses sélectionné.e.s pour la finale du Prix de Lausanne 2023

Ordre indiqué par numéro de dossard. 

Alecsia Maria Lazarescu, 101 – Roumanie – Ballettschule Theater Basel

An Saito, 102 – Japon – Deparc Ballet School

Sooha Park, 103 – Corée du Sud – Sunhwa Arts Middle School

Emily Sprout, 114 – Australie – Prima Youth Classical Academy

Keisuke Miyazaki, 201 – Japon – Wakui Ballet School

William Gyves, 204 – États-Unis – University of North Carolina School of the Arts

Wendel Vieira Teles, 206 – Brésil – Ballet Marcia Lago

Millán De Benito, 207 – Espagne – Royal Conservatory of Dance Mariemma

Fabrizzio Ulloa Cornejo, 210 – Mexique – Ballettschule Theater Basel

Alexander Mockrish, 212 – Suède – Royal Swedish Ballet School

Seehyun Kim, 309 – Corée du Sud – Seoul Arts High School

Julie Joyner, 310 – États-Unis – International City School of Ballet

Ana Luisa Negrão, 314 – Brésil – Cia Jovem Do Teatro Escola Basileu França

Haruka Tanabe, 317 – Japon – Zurich Dance Academy

Soo Min Kim, 318 – Corée du Sud – Sunhwa Arts High School

Sangwon Park, 320 – Corée du Sud – Sunhwa Arts High School

Davide De Ponte, 406 – Italie – Ballettschule Theater Basel

Giuseppe Ventura, 413 – Italie – Zurich Dance Academy

Frederick Stuckwisch, 414 – États-Unis – Southold Dance Theate

Kanata Ijima, 416 – Japon – Palucca University of Dance Dresden

Amaury Zanete Pérez, 421 – Mexique – Ballettschule Theater Basel

Chun Hung Yan, 423 – Hong Kong – Oslo National Academy of the Arts

Prix de Lausanne 2023

Compte-rendu des sélections

Quelques remarques d’ordre général d’abord. L’on note que les résultats sont assez équilibrés entre les groupes. Et que parmi les écoles, la Ballettschule Theater Basel est représentée en force avec quatre élèves finalistes, sur les sept qu’elle présentait. Des élèves très (trop ?) chaudement encouragé par le public du Théâtre de Beaulieu. Et quatre potentiels récompensé-e-s, tous et toutes d’un excellent niveau. Cette école ferme l’année prochaine, les élèves doivent se replacer, cela ne devrait pas poser trop de problèmes pour ces élèves. Alecsia Maria Lazarescu, la plus jeune, se remarque indéniablement. Dès les cours de danse, elle rayonne à la barre. Et sur scène, si elle est apparue un peu plus timide, sa jolie danse et sa personnalité rayonnante ne pouvait laisser indifférent. Le mexicain Fabrizzio Ulloa Cornejo détonne lui aussi par sa technique brillante et son charisme indéniable, même s’il en fait parfois un peu trop, sans toutefois laisser le moindre doute sur sa présence en finale. Un bon candidat pour le Prix du public ou du meilleur Suisse. Davide De Ponte s’est aussi montré brillant en Solor, déjà professionnel, il se lance et sa danse est belle. Amaury Zanete Pérez enfin a montré beaucoup de tempérament tout au long de la semaine, de l’autorité et une danse bien en place. Sur scène, il a peut-être un peu trop de risques, mais il ose.

La première place toutefois semble plus se glisser chez l’espagnol Millán De Benito. Des lignes et des sauts magnifiques, beaucoup de tempérament, une énergie éclatante en scène : son Flammes de Paris avait la grande classe ! Une variation d’ailleurs souvent choisie cette année, tout comme Le Corsaire, même si ce dernier choix n’a pas été payant. Autre favorite : Ana Luisa Negrão à la forte personnalité scénique et à la belle danse bien en place, ainsi que Seehyun Kim, l’une des belles danseuses de la Seoul Arts High School qui a fait du grand spectacle avec Esmeralda. Mais sa consoeur Seah Koo aurait aussi pu prétendre à une place en finale sans rougir. L’on a aussi beaucoup aimé la jeune Emily Sprout, qui a fait un très joli parcours dans son ensemble, Julie Joyner qui a fait de gros progrès sur toute la semaine, le jeune et brillant Keisuke Miyazaki ou l’élégant Chun Hung Yan déjà professionnel. William Gyves a aussi su se démarquer par sa personnalité et son investissement, même si son travail reste encore brouillon, tout comme Kanata Ijima. Wendel Vieira Teles a su se lancer, on le remarque tout au long de la semaine, Alexander Mockrish a montré un travail propre et placé. Haruka Tanabe s’est pour sa part révélée en scène, se lançant crânement dans une belle Gamzatti. Idem pour Soo Min Kim et sa vraiment magnifique variation de Paquita, ou Giuseppe Ventura et son Solor.

Certains candidats et candidates ne m’avaient pas spécialement marquée, mais le jury juge aussi, et parfois avant tout, le potentiel. An Saito ou Sooha Park ont ainsi une danse très jolie et propre, mais ne montrait pas encore beaucoup de personnalité. Sangwon Park est déjà professionnelle et une danse soignée et précise, mais ne montrait pas, là encore, beaucoup de tempérament. Frederick Stuckwisch a réussi un parcours équilibré sans toutefois détonner. À l’inverse, l’on aurait aimé voir en finale Pedro Marques, qui a dansé un Corsaire d’une grande classe, ou le néo-zélandais Aidan Tully et sa très belle variation contemporaine, qui s’est lui aussi révélé durant cette semaine.

Côté français, les trois en lice – Alaric Rigaud, blessé en cours de compétition, a dû renoncer – n’ont pas démérité. Shani Obadia a montré un travail d’une belle maturité dans Le Talisman et Pier Abadie un Corsaire très français, très élégant, sans faute. Les deux ont su montrer beaucoup de versatilité et de personnalité dans leur variation contemporaine, ce qui n’a pas été le cas de tous les finalistes. Romane Cornu a montré son envie et sa joie d’être en scène, peut-être lui manquait-il d’un peu de maturité.

De façon plus générale, l’on note la ruée des filles vers Le TalismanL’Éveil de Flore n’étant pas proposé cette année. Mais aussi beaucoup de Fées Lilas, variation un peu moins gratifiante. Chez les garçons, les choix ont été un peu plus équilibrés. Pour les variations contemporaines, Les Ombres du temps de Luca Branca l’un des gagnants du Young Creation Award 2022, a raflé la mise, notamment chez les filles. L’Académie Princesse Grace a donc bien été représentée lors de ces sélections, Luca Branca venant de cette école. Dans l’ensemble, les variations contemporaines ont semblé longuettes : toutes dans le même style et souvent la même ambiance, souvent avec des musiques se ressemblant… Et très souvent, un résultat en scène qui ne permettait pas de se faire une véritable idée du candidat/de la candidate.

 



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